La Très Sainte Trinité



Chapitre 7

Saint Marc

Communément accepté par les Pères de l'Église, découvrir ou redécouvrir le premier Evangile écrit par St Marc, d’après son écoute pendant la prédication de St Pierre à la communauté ecclésiale naissante de Rome.

Saint Matthieu

Ce collecteur d’impôts à Capharnaüm est celui qui met le plus en valeur par ses écrits la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, afin de démontrer que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël.  

Saint Luc

Sous la plume de ce médecin lettré, compagnon de ST Paul, la Bonne Nouvelle annoncée chante un véritable cantique de grâce et d’amour, avec joie et optimisme, nous rapportant les détails de la Sainte Famille, depuis l’Annonciation, la naissance et l’enfance de Jésus.

Saint Jean

Intime du Christ, ses écrits sont un éblouissant témoignage de la vie du Messie, de sa transfiguration, des miracles accomplis, de l’agonie, de la mort de Jésus en croix, de sa mise au tombeau et de sa résurrection au matin de Pâques.

L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ?
Comment se manifeste t-il ?
Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Jésus

Spontanément, lorsque vous pensez à Jésus ou quand vous parlez de Lui, comment l’appelez-vous ?
Jésus, Christ, Seigneur, Dieu, …ou autrement !

Chapitre 7

La très sainte Trinité

la sainte trinité

Voyons à présent comment le mystère de la très sainte Trinité structure la liturgie chrétienne. Observons-le à travers les sacrements, en particulier celui de l’Eucharistie. La célébration de l’Eucharistie ainsi que les autres sacrements manifestent au plus haut point combien la vie chrétienne est marquée par la relation trinitaire. Étape après étape, mettons celles-ci en évidence.
La célébration de l'Eucharistie s’ouvre par un signe de croix et se conclut de même, à la bénédiction finale, par une référence explicite au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Le salut initial que le mystère adresse à ses frères et sœurs expose alors l’enjeu de la célébration à partir de la formule de saint Paul : « La grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père, et la communion de l’Esprit Saint soient toujours avec vous ». (2 col. 13-13).
Ainsi tout le déroulement du début de la messe, depuis le chant d’entrée jusqu’à l’oraison du prêtre célébrant, met en œuvre une véritable théologie de la prière chrétienne. Le chant d’entrée aide à sortir de son quant-à-soi. D’une même voix, nous sommes invités à chanter en reconnaissant dans la foi que c’est le Christ lui-même qui nous rassemble et nous nous tournons vers lui tous ensemble.
Vient ensuite l’hymne du « Kyrie ». Passage obligatoire en nous reconnaissant humblement pécheurs et demandons au Christ de nous remettre de toutes nos fautes afin de pouvoir participer à la célébration qui suivra libérés de tous péchés, avec un cœur et une âme transfigurée. Vient tout de suite après l’hymne du « Gloria ». Cet hymne christologique fut créé au 6? siècle pour la fête de Noël.
« Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux êtres qu’Il aime, (….) Seigneur fils unique, Jésus-Christ, Seigneur Dieu, agneau de Dieu, le Fils du Père, (….) car Toi seul es Saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul es le Très-Haut, Jésus-Christ, avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père… Amen. » L’ensemble de ces formulations nous met en coordination parfaite, du fait de sa reconnaissance, entre nous et avec la Trinité sainte, ne faisant alors ainsi qu’une seule et même unité.

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La collecte ou conclusion des oraisons, c’est par ce geste que le mouvement de la prière chrétienne se continue. Son aboutissement, c’est la prière adressée au Père par l’assemblée réunie au nom du Christ Jésus dans l’Esprit Saint. C’est pourquoi celui qui préside au nom de Jésus, Christ de Dieu, récapitule la prière de toute l’assemblée dans la collecte, confession de foi, en l’action du Christ et de l’Esprit qui nous conduisent au Père et adressée à celui-ci : « Par Jésus-Christ, ton Fils, notre Seigneur et notre Dieu, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles ».
Ainsi, d’une façon générale, les oraisons associent les trois personnes de la Trinité. Celles qui s’adressent à Dieu le Père mentionnent le Fils et l’Esprit saint, et celles qui s’adressent au Fils rappellent le règne du Père par L'Esprit saint. Suit la prière eucharistique, avant même l’introduction du Crédo dans la liturgie de la messe dominicale, incluse autour du 6em siècle, une confession de foi en acte au Père, au Fils et à l'Esprit. Elle s’adresse au Père de qui vient tout don parfait, elle s’inscrit dans la prière du Christ lui-même (Jn 17) et c’est l’Esprit qui l’anime.
Les préfaces de nos liturgies sont au nombre de quatre-vingts. Elles explicitent, selon les couleurs des temps liturgiques et des moments des fêtes, les richesses de l’amour du Père, manifesté dans la vie de Jésus, son Fils unique, qui s’est fait notre frère, en se donnant tout à tous, dans l’obéissance de la volonté suprême du Père, qui, par cette action salvatrice, renouait avec l’humanité créée par son seul vouloir, et nous permettait ainsi de nous identifier en fils de Dieu, et d’accéder à notre éternité. Ces préfaces s’ouvrent toujours ainsi par ce dialogue que dit le prêtre officiant : « Le Seigneur soit avec vous… (la réponse du peuple rassemblé est :) et avec votre esprit ».
Cette formulation, héritée de la liturgie juive, rappelle que l’action du ministre de la Liturgie célébrant l’office est toujours sous la mouvance du Saint-Esprit.
La louange de la préface conduit à reprendre l’acclamation : « Saint, Saint, Saint le Seigneur, Dieu de l’univers… », héritée aussi de la liturgie juive, à laquelle les chrétiens ont rajouté le verset suivant : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur », allusion au Christ pour qui les juifs ne reconnaissent pas sa divinité à l’égal du Père. (Même si nous avons beaucoup adopté de la liturgie juive, il était nécessaire de faire certaines distinctions qui sont propres à notre foi en Jésus, sans toutefois nous dissocier de notre héritage hébraïque.

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C’est au moment solennel de l’épiclèse, que, s’appuyant sur l’acclamation faite au Seigneur, celui qui préside demande alors au Père de manifester sa puissance et sa sainteté par l’action de l’Esprit saint, de sanctifier le pain et le vin qui vont devenir ainsi le Corps et le Sang du Christ, offerts sur la croix, en rémission de nos fautes et en nous introduisant dans le mystère trinitaire. Cette prière, appelée épiclèse, c’est-à-dire « appel sur » sans équivoque dans l’obtention de sa manifestation immédiate et véridique, est un appel à l’Esprit Saint sur les dons présentés, afin que soit manifesté sa puissance et son intervention.
Voici l’une des quatre formules de l’épiclèse : « Toi qui es vraiment Saint, (…..) sanctifie ces offrandes en répandant sur elles Ton Esprit ; qu’elles deviennent pour nous le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus le Christ… » (tirée de la prière eucharistique N° 2). Suit alors immédiatement le récit de l’institution qui rappelle les gestes et les paroles de Jésus à la dernière Cène, qui s’achève par le commandement donné par Jésus à ses disciples : « Vous ferez cela en mémoire de moi ». Cette demande de Jésus faite à ses disciples de commémorer cela comme si cela se passait dans l’immédiateté, hors de l’espace-temps, nous introduit de facto dans la communauté des disciples comme un seul et unique collège présent du moment. C’est le moment le plus solennel de la liturgie, car nous sommes alors tous en communion, unis au corps du Christ, dans l’unité de son Église universelle.
La réforme liturgique a introduit ici une acclamation d’anamnèse de l’assemblée qui, il est important de le noter, s’adresse tout particulièrement au Christ. C’est ainsi, toute l’assemblée qui, dans sa foi, s’adresse au Ressuscité, pour lui dire d’un même cœur : Oui Seigneur, nous faisons ce que tu nous as demandé de faire. Ainsi on peut alors s’exprimer à la suite du prêtre qui a introduit l'anamnèse : « Proclamons le mystère de la foi… (à laquelle nous répondons) : Gloire à Toi qui étais mort, Gloire à Toi qui es vivant, notre Sauveur et notre Dieu, viens Seigneur Jésus ».
S’appuyant de nouveau sur la prière de toute l’assemblée, celui qui préside s’adresse au Père et poursuit par une nouvelle épiclèse, demandant au Père le don de l’Esprit Saint à tous ceux qui vont communier pour qu’en vérité se constitue le Corps du Christ qui est l’Église : « Faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de Ton Fils, nous t’offrons, Seigneur, le pain de la vie et la coupe du salut (…) et humblement nous te demandons qu’en ayant part au Corps et au Sang du Christ, nous soyons rassemblés par l’Esprit Saint en un seul Corps ». (tirée de la prière eucharistique N° 2). Une acclamation de l’assemblée peut trouver sa place ici, ou après la première épiclèse sur le pain et le vin, pour associer les fidèles à cet appel à l’Esprit saint. 

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Ces acclamations, en donnant leur plein relief aux deux appels à l’Esprit saint, caractérisent les prières eucharistiques du missel de Paul VI, permettant ainsi à beaucoup de chrétiens de prendre mieux conscience de l’action de l’Esprit saint, constitutive de la réalité de l’Église. C’est au nom même de ce que Dieu a commencé par la venue de son Messie parmi les humains que s’expriment, dans la dernière partie de la prière eucharistique, des demandes pour l’unité de l’Église et le salut du monde pour les vivants comme pour les morts.
La doxologie est le point d’orgue de la prière eucharistique. C’est la grande doxologie qui conclut et qui est souvent chantée solennellement. Ainsi, elle résume en une formule dense tout le dynamisme de la prière chrétienne qui s’adresse au Père à la suite de Jésus son Christ.
« Par lui, avec lui et en lui, à Toi, Dieu le Père tout-puissant, dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, dans les siècles des siècles. » Se conclut la célébration par la bénédiction de l’officiant pour toute l’assemblée : « Que Dieu tout-puissant vous bénisse et vous garde, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ». L’assemblée répond par le point qui culmine « AMEN ».
C’est ainsi que nous devons dorénavant vivre nos messes dominicales ou autres, du moment où nous assistons de cœur et d’âme à une célébration où nous sommes adjoints de fait, déjà par notre présence, ensuite par notre foi, au mystère trinitaire qui nous saisit et nous transporte en nous transformant de façon totale dans la plénitude de la dimension du mystère qui est le symbole même de notre foi, de notre espérance et de notre salut. Vivre dans le cœur de Dieu, vivre dans le cœur même du mystère trinitaire, c’est déjà faire en partie de notre éternité.

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Voyons maintenant la liturgie qui nous amène du baptême au Credo. C’est au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit que se donne le baptême. Ces termes repris dans le signe de la croix signifient que le baptême oriente toute la vie du chrétien vers les trois personnes. Le baptême s’articule alors vers une confession de foi explicitement trinitaire, le Credo, à laquelle répond le triple geste de l’eau versée sur la tête, ou dans certains cas ou pays, la plongée de tout le corps dans une grande cuve baptismale, sens du mot grec « baptizien » traduit en version latine par baptême.
La plus ancienne version du Credo est le « symbole des Apôtres », construit en trois temps.
1) Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,
2) et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité d’entre les morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant d’où il viendra juger les vivants et les morts.
3) Je crois au Saint-Esprit, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. AMEN.

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Déjà au deuxième siècle, l’Église de Rome utilisait le Credo pour le baptême. En effet, la structure est très proche de celle du rituel du baptême décrit par Hippolyte. La référence aux Apôtres indique la fidélité de l’enseignement de Jésus et le caractère communautaire de la confession de la foi. Le Credo est de fait le fondement de l’universalité et de l’unité de l’Église.
(Hippolyte, prêtre de l’Église romaine, mort en 217, décrit ainsi la cérémonie du baptême Lorsque celui qui est baptisé sera descendu dans l’eau (il s’agit là d’une piscine avec deux escaliers, l’un pour en descendre, l’autre pour remonter), celui qui baptise dira en lui imposant les mains : « Crois-tu en Dieu le Père tout-puissant ? » et celui qui est baptisé dira à son tour : « Je crois. » et aussitôt celui qui baptise, tenant toujours la main posée sur sa tête, le baptisera une première fois en le plongeant totalement dans l’eau. Une fois que le baptisé sera remonté à la surface, il lui dira : « Crois-tu au Fils de Dieu, qui est né par l’Esprit Saint de la Vierge Marie, a été crucifié sous Ponce Pilate, est mort, est ressuscité le troisième jour, vivant d’entre les morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père, qu’il viendra juger les vivants et les morts? » »Et quand le baptisé aura dit une seconde fois « je crois », celui qui baptise le replongera une deuxième fois dans l’eau. Une fois qu’il sera à nouveau remonté à la surface, celui qui baptise dira : « Crois-tu à l’Esprit Saint dans la sainte Église catholique, à la résurrection de la chair ? » Celui qui sera baptisé répondra une troisième fois « Je crois » et ainsi il sera replongé une troisième et dernière fois dans l’eau. C’est seulement ensuite qu’il pourra remonter par le second escalier et sortir de la piscine baptismale. (La Tradition apostolique, coll. « Sources chrétiennes » N? 11 bis, Éd. du Cerf, 1984, 150 pages.)
Dans cette confession de foi, chaque personne divine, Père, Fils et Esprit, apparaît d’une manière différente. Dieu le Père est défini seulement par l’adjectif : « Tout-Puissant ». Pour dire la foi en Jésus-Christ, on raconte son incarnation, ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Enfin l’évocation au Saint-Esprit qui donne la vie et rassemble l’Église sainte, corps du Christ, est conjointe à la foi en Église et à la résurrection.
Au cours des siècles, cette triple confession donnera naissance au Credo, cette « charte du chrétien ».

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Dans le sacrement de la « confirmation », l’affirmation de sa foi (ce que l’on appelle la profession de foi) a une place importante. Le nouveau rituel de la confirmation (la célébration de la confirmation de 1976) propose plusieurs formulaires, outre la forme traditionnelle, identique à celle du baptême, avec le symbole des Apôtres. Trois professions de foi peuvent être utilisées. Elles explicitent de façon très diverse l’action du Père, du Fils et de l’Esprit. Ainsi à propos : a) Dieu le Père : « Dieu est notre Père et le Père de tous les humains, parce qu’il nous aime, il nous donne la vie et nous confie l’univers (n° 37).
 b) Du Fils : « Croyez-vous avec confiance en Jésus, qui nous a dit les secrets du Père, qui a donné sa vie pour nous et qui est vivant pour toujours avec le Père ? » (N° 38). c) de l’Esprit Saint : « L’Esprit Saint nous est donné par le Père et le Fils. Il nous rassemble en Église, pour servir nos frères et sœurs, être les témoins de Jésus, le Messie de Dieu, et célébrer les louanges du Père. (N° 37).
Le sacrement de pénitence (dit de réconciliation de nos jours) est l’un des sacrements les plus incompris, aussi bien par les croyants (certains) que surtout par les non-croyants, qui eux voient dans ce déroulement intime entre deux personnes plus une aide morale qu’une confession qui, d’individu à un autre individu, ne peut être une absolution des péchés, le prêtre ne pouvant pas absoudre, même au nom du Christ. La discussion à ce sujet a toujours fait débat et le fera encore longtemps, principalement pour les personnes qui n’ont pas la foi. Il est vrai que bien des sacrements de notre Église ne se comprennent que si on à la foi, les mystères qui les entourent restes pour la plupart incompris. Seul une foi sans condition peut accepter et admettre que le prêtre, et pour certains sacrements le diacre, revêtus du fait de leurs ordinations, de la puissance divine, (Cristi Capitis, qui veut dire Christ chef et tête suprême du don de Dieu) peuvent au nom, place et lieu du sauveur agir en sa qualité propre.

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Donc, dans le sacrement de pénitence, les paroles expriment l’action particulière de réconciliation du Père, du Fils et de l’Esprit. La formulation longue est très explicite : « Jésus-Christ, le Seigneur, livré à la mort par nos fautes, est ressuscité pour nous justifier, a répandu son Esprit Saint sur les Apôtres pour qu’ils reçoivent le pouvoir de remettre les péchés ». « L’Esprit Saint, notre aide et notre défenseur, nous a été donné pour la rémission des péchés, et en lui nous pouvons approcher du Père. » Ces affirmations rappellent l’envoi par Jésus de ses disciples avec la mission de pardonner lés péchés par la puissance de l’Esprit Saint (Jn 20, 19-23). Le Saint Esprit étant vie du Père et du Fils, et le pardon des péchés est bien de ce fait autre chose qu’un simple acquittement, il est le rétablissement du pécheur dans cette communion de vie Trinitaire à laquelle nous sommes tous appelés.
 Parlons maintenant du mariage chrétien, sacrement de l’amour et du don. Parmi les sacrements, celui du mariage occupe une place particulière puisque ce sont les époux eux-mêmes qui se le donnent. Son lien avec la Trinité vient du parallèle entre l’amour divin et l’amour humain. L’amour que mari et femme échangent dans un don de réciprocité en l’état de chaque personne prend alors sa source profonde, principale et primordiale lors de la bénédiction de l’officiant, que ce soit un évêque, un prêtre ou un diacre (uniquement), dans le don mutuel des trois personnes divines entre elles. Ainsi la cellule familiale, dont le noyau est l’amour, vient de la communauté et de la communion trinitaire, dont elle vit par et avec cette grâce. Elle en témoigne ai cœur de l’humanité de génération en génération. L’amour conjugal se construit, se développe, se purifie, se régénère s’il est alangui, se revivifie dans le pardon s’il est altéré ou brisé, par le don d’amour infini et sans limite, par le don que Dieu fait inlassablement de son amour aux époux ainsi unis et mariés en sa présence. Cette présence du Christ dans le couple ne se dément jamais, même dans les tribulations les plus désespérées. Dieu est et reste toujours là, présent dans une constante action, même invisible.
Ainsi par ce don inexprimable d’une communion d’amour trinitaire et terrestre, le père et la mère coopèrent à la création en faisant grandir la famille des enfants de Dieu. Ils participent aussi à l’œuvre immense de conversion de l’humanité à la sainteté, cette plénitude d’amour qui vient de la très sainte Trinité. 

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Lorsque les époux se donnent mutuellement le sacrement de l’amour par le don de leur propre vie, l’Église est le témoin de cet engagement, de ce don de réciprocité ; par le sacrement elle s’y associe dans une célébration de l’Alliance très expressive et, éventuellement, cœur d’une eucharistie, sacrement par excellence de l’amour de Dieu pour toute l’humanité au travers de ce couple présent dans cette action spécifique. L’amour que les conjoints manifestent est aussi l’amour du Christ pour l’humanité, mis en lumière dans l’Église et présenté comme une alliance conjugale. « Le Christ a aimé l’Église comme un mari aime son épouse. » (Paul Ep 5,25) La famille ainsi unie par le sacrement du mariage est bel et bien icône de la très Sainte Trinité d’Amour.
Considérant le bonheur du mariage, Tertulien écrit : « Où vais-je puiser la force de décrire de manière satisfaisante le bonheur du mariage que l’Église ménage, que confirme l’offrande, que celle la bénédiction. Les anges le proclament, le Père céleste le ratifie. Quel couple que celui de deux chrétiens, unis par une seule espérance, un seul désir, une seule discipline, un même service ! Tous deux, enfants d’un même Père, serviteurs du même Maître, rien ne les sépare, ni dans l’esprit, ni dans la chair. Au contraire, ils sont vraiment deux en une seule chair. Là où la chair est une, là aussi, un est l’Esprit. L’unité trinitaire est donc parfaite.
Tous dans l’Église du Christ et mystère, et si les funérailles ne sont pas un sacrement, la célébration chrétienne lui donne un caractère particulier. Profondément transformé par Vatican II, l’office des funérailles se conclut désormais par le « dernier adieu », où l’accent est mis sur la confiance en l’amour de Dieu pour tous les êtres qui sur cette terre sont ses enfants. Pour ce moment très fort et particulier, un des éléments les plus typiques est sans doute le chant : « Entre les mains de notre Père, où l’humain est appelé, du fond de sa misère, nous le laissons partir ». Le chant est suivi du signe de l’aspersion, auquel vient s’ajouter celui de l’encens, et se conclut par l’oraison du dernier adieu : « Nous espérons et croyons que nous ressusciterons ! En signe de cette foi, je bénis ce corps (aspersion) au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Puis après l’encensement : « Seigneur notre Dieu, nous te recommandons notre (frère ou notre sœur selon le cas). Ton amour l'a accompagné tout au long de sa vie, délivre-le (la) maintenant de tout mal. Il (elle) a quitté ce monde qui passe, conduis-le (la) auprès de Toi, où il n’y a plus ni deuil, ni larme, ni douleur, mais la joie et la paix, avec Ton Fils, et l’Esprit saint pour des siècles des siècles… Amen. »
Terminons ce chapitre avec un sacrement tout particulier, le sacrement de l’ordre. Jésus, dans sa mission d’annoncer le royaume de Dieu, ouvert à l’humanité entière, a appelé parmi ses premiers disciples ceux qui poursuivraient son œuvre, à annoncer que le royaume du Père est là, présent, déjà en ce monde, et par toutes les nations à faire des disciples en les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ce furent les apôtres. Par le sacrement de l’ordre, l’Église choisit et propose à Dieu Trinité ces continuateurs de la mission des apôtres, ces collaborateurs de l’ordre épiscopal, serviteurs de l’Évangile, et de la vie que Dieu partage dans l’Esprit, par Jésus son Christ, par le sacrement majeur de l’Eucharistie.

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Le sacrement qui fait des évêques, des prêtres et des diacres est comme un droit fil de l’envoi par le Père et de son Fils prenant, dans l’Esprit saint, la condition humaine. Les prières essentielles du rite d’ordination des évêques et des prêtres, exprimées par l’évêque, diffèrent dans leur application pour les diacres, montent comme un appel au cœur de la Trinité de laquelle vient la consécration de ces hommes (uniquement encore à ce jour) et les qualités de cœur que Dieu leur donnera en propre pour leur mission.
Voici la prière de consécration d’un évêque : « … Et maintenant, Seigneur, répands sur celui que tu as choisi la force qui vient de Toi, l’Esprit souverain que Tu as donné à Ton Fils bien-aimé, Jésus Ton Christ, l’Esprit qu’il a lui-même communiqué aux saints Apôtres qui établirent l’Église en chaque lieu comme Ton sanctuaire à la louange incessante et à la gloire de Ton NOM. … ».
Voici à présent la prière de consécration de l’évêque pour un prêtre : « …Mais, en ces temps qui sont les derniers, Père très saint, Tu as envoyé dans le monde Ton Fils Jésus, l’Apôtre et le Grand Prêtre que notre foi confesse.
Par l’Esprit saint, il s’est offert lui-même à Toi comme la victime sans tache ; il a fait participer à sa mission ses Apôtres consacrés dans la vérité, et Tu leur as donné des compagnons pour que l’œuvre du salut soit annoncée et accomplie dans le monde entier. Aujourd’hui encore, Seigneur, viens en aide à notre faiblesse ; accorde-nous les coopérateurs dont nous avons besoin pour exercer le sacerdoce apostolique. Nous t’en prions, Père tout-puissant, donne à ton serviteur que voici d’entrer dans l’ordre des prêtres, répands une nouvelle fois au plus profond de lui-même l’Esprit de sainteté… ». 
Pour le diacre, la consécration est à peu près identique mais dans une expression différente, les rôles n’étant pas les mêmes sans être différents, car à l’exception de consacrer la sainte Eucharistie, le diacre peut faire les mêmes obligations et remplir les mêmes charges que le prêtre. De ce fait, il ne fait pas partie de l’ordre presbytéral, mais il est inclus dans l’ordre épiscopal puisque l’évêque reste son unique intercesseur.
Ici se termine le chapitre 7.

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