Evangiles
Synoptiques

Evangiles selon Saint Marc , Saint Matthieu ,
Saint Luc et en complément Saint Jean 


Ce site est destiné à l’étude des évangiles et a leur meilleure compréhension.
Les trois premiers dits synoptiques, attribués à St Marc, St Matthieu et St Luc...
et aussi l’évangile selon St jean, qui complète les écrits apostoliques avec une étude sur l’Esprit Saint  

Saint Marc

Communément accepté par les Pères de l'Église, découvrir ou redécouvrir le premier Evangile écrit par St Marc, d’après son écoute pendant la prédication de St Pierre à la communauté ecclésiale naissante de Rome.
 

Saint Matthieu

Ce colleteur d’impôts à Capharnaüm est celui qui met le plus en valeur par ses écrits la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, afin de démontrer que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël. 

Saint Luc

Médecin lettré, compagnon de ST Paul, la Bonne Nouvelle qu'il annonce chante un véritable cantique de grâce et d’amour, avec joie et optimisme, nous rapportant les détails de la Sainte Famille, depuis l’Annonciation, la naissance et l’enfance de Jésus.

L'Esprit Saint


Qu'est ce que l'Esprit Saint ?
Comment l'expliquer ?

 Comment se manifeste t-il ?
Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Évangile de Jésus,
le Christ de Dieu
selon Saint-Jean

Chapitre 13

1- Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux…
2- Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer….
3- Jésus, qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu'il était venu de Dieu, et qu'il s'en allait à Dieu…
4- se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit……
5- ensuite il versa de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint…
6- Il vint donc à Simon Pierre; et Pierre lui dit: Toi, Seigneur, tu me laves les pieds!
7- Jésus lui répondit: « Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt ».
8- : Pierre lui dit: «Non, jamais tu ne me laveras les pieds ». Jésus lui répondit: « Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi .
9- Simon-Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête »
10- Jésus lui dit: Celui qui est lavé (dans d’autres versions, celui qui a pris un bain) n'a besoin que de se laver les pieds pour être entèrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous.
11- Car il connaissait celui qui le livrait; c'est pourquoi il dit: Vous n'êtes pas tous purs.
12- Après qu'il leur eut lavé les pieds, et qu'il eut pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit: Comprenez-vous ce que je vous ai fait?
13- Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis.
14- Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres;
15- car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait.
16- En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son seigneur, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé.
17- Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez.
18- Ce n'est pas de vous tous que je parle; je connais ceux que j'ai choisis. Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse: Celui qui mange avec moi le pain a levé son talon contre moi.
19- Dès à présent je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle arrivera, vous croyiez à ce que je suis
20- En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui reçoit celui que j'aurai envoyé me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.
21- Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit, et il dit expressément: En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera.
22- Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait.
23- Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus.
24- Simon-Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus
25- Et ce disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit: Seigneur, qui est-ce?
26- Jésus répondit: C'est celui à qui je donnerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon, l’Iscariote. 
27- Dès que le morceau fut donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit: ce que tu fais, fais-le promptement.
28- Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela;
29- car quelques-uns pensaient que, comme Judas avait la bourse, Jésus voulait lui dire: Achète ce dont nous avons besoin pour la fête, ou qu'il lui commandait de donner quelque chose aux pauvres.
30- Judas ayant pris le morceau, se hâta de sortir. Il était nuit.
31- Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit: maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui.
32- Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt.
33- Mes petits-enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez; et, comme j'ai dit aux Juifs: Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant.
34- Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres.
35- A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres.
36- Simon-Pierre lui dit: Seigneur, où vas-tu? Jésus répondit: Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard.
37- Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? 
38- Jésus répondit: Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.

Dès ce chapitre, St-Jean nous fait basculer dans la deuxième partie de la vie de Jésus. Plusieurs faits marquants illustrent ce passage d’une façon différente de celle des synoptiques. Est-ce volontaire ? Ce qui frappe de prime abord, c’est que Jean exclut de sa narration le passage de l’institution de l’eucharistie ! Jean avait-il le souci de démontrer une version de la Pâque différente de ses contemporains, ou a –t-il eu le souci de porter l’accent sur un détail qui revêt autant d’importance que ceux racontés par les autres évangélistes dont il connaissait à coup sûr les écrits ? Jean, était-il celui choisi par le Christ pour faire comprendre en tant qu’Apôtre la dimension extraordinaire que revêt l’Esprit-Saint, le Paraclet qui devait se substituer à Lui, pour ouvrir le cœur et les yeux de ceux qui auront la charge d’annoncer le royaume des cieux en se servant des paroles du Verbe et de ses œuvres, annonçant le règne présent de Dieu, expliquant en paraboles pour les uns, ou singulièrement pour les autres, les préceptes de la loi, prédisant ce qui devait arriver, manifestant les secrets de son Père dans le cœur des plus humbles, ce qui est le propre de Dieu ? Quatre traits principaux nous soulignent ce chapitre.
En premier lieu, l’exemple, (versets 1 à 5).
En second lieu, la finalité de l’exemple, (versets 6 à 11).
En troisième lieu, l’invitation à imiter son exemple, (versets 11 à 17) .
Le quatrième trait ,(versets 18-38) l’exhortation du Christ envers ses disciples,(présent et futur) , qui révèle la récompense à venir.

1- Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux…. 

Il est important de noter la dimension de cet acte souligné par Jean au verset 1, par l’Amour que Jésus porte aux siens, ses apôtres. Ce geste de Jésus est un pur acte d’Amour dans toute sa splendeur, (car Il les aima jusqu’au bout). Ce qui souligne bien le sens de la finalité dans l’universalité de sa passion, que seule la sagesse de l’intelligence illuminée par la force de l’Esprit Saint nous fait entr’apercevoir la suite, prioritairement pour les disciples, puis pour le reste des croyants. Il s’agit bien là de l’Amour Théologal, celui-là même qui s’enracine dans l’Amour du Père pour son Fils. (On notera l’insistance de St Jean sur l’Amour, et particulièrement sur l’Amour fraternel, dont le Christ lui-même s’est investi, qui s’explique par les diverses crises internes traversées par la communauté naissante, ainsi que, par la suite, par les autres communautés crées par les apôtres ; parler autant de l’amour semble signifier qu’il a été mal vécu, et que de nos jours encore cela se vit très mal ! La douleur de ce monde en est une preuve flagrante ! Mais cette insistance sur l’Amour, montre aussi qu’il s’agit de quelque chose d’essentiel, constitutif de la communauté créée par Jésus et de toutes les communautés crées par les apôtres jusqu’à nos jours !) 

2- Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le livrer…

Le verset 2 souligne l’importance de la maitrise de Jésus sur les événements et les véritables enjeux de sa passion, nous préparant à en saisir la profonde signification. Jésus sait et est conscient du dessein de Judas de le livrer ;
ce n’est ni malgré lui ni par ignorance, mais en sachant et acceptant volontairement cette souffrance à venir, car tout étant dans sa main, c'est-à-dire en son pouvoir, il est donc manifeste que ses adversaires ne pouvaient rien lui faire contre sa propre volonté. Jean souligne ici l’iniquité de Judas qui se prépare à trahir son maître, malgré la charité et l’humilité de Jésus à son égard, car :
a) il lui a aussi lavé les pieds,
b) ensuite il le nourrira avec la bouchée de pain. Cette heure fatale à venir prédestine la disposition de la providence divine sur l’humanité.

3- Jésus, qui savait que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu'il était venu de Dieu, et qu'il s'en allait à Dieu….

C’est ce que souligne le verset 3 (que le Père lui avait tout remis entre ses mains),Jean spécifie de façon concrète, les dons spirituels reçus du Christ par Dieu son Père, connaissant tout ce qui lui avait été donné, en tant qu’homme, dans le temps, et en tant que Fils, de toute éternité. (qu’il est venu de Dieu et qu’il repart vers Lui,) consiste ici à la sainteté de l’homme Jésus, qui venu de Dieu (donc apportant sur terre la sainteté trinitaire, et qu’il va vers Dieu, de ce fait même, il lui revient en propre de ramener l’humanité confiée par le Père, ce qu’il fera pleinement)

4- se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit..

St Jean explique ici avec force passion es détails de cette intervention de Jésus, homme pour les disciples présents à cette scène, mais, nous fait remarquer Jean, Christ de Dieu pour l’humanité. Le rituel de la Pâque ne prévoyait rien de semblable. De plus selon la Misdrash, (Exode 21,2) l’esclave juif n’était pas tenu de laver les pieds de son maître…. Mais nous noterons que St Jean décrit de façon précise et minutieuse en s’attachant à tous les faits et gestes de cette scène, pour nous imprégner de toute la force de ce geste particulier. Origène souligne, non sans gravité, que par ce geste, Jésus en ôtant son vêtement préfigure sa mort, que reprendre son vêtement signifie sa résurrection… et que par ce geste il a lavé nos taches, et pris sur lui les fautes qu’elles nous avaient valu. . St Thomas d’Aquin lui commente : Le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir spécifiant ainsi que si quelqu’un désire avoir une responsabilité dans l’Église, il faut qu’il sache que ce n’est pas avoir un pouvoir, mais une servitude…c’est en effet le propre du serviteur de se dépenser tout entier pour le service de son maître…ainsi précise –t-il de façon catégorique, dans son enseignement, (Commentaire de l’évangile de ST jean, N° 1742 , page 110, du tome 2,) .. ;ainsi, les prélats de l’Église (et l’ensemble du clergé),doivent à tous ceux qui leur sont soumis, tout ce qu’ils ont et tout ce qu’ils font. 

5- ensuite il versa de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint

La finalité de ce mystère ne sera vraiment intelligible aux apôtres qu’après la résurrection…avec le don de l’Esprit-Saint, Sagesse infinie de Dieu, le Père. Et c’est là que St Jean touché silencieusement en lui-même par la noblesse de ce geste, nous montre dans toute sa plénitude le geste d’obéissance du Christ, geste qui met en lumière son humilité, et cela de trois manières.
1) Par le genre de ce service, puisque le Seigneur de Majesté s’abaisse pour laver les pieds de ses disciples.
2) Par la multitude des gestes de ce service, se lever, ôter son vêtement, se ceindre d’un linge, prendre une bassine, de l’eau, la verser, laver les pieds et les essuyer, poser le tout, reprendre son vêtement, se remettre à table…
3) et par sa manière de faire, parce qu’il n’agit pas par les autres ni avec l’aide des autres, mais par lui-même. Ce lavement suggère l’imperfection humaine ! Les apôtres, après le Christ étaient les plus parfaits, et cependant avaient besoin d’être lavés, ayant en eux des impuretés. Cela pour nous donner à comprendre, qu’aussi parfait que soit un homme, il a néanmoins besoin d’être rendu parfait.  

Entrons maintenant dans la seconde partie de ce texte.

6- Il vint donc à Simon Pierre; et Pierre lui dit: Toi, Seigneur, tu me laves les pieds! 

Simon-Pierre une fois de plus transpose par sa réponse notre propre attitude typique de la difficulté à croire ; il fait preuve hélas, comme beaucoup d’entre nous, d’inintelligence, n’ayant pas pris le temps de la réflexion ! Son refus peut se comprendre par les paroles de Jésus qui lui dit : « plus tard tu comprendras ! » Pierre démontre ainsi notre petite humanité, qui n’est pas capable de se comporter autrement que dans la chair. Origène pense lui, non sans objectivité, que Pierre refuse cet acte d’humilité du Christ, à cause de son trop grand amour pour Jésus ! Il aurait voulu, lui, laver les pieds du Seigneur, c’est en somme comme un reproche à lui-même qu’il s’adresse, comme pour se mortifier de n’y avoir pas pensé avant ! 

7- Jésus lui répondit: « Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt ». 

Effectivement, pour les apôtres, ce mystère ne sera intelligible dans sa compréhension que dans l’application de leur ministère, lorsque plus tardivement, après la résurrection, ils auront reçu le don de l’Esprit. Retenons selon St Augustin, que cet exemple est sûrement un grand mystère qui reflète la nécessité d’une purification intérieure. Il s’agira aussi d’une imitation à retenir de la part du maître dans son amour et son humilité à servir ses frères.

8- Pierre lui dit:  «Non, jamais tu ne me laveras les pieds ». Jésus lui répondit: « Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi »

Dans ce verset, nous voyons l’insistance de Pierre qui se sent blessé par l’action de son maître, avec un zèle un peu désordonné, ne sachant comment s’excuser lui, et ses compagnons qui ont accepté sans mot dire l’action de Jésus. Cette dissociation de Pierre vis-à-vis de ses compagnons, reflète bien, encore, ici, la place que prendra Pierre par la suite. Effectivement afin d’être cohéritier du Christ, il nous faut passer par la purification intérieure en toute humilité.

9- Simon-Pierre lui dit: Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête »

On peut comprendre dans cette réponse, que Pierre, ayant préalablement négligé ce geste, pratiquement irréfléchi, se sent maintenant en porte-à-faux, pris au piège par la réponse de Jésus, mais surtout réalisant que refusant de s’exclure du groupe, effrayé, il s’offre tout entier pour être lavé. On voit bien qu’il est troublé par l’amour et la crainte d’être séparé de celui qu’il a ouvertement reconnu comme étant le Christ de Dieu. Dans la somme théol ,I ,q. 79, a ; 9, c. on peut lire : « les perfections invisibles de Dieu sont rendues visibles à l’intelligence par le moyen de ses œuvres. » (Rm 1,20) ; St Thomas d’Aquin précise donc que la demande de Pierre correspond à trois grands aspects de la vie humaine.
a) l’intelligence spéculative ordonnée d’une manière ultime à la contemplation du mystère de Dieu ;
b) l’intelligence pratique ordonnée à la réalisation des œuvres ;
c) la sensibilité liée à l’imaginaire et aux passions, qui est l’amour des biens sensibles.

10- Jésus lui dit: Celui qui est lavé (dans d’autres versions, celui qui a pris un bain) n'a besoin que de se laver les pieds pour être entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous.

Les exégètes s’accordent à dirent que dans cette réponse ils distinguent deux probabilités. En premier l’accueil de la parole déjà réalisé pour les apôtres, dite par le Christ, en second l’accompagnement de l’homme Jésus jusqu’au terme, qui signifie l’adhésion totale à son programme messianique, y compris jusqu’au témoignage de la mort. Thomas d’Aquin, lui, précise que vivant dans cette vie mortelle, on ne peut s’élever à un si grand sommet de perfection, sans que surgissent encore des mouvements désordonnés de la sensibilité, liés à des affections terrestres. 

11- Car il connaissait celui qui le livrait; c'est pourquoi il dit: Vous n'êtes pas tous purs. 

Nous noterons que Judas était spirituellement hors de portée de ces différentes capacités d’abnégation. Dans sa mouvance à trahir Jésus, il était aveugle au moindre propos du Christ, sa vision d’un libérateur d’Israël restant intimement liée aux militants zélotes, donc tout à fait en opposition avec le mystère, incompris pour lui, d’un royaume qui ne soit pas terrestre. Pour le Christ, cela passait par l’impureté, car il voyait déjà en Judas, le péché contre le St-Esprit, pour lequel, il le dit lui-même, il ne pourrait rien. Ceci démontre bien que le trouble de Jésus est lié à la trahison et au pouvoir du démon qu’elle révèle.

Passons maintenant à la troisième partie de ce texte.

12-  Après qu'il leur eut lavé les pieds, et qu'il eut pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit: Comprenez-vous ce que je vous ai fait? 

Nous voyons dans ce verset, tout le cérémonial employé par Jésus, équivalant au début, au geste à accomplir, mais dans l’autre sens, empreint de toute la gravité que nécessitait ce geste, ou ce devoir à accomplir, afin que par cette œuvre, il leur donne un enseignement d’une grand importance, d’où sa réflexion :  « comprenez-vous ce que je viens de faire ». 

13- Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis. 

Ici, Jésus, Jésus conforte ses disciples dans le fait de le reconnaître comme Maître par la sagesse de l’enseignement de ses paroles et Seigneur à cause de la puissance qu’il manifeste par ses miracles. À ce propos, St Paul dans sa première épitre aux Corinthiens, ne dit-il pas du Christ, tout comme St Ambroise par la suite, qu’il est puissance et sagesse de Dieu ! Quant à se reconnaitre dans ces deux qualités, elles étaient utiles et nécessaires, car elles consistent à renforcer notre perfection.

14- Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres;

Ainsi Jésus conclut en argumentant d’abord en ses propres qualités, ensuite dans l’humilité car à plusieurs reprises n’a –t-il pas dit :
«  Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir ».
Ainsi transpose-t-il un acte dégradant réservé à un esclave ou un simple serviteur en un acte de miséricorde. Cela représente l’acte du service dans toute sa splendeur.

15- car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. 

En disant cela, Jésus spécifie la nécessité de l’enseignement par l’exemple. Telle était son intention sachant pertinemment que pour les hommes, les exemples par les actions touchent bien plus que les paroles. Le Christ choisit délibérément de se donner lui-même en exemple. Le but étant de marquer fortement l’esprit de ses disciples, ce qui fut le cas, raison évidente, pour Saint Jean, de le relater dans son évangile.

16- En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son seigneur, ni l'apôtre plus grand que celui qui l'a envoyé.

Dans ce verset le Seigneur confirme la conclusion en vertu de son autorité et de fait, montre d’abord la condition nécessaire pour être disciple et pour remplir son office. En ce sens il se met lui aussi dans la position de disciple du Père et ne se projette pas au- dessus de lui ni comme étant son égal. Comme apôtre il est l’envoyé, comme il demandera aux siens de l’être, comme disciple il est serviteur, il leur demandera de l’être aussi. 

17- Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. « Heureux celui qui écoute la parole de Dieu, qui la garde et la met en pratique en bonne intelligence ».

Se servir de l’intelligence pour servir le Seigneur s’est honorer la Sagesse du Père agissante en nous. En faisant cela nous sommes gratifiés d’une béatitude supplémentaire.

Passons maintenant à la quatrième partie de ce texte.

18- a) Ce n'est pas de vous tous que je parle; b) je connais ceux que j'ai choisis. c) Mais il faut que l'Écriture s'accomplisse: d) Celui qui mange avec moi le pain a levé son talon contre moi. 

a) Jésus montre l’exception. Dans toute société humaine établie, il y a toujours celui qui rechigne et se lamente, contrarie souvent l’œuvre à laquelle il est destiné avec les autres, et certains ont même la possibilité de faire littéralement avorter le projet.
b) La valeur de ceux qui se battent pour que réussisse et se réalise le dessein de Dieu, n’en ont que plus de mérite et valeur, au risque du martyre, ce qui sera le lot des disciples mis à part Jean. Jésus fait ensuite comprendre que ce que les prophètes avaient dit, bien avant lui, en parlant de sa venue et de sa passion, devaient s’accomplir.
c) Les prophètes inspirés par Dieu Lui-même ne pouvaient mentir et leurs prophéties ne pouvaient rester lettre morte, inachevées ! « Il faut que s’accomplisse tout ce qui était écrit de moi dans la loi de Moïse, les prophètes et les psaumes » et l’écriture annoncée à l’avance non parce qu’elle oblige, mais parce que, ce qui devait arriver, elle ne l’a pas tu.
d) La familiarité qui s’exprime ensuite, montre bien que Judas était bien inclus parmi les apôtres, partageant le repas avec les autres, recevant même de Jésus la bouchée de pain, geste pour le moins rempli d’une grande intimité…mais qui va se retourner contre le Christ en vue d’accomplir sa destinée. 

19-  Dès à présent je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que, lorsqu'elle arrivera, vous croyiez à ce que je suis.

Jésus poursuit en indiquant la cause pour laquelle est faite cette exception, même si, en ayant la connaissance depuis toujours, il l’avait tu jusqu'à ce moment, moment de le faire paraître en public. « Car le Seigneur scrute les cœurs et les reins… » Jésus sait et prédit ce qui doit arriver, car en lui se manifestent les secrets du cœur, ce qui est le propre de Dieu. Ici, les derniers mots de sa phrase, je Suis, reprennent en plénitude la dénomination que Dieu Lui-même a donnée à Moïse sur le Sinaï, «… tu diras à mon peuple, je Suis m’envoies…. »
Depuis la déclaration de Pierre à Jésus « …vraiment Tu es le Fils du Dieu Très-Haut… l’OINT du Tout Puissant… » Jésus ne cachait plus à ses disciples sa notoriété en tant que Dieu lui-même. 

20- En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui reçoit celui que j'aurai envoyé me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé.

Cette conclusion confirme la dignité de ceux qu’il envoie en mission après les avoir purifiés de façon définitive par le lavement des pieds pour Jean, par l’Eucharistie pour les synoptiques; leur dignité est de ce fait si grande, que les gestes de service empressés à l’égard de ceux qui les recevront, rejaillissent en quelque sorte sur Dieu, cependant selon un certain degré…c’est-à-dire que ce qui est fait par les apôtres aux fidèles du Christ, rejaillit sur Dieu le Père. Non seulement le Christ demeure en ses apôtres, mais son Père aussi. À cela, explique St Augustin, s’identifient les deux natures du Christ : la nature humaine et la nature divine. La nature humaine qu’il partage avec ses disciples, donc qui les reçoit, le reçoit ; et la nature divine, lui qui est avec Dieu le Père une seule nature. Ainsi sont contenues dans ces paroles, la médiation directe qui s’établit entre Dieu et les hommes. 

21- Ayant ainsi parlé, Jésus fut troublé en son esprit, et il dit expressément: En vérité, en vérité, je vous le dis, l'un de vous me livrera.

Le trouble de Jésus est bien sûr lié à la trahison et au pouvoir du démon qu’elle révèle…ici en Judas. Jésus ressent fortement en lui, que l’heure de sa passion et de sa mort est imminente, ce qui montre bien sa vraie nature humaine puisqu’il est affecté jusque dans son âme elle-même, par ce trouble qui provient du jugement de la raison. Ensuite parce qu’il est triste de voir que parmi le collège des saints institué par Lui, l’un d’eux s’en va délibérément, et de son plein gré, à la mort. Cette attitude de grande piété montre bien que Judas ne trahit pas Jésus par ignorance, mais d’un état et d’un fait délibérés, conscients et sciemment voulus. Par l’un de vous, de ceux que le Père lui a donnés pour être intégrés au collège des saints, que dans l’avenir aucun collège ne sera vraiment saint, pouvant trouver en son sein, un pécheur, perturbateur de l’Église en mission. 

22- Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait.

On voit ici le trouble qui envahit maintenant les disciples… aucun n’imaginait que l’un d’entre eux puisse renier Jésus. Leur conscience en fut quelque peu ébranlée, d’avoir en eux-mêmes quelque chose de mauvais, mais la prédiction du Christ était plus forte que leurs propres pensées. Aussi se sentant faibles dans leur humanité, et capables d’un vouloir contraire à ce qu’ils avaient d’abord voulu, leur interrogation fut légitime.

23- Un des disciples, celui que Jésus aimait, était couché sur le sein de Jésus.

Ce passage nous est expliqué par St Augustin : Pour ceux qui nous ont donnés les Saintes Écritures, la coutume voulait que, parlant d’eux-mêmes, ils parlaient d’eux comme s’il s’agissait de quelqu’un d’autre, et se situant dans leurs écris comme rapportant le déroulement de l’anecdote, et non comme en étant l’auteur. 

24- Simon-Pierre lui fit signe de demander qui était celui dont parlait Jésus. 

Pierre toujours dans la mouvance qui caractérise bien sa personnalité, sans parler, par un simple signe se fait comprendre de Jean, évitant ainsi que Jésus n’ait à dénoncer celui qui allait le renier publiquement. On comprend ici le sens mystique qui enveloppe cette scène. 

25- Et ce disciple, s'étant penché sur la poitrine de Jésus, lui dit: Seigneur, qui est-ce? 

L’interrogation, ici, n’est plus muette, mais assujettit tout de même à une certaine réserve. Jean, tout comme Pierre, tenait à la discrétion, ne fut-ce que pour ne pas perturber l’ensemble de l’auditoire présent, même si tous étaient curieux de savoir qui allait renier Jésus.

26- Jésus répondit: C'est celui à qui je donnerai le morceau trempé. Et, ayant trempé le morceau, il le donna à Judas, fils de Simon, l'iscariot.

Le Seigneur désigne ici la personne du traitre, par deux actions : la parole et le geste. La parole est donnée pour amplifier l’ingratitude de Judas, qui bien qu’ayant reçu de nombreux bienfaits du maître, au même titre que les autres disciples, le trahit tout de même. Le geste déclenche le mouvement qui va suivre, montre de façon précise l’auteur de la trahison et consume ainsi la fin d’une partie de la vie du Christ. De là va dépendre la passion de Jésus

27- Dès que le morceau fut donné, Satan entra dans Judas. Jésus lui dit: ce que tu fais, fais-le promptement. 

Le mal entre donc en Judas par le sentiment de la malice, en tant que l’homme se laisse séduire par lui, et le suit pour accomplir parfois sans s’en douter, le mal qu’il suggère. Quant aux paroles de Jésus, elles ne sont pas un commandement, puisque le péché ne peut arriver ni sous le commandement ni sous le conseil divin, mais ce sont les paroles de celui qui permet, pour que s’accomplissent les écritures. Jésus ne voulant en rien déroger à la parole promise au Père d’obéir à sa totale volonté. 

28-  Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela; 

Les paroles du Seigneur furent obscures pour les disciples afin de ne pas ébranler leurs foi ni les mettre en émoi devant la traitrise de Judas. C’est pourquoi les paroles du Christ sont tellement profondes et excèdent tellement l’intelligence humaine que nul ne peut en saisir plus si lui-même, le Christ, ne nous les révèle. 

29- Les paroles du Seigneur furent obscures pour les disciples afin de ne pas ébranler leurs foi ni les mettre en émoi devant la traitrise de Judas. C’est pourquoi les paroles du Christ sont tellement profondes et excèdent tellement l’intelligence humaine que nul ne peut en saisir plus si lui-même, le Christ, ne nous les révèle. 

Jean explique par cette phrase que les disciples restent dans l’ignorance de la volonté divine, le déroulement de la passion devant prendre un caractère qui échappera totalement aux apôtres…ainsi la vraie cause de ces paroles dites par Jésus resta incompris des autres. 

30- Judas ayant pris le morceau, se hâta de sortir. Il était nuit. 

L’évangéliste montre maintenant la mise à exécution et en détermine le moment ! L’exécution est rapide…disons instantanée…et laisse aussi comprendre le trouble dans lequel est Judas, dont la traitrise est découverte et qui veut mettre rapidement son forfait à exécution. Le moment détermine l’obscurité, l’heure des ténèbres, qui précise l’aggravation du geste de Judas, son esprit étant obscurci, loin de la lumière divine, jusqu’à sa prise de conscience de la grave décision dans laquelle il s’était fourvoyé. 

31- Lorsque Judas fut sorti, Jésus dit: Maintenant, le Fils de l'homme a été glorifié, et Dieu a été glorifié en lui.

La sortie de Juda, dans ce verset, implique un tournant irréversible dans la suite des événements et du futur aussi… ceux qui délibérément et librement se séparent du Christ, montrent une irréversibilité qui fera dire à Jésus, qu’il mettra à droite les élus et à gauche ceux qui partiront pour les larmes éternelles. En parlant de sa propre gloire, Jésus fait allusion à quatre points précis qu’il nous faut retenir :
a) la gloire de la croix. Par cette passion, le Christ a triomphé de ses ennemis.
b) le pouvoir de juger : parce qu’il reçoit du père le pouvoir d’unir les choses terrestres aux choses célestes.
c) la gloire de la résurrection : qui manifeste la gloire, la sagesse et la puissance de Dieu. d) enfin la gloire qui révèle la pleine connaissance de la foi sur les peuples.Puis la fin de la phrase signifie, le mérite de cette glorification est que Dieu, par tous ces actes dont le Christ est empreint, soit glorifié en LUI. En effet, Dieu est glorifié en ceux qui cherchent à faire sa volonté et non la leur, ce qui fut le cas du Christ. 

32- Si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera en lui-même, et il le glorifiera bientôt. 

St Augustin précise, avec St Hilaire, que « si Dieu a été glorifié en lui », c’est que Jésus dans sa nature humaine n’a fait que la volonté de son Père et ainsi le glorifie, et c’est à ce juste titre que « Dieu le glorifiera encore en lui-même », pour qu’a la nature humaine assumée par le Verbe éternel, soit aussi donnée une éternité immortelle, et la glorification à venir, « le glorifiera bientôt, » par la résurrection. Cela se réalisa quand la nature humaine déposa sa faiblesse dans la mort de la croix, recevant au même instant la gloire de l’immortalité…principe même de la puissance et de la sagesse de Dieu. 

33- Mes petits-enfants, je suis pour peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez; et, comme j'ai dit aux Juifs: Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi maintenant

Jésus annonce maintenant son départ, afin que les disciples se sachant séparés de Lui brûlent plus encore d’Amour…le peu de temps faisant allusion à la transformation qui s’opérera entre sa mort humaine et sa résurrection comme Dieu. Le fait de vouloir le chercher dénote leur incapacité à le suivre malgré leurs efforts, mais sous-entendant la fuite, le reniement, le repentir et la détresse, jusqu'à l’annonce de Marie-Madeleine au retour du tombeau. En le leur précisant Jésus les prépare à tout ce qui va le mener de ce moment, à sa résurrection, mais en grande douceur. 

34- Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. 

Ce commandement se trouve pourtant dans Lev :ch 19 « Je suis Yahvé, le Seigneur ton Dieu ! … tu aimeras ton prochain comme toi-même… je suis Yahvé , l’Éternel ton DIEU! » D’où vient qu’il soit nouveau ? Dans le Lv, il est considéré comme un esclavage, voire une condition imposée, là, il se comprend comme un acte purement spirituel, car en effet le Christ nous a aimés gratuitement, efficacement, et sans détour. Le Christ nous a aimés dans la mesure où nous deviendrons semblables à lui par la grâce de l’adoption. Rappelons aussi que dans l’amour du prochain est aussi inclus l’amour que l’on a pour Dieu.

35- À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres.

Puis Jésus donne la raison d’accomplir ce commandement…Les insignes du Christ qui nous font reconnaître comme disciples sont l’amour et la charité. Être unis dans l’amour et la charité et un signe de dilection sainte. C’est pourquoi Jésus insiste spécialement sur ce point.

36- Simon-Pierre lui dit: Seigneur, où vas-tu? Jésus répondit: Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard. 

C’est encore Pierre qui interroge Jésus, anxieux de ses propos auparavant, inquiet de ce que le Christ s’éloigne d’eux…désireux de vouloir le suivre. Chrysostome dit à ce propos que Pierre voulait parler au nom des apôtres…mais Jésus répond de façon personnelle, impliquant de ce fait uniquement Pierre par le retard que prendra cette réalisation, empêché pour le moment de suivre Jésus pour que s’accomplisse son destin.

37- Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerais ma vie pour toi. 

St Jean nous montre ici la hardiesse de Pierre…qui avait bien saisi que ces paroles lui étaient spécialement adressées …le Seigneur se défiant de l’amour que lui témoignait Pierre…car tout homme ne peut savoir la force de son amour surtout devant l’imminence du danger, voire de la mort…et Jésus le savait parfaitement.

38- Jésus répondit: Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.

Dans sa réponse, Jésus invite Pierre à reconsidérer sa réponse…Il aurait pu lui dire, « je sais mieux que toi-même ce qu’il y a en toi…Toi, tu ne peux présumer de toi-même outre mesure. » » Puis il annonce son reniement…qui commence avant le premier chant du coq…ainsi Jésus démontre une fois de plus qu’IL est maître de chaque situation et que ce qu’IL fait il le fait en tout état de conscience, approuvé et accepté.



Vers le chapitre 14

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