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Evangiles selon Saint Jean , Saint Matthieu,
Saint Luc et Saint Marc


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Saint JEAN, Saint MATTHIEU, Saint LUC et Saint MARC
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Saint Matthieu

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L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ? Comment se manifeste t-il ? Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Évangile de Jésus,
le Christ de Dieu
selon Saint-Jean

Chapitre 5

1- Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.
2- Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il y a une piscine qui s'appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques.
3- Sous ces portiques étaient couchés un grand nombre de malades, d'aveugles, de boiteux et de paralytiques. Ils attendaient le bouillonnement de l'eau.
4- Car un ange du Seigneur descendait à certains temps dans la piscine, et agitait l'eau. Et celui qui y descendait le premier après l'agitation de l'eau, était guéri de son infirmité, quelle qu'elle fût.
5- Là se trouvait un homme malade depuis trente huit ans.
6- Jésus l'ayant vu gisant et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit:
7- Veux-tu être guéri?" Le malade lui répondit: "Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine dès que l'eau est agitée, et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi."
8- Jésus lui dit " Lève-toi, prends ton grabat et marche."
9- Et à l'instant cet homme fut guéri; il prit son grabat et se mit à marcher. C'était un jour de sabbat.  
10- Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri: "C'est le sabbat, il ne t'es pas permis d'emporter ton grabat."
11- Il leur répondit: " Celui qui m'a guéri m'a dit: Prends ton grabat et marche."
12- Ils lui demandèrent: "Qui est l'homme qui t'a dit: Prends ton grabat et marche?"
13- Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était; car Jésus s'était esquivé, grâce à la foule qui était en cet endroit.
14- Plus tard, Jésus le trouva dans le temple et lui dit: "Te voilà guéri; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire."
15- Cet homme s'en alla, et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.
16- C'est pourquoi ils persécutaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.
17- Mais Jésus leur dit: "Mon Père agit jusqu'à présent, et moi aussi j'agis."
18- Sur quoi les Juifs cherchaient encore avec plus d'ardeur à le faire mourir, parce que non content de violer le sabbat, il disait encore que Dieu était son père, se faisant égal à Dieu. Jésus reprit donc la parole et leur dit:
19- "En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire au Père; et tout ce que fait le Père, le Fils aussi le fait pareillement.
20- Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, qui vous jetteront dans l'étonnement.
21- Car comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, aussi le Fils donne la vie à qui il veut.
22- Le Père lui-même ne juge personne, mais il a donné au Fils le jugement tout entier,
23- afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé.
24 -En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle, et n'encourt point la condamnation, mais il est passé de la mort à la vie.
25- En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront.
26- Car comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même;
27- Et il lui a aussi donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme.
28- Ne vous en étonnez pas; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix
29- Et ils en sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie; ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de condamnation.
30- Je ne puis rien faire de moi-même. Selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
31- Si c'est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas véridique.
32- Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est véridique.
33- Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité.
34- Pour moi, ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage; mais je dis cela afin que vous soyez sauvés.
35- Jean était la lampe qui brûle et luit, mais vous n'avez voulu que vous réjouir un moment à sa lumière.
36- Pour moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les oeuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces oeuvres mêmes que je fais, rendent témoignage de moi, que c'est le Père qui m'a envoyé.
37- Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face.
38- Et vous n'avez point sa parole demeurant en vous, parce que vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé.
39 -Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle;
40- Or, ce sont elles qui rendent témoignage de moi; et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie.
41. Ce n'est point que je demande ma gloire aux hommes.
41- Il rencontra d'abord son frère Simon, et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie (ce qui se traduit Christ)."
42- Mais je vous connais, je sais que vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu.
43- Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, et vous le recevrez.
44- Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne recherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul?
45- Ne pensez pas que ce soit moi qui vous accuserai devant le Père; votre accusateur c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.
46- Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi.
47- Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles?"

La présentation du chapitre 5 faite par l’évangéliste St Jean, montre deux cadres distincts mais très étroitement reliés :
a) La guérison d’un paralytique [5,1-16]
b) la controverse contre les dirigeants Juifs.
[5, 17-47]
Dans la première partie, l’évangéliste situe le lieu, le cadre, la présentation de l’intervention de Jésus, l’intervention, et les conséquences de cette intervention, ceci se rapportant strictement à l’enseignement Christique, afin qu’à partir des réalités visibles on connaisse les invisibles.

Dans la deuxième partie, la controverse de Jésus face au Sanhédrin, immédiatement introduite du fait de son initiative, la guérison d’un malade le jour du Sabbat, l’évangéliste, selon son thème favori, développe ici par la pensée profonde, le mystère de Jésus qui se présente à mots couverts comme étant le Christ, manifesté par ses œuvres, mais réfuté par les siens.

Voici quelques titres christologiques recueillis dans ce texte : Guérisseur, maître du sabbat, fils du Père, en lien constant avec le Père, égal du Père, centre des écritures, et sauveur du monde.
Nous analyserons donc trois dons propres à Jésus uniquement : celui de la vie spirituelle ; celui de la nourriture spirituelle ; celui de l’enseignement spirituel.

1- Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem.

L’évangéliste explique que cela se passe après le miracle accompli en Galilée. Après la fête de la Pâques, il s’agit donc de la fête de la Pentecôte. Suivant les préceptes de la Loi, selon l’Exode (Ex 23,17 : trois fois dans l’année, tous les mâles paraitront en présence du Seigneur ton Dieu) Il s’agissait de la Pâques, de la Pentecôte et de la fête des tentes. Les deux raisons données par l’apôtre sont ; en premier pour ne pas paraître aller contre la Loi, en second pour attirer à Dieu, par ses miracles, et son enseignement la multitude du peuple qui venait à Jérusalem pour la dite fête.
La scène se déroule à Bezatha, [bethsaïde] lieu où se trouve une fontaine miraculeuse, dans le quartier nord de Jérusalem ; la porte des brebis se situe près de l’entrée que prenaient les brebis pour rentrer dans l’esplanade du temple en vue du sacrifice à offrir à Dieu La description de la fontaine, sa situation, les détails nous précisent une réalité vécue par l’apôtre et qui l’a touché profondément ; il décrit le lieu précis de la piscine probatique, sous plusieurs aspects singuliers ; le nom, la disposition, ceux qui s’y trouvent, leur misère profonde, la fontaine si particulière !

2- Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il y a une piscine qui s'appelle en Hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques

Le non exact de cette piscine est PROBATIQUE du grec (probation) qui signifie brebis.Cette piscine servait à laver les animaux qui devaient être offerts en sacrifice. Le nom de Béthesda ou Bethsaïde, signifie maison des brebis. Les cinq portiques permettaient aux prêtres nombreux pour ces fêtes et pour les nombreux animaux offerts en sacrifice de pouvoir travailler sans se gêner.

3- Sous ces portiques étaient couchés un grand nombre de malades, d'aveugles, de boiteux et de paralytiques. Ils attendaient le bouillonnement de l'eau.

 L’évangéliste explique ici un autre point particulier de cette piscine, en nous présentant d’abord le rapport à cette explication. Il explique que sous ces portiques un grand nombre d’individus atteints de divers maux se trouvaient là à attendre !! Mais attendre quoi ? Le bouillonnement de l’eau, qui semble-t-il, avait la vertu de guérir ceux qui avaient la possibilité, de s’y plonger dès son bouillonnement. Selon plusieurs exégètes, la citation de ces maux a un sens significatif : la maladie représente l’homme atteint par la volupté du monde et qui se laisse séduire, de ce fait il en devient aveugle, incapable de voir les bontés du Seigneur, il boite et titube dans la vie incapable de se diriger convenablement ce qui le paralyse et affecte de façon notoire sa raison, ce qui l’empêche de comprendre la volonté suprême du Créateur. 

4- Car un ange du Seigneur descendait à certains temps dans la piscine, et agitait l'eau. Et celui qui y descendait le premier après l'agitation de l'eau, était guéri de son infirmité, quelle qu'elle fût. 

Ce verset explique de façon très édulcorée que seule la foi peut comprendre et atteindre, car il s’agit là d’une pure manifestation, due à un inexplicable fait, comme beaucoup d’ailleurs dans notre vie, que l’évangéliste attribue à un ange, envoyé de Dieu pour brasser l’eau, qui par ses différentes vertus guérissait ceux qui s’y plongeaient.  

5- Là se trouvait un homme malade depuis trente huit ans.

St Jean nous explique maintenant le miracle qui va suivre ; il commence par nous présenter l’individu et la durée de sa maladie. Une infirmité très longue et au demeurant, peut être même impossible à guérir par le bouillonnement de la piscine.

6- Jésus l'ayant vu gisant et sachant qu'il était malade depuis longtemps, lui dit:

St Jean nous représente maintenant le Christ devant la misère humaine, que seul un acte de miséricorde peut sauver. Il sait de quoi souffre l’infirme et depuis quand il est dans cet état. Sans demander des détails inutiles à ce malade, il prend la parole et lui fait une demande.

7- "Veux-tu être guéri?" Le malade lui répondit: "Seigneur, je n'ai personne pour me jeter dans la piscine dès que l'eau est agitée, et pendant que j'y vais, un autre descend avant moi."

La question posée par Jésus ne fait pas allusion a l’ignorance, il est évident que l’infirme aspirait à être guéri, mis pour susciter et éveiller son désir, alors que lui-même n’y croyait plus. D’où sa réponse, spécifiant que son état de pauvreté ne lui permettait pas de se payer les services d’un homme qui aurait, au moment voulu, pu le plonger dans la piscine, et que de par sa faiblesse, il lui était impossible de pouvoir en temps utile se plonger lui-même dans la piscine.
On voit dans ce passage Jésus se mettre à la portée immédiate des besoins de l’humanité, la rencontrant au faîte de sa souffrance. Boiteux, estropiés, paralytiques, aveugles, muets, sourds, malades atteints de diverses maladies, connues ou inconnues, mais qui rendaient l’humanité esclave de cet asservissement.
Jésus pris de pitié avise dans la foule de nécessiteux, celui qui semble-t-il serait le plus miséreux, en fonction de son problème et de sa durée … 38 ans.
Ainsi, l’homme est affecté par un double handicap :
D’une part, il est malade depuis si longtemps que l’on peut penser qu’il est inguérissable;
d’autre part, il est, seul, incapable de profiter de la vertu de l’eau, réservée au premier qui y descendrait, car il n’y avait personne pour le plonger au moment voulu dans l’eau bouillonnante.
Ce trait précis souligne sa solitude malgré la multitude, et la résignation qui a conduit ses proches à se désintéresser de son cas, considéré comme définitivement désespéré.

8- Jésus lui dit " Lève-toi, prends ton grabat et marche."

Devant son impuissance confessée, (v 7) la pauvreté et la faiblesse le poussant à la résignation, Jésus intervient en sa faveur exclusive, et fait pour celui-là, le plus pauvre parmi les plus pauvres malades de ce lieu, ce que des eaux bouillonnantes obtenaient en faveur du plus fort d’entre eux (v 8). Ainsi, l’injonction est nette et précise, directe et sans appel : lève-toi ! Ensuite prends ton grabat et marche, cela revient à dire, en prenant l’objet qui a supporté ta souffrance, en te mettant en marche, montre bien que ton infirmité n’est plus. Qu’il ne puisse pas y avoir de confusion avec un autre infirme. 

9- Et à l'instant cet homme fut guéri; il prit son grabat et se mit à marcher. C'était un jour de sabbat. 

L’évangéliste spécifie maintenant, la spontanéité du miracle, comme tous ceux que Jésus aura fait tout au long de sa présence parmi nous, mais il indique aussi, l’obéissance de l’infirme qui sans poser de question, ni sans douter de cette extraordinaire possibilité qui lui été offerte, et se mettant à marcher montre ainsi l’accomplissement du miracle opéré par le CHRIST. Par la spécificité du jour indiqué, St Jean veut maintenant nous montrer l’aveuglement des Juifs qui vont s’acharner sur ce Jésus, qui n’obéit pas à la loi. De plus, l’œuvre de miséricorde opérée, et l’enseignement de la vérité démontré les met dans un état de colère encore plus forte, eux n’ayant pas la possibilité, par la Loi, de faire ce genre de miracle, pourtant prôné par eux, à tous ceux qui respecteraient la Loi et les commandements.
Faisons momentanément une pause et regardons de plus près quelle similitude il pourrait y avoir entre l’eau de cette fontaine et l’eau du baptême.
La piscine ici est décrite par la vertu qui lui est attachée ; grâce à un ange qui y descend, elle guérit de ce fait toute infirmité corporelle !! La vertu de cette eau ne vient donc pas de sa propre nature, mais de sa propriété cachée, l’ange du Seigneur ! Ainsi l’eau du baptême ne tient pas sa vertu de purifier les âmes du seul fait qu’elle est de l’eau, mais par sa vertu cachée qui est l’Esprit Saint incréé de Dieu ! De ce fait, pris directement à sa source, l’efficacité de purifier est une vertu du baptême qui agit de façon continue….
Dans le mot ’ les juifs’, il faut voir un anachronisme car au temps de Jésus, tous les personnages de cette scène, Jésus inclus, sont juifs. Cet indice trahit le temps où fut écrit cet évangile, temps où les chrétiens de toute origine se distinguaient des Juifs dits conservateurs, et qui continuaient à refuser Jésus comme étant le Christ de Dieu.
Jusque-là, le récit était centré sur la toute-puissance de Jésus capable de remettre debout un homme seul, résigné ; et c’est le thème du sabbat qui introduit le motif de l’opposition entre Jésus et l’institution judaïque : l’homme fut guéri un jour de sabbat !! Or, les Juifs ne faisaient aucun travail, quel qu’il soit, le jour de sabbat, et plus particulièrement, ils ne pouvaient porter quoi que ce fût, même de très léger ; et de nos jours encore cette loi ou coutume persiste en Israël…

10- Les Juifs dirent donc à celui qui avait été guéri: "C'est le sabbat, il ne t'est pas permis d'emporter ton grabat."

Les membres du Sanhédrin, appelés ici communément « les Juifs », étant du même coup tous des relaps qui refusèrent de croire au Christ, accusent abusivement l’homme, non pas d’avoir été guéri le jour sanctifié du Sabbat, mais de porter son grabat. Pourtant, ils avaient mainte fois été confondus par Jésus, qui les accusait d’œuvrer, eux aussi le jour du sabbat, en amenant ou en retirant leurs bêtes de l’abreuvoir…ou d’autres exemples du même genre…donc ils ne récusent pas la guérison faite un jour d’interdiction de tout ce qui pouvait se rattacher à un travail quelconque, mais le fait de transporter un objet ! Supercherie flagrante vous en conviendrez ! 

11- Il leur répondit: " Celui qui m'a guéri m'a dit: Prends ton grabat et marche."

 C’est ainsi que se justifie l’homme qui venait d’être guéri. Sa réplique est pleine de sagacité. Simple et significative, mais aussi avec un sous-entendu de nature missionnaire. Analysons cette théorie : Jamais en effet, l’origine divine d’un enseignement n’est aussi bien confirmée que par la réalisation manifeste d’un miracle, qui ne peut être opéré sans une intervention divine. C’est pourquoi cet homme objecte en rétorquant que si c’est en vertu de l’autorité divine décrite dans la Loi de Moïse, il justifie par cette obéissance que c’est en vertu de celui qui a édicté la Loi a Moïse, c’est à dire l’autorité suprême, elle-même. Donc une fois la santé recouvrée, ce bienfait attesté, obéir à l’autorité suprême, valait mieux que se soumettre a l’autorité de la loi, impuissante à guérir une quelconque infirmité.
Le Seigneur commande donc à la fois à la nature et à la volonté de l’homme, car celles-ci sont en effet toutes deux soumises à son pouvoir.
L’homme acquiert donc une parfaite et totale santé ! Dans tout miracle le Seigneur donne à l’œuvre qu’il fait, la perfection conforme à l’excellence de sa nature divine.

12- Ils lui demandèrent: "Qui est l'homme qui t'a dit: Prends ton grabat et marche?"

Les Juifs l’interrogent donc sur l’individu qui lui a donné cet ordre contraire à la loi pour progresser dans leur malveillance, pour persécuter Jésus et ainsi le perdre. Leurs paroles manifestent bien leurs malices pernicieuses. Ils passent sous silence le signe révélateur et irrécusable de la puissance divine qui émane de Jésus, mais relèvent ce qui est contraire à la loi. Ce qui prouve leur mauvaise foi évidente. 

13- Mais celui qui avait été guéri ne savait pas qui c'était; car Jésus s'était esquivé, grâce à la foule qui était en cet endroit

L’homme guéri par le Christ, ignorait qui il était effectivement. Il n’avait jamais rencontré Jésus avant ce jour, et n’en avait peut –être même jamais entendu parler. Le dialogue entre lui et Jésus démontre leur méconnaissance réciproque. Nous savons que tous ceux qui avaient entendu parler des miracles de Jésus, le suppliaient de les guérir, dès qu’ils le voyaient ou le rencontraient, ce qui ne fût pas le cas avec ce paralytique. Jésus s’esquive, non pour fuir ou pour ne pas se faire envahir par la foule des malades qui se tenaient près de la fontaine, mais pour poursuivre son chemin et faire les œuvres du Père selon les aléas qui se manifesteraient à Lui. C’est dans la retraite spirituelle que l’on rencontre le Christ, non dans le tourbillon des soucis temporels. 

14- Plus tard, Jésus le trouva dans le temple et lui dit: "Te voilà guéri; ne pèche plus, de peur qu'il ne t'arrive quelque chose de pire." 

St-Jean veut nous démontrer ici, que l’homme guéri ne s’est pas converti à la vanité, mais au zèle de la religion, puisque nous le retrouvons dans un autre lieu, le temple, où il veut de fait rendre grâce à Dieu de sa guérison. De ce fait , précisément, en rendant grâce à Dieu, il reconnaît le pouvoir divin et surnaturel de ce Jésus, qui se manifeste de façon éclatante en tant que Christ de Dieu. L’évangéliste insiste sur le fait précis que c’est Jésus qui le rencontre une fois de plus, et qui l’interpelle de nouveau. Par l’interjection stipulant le péché, Jésus montre et confirme qu’IL est Dieu, en dévoilant les péchés et les secrets du cœur. Cette interjection met en garde tout individu qui, guéri par l’amour du Christ, se détourne de la foi, tombe dans le péché, et devient passible d’un châtiment bien plus lourd que celui de la maladie ou de l’infirmité. 

15- Cet homme s'en alla et annonça aux Juifs que c'était Jésus qui l'avait guéri.

Il faut comprendre que l’homme qui s’en alla annoncer aux Juifs qui était celui qui l’avait guéri, ne le fait pas par peur du sanhédrin, ni des juifs à proprement parler, ni non plus par malveillance ou ingratitude pour le dénoncer, mais bien au contraire pour souligner de façon précise que c’est bien ce Jésus, dont il reconnaissait ouvertement de ce fait, la puissance de son autorité divine, supérieure à celle des dits « bien pensant », qui par leurs perversions, détournaient sournoisement de la vérité de la loi et de son enseignement le petit peuple. 

16- C'est pourquoi ils persécutaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat.

L’évangéliste réitère l’intention des détracteurs de Jésus qui le persécutaient en vue de le faire mourir, car les démonstrations faites par Jésus démontraient de façon nette et précise sa divinité et la manifestation par son Christ de la volonté de Dieu sur les hommes, non à la manière de ceux qui s’étaient institués les propagateurs de la foi par la loi, mais selon le véritable enseignement, uniquement donné par le Christ, et qui mettait en porte à faux les institutions émises par le Sanhédrin et qui les rendait coupables de supercheries. Le retour de l’homme guéri vers les Juifs les renseigne donc sur l’identité de celui qui l’a guéri et introduit la séquence suivante ; désormais l’important est moins le miracle lui-même accomplit par Jésus, que les circonstances de son exécution le jour de sabbat; un procès s’instruit contre Jésus au non de la LOI et Jésus, à cause de son identité divine, se fait juge de ses accusateurs.
Jusque-là, le récit était centré sur la toute- puissance de Jésus capable de remettre debout un homme seul, résigné ; et c’est le thème du sabbat qui introduit le motif de l’opposition entre Jésus et l’institution judaïque. On notera que l’homme guéri manifeste sobrement son adhésion à la transformation de Jésus.
1) Il préfère obéir à Jésus plutôt qu’au précepte du sabbat selon la loi juive
2) Il ne sait pas qui est Jésus, ne cherche pas à le savoir, et se retrouve dans le temple en train de remercier Dieu, de lui avoir envoyé un sauveur !
3) Il rencontre à nouveau Jésus qui se fait reconnaître, et qui l’invite à ne plus pécher
4) Connaissant maintenant son sauveur, il informe alors l’autorité juive, non comme dénonciateur, mais comme sauveur ! 

17- Mais Jésus leur dit: "Mon Père agit jusqu'à présent, et moi aussi j'agis."

 Jésus justifie son agir, en s’appuyant sur l’agir du Père de qui il fait la volonté. Il donne ainsi l’enseignement de la vérité en se justifiant de la violation du sabbat. Il fait une comparaison avec d’autres hommes, les prêtres du sanhédrin, qui travaillent au temple le jour du sabbat sans le violer…L’agir du Père est de continuer son œuvre de création, en conservant les créatures dans l’être.Ainsi explique –t-il que Dieu le Père, en fondant la nature œuvre constamment en la maintenant et en la conservant, de manière telle, qu’il EST et RESTE la première cause indéfectible de leur propre subsistance ; car si tant soit peu, sa puissance cessait ne fût-ce qu’un seul instant, toute la nature s’écroulerait du même coup.
Spécifions ici, que Moïse a bien employé le mot repos, après avoir énuméré les œuvres de Dieu, mais c’était pour désigner le repos spirituel du Père, qu’IL promit de donner aux croyants, dans un signe mystérieux, après les bonnes œuvres qu’ils auront accomplies en ce monde. 

18- Sur quoi les Juifs cherchaient encore avec plus d'ardeur à le faire mourir, parce que non content de violer le sabbat, il disait encore que Dieu était son PÈRE, se faisant égal à Dieu. Jésus reprit donc la parole et leur dit:

 L’évangéliste précise de fait que dans la loi de Moïse, il y avait deux crimes punis de mort par lapidation : le premier était de travailler le jour du sabbat, le second de se comparer ou de se faire l’égal de Dieu, blasphème au plus haut degré. C’est d’ailleurs bien ce que reprochent les adversaires du Christ « Il se fait passer pour l’égal de Dieu » [MOI AUSSI J’ŒUVRE] nonobstant ainsi le fait qu’Il est le Verbe du Père, par qui toutes choses sont faites et conservées, et qu’Il œuvre aussi les jours de sabbat, quant bien même il s’agit de miracles et de guérison
Dans les versets suivants, cette controverse se développera en deux temps, incluant l’intimité profonde entre le Père et le Fils, car la puissance du Christ est le fruit de l’amour du Père
a) versets 19-30 Jésus se présente comme étant la « VIE » et le « JUGE »
b) versets 31-47 la justification de cette prétention.

19- "En vérité, en vérité, je vous le dis, a) le Fils ne peut rien faire de lui-même, mais seulement ce qu'il voit faire au Père; b) et tout ce que fait le Père, le Fils aussi le fait pareillement.

(voilà une parole qui mérite explication). Notons au passage que, de cette parole est née la controverse la plus enflammée et la plus disputée des ariens contre l’église naissante, s’appuyant sur ces paroles pour développer la théorie que le Christ était inférieur au Père, théorie longtemps débattue contre cette hérésie par de nombreux Pères de l’Église, comme Denys, St Augustin , St Hilaire, St Chrysostome et tant d’autres.
Or , il faut noter que Le PÈRE, INENGENDRÉ, dès son origine , est UN et UNIQUE. Mais dans sa complémentarité, le verbe qui lui est associé, se signifie à l’origine de toute chose par la Sagesse du Dieu créateur, immédiatement issue de sa volonté, qui met en exécution toute chose uniquement par son Verbe, car bien que le Fils soit l’égal du Père en toutes choses, il tient cependant tout du Père par la génération éternelle, tandis que DIEU PÈRE ne tient rien de personne. a) Jésus explique donc que dans cette expectative, la manière dont il est égal au Père, car Lui est de DIEU le PÈRE, tandis que DIEU le PÈRE n’est engendré par personne. Le Fils tient donc le pouvoir et l’action de celui dont il tient l’être, de qui il tient également la nature. DIEU de DIEU. Ainsi, l’on peut comprendre que le FILS qui n’a l’être que du Père ne peut rien faire si ce n’est à partir de la volonté de l’agir du Père.
b) Afin donc que l’on ne pense pas que l’opération du Fils est différente de l’opération du Père mais bien la même, Il signifie ici, que son agir a la même puissance et volonté que celle par laquelle le Père agit, car le même pouvoir et la même perfection sont dans le Père et le Fils. 

20- Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-ci, qui vous jetteront dans l'étonnement. 

Jésus se conforme à procéder selon une procession intelligible...(Le Père en effet aime le Fils et lui montre tout ce qu’Il fait) manifestant ainsi que l’amour de Dieu est cause de bonté dans les réalités, similitude parfaite du Principe (Père) dans la Sagesse (le Fils).
c) En effet, parce qu’aimer n’est autre chose que vouloir du bien à quelqu’un, et que la volonté de Dieu est cause de réalités, il est manifeste que l’amour de Dieu est cause de bonté dans les réalités, puisque c’est,l’amour même de Dieu qui est cause de bonté suprême dans les réalités aimées. Ainsi l’amour qui est pris notionnellement soit principe de tout bien qui nous est donné par Dieu, procède lui-même comme signe, du Père et du Fils. d) Pour notre humanité, une lacune semble s’être glissée dans les propos du futur qui suivent le verset par la parole « Il lui montrera » , car Jésus est coéternel du Père, et que dans l’éternité il n’y a pas de futur ?selon les pères de l’Église, la manière de comprendre et de résoudre cette difficulté, est que cette manifestation à venir concerne les disciples et plus directement les apôtres en premier lieu. (c’est en effet une manière de parler courante du Christ, que de s’attribuer comme fait par lui-même ce qui est fait par ses membres, comme de ressentir pour lui-même ce qui est fait à l’un de ses membres.) Les Actes des Apôtres nous rapportent qu’à cause des miracles opérés par les disciples de Jésus, les Juifs furent dans un si grand étonnement, qu’un très grand nombre d’entre eux se convertitt a la foi. 

21- Car comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, aussi le Fils donne la vie à qui il veut.

Dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, la toute puissance divine se révèle principalement dans le fait que DIEU est l’auteur de la vie, et cette puissance le Fils l’a comme le Père. Car de même que le Père opère toute chose par le Fils qui est sa puissance, de même aussi, il fait vivre toute chose par son Fils qui est la vie. En effet, n’ayant qu’une même substance, ils n’ont donc ainsi qu’une même volonté. À partir de là, Jésus justifie son comportement le jour du sabbat parce qu’Il doit se comporter comme son Père !D’abord faire vivre ( verset 21), En effet la résurrection du Christ et les mystères qu’Il a accomplis dans la chair sont causes de la résurrection future des corps (C sur St Jn, page 294) puissance (par nature, Substance et volonté) qui Lui a été donnée et qui se fait pleinement connaître par la gloire de la résurrection. Cette manifestation se traduira ensuite par les miracles qu’accompliront les disciples en son Nom, dans sa relation directe au Père (JE SUIS). La résurrection des corps s’opère grâce à l’économie de son humanité, humanité qui n’est pas coéternelle du Père, alors que la résurrection des âmes se fait par la puissance de la substance inengendrée de la Trinité

22- Le Père lui-même ne juge personne, mais il a donné au Fils le jugement tout entier,

 Selon les différentes interprétations que nous en ont donné les pères de l’Église, trop compliquées à expliquer ici, retenons la position qui les unis pratiquement unilatéralement : Le Père n’apparaitra pas lors du jugement, parce que selon la justice Dieu Père ne peut apparaître dans sa propre nature à tous ceux qui doivent être jugés, car la vision de DIEU devant être notre béatitude, si ceux qui doivent passer en jugement le voyaient dans sa propre nature, ils seraient automatiquement bienheureux. Dons, il semble, que seul le Fils apparaîtra, LUI qui seul a assumé notre nature, seul, apparaîtra en premier à tous et jugera ainsi ses frères en humanité, mais cependant par et sous l’autorité du Dieu Père. (Voici une autre explication plus théologale selon la Somme, I-II, q. 97, a. 4, c: La « Dispensation » est donc soit le fruit de l’acte du dispensateur, soit la puissance qu’il a de dispenser, et c’est ici ce que veut signifier le verset. Le Christ, a en effet, dans son humanité, la puissance de juger et de donner la vie éternelle, parce qu’il est la tête de l’Église, et la puissance de donner la vie aux corps, lui est attribuée parce qu’il est la cause immédiate de ce don. Le Christ a donc le pouvoir et la puissance de donner la vie aux corps, par la « dispensation » de son humanité.)
Attention toutefois à ne pas confondre les jugements, car il y aura effectivement deux jugements :
l’un est un jugement de condamnation, et à celui –là ne viendront pas ceux qui auront cru en Dieu d’une foi formée(Ps 142,2) ; mais il y aura aussi le jugement de discernement, pour lequel nous devrons (par nos actes) tous comparaître devant le tribunal du Christ afin d’en discerner les causes et les effets (Ps42,1) .

23- afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé.

Les différentes explications que nous donnent les Pères de l’Église, au sujet de ce verset, diffèrent en somme très peu. La synthèse serait donc celle-ci : Honorer Dieu parce qu’il est Dieu est autre chose que d’honorer le Père ! Car on peut bien honorer Dieu en tant que créateur, tout-puissant et immuable, sans honorer le Fils, mais honorer Dieu comme Père, nul ne le peut sans honorer le Fils car il ne peut être appelé Père, s’il n’a pas de Fils. Ainsi, en déshonorant le Fils en diminuant sa puissance, on déshonore aussi le Père. En effet, en diminuant la puissance du Fils on supprime la puissance du Père. « AFIN QUE TOUS HONORENT LE FILS COMME ILS HONORENT LE PÈRE. CAR QUI N'HONORE PAS LE FILS N'HONORE PAS LE PÈRE QUI LA ENVOYÉ » ce qui exprime en soit, l’égalité des personnes.

24 - En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit à celui qui m'a envoyé a la vie éternelle, et n'encourt point la condamnation, mais il est passé de la mort à la vie.

 Au verset 24, écouter (le Fils) et croire (au Père) opère un renversement de situation ; c’est Jésus l’accusé qui se fait le juge des hommes ; le jugement se réalise dès maintenant dans l’écoute de Jésus et la foi au Père, aussi étroitement reliées que le Fils l’est au Père. Écouter Jésus(Fils) et croire en Dieu (Père) c’est une seule et même réalité ; cela montre bien que l’un et l’autre sont indissociables et que rejeter Jésus (Fils) c’est aussi renier Dieu le (Père).
La participation à la vie, au quatrième degré pour l’homme se rattache à son intelligence ; la vie intellectuelle est donc la vie première ; c’est la vie de l’esprit qui est reçu immédiatement du premier principe de vie, et c’est pourquoi on l’appelle vie de SAGESSE.
Mais l’homme ne peut parvenir à aucune Sagesse, si ce n’est par la foi ; ainsi, personne n’atteint la sagesse dans les sciences s’il n’a d’abord été enseigné et s’il n’a cru aux dires d’un maître ! Si donc nous voulons parvenir à cette vie de Sagesse, il nous faut croire, par la foi, ce qui nous est révélé d’elle, selon la Parole qui nous est donnée par le Verbe Incarné.(Is : 7,9 : Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas…)
Pour le croyant qui adhère dans un même mouvement au Père et au Fils, c’est le don immédiat de la résurrection, la fin du jugement et la vie éternelle. 

25- En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront

. Le jugement se joue sur l’accueil ou le refus de Jésus : ‘’l’heure vient ‘’, et c’est ce «maintenant » qui signifie que nous sommes entrés avec Jésus dans le « déjà –là » (par la résurrection des âmes conformées au Verbe, car c’est par le Verbe seul que vit l’âme) en marche vers la résurrection finale « pas encore advenue » ( par la résurrection des corps, conformés au Christ par la vie de gloire, c'est-à-dire par la glorification des corps, telle que le Seigneur l’a obtenue après sa résurrection, lors de ses diverses apparitions avant son ascension). Donc, parce que la voie qui mène a la vie est l’audition, qu’elle soit celle de la nature, ou celle de la foi qui mène a la restauration de la vie et de la justice, par l’obéissance quant à la résurrection des corps ou par la foi quant à la résurrection des âmes, qui vivront dans leurs corps dans la vie éternelle et dans la justice dans la vie de grâce. 

26- Car comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même; 

Le médiateur de cette vie éternelle porte le double nom de Fils de Dieu et de Fils de l’homme; la seule condition pour obtenir cela est d’écouter SA voix de croire en SA parole et confesser SON Nom. Ainsi, tout un chacun, même après le départ de longue date de Jésus vers le Père, peut se mettre à l’écoute de la parole et obtenir par la foi dès maintenant la vie éternelle.

27- Et il lui a aussi donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme. « Fils de l’homme » ,

Voilà un titre ou une appellation que le Christ a souvent manifesté pour lui-même. Il signifie ici et spécifie, qu’il a volontairement accepté de prendre cette nature humaine qui le relie à nous de façon particulière. Mais ce n’est pas parce qu’il a revêtu notre nature que cela lui confère le droit de juger l’humanité, c’est aussi et surtout parce qu’il est le Fils du Dieu ineffable qu’il est aussi juge et qu’il détient de toujours cette autorité. 

28- Ne vous en étonnez pas; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix

 Les Juifs, comme les nomme St Jean, de façon délibérée pour bien spécifier la différenciation qu’il fait entre ceux qui ont adhéré au Christ et ceux qui le réfutent, estimaient que Jésus n’était rien de plus qu’un homme et non le Christ attendu par eux, (l’OINT promis par Dieu annoncé depuis toujours de la bouche de tous les prophètes) constatant qu’il disait de lui-même des choses qui surpassaient les hommes et les anges, et s’en étonnaient en l’entendant ! En effet, en ne voyant en lui qu’un homme, et voyant les œuvres divines qu’il accomplissait, ils s’étonnaient, voire étaient stupéfaits. Il y avait, certes là un mystère, mais leurs yeux étaient obscurcis par l’endurcissement de leurs cœurs. Mais Jésus, bien que Christ et Seigneur, ne dit pas qu’il est lui-même le Fils de Dieu, mais que le Fils de l’homme est tel !! Qu’à sa voix tous les morts ressusciteront, ce qui fait nécessairement de lui le Fls de Dieu car ressusciter les morts est l’œuvre propre de Dieu.
La vie est conformée à celui qui la donne ; car tout ce qui vit par un autre est conformé par celui par qui il vit. Or la résurrection des âmes ne consiste pas dans le fait que les âmes soient conformées à l’humanité du Christ, mais au Christ en tant que VERBE, car c’est par le VERBE seul que vit l’âme ! Donc, la résurrection des âmes est réalisée par le VERBE, alors que la résurrection des corps, elle, consistera en ce que nos corps seront conformés au corps du CHRIST, par la vie de gloire, c'est-à-dire par la glorification des corps. Ainsi la résurrection des corps sera réalisée par le Christ de Dieu, VERBE fait chair. 

29- Et ils en sortiront, ceux qui auront fait le bien, pour une résurrection de vie; ceux qui auront fait le mal, pour une résurrection de condamnation.

 Je pense en toute équité que ce verset se passe de commentaires. Il est assez dur en lui-même pour ajouter encore une explication ! Ce qu’il faut retenir, c’est le fait que, bien que ce soit Jésus, le Fils de l’homme et le Christ, fils de Dieu, qui jugera, il jugera avec l’impartialité que le Père lui communiquera à cet instant précis, puisqu’il ne fait que la volonté du Père, et que , toute sa vie terrestre y compris pour la création de l’Église dont Il est le corps glorieux, il se devra de juger sévèrement, en fonction de ce que chacun aura accompli sur terre, tout au long de sa vie, et en fonction du jugement donné, ceux qui seront jetés dans la géhenne, LUI-MÊME selon ses propres paroles ne pourra rien faire pour eux. Le jugement sera irréversible.

30- a)Je ne puis rien faire de moi-même. b) Selon que j'entends, je juge; c)et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

 a) En effet, en Christ, son agir et son pouvoir sont son être ; or son être, il le tient d’un autre, c'est-à-dire de Dieu son Père, et c’est pourquoi, de même qu’il n’est pas par lui-même, ainsi il ne peut rien faire de lui-même. Seule la volonté divine peut, est, et doit être le moteur essentiel de l’agir du Christ, afin qu’il soit conforme a la volonté suprême de l’être en soi. Or la volonté divine est la règle et la loi de la volonté créée, c’est pourquoi la volonté créée est la raison qui sont réglées selon la volonté divine sont justes, et leur jugement est juste. b) c’est pourquoi, ayant reçu du Père la connaissance avec l’être, simultanément ainsi il juge. c) c'est-à-dire selon ce qui est inspiré par Dieu, au plus intime de son âme. De cette façon logique et équitable, le Père et le Fils sont dans une harmonie totale et parfaite.
Les versets 31-40 mettent en évidence quatre témoins sur qui reposeront le témoignage indiscutable de l’identité et de la révélation de Jésus comme Christ de Dieu !
a) Jean Baptiste b) les miracles de Jésus c) Dieu le Père, d) les écritures 

31- Si c'est moi qui rends témoignage de moi-même, mon témoignage n'est pas véridique.

Il est notable de penser que Jésus dans ce verset s’adresse aux sceptiques, qui le refusent comme Christ de Dieu, et qui veulent un autre témoignage que le sien , n’acceptant pas ce que le Christ dit de lui-même, et dont la suspicion nécessite pour eux que soit confirmé le témoignage par un autre

32-. Il y en a un autre qui rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est véridique

Ici, Jésus met en lumière la vérité du témoignage de Jean et Il tient pour certain et véridique ce témoignage, car le père de Jean, Zacharie, avait en effet ainsi prophétisé sur son fils : « Tu marcheras devant à la face du Seigneur, pour préparer ses chemins, pour donner à son peuple de connaître le salut ».

33- Vous avez envoyé vers Jean, et il a rendu témoignage à la vérité. 

En ce qui concerne le témoignage humain, Jésus présente le Baptiste comme source de vérité, lui que les Juifs étaient venus consulter pour savoir si c’était le messie que l’on attendait, et qui a rendu témoignage à la Lumière ; ensuite il relate le fait qu’aucun homme, si grand soit-il, ne peut témoigner pour lui de façon radicale, ( bien que Jean Baptiste fut « La Lampe Qui Brûle Et Qui Brille ») et le seul à pouvoir le faire est le Père Lui-même, car il n’admet aucune autorité si ce n’est celle de Dieu qui se manifeste en lui, par sa gloire. 

34- Pour moi, ce n'est pas d'un homme que je reçois le témoignage; mais je dis cela afin que vous soyez sauvés

Mais Jean comme homme, tout comme Jésus, fils de l’homme, pour le témoignage humain rendu par l’humain lui-même, ne peut être ni vrai ni efficace, si le témoignage attestant de la vérité ne vient pas directement de Dieu. Donc, c’est le Père qui rend témoignage directement par la bouche de Jean qui rend témoignage à la vérité. En cela, nous reconnaissons que Jean fut prophète en son temps, envoyé par Dieu pour témoigner.

35- Jean était la lampe qui brûle et luit, mais vous n'avez voulu que vous réjouir un moment à sa lumière.

Que Jean le Baptiste ait été un témoin digne en lui-même de confiance, le Christ le montre en mentionnant trois qualités qui faisaient de lui un témoin accompli. La première relève de la condition de sa nature, « Il était la lampe » ; la seconde concerne la perfection de son amour, « Qui brûle » ; la troisième, la perfection de son « intelligence, « Et qui brille ». Ainsi, parce que Jean était en lui-même digne d’estime, il fût aussi estimé du peuple ainsi que des récalcitrants aux œuvres du Christ, qui refusaient obstinément de voir en lui l’OINT de DIEU, mais qui ont exulté un moment à la lumière du Baptiste pensant que c’était lui l’envoyé. Or ce qui fait exulter l’homme, c’est ce en quoi il trouve le plus de joie, et rien dans les réalités physiques n’est plus agréable que la lumière.

36- Pour moi, j'ai un témoignage plus grand que celui de Jean; car les oeuvres que le Père m'a donné d'accomplir, ces oeuvres mêmes que je fais, rendent témoignage de moi, que c'est le Père qui m'a envoyé. 

En ce qui concerne les miracles, ce sont les œuvres QUE LE PÈRE M’A DONNÉ POUR QUE JE LES ACCOMPLISSE ainsi le Christ nous amène à la connaissance de Lui-même par les œuvres qu’l dit avoir été données par son PÈRE, à LUI, le VERBE, en Lui donnant par la génération éternelle une puissance égale à la sienne.

37- Et le Père qui m'a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu sa face. 

En ce qui concerne Dieu le Père, le témoignage est vivant dans sa parole et dans son expression, lors du baptême de Jésus au Jourdain et sur la montagne de la transfiguration : « celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute ma complaisance, écoutez-le »…en effet, en ces deux circonstances, la voix du PÈRE se fit nettement entendre.voilà, pourquoi croire en Jésus, Christ de Dieu et Fils du Père est primordial, car celui qui ne croit pas qu’IL est Christ de DIEU et Fils du PÈRE, ne croit pas au témoignage de DIEU lui-même, ce qui représente en soit un péché contre l’Esprit Saint, péché lourdement réprimé par le jugement suprême. 

38- a) Et vous n'avez point sa parole demeurant en vous, b) parce que vous ne croyez pas à celui qu'il a envoyé.

 a) c'est-à-dire ne pas avoir en soit une parole inspirée intérieurement. C’est la raison de leur incroyance. La parole VERBUM , VERBE de DIEU, conduit au CHRIST, car le Christ lui-même est par nature LA PAROLE, VERBE de DIEU. Or toute parole inspirée par DIEU a une certaine similitude participée avec VERBE de DIEU. Toute similitude participée conduit à son principe, et manifeste ainsi que toute parole inspirée par Dieu conduit au Christ.
b) Quiconque ne croit pas en le Fils de Dieu, n’a manifestement pas la vie demeurant en lui. Bien qu’il n’y ait personne qui ne possède quelques vérités venant de Dieu, seuls ont la vérité et la parole de Dieu demeurant en eux, ceux en qui la connaissance progresse au point de les conduire à la connaissance du Verbe Véritable et Substantiel. 

39- Vous scrutez les Écritures, parce que vous pensez trouver en elles la vie éternelle;

En ce qui concerne les écritures, Jésus expose ici qu’une lecture faite sans être lue par les yeux du cœur reste stérile, car les textes contenaient les réalités christiques en profondeur, mais non en surface … ( lire entre les lignes ce qui n’est pas écrit. Note de l’auteur du présent commentaire). Vous aurez beau scruter les écritures, si vous n’avez pas la sagesse et l’intelligence du cœur, vous ne comprendrez rien ! Car de fait, les écritures rendent témoignage de Jésus, comme Christ de Dieu, c’est-à-dire qu’elles donnent la vie dans la mesure où elles conduisent à le connaître, soit par des prophéties manifestes, soit par les actions mystérieuses qui en ont découlé.

40- Or, ce sont elles qui rendent témoignage de moi; et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie.

En ce qui concerne l’incroyance des Juifs, c’est qu’ils n’ont pas l’amour de Dieu en eux, car en scrutant les écritures, ils auraient dû se rendre compte que c’est de lui dont elles parlaient et rendaient témoignage !
Finalement, les témoins à charge qui les accuseront, seront justement la Loi et Moïse ! C'est-à-dire les écritures sur lesquelles ils s’appuient pour rejeter Jésus.
Ainsi, Jésus condamne ces accusateurs, qui refusent la vie éternelle qui leur est offerte, car ne voulant pas venir à Lui, et ne pas croire en sa parole en qui se trouve le fruit des écritures ; ( les brebis écoutent ma voix …et elles me suivent…) car c’est de Lui, le Christ qu’il est écrit : ( le Seigneur ton Dieu te suscitera de ta maison et d’entre tes frères un prophète comme moi ; c’est lui que tu écouteras !)

Cependant, même parmi les notables faisant partie ou non du Sanhédrin, beaucoup crurent en Lui, mais à cause des Pharisiens, ils ne l’avouaient ni ouvertement entre eux, ni en public, de peur d’être chassés de la synagogue, de possibles représailles, et surtout parce qu’ils préféraient la gloire des hommes à la gloire de Dieu. C’est le verset 41 qui suit qui en démontre l’hérésie et qui montre bien que la vaine gloire est très dangereuse. 

41- Ce n'est point que je demande ma gloire aux hommes. 

« L’homme doit se garder de la gloire qui prive l’âme de la liberté, sur laquelle les hommes magnanimes doivent faire porter tout leur effort » CICÉRON.
« C’est un grand vide que la vantardise est l’ambition de la louange humaine, qui veut que l'on pense d’elles ce que d’elles-mêmes elles n’ont pas » La GLOSE.
« Vanité des vanités, tout est vanité… » l’ ECLESIASTE.

42- Mais je vous connais, je sais que vous n'avez pas en vous l'amour de Dieu... 

Enfin, nous entendons maintenant la grande tristesse de Jésus, lorsqu’il dit : j’ai reconnu que vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu !!! Vous feignez de l’avoir, mais il n’en est rien ; aussi ce n’est pas pour l’amour de Dieu que vous me persécutez, car si Dieu ou l’écriture ne me rendait pas témoignage, alors oui, ce serait pour défendre Dieu et la loi que vous me persécuteriez ; mais Dieu, mon Père, témoigne pour moi, de LUI-MÊME et DANS LES ÉCRITURES, c’est pourquoi, si vous aimiez vraiment Dieu, ce au nom de quoi vous me rejetez, devrait vous faire venir à moi

43- Je suis venu au NOM de mon PÈRE, et vous ne me recevez pas; qu'un autre vienne en son propre nom, et vous le recevrez.

Dans ce verset Jean spécifie de la part du Christ les signes de leur indignité, manifestant ainsi que ceux qui n’ont pas l’amour de Dieu se distinguent par deux signes. Le premier concernant le présent : Il se réfère donc a sa venue, envoyé par le Père, car si quelqu’un aime son Seigneur, il aimera et honorera aussi celui qui vient de sa part et en son nom ! Pour le signe concernant l’avenir, Il se réfère au fait que les incrédules (cité ici les juifs par St Jean) ne veulent recevoir personne d’autre que Dieu le Père lui-même. Cependant, comme cela est impossible au mortel, car on ne peut voir Dieu qu’après le jugement recevant ainsi la béatitude éternelle, si quelqu’un vient en son propre nom, il ne mentionnera pas le nom du Père, ne cherchera pas la gloire de Dieu mais la sienne, et ce qu’il fera et dira il ne l’attribuera pas au Père mais à lui-même. (Ainsi, par la bouche même du CHRIST, l’apôtre Jean nous met en garde contre la venue de l’Antéchrist).

44- Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres, et qui ne recherchez PAS LA GLOIRE QUI VIENT DE DIEU SEUL? 

Si les Juifs incrédules ne pouvaient pas et ne voulaient pas croire en Jésus comme Christ, c’est que leurs esprits orgueilleux étaient avides de gloire de louanges et d’honneur, se considérant comme plus élevés que tout autre en gloire, et tenant pour un déshonneur de croire en Jésus comme Christ de Dieu , lui qui paraissait si pauvre et si méprisable a leurs yeux, l’humilité n’étant pas leur première qualité. (Ceci montre bien que la vaine gloire est très dangereuse.) « L’homme doit se garder de la gloire qui prive l’âme de la liberté, sur laquelle les hommes magnanimes doivent faire porter tous leurs efforts » (CICERON) « C’est un grand vice que la vantardise et la folle ambition de la louange humaine, qui veulent que l’on pense d’elles, ce que d’elles-mêmes elles non pas » (LA GLOSE) 

45- Ne pensez pas que ce soit moi qui vous accuserai devant le Père; votre accusateur c'est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance

Il est impensable que Jésus accuse quiconque, car le Fils de Dieu n’est pas venu dans le monde pour condamner, mais pour sauver, et le sang du Christ sur la croix ne crie pas à l’accusation mais à la rémission. C’est Moïse qui accusera ceux qui n’auront pas voulu croire dans ce qu’il a dit du Christ donc de Jésus. Ce ne sont pas les préceptes de la Loi qui sauvent, et la transgression des commandements que Moïse édicta et qu’il tenait de Dieu sera la loi de leur propre jugement. 

46-  Car si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, parce qu'il a écrit de moi. 

« Le Seigneur ton Dieu te suscitera de ta nation et d’entre tes frères, un prophète comme moi, et c’est lui que tu écouteras ». C’est de ce verset du deutéronome que Jésus tire sa conclusion, car en plus il prédisait tous les sacrifices qu’il devrait subir, qui étaient bien les figures du serviteur souffrant.

47- Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles?"

 En effet, les paroles de Moïse mises par écrit restent des textes qui peuvent être longuement médités, et ne tombent pas facilement dans l’oubli, si bien qu’ils obligent davantage à croire en ses paroles, qui malgré tout, de la part des juifs, sont aussi réfutées, puisqu’ils ne croient pas au Christ prescrit par Moïse dans ses écrits. Donc combien plus ils n’attacheront pas d’importance aux paroles de Jésus, en qui ils ne voient ni ne reconnaissent le Christ de Dieu.  



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