La Très Sainte Trinité



Chapitre 1

Saint Marc

Communément accepté par les Pères de l'Église, découvrir ou redécouvrir le premier Evangile écrit par St Marc, d’après son écoute pendant la prédication de St Pierre à la communauté ecclésiale naissante de Rome.

Saint Matthieu

Ce collecteur d’impôts à Capharnaüm est celui qui met le plus en valeur par ses écrits la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, afin de démontrer que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël.  

Saint Luc

Sous la plume de ce médecin lettré, compagnon de ST Paul, la Bonne Nouvelle annoncée chante un véritable cantique de grâce et d’amour, avec joie et optimisme, nous rapportant les détails de la Sainte Famille, depuis l’Annonciation, la naissance et l’enfance de Jésus.

Saint Jean

Intime du Christ, ses écrits sont un éblouissant témoignage de la vie du Messie, de sa transfiguration, des miracles accomplis, de l’agonie, de la mort de Jésus en croix, de sa mise au tombeau et de sa résurrection au matin de Pâques.

L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ?
Comment se manifeste t-il ?
Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Jésus

Spontanément, lorsque vous pensez à Jésus ou quand vous parlez de Lui, comment l’appelez-vous ?
Jésus, Christ, Seigneur, Dieu, …ou autrement !

Chapitre 1

La très sainte Trinité

la sainte trinité

L’humain a toujours levé les yeux vers l’immensité du ciel, en se posant des multitudes de questions qui restèrent toujours sans réponse. Il désirait ainsi connaître, éventuellement, les artisans de ce monde où il vivait, et dont, selon sa déduction, la puissance créatrice fondamentalement là l'impressionnait toujours.  Ainsi, il se demandait qui ils étaient (car dans son imaginaire il ne pouvait en concevoir que plusieurs). Il cherchait ainsi à se sentir en lien avec eux, et à s'attirer leurs faveurs. Ce fut pendant des millénaires la préoccupation essentielle de l’humain en quête du divin.
Ainsi, du plus lointain que l’on puisse remonter dans le temps, l’histoire de l’humanité et la recherche du divin ont laissé de nombreuses traces, ce qui nous a permis d’en extraire la multiplicité et la complexité. Ces diverses marques se sont traduites par des monuments, parfois colossaux, souvent étonnants de finesse et de qualité expressive. Elles l'ont également été par des chants, des hymnes, des récits, des épopées, qui manifestent explicitement la volonté de conserver, souvent gravée dans la pierre, sur des tablettes en argile ou sur des papyrus, cette conception que l’humain a toujours faite des êtres supérieurs, auxquels il voulut ardemment se rattacher, pour en tirer de nombreuses faveurs.
La panoplie de ces divers dieux n’est pas exhaustive, vu la quantité et la complication de leur intervention en fonction de leur attribut. Certains dieux furent sacralisés comme puissances du cosmos, du soleil, de la lune, des étoiles, du vent, de la pluie, de l’air et de la mer, en fonction des saisons qui régissent le temps. D’autres dieux plus proches de l’humain furent des animaux réels ou imaginaires, selon les coutumes et les mœurs de certaines peuplades. 

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Notre évolution tant sur le plan humain que spirituel fut longue et lente. Certes, en fonction de la création de notre univers. Ensuite de notre galaxie, puis de notre système solaire, enfin de notre terre. Bien que des milliards d’années aient été nécessaires pour que ce miracle s’accomplisse, l’histoire de la présence de l’humain sur notre planète ne représente, même si elle est calculée en millions d’années, qu’une courte période par rapport à l’étendue et à la durée de la conception cosmique universelle.
Pour se donner une approche approximative de cette proportionnalité, les experts scientifiques considèrent que sur une échelle de vingt-quatre heures, l’histoire humaine ne représente qu’une fraction, voire un millième de seconde. Pourtant, son évolution spectaculaire, rapide et dynamique, reste à ce jour toujours un mystère.
Avant d’aller plus loin dans notre découverte du Dieu unique, retraçons d’abord les grands jalons de cette quête de l’humanité à travers tous les continents, car, mondialement et en tout temps, les humains, aussi éloignés qu’ils soient les uns des autres, ont toujours partagé la même obsession : croire et s’aligner sur des divinités aussi étranges que variées, selon les continents concernés. Nous ne retracerons ici que les dieux de renom dans notre culture méditerranéenne. Faire le panégyrique de l’ensemble des dieux terrestres serait interminable et fastidieux. (Individuellement, chacun peut chercher à se documenter sur cette perspective.)

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Ainsi donc, le monde dans lequel est né le monothéisme de l’ancien Israël est peuplé de nombreux dieux aux fonctions bien particulières.
Il y eut d’abord les dieux cosmiques. Ils règnent sur l’univers et président aux cycles naturels, comme les récoltes, les crues, les maladies. En Égypte, par exemple, selon que l’on est en Haute, moyenne ou basse Égypte, et selon les prêtres de ces différents États, ce pouvait être Atum, ou Ré, ou Amon qui serait le créateur de tout.
Ces dieux, nés de toute évidence dans des eaux primordiales chaotiques, se seraient créés eux-mêmes, n'ayant d'autres explications valables, puis, ne voulant pas rester seuls, engendrèrent des enfants. Geb, qui représente la terre, et Nout, qui représente le ciel, sont deux divinités majeures dans la mythologie égyptienne. Ces deux divinités, Geb et Nout, eurent, selon toute spéculation, quatre enfants : Isis, Osiris, Seth et Nephtys. Dans les religions mésopotamiennes, Enlil serait le dieu de l’atmosphère et des pays. Enki serait celui des créations, de la sagesse, de la surface de la terre. Le dieu de la Lune, Sin, serait celui qui présiderait aux cultes et aux alternances régulières.
D’autres dieux, appelés nationaux, sont titulaires d’un seul sol. Leur rôle consiste à soutenir le pays, à lui faire gagner des guerres, à le préserver des maladies, comme la peste ou le choléra, ainsi que de la famine et des aléas climatiques, tels que les tremblements de terre et autres calamités.
On connaît Kamosh, le dieu des Moabites, relaté dans une inscription du roi Mesha (9 siècles avant J.-C.). En Égypte, Seth était le dieu du royaume du Sud, et Osiris celui de celui du Nord. Le dieu des Assyriens était Assur et celui de la ville de Ninive, la déesse Ishtar.

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Enfin, il y a aussi les dieux dits personnels. Les rois comme les simples particuliers recourent à des dieux personnels chargés de les protéger. On en connaît une multitude, qui entretenaient, pour certains, des liens étroits avec la magie. En Égypte était particulièrement invoqué le dieu Bes. Anubis, le dieu chacal, Thot, le dieu singe, ainsi qu'Ibis et Sekhmet, la déesse lionne, avaient également leurs adorateurs. Nous savons qu’en Mésopotamie, le roi Goudéa annonce qu’il fait de Ningirsu son dieu protecteur.
En Égypte, encore, lors de la XVIII? dynastie (1580-1314 av. J.-C.), le dieu Soleil prend progressivement de l’importance dans l’esprit des fidèles au détriment des autres divinités. C’est le fameux pharaon Akhenaton (1352-1338 av. J.-C.) qui proclame et radicalise cette évolution vers un monothéisme strict et impartial. Il professe et insiste sur l’inexistence des dieux autres qu’Aton, le dieu Soleil, d’où il tirera son nom. N’est-ce pas, selon sa doctrine, le Soleil qui détermine la nuit et le jour, le cycle des saisons, les crues du Nil, la croissance des moissons, etc., d’où l’annulation de tous les autres dieux qui devient de ce fait inutile.
Cette révolution d’Akhenaton n'est et religieuse, mais également fortement politique, car elle consiste principalement à se défaire de la caste des prêtres, qui étaient fortement engagés dans le pays tant sur le plan religieux que politique. En dépit de la divinité pharaonique que représentait chaque souverain lors d'une somptueuse cérémonie, ces prêtres régissaient l’État comme un contre-pouvoir royal, agissant ainsi pour leur propre profit.
Ainsi, délaissant les anciennes capitales du pays initialement instaurées par ses prédécesseurs, il s’installe à Tell El-Amarna, avec sa femme, la fameuse et bien connue Néfertiti. Ils vivent dans une simplicité toute nouvelle pour une élite pharaonique, cultivant de concert les arts, la philosophie, la poésie, la religion, à l’exaspération de la caste religieuse totalement délaissée.
Mais, l’expérience monothéiste fut de courte durée et prend fin avec la mort d’Akhenaton. Le pharaon n’avait pas assez compté sur la puissance des prêtres des anciens dieux qu’il avait reniés, et qui patiemment attendaient le moment de leur revanche. À l’arrivée de son successeur, Toutankhamon, qui renouait avec le dieu Amon, dont il tirera également son nom, se rallie à la caste des prêtres. Il fait marteler à leur demande ses images et son nom, ainsi que celui de son dieu Aton, et restaure l’ancienne religion égyptienne, s’assurant ainsi le soutien du clergé.
Pourtant, soyons bien clairs sur ce sujet. Au-delà du bassin méditerranéen, des régions mésopotamiennes et de l'Asie Mineure, ainsi que dans les régions inconnues d'alors en Asie centrale et dans les steppes les plus reculées, d'autres dieux, sous l'influence des diverses communautés qui y habitent, devaient également régir la vie de ces individus.
Nous en connaissons aujourd’hui la panoplie quasi complète de l'immense diversité de ces divers dieux. Mais, laissons là ce propos.
Pour un Hébreu, comme pour tout chrétien, Dieu, l’Éternel Tout-Puissant Créateur, n’est pas là. 

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Si Dieu a créé le monde, selon les récits de la Genèse, Il n’y habite pas. Aucun élément divin ne peuple l’ordre minéral, végétal ou animal sur la terre, dans les eaux, ou dans le ciel. La révélation biblique ne présente pas Dieu comme un chef militaire, ni comme un pharaon divinisé en Égypte, ni comme un empereur divinisé à Rome. Elle conduit à la découverte d’un Dieu purement spirituel et unique.
L’originalité du peuple élu d’Israël réside dans le fait qu’au milieu de tout ce panthéon divers et varié, il occupe une place exceptionnelle en affirmant l’unicité de Dieu dans toutes les choses, selon son schéma de prière juive, qui s’exprime ainsi : « Écoute, ô Israël, YAHVE, ton DIEU est le seul SEIGNEUR. » Tu aimeras le Seigneur YAHVE, ton DIEU de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit. » (Dt 6,4-5). Ces versets n’étant que la première partie de la prière juive obligatoire du matin de chaque individu, homme ou femme d’Israël.
Ainsi, dans la religion hébraïque, toutes les fonctions du panthéon des dieux des divers peuples sont assumées par le Dieu unique YAHVE, qui créa le ciel et la terre, ainsi que tout le cosmos, et qui gouverne l’univers tout entier. Par déduction, YAHVE « SABAOTH » est également le Dieu des armées, considéré comme le Dieu national qui combat aux côtés de son peuple pour lui assurer la victoire, tout en étant Celui annoncé aux hommes en Israël, que l'on peut invoquer, prier et adorer individuellement.
 Ce n'est qu'après l'exil à Babylone, à partir de 400 av. J.-C., qu'Israël a commencé à croire en un Dieu unique et universel. Ce dernier, qui régit et commande tous les peuples de la terre, aurait dû avoir son annonce propagée pour que la connaissance se diffuse aux quatre coins du monde. La diaspora en sera un élément primaire, mais c’est le christianisme qui diffusera ce message dans le monde.
Cette croyance au Dieu unique et universel s'est développée patiemment, au fil du temps, à travers les étapes révélées par la Bible dans le Premier Testament. Elles sont que Dieu existe, qu’il est l’Unique, et qu’il n’y en a pas d’autres. Qu’il est vivant, et qu’il a créé l’humain. Toujours selon la Bible, il a fait alliance avec l’humanité tout entière.
Mais, toujours selon la Bible, plus spécialement avec le peuple d’Israël auquel il s’allie. Ce choix fait de cette population un élu, privilégié, vers lequel peuvent se tourner tous les autres peuples, de quelque nation qu’ils soient, pour trouver, à leur tour, le Dieu unique. L’idée était que la diffusion s’élargisse au monde entier.
Les premières manifestations de Dieu dans l’histoire de ce peuple se trouvent dans le récit bien connu du buisson ardent, au livre de l’Exode, où Dieu se révèle à Moïse en lui manifestant, à sa demande, son Nom. « JE SUIS CELUI QUI EST », nom qu’il se donne mais qui préserve son mystère, et ce, à ce jour encore, mais il se déclare être le Dieu de ses pères, Abraham, Isaac et de Jacob (qui deviendra plus tard Israël). Il se déclare donc être le Dieu de quelqu’un, avec qui il est en relation constante.


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Cela peut paraître singulier de la part d’un Dieu de se présenter ainsi, car ces mots indiquent qu’Il a élu domicile dans les cœurs des pères énoncés, ce qui constitue la première évocation d’une habitation de Dieu dans l’humain. Bien que le terme semble un peu lointain, il est important de noter que ses pères, appelés les Patriarches, étaient décédés depuis fort longtemps au temps de Moïse, mais leur mémoire est restée vive et active dans le cœur de ce peuple.
L’essentiel de ce message délivré à Moïse par Dieu est finalement sa présence indéfectible au cœur de l’humain, que ce soit collectivement ou individuellement.
Quand Moïse se plaint auprès de Lui de la contrainte que subit le peuple hébreu en Égypte par la tyrannie et l’oppression des gardes de ce pays sous la contrainte d’un travail harassant, humiliant et inhumain, Dieu lui répond : « Ne crains pas, va ; je serai avec toi. »
Mais, voilà un détail important. Ce Dieu est invisible, est et reste invisible pour tout humain, quel qu’il soit, car Dieu (Yahvé) dit à Moïse qui lui demande de voir sa gloire (Ex 33,20) : « L’humain ne peut me voir et vivre. »
Moïse lui-même n'aura pas le privilège de le voir de son vivant, sauf dans le buisson ardent ou plus tard, de dos, malgré ses nombreuses rencontres et conversations ultérieures avec Dieu. Invisible toujours, oui, mais non distant. Bien au contraire, car Dieu fit alliance avec le peuple d’Israël, comme le fiancé épouse sa fiancée, et le contrat de cette alliance engage par serment la fidélité.
C’est un contrat des plus exigeants de chaque contractant, car l’amour, s’il est un don de réciprocité, est fort, indélébile et indéfectible. (Ce qui ne fut pas toujours le cas de la part du peuple hébreu d’Israël, comme le spécifieront de nombreuses fois Dieu par la voix de ses prophètes). Nous retrouverons ces divers éléments de connaissance du Dieu d’Israël dans la Trinité que nous étudions actuellement.
Mais, finalement, c’est à ce peuple hébreu, communément appelé Israël (du nom que prit Jacob suite à sa mésaventure avec un ange qui figurait la présence de Dieu avec qui il combattit toute une nuit), que les chrétiens sont redevables de la transmission fidèle et courageuse de sa foi en ce Dieu, l’Unique. Le judaïsme, religion du peuple hébreu, a fait de la foi en Dieu, qui est l’Unique DIEU, son héritage.
Le christianisme a donc puisé cette foi à cette source et a dû rendre compte de sa foi en ce même Dieu. Cette question cruciale sera celle des premières communautés qui émaneront d'abord du judaïsme. Nous les retrouverons plus loin, lors de cet exposé. 

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Le Messie envoyé par Dieu, le Fils unique en qui Dieu met tout son amour, est un descendant selon la chair de ce peuple choisi pour témoigner du Dieu qui est unique, et Jésus, le Messie (traduit Christos en grec, qui donna Christ en latin), en épousera la condition et la fidélité totale au Dieu de l’Alliance conclue depuis fort longtemps avec les pères d’Israël.
Son baptême par Jean (son cousin) dans l’eau du Jourdain manifeste aux premiers disciples qu’il est comme eux, pleinement de ce peuple choisi par Dieu, et quels sont les rapports et les liens privilégiés de ce Dieu unique, en qui tout Israël a mis sa foi.
En plus de l’Évangile de Marc, deux récits nous ont été légués. Luc et Matthieu.
En Luc 3, 21-22, nous trouvons : « Il advint, une fois que tout le peuple eut été baptisé et au moment où Jésus, baptisé lui aussi, se trouvait en prière, que le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Une voix parvint du ciel qui disait : « Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »
Matthieu 3, 16-17 nous précise : « Une fois baptisé par Jean, Jésus aussitôt remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent ; il vit l’Esprit de Dieu comme une colombe descendre sur lui, et voici qu’une voix venue des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »
Par ces signes, c’est Dieu l’Unique qui se manifeste. Il est Père puisqu’il a un fils. L’Évangile nous fait entendre que son Fils est son unique, qu’en lui il a mis tout son amour, que l’Esprit venu aussi du ciel (là où selon la Bible Dieu réside) l’habite et l’anime. À ce stade, nous n’en saurons pas plus sur un Dieu qui est unique en trois personnes, mais nous nous en approchons, à travers la manifestation du Père, et de son Esprit entourant le Fils qui est devenu homme.
Ce même message s’inscrit en filigrane dans l’Annonce faite à Marie (Lc 1,26-38), dans la manifestation faite à Moïse et à Élie, sur la montagne de la Transfiguration (Mt 17,1-9), et lors de la passion où Jésus accomplit la volonté du Père et remet sa vie à l’Esprit. 

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Nous y percevons ainsi la force de l’amour qui se déploie et se précise. Ces événements s’inscrivent dans une connotation purement trinitaire, même si masquée par leur emploi en des lieux et des moments différents.
Écoutons également saint Jean de la Croix, ainsi que d'autres avant et après lui, qui constatent qu'avec Jésus, son Messie, Dieu a délivré l'intégralité de son message.
Il précise : « Car en nous donnant son Fils ainsi qu’il l'a fait, lui qui est son Verbe, Parole dernière et définitive, Dieu nous a tout dit ensemble, et en une fois, et il n’a plus rien à nous dire. C’est la doctrine de St Paul aux Hébreux, quand il engage à renoncer aux pratiques primitives et aux rapports avec Dieu selon la loi de Moïse, les exhortant à fixer uniquement les yeux sur le seul Christ. Il leur spécifie que : « Dieu qui jadis tant de fois et de tant de manières avait parlé à nos pères par les prophètes, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils ».
L’Apôtre nous apprend ainsi que Dieu est devenu muet. Il n’a plus rien à nous dire, puisque ce qu’Il disait jadis en déclarations séparées par la voix des prophètes, Il nous l’a dit maintenant de façon complète et définitive en nous donnant le tout dans le Fils unique. Si Dieu voulait achever ce sujet, il dirait : « Je vous ai dit tout ce que j’avais à vous dire par la Parole qui EST mon Fils, fixez les yeux sur Lui seul, car en Lui j’ai tout établi, en Lui j’ai tout dit, tout révélé et vous trouverez là, bien plus que tout ce que vous désirez et demandez. »
Nous verrons tout au long de cet exposé que Jésus est Dieu en quête de l’homme par unique amour. Pour l’humanité, qui depuis ses origines cherche Dieu, Dieu est venu à sa rencontre, un jour dans le temps et pour toujours. Il a bien voulu lever un coin du voile qui nous cachait son visage. En son Fils Dieu lui-même est venu à notre rencontre en devenant l’un de nous, homme par l’Esprit qui est en Dieu.
C’est pourquoi, si la révélation de Dieu contenait dès l’origine la mention de la quête amoureuse de Dieu envers l’humain, il faut rendre gloire au christianisme d’avoir porté cette intuition à son accomplissement le plus inimaginable. En effet, Dieu avec Jésus épouse dans sa totalité la condition humaine jusqu’à mourir pour les êtres humains qu’il a créés. Ainsi Il nous fait partager ce qui, en Lui, est échange total, éternel, incessant : l’AMOUR.

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Dieu est bien donc celui qui a l’initiative de la rencontre. La révélation de Dieu en trois personnes n’est donc pas d’abord matière d’une réflexion philosophique ou théologique, qui se présenterait comme un rébus, une énigme, voire même un défi pour l’esprit, mais elle offre le cadre d’une rencontre qui a vraiment déjà eu lieu, dans la Palestine du 1??? siècle, rencontre qu’ont vécue les disciples en la personne de Jésus, et qui est proposée à tout humain qui croit en Lui, par la foi.
Le mystère de la Très Sainte Trinité est, pour les chrétiens de toutes appartenances, l’aboutissement de cette longue quête de l’humain que Dieu a entreprise lorsqu’IL a appelé Abraham, il y a près de 3500 ans, et davantage encore avec Noé, et bien plus encore à la création du monde. Il est important de se rappeler que dans notre vie, comme ce fut le cas au fil des âges passés, et qui le resteront dans les siècles à venir, que TRINITE et AMOUR sont deux termes inséparables bien qu’interchangeables, fondement de notre existence.
Ceci termine le premier chapitre de cet exposé sur le mystère de la Très sainte Trinité.

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