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Evangiles selon Saint Jean , Saint Matthieu,
Saint Luc et Saint Marc


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Saint JEAN, Saint MATTHIEU, Saint LUC et Saint MARC
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L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ? Comment se manifeste t-il ? Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Évangile de Jésus,
le Christ de Dieu
selon Saint-Jean

Chapitre 2 
1- Et le troisième jour, il se fit des noces à Cana en Galilée; et la mère de Jésus y était.
2- Jésus fut aussi convié aux noces avec ses disciples. 
3- Le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit: "Ils n'ont plus de vin."
4- Jésus lui répondit: "Femme, qu'est-ce que cela pour moi et pour vous? Mon heure n'est pas encore venue."
5- Sa mère dit aux serviteurs: "Faites tout ce qu'il vous dira."
6- Or, il y avait là six urnes de pierre destinées aux ablutions des Juifs et contenant chacune deux ou trois mesures.
7- Jésus leur dit: "Remplissez d'eau ces urnes." Et ils les remplirent jusqu'au haut.
8- Et il leur dit: "Puisez maintenant, et portez-en au maître du festin; et ils en portèrent.
9- Dès que le maître du festin eut goûté l'eau changée en vin (il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), il interpella l'époux et lui dit:
10- "Tout homme sert d'abord le bon vin, et après qu'on a bu abondamment, le moins bon; mais toi, tu as gardé le bon jusqu'à ce moment."
11- Tel fut, à Cana de Galilée, le premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.
12- Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.
13- Or la Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.
14- Il trouva dans le temple les marchands de boeufs, de brebis, et de colombes, et les changeurs assis.
15- Et ayant fait un petit fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, avec les brebis et les boeufs; il jeta par terre l'argent des changeurs et renversa leurs tables.
16- Et il dit aux vendeurs de colombes: " Enlevez cela d'ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic."
17- Les disciples se ressouvinrent alors qu'il est écrit: "Le zèle de votre maison me dévore."
18- Les Juifs prenant la parole lui dirent: "Quel signe nous montrez-vous pour agir de la sorte?"
19- Jésus leur répondit: "Détruisez ce temple et je le relèverai en trois jours."
20- Les Juifs repartirent: " C'est en quarante-six ans que ce temple a été bâti, et vous, en trois jours vous le relèverez!"
21- Mais lui, il parlait du temple de son corps.
22- Lors donc qu'il fut ressuscité d'entre les morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela, et ils crurent à l'Écriture et à la parole que Jésus avait dite.
23- Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, beaucoup voyant les miracles qu'il faisait, crurent en son nom.
24 -Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu'il les connaissait tous,
25- Et qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendit témoignage d'aucun homme; car il savait, lui, ce qu'il y avait dans l'homme.

St Jean nous invite là à prendre un tournant décisif ; cette narration ne laisse place à aucun refus de notre part, à aucune contestation possible, à aucun débat ; St Jean nous met à la même place que les disciples, présents, mais qui ne jouent aucun rôle, sauf celui d’être présents et témoins de toute la scène.
Nous sommes appelés, nous aussi, à devenir croyants tout comme eux, au terme de ce vécu.

1- Et le troisième jour, il se fit des noces à Cana en Galilée; et la mère de Jésus y était.

 En commençant par « trois jours plus tard » Jean nous laisse déjà entrevoir que la fin est identique au début…trois jours sont et seront toujours nécessaires dans l’application de l’économie Divine ; pourquoi, Dieu seul le sait, mais nous avons déjà vu à plusieurs reprises dans d’autres textes testamentaires où autres, que Dieu se donne toujours se laps de temps pour faire ce qu’Il pense être le mieux pour l’humanité. Trois jours supposent aussi que ce fut le temps nécessaire aux disciples du Baptiste pour suivre définitivement Jésus. L’important dans ce chapitre est de voir qui est en jeu : D’abord le lieu, [très important] ensuite les protagonistes : Marie, mère de Jésus, Jésus, ses disciples, les serviteurs (anonymes), le maître de cérémonies ou maître du repas, [en quelque sorte l’organisateur de la noce], le marié, [qui lui aussi reste anonyme, mais est néanmoins le point central de l’actualité…].

2- Jésus fut aussi convié aux noces avec ses disciples.

St jean nous a déjà dit, au verset précédent, que Marie était présente aux noces. Il la mentionne la première pour montrer que Jésus ne fut invité que parce qu’ il était le fils, et que le protocole d’invitation ne pouvait mettre de côté le fils en invitant la mère. L’offense eut été forte. Si Marie est présente en qualité de conseillère des noces, retenons que c’est par son intercession que nous sommes unis au Christ. Lui qui est le véritable époux de l’âme. Quant aux disciples, ils sont là en qualité de compagnons des noces et pour unir l’église, dont ils sont le premier témoignage, au Christ. Saint Jean ne spécifie pas comment ils sont là et qui les a invités.

3-Le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit: "Ils n'ont plus de vin." 

On retiendra quelques étapes clés, que St Jean met en exergue, dans le déroulement suivant : À Marie revient le soin de solliciter le miracle, à Jésus de l’accomplir, aux disciples de l’attester.
Marie intervient ici comme médiatrice, en apostrophant directement Jésus [après s’être rendu compte d’un manque grave à la noce qui risquait de mal finir du fait de ce manque]. (Il faut voir là, que la noce représente l’ensemble du genre humain ; le manque de vin, qui représente ici la sagesse, la charité, la justice et la grâce, donc les éléments prépondérants dans la vie qui risque de se terminer sans cela en catastrophe. Sa bonté ne peut le concevoir et elle est remplie de miséricorde, elle prend sur elle l’indigence des autres.Considérons aussi l’amour respectueux dont elle fait preuve à l’égard du Christ, en lui présentant simplement un manque et sa sollicitude, de n’avoir pas attendu que le manque advienne. C’est ainsi, aussi pour nous, qu’elle se manifeste à son fils, avant que la nécessité se fasse extrême. Ainsi, nous dit –elle, n’hésitez pas à me solliciter pour tous les besoins qui vous font défaut pour persévérer dans la foi. 

4- Jésus lui répondit: "Femme, qu'est-ce que cela pour moi et pour toi ? Mon heure n'est pas encore venue »

La réponse de Jésus, très énigmatique, peut sembler être une mise à distance, non de sa mère, mais de la femme qui dès le début de l’humanité entraîne l’homme dans une direction qui n’est pas au demeurant celle de Dieu. Jésus était alors à même de l’ignorer, car la prise de décision de son heure n’en revenait pas moins qu’à Dieu seul ! Mais dans son amour pour sa mère, et voyant là un signe d’anticipation de son Père, Il manifeste dans ce premier signe le début de son ministère, place Marie dans le cercle restreint des disciples, et par ce fait, lui fait dépasser sa seule maternité charnelle, en devenant ainsi parmi ses disciples, le premier des Apôtres !

5- Sa mère dit aux serviteurs: "Faites tout ce qu'il vous dira." 

Marie s’adresse alors directement aux serviteurs, [et non au maître du repas], (car dans les serviteurs, St Jean définit ici l’humanité souffrante et esclave, soumise à l’ordre du maître de cérémonies) les invitant à une obéissance absolue montrant ainsi par l’assurance de ces paroles qu’elle a franchi le seuil du charnel jusqu’au mystère auquel elle était invitée, dès l’annonce par l’Ange Gabriel de sa conception virginale du Sauveur.

6- Or, il y avait là six urnes de pierre destinées aux ablutions des Juifs et contenant chacune deux ou trois mesures. 

La spécificité démontrée ici par l’évangéliste dans ce verset, nous invite à nous mettre directement en relation avec le miracle qui va s’opérer. Comme pour être, nous aussi témoins de l’impossible. Six urnes de pierres parfaitement propres, qui devaient contenir une eau pure et la maintenir pure, sinon les rîtes d’ablutions que devaient faire les juifs, n’eussent pas eu valeur de purification ! Quant aux mesures, elles représentent la quantité nécessaire à stocker d’une grande famille dans un pays ou l’eau était une denrée précieuse, voire même rare.

7- Jésus leur dit: "Remplissez d'eau ces urnes." Et ils les remplirent jusqu'au haut.

 Jésus, à son tour s’adresse alors directement aux serviteurs [voir explication ci-dessus énoncée], (et non au maître de cérémonies) prenant ainsi la direction du déroulement à suivre, spécifiant ainsi par son action directe entre Lui et le peuple de Dieu, que le moment est venu de prendre la direction de pasteur ou de maître).
Les serviteurs passeront ainsi du rôle d’esclaves, à celui d’amis, puisque témoins directs du miracle. L’obéissance des serviteurs montre non seulement leur adhésion au nouveau Maître, mais qu’ils adhérent complètement aux actes dictés par les paroles de sa Mère, qui les invitait à une obéissance absolue montrant ainsi par l’assurance de ces paroles, qu’ils placent leur confiance dans le tabernacle de l’Église naissante.

8- Et il leur dit: "Puisez maintenant, et portez-en au maître du festin; et ils en portèrent. 

L’évangéliste nous montre ici, comment le miracle fut rendu public, car au moment même où les urnes furent remplies, l’eau fut changée en vin, raison pour laquelle le Seigneur rendit aussitôt le miracle public.Jean nous rapporte ensuite l’ordre par lequel le Christ choisit celui qui doit constater le miracle en premier. Quant aux serviteurs, sans mot dire, ils obéissent au Christ, comme le feront ensuite les apôtres, lorsqu’ils partiront en mission ordonnée par le Christ avant son ascension dans les cieux.

9- Dès que le maître du festin eut goûté l'eau changée en vin (il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), il interpella l'époux et lui dit: 

Le maître de cérémonies ne s’y trompe pas, il sait reconnaître la légitimité du geste accompli, sans trop savoir toutefois comment cela s’est produit, mais signifie dans ses propos la quantité et la qualité exceptionnelle de ce vin, vin qui donne la vie, et qui signifie par sa suavité que la fête messianique est désormais engagée, et ne saurait s’arrêter. 

10- "Tout homme sert d'abord le bon vin, et après qu'on a bu abondamment, le moins bon; mais toi, tu as gardé le bon jusqu'à ce moment." 

Jean nous présente ici, dans ce verset très particulier, une dure réalité qui se démontre dans la foi. Le bon vin, servit en premier, symbolise la foi directe et délibérée. Une fois remplis de cette intention, débordants de vérité, on boit abondamment le moins bon, symbole des dures réalités de la vie qui nous font lâcher prise, envahis par le doute, l’amertume, au comble de l’exaspération lorsqu’il nous semble que Dieu n’agit plus. Mais toi, [le Christ], tu as gardé le bon jusqu’à maintenant, ce qui explique que le Seigneur nous met à l’épreuve des réalités de la vie, plus tristes, plus dures et plus amères les unes que les autres. Ainsi, plus l’homme progressera dans la foi et la doctrine du Christ, plus il s’adoucira et goûtera à une grande suavité. La souffrance, l’amertume et les tribulations auxquelles nous sommes soumis en ce monde, ne sont que des épreuves qui nous préparent au monde futur, aux délectations et aux joies qui seront les nôtres. 

11- Tel fut, à Cana de Galilée, le premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Notons de façon particulière, que l’évangéliste insiste ici de façon soutenue, sur le fait que ce miracle fut le premier réalisé par Jésus et qu’avant celui-ci, Jésus n’avait opéré aucun miracle. Cette manifestation publique et surprenante rend les disciples présents aux noces, plus dociles a la foi naissante qui était la leur, du fait qu’ils avaient cru en Lui comme en un homme bon, prêchant une doctrine juste et droite, mais qui n’avait jamais fait illusion leur avait donné l’occasion de voir un miracle. Seuls les propos du baptiste étaient encore en eux dans leurs mémoires. Mais à partir de ce moment, ils croient désormais en Lui comme OINT de Dieu, le Messie annoncé par les prophètes et en qui le baptiste avait témoigné la filiation divine avec Dieu le Père.

12- Après cela, il descendit à Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples, et ils n'y demeurèrent que peu de jours.

On notera que St jean spécifie dans ce verset que Jésus, avec mère, frères et disciples, prend la route de Capharnaüm, carrefour des nations, ville où tout était très corrompu, qui ne montrera aucun empressement à la doctrine du Christ, enfermée dans les déités de la luxure et de l’argent, mais malgré tout, point de départ d’un ministère universel. Tous les faits et gestes accomplis par le Christ ont une signification qui par la suite prendra tout son effet.

13- Or la Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. 

Dans l’action qui suit sa montée à Jérusalem, Jean marque ici, et ce dès le commencement de sa vie publique, que Jésus rompt avec le judaïsme. Cette propre rupture est significative du cheminement que prendra désormais son Église naissante. Pourtant Moïse avait prescrit ces divers animaux dans le sacrifice du temple, mais à condition qu’ils soient offerts dans la sincérité et la pureté de l’acte en soit, et non dans la tromperie et la fourberie. Dans l’Exode (Ex 23,17) il est prescrit que [trois fois par an, tous les mâles viendront devant le seigneur] et la pâque était un de ces trois événements. Parce que le Seigneur était venu pour donner à tous l’exemple et l’humilité de la perfection, il voulut, aussi longtemps qu’elle serait en vigueur, observer la loi, car il vint non pour l’abolir, mais pour l’accomplir, comme il le précisera plus tard. Pour ce motif, nous devons, nous aussi, observer avec soin les préceptes divins. Si en effet, célébrant les solennités, le Fils de Dieu Lui-même a accompli les prescriptions de la Loi qu’Il avait donnée, avec quelle grande application, pour les bonnes œuvres, ne devons-nous pas préparer et célébrer les fêtes. [Notons aussi que Jean l’évangéliste souligne ici la différenciation entre la pâque juive et la nôtre. ] La pâque juive était préfigurative, car elle était célébrée par l’immolation d’un agneau qui préfigurait le Christ à venir, tandis que par notre fête de Pâque, nous commémorons la véritable immolation par la passion et la crucifixion de Christ, Agneau Véritable, Immaculé. 

14- Il trouva dans le temple les marchands de boeufs, de brebis, et de colombes, et les changeurs assis.

Maintenant, l’évangéliste souligne par ce verset la perversion des prêtres. À propos de cette perversion, il faut savoir que le diable tend des embûches dans les choses de Dieu et s’efforce de les corrompre. Les principaux moyens dont il fait usage pour corrompre les choses saintes de Dieu sont le vice et l’avarice. C’est ce que fait le diable depuis les temps les plus reculés. Le Seigneur Dieu avait ordonné dans la Loi, qu’en certaines solennités, on immolât certains animaux bien spécifiques. Certains juifs, habitant près du temple, amenaient leurs propres animaux, d’autres devaient se les procurer sur place. Aussi, les prêtres eux-mêmes s’arrangèrent pour que l’on vende ces animaux, dans le temple, recevant au passage la dîme qui tombait directement dans leurs escarcelles. Ainsi, dans le parvis du temple, s’installèrent banquiers, prêteurs et usuriers. Il faut aussi savoir un point important et non négligeable… La monnaie courante dans le pays depuis la domination romaine était à l’effigie de l’empereur. Cette monnaie considérée par le Sanhédrin comme impure ne pouvait être utilisée dans le temple pour l’achat des animaux de l’offrande. Il était donc obligatoire de changer la monnaie de l’empire contre la monnaie courante d’Israël, qui n’avait cours que dans le temple et uniquement pour cet effet. Bien sûr, Les prêtres pour autoriser ce marchandage, touchaient des dividendes substantiels, et y trouvaient donc un vif intérêt. 

15- Et ayant fait un petit fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, avec les brebis et les boeufs; il jeta par terre l'argent des changeurs et renversa leurs tables. 

Bien que les marchands soient installés sur le parvis et non à l’intérieur du temple, Jésus en prophète jaloux des droits de son Père considère que cela souille le temple tout entier où Dieu était honoré, et donc Dieu lui-même, ainsi chasse –t-il brebis, bœufs et autres et jette-t-il à terre les monnaies des changeurs... St jean parle d’un fouet de cordes, et en profite pour citer( Is 5,18) « le méchant est lié par les cordes du péché, malheur à vous qui vous servez des mensonges comme des cordes pour traîner derrière vous une longue suite d’iniquités..» et aussi (Pr 5,22) « le méchant et lié par les cordes du péché » et en suivant, (Ez 44,7) « Vous avez mis des incirconcis de cœur et de chair pour garder mes observances dans mon sanctuaire ». En chassant tout cela du temple, Jésus donna aussi à entendre que les temps étaient proches où les sacrifices de la loi devraient cesser et où le vrai culte de Dieu passerait aux gentils. De ce fait Jésus montre que se damnent ceux qui vendent et profitent des choses spirituelles pour s’enrichir, spécifiant au verset 16, « ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic, soit, ôtez de devant mes yeux la malignité de vos pensées. » Message clair et sans équivoque, qui n’a rien à voir avec un zèle quelconque

16- Et il dit aux vendeurs de colombes : " Enlevez cela d'ici; ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic."

 Sa parole revêt un double sens, qui reste malgré tout encore bien énigmatique…d’abord, elle met un terme aux pratiques indignes pour honorer Dieu, levant d’ores et déjà le voile sur sa relation unique avec Dieu, son Père, et ensuite sur le nouveau sanctuaire que représente son propre corps. C’est pourquoi le Seigneur les avertit d’abord, et ensuite Il leur donne la raison de son avertissement, leur faisant remarquer de façon péremptoire, qu’ils symbolisent ceux qui vendent et font donc trafic des dons du Saint Esprit, c'est-à-dire les simoniaques. [Voir N°388 de St Thomas d’aquin, et Ac 8,18 l’histoire de Simon, le magicien, d’où vient le nom de simoniaque] (Les simoniaques doivent aussitôt être chassés de l’Église, cependant, tant qu’ils vivent, ils peuvent se convertir en usant de leur libre arbitre, et revenir ainsi, avec l’aide de Dieu, à l’état de grâce d’où ils s’étaient exclus.

17- Les disciples se souvinrent alors qu'il est écrit: "Le zèle de Ta maison me dévore."

 Nous nous devons d’aimer la maison du Seigneur, avec un véritable zèle, nous nous devons de tellement l’aimer que son zèle doit nous dévorer, en sorte que si nous voyons faire quelque chose qui lui soit opposé, si chers que nous soient les coupables, nous nous efforcions d’y mettre fin sans craindre les maux qui peuvent en résulter pour nous.La Glose exprime que : « le bon zèle représente la ferveur de l’âme, en vertu de laquelle l’Esprit , rejetant la crainte, s’enflamme pour la défense de la vérité, s’efforce de la corriger, et s’il ne le peut, supporte en gémissant, plainte qui ne restera pas sans réponse de la part du Seigneur ». 

18- Les Juifs prenant la parole lui dirent : "Quel signe nous montre-tu pour agir de la sorte?" 

Par hypocrisie, les Juifs demandent un signe à Jésus, au regard de l’autorité avec laquelle il agit, car il n’était pas permis à n’importe qui de faire cela, mais seulement à celui qui avait autorité, donc le Christ de Dieu, l’OINT attendu par Israël. Ainsi par cette demande, « pourquoi nous chasses –tu avec puissance et autorité, car cela ne semble pas à première vue être ta charge ? ». La demande de ce signe était non pour croire, mais en espérant que Jésus ne pourrait en produire aucun, et ainsi le repousser, le mettre dans l’embarras, le discréditer comme Christ de Dieu. 

19- Jésus leur répondit: "Détruisez ce temple et je le relèverai en trois jours." 

Jésus ne leur donne pas un signe manifeste, mais un signe caché sous la figure de la résurrection, car ce signe futur manifestera effectivement au plus haut degré la puissance de sa divinité donc de son autorité. Jésus donne ici à l’avance un signe de sa résurrection future, car c’est dans ce mystère que se manifeste au plus haut degré, la puissance de sa divinité. 

20- Les Juifs repartirent: " C'est en quarante-six ans que ce temple a été bâti, et toi, en trois jours, tu le relèverais!" 

L’évangéliste souligne ici, l’incompréhension des Juifs, pensant que Jésus parlait du temple matériel fait de pierre, de bois et de bronze. Leur inintelligence voulue ou réelle, dans ce qui concerne les affaires de Dieu, les rend septiques. 

21- Mais lui parlait du temple de son corps.

Cela ne sera compris que par les apôtres, mais bien plus tard, lors de sa résurrection.

22- lors donc qu'il fut ressuscité d'entre les morts, ses disciples se souvinrent qu'il avait dit cela et ils crurent à l'Écriture et à la parole que Jésus avait dit.

Effectivement, avant la résurrection, il était difficile de comprendre cela. D’abord parce qu’il est montré par là que dans le corps du Christ était la vraie divinité, d’où la spécificité que son corps est le temple de Dieu et comprendre cala, à l’époque où Jésus parlait ainsi, dépassait la capacité humaine. Il faudra la reconnaissance de ce que Jésus aura fait avec ses disciples, en leur présence, après avoir eu pleinement connaissance du mystère, pour que les apôtres se souviennent aussi bien de ses paroles que de se qu’avaient depuis longtemps annoncé les écritures.

23- Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, beaucoup voyant les miracles qu'il faisait, crurent en son nom. 

St jean nous rapporte dans ce verset que pendant la fête de la pâque lorsque Jésus était à Jérusalem, beaucoup crurent en lui à cause des miracles qu’il faisait. Mais l’évangéliste ne rapporte aucun de ces miracles, qui semblent selon le verset assez nombreux. Il semble donc, tout comme le pense Origène, (comt sur St Jn ,X,X LVI, $ 319, p 579) qu’a ce moment de la vie de Jésus, beaucoup de signes furent accomplis, mais ne sont aucunement mentionnés par l’évangéliste, sciemment omis, semblant trop considérables pour pouvoir tous y figurer. Le seul souci de St Jean étant de rapporter de Jésus uniquement les signes nécessaires pour instruire de façon objective l’Église naissante. 

24- Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu'il les connaissait tous,

Comment peut-on comprendre ce verset qui semble en contradiction avec les versets précédents. Comment interpréter que des hommes aient cru en Dieu et que Jésus ne se soit pas fié à eux. Simplement parce qu’Il savait, Lui, en tant que Dieu, que pour certains, leur foi était simulée, ou que, selon Chrysostome, ( In Ioannem, XXIV, 1,PG 59, col.143) certains croyaient en Lui de façon imparfaite, ne pouvant atteindre les mystères du christ dans sa profondeur et dans sa perfection. C’est pourquoi, pour nous montrer leur foi imparfaite, St Jean ne dit pas qu’ils croyaient en LUI, en sa divinité, mais croyaient en son nom, seulement en ce que l’on disait de LUI, aux divers qualificatifs qui lui étaient attribués, homme juste (différent des juges corrompus), qui parle avec autorité,( contrairement aux scribes et aux prêtes), à qui les démons obéissent ( genre de magicien) et d’autres tout aussi semblables.

25- Et qu'il n'avait pas besoin qu'on lui rendit témoignage d'aucun homme; car il savait, lui, ce qu'il y avait dans l'homme.

 Comme rien de ce qui est dans l’homme n’est caché au Christ, sachant leur foi encore imparfaite, il ne se fiait pas à eux. St Jean nous démontre ici, que la connaissance du Christ sur le genre humain était universelle, puisqu’elle s’étendait non seulement à ses proches, mais encore aux étrangers qui étaient à Jérusalem, et qui avaient embrassé la foi d’Abraham. St Jean nous montre aussi que la connaissance du Christ est parfaite, parce qu’elle ne s’étend pas seulement aux réalités extérieures, mais aussi aux réalités intérieures, ce que Jésus exprime en disant « qu’il savait ce qu’il y a dans l’homme »


Vers le chapitre 3

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