Cette action s'est manifestée lorsqu’ils entendirent proclamer la Parole venant de Dieu qui est unique, Père, Fils et Esprit. Lorsqu’ils célèbrent la prière, les chants et les actions de grâces, ils font l’expérience de l’Amour qui les unit entre eux, car Dieu les unit à Lui en leur faisant partager l’Amour que leur apporte son Esprit, cet amour que le Père, le Fils et l’Esprit se donnent sans partage dans un échange incessant et total. Ainsi, confortés par cet amour de réciprocité, désormais ils n'ont qu’un cœur et qu’une âme au point de tout mettre en commun (Ac 2,44-47).
Il est certain que l'unité ainsi révélée des trois personnes en Dieu et leur totale communion plénière se manifestèrent visiblement dans la communauté des nouveaux croyants en Jésus-Christ, le Messie. Toutefois, même si l’on peut faire un constat fort idyllique de ces nouvelles communautés, nous savons aussi que les scories et les défaillances n’ont pas épargné ces premières communautés. Elles étaient en proie aux divergences qui éclatèrent parmi elles, le mal étant toujours à l’œuvre. Il reste que ce vécu étonnant, presque inexplicable, était le reflet et comme la face visible de l’Amour qui est en Dieu.
Ainsi, les Apôtres ont vu dans cet Esprit à l’œuvre au milieu d’eux une véritable personne divine. Jean, l’évangéliste en particulier, lui attribuera le vocabulaire qui, avant la Cène, concernait Jésus : l’Esprit enseigne, témoigne, rend gloire et dit la vérité. Tout au long du Nouveau Testament, ses différents auteurs s’interrogèrent sur le Père, le Fils et l’Esprit, sur l’évidence de leur réciprocité et de leur unité. Ainsi, Marc, Matthieu et Luc nous présentent le Dieu trinitaire lié au royaume. Le règne du Père est aussi le règne du Fils et de l’Esprit réunis.
Nous pouvons voir que dans l’apostolat de Paul, une représentation verticale de la Trinité est très liée à la question du salut de façon verticale, alors que Jean, lui, l’est beaucoup à l’unité des personnes, car il veut montrer l’Amour qu’elles se portent. Il joue volontiers des équivalences : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9) tout en rappelant en (Jn 1, 18) que Dieu est inaccessible. Sa conception de la Trinité est plus horizontale. Jésus a fait connaître le Père et tout ce qu’il est possible d’en dire est donc dit par le Fils. Enfin, Paul et Jean alimentent déjà le débat futur sur la question importante de la ‘’date’’ de la filiation divine de Jésus. L'un affirme que le Christ préexistait à sa vie terrestre (Col 1,17) et l'autre que Jésus est le Verbe de Dieu, et qu’il existait au commencement. (Jn 1,1)
C’est le concile de Nissé qui établira la consubstantialité de la personne du Christ vis-à-vis du Père, afin de prévenir toute dérive concernant la divinité du Christ, ce qui inclut de facto l'Esprit, d’où la TRINITÉ. Ainsi, il est très clair que Dieu n’est Dieu qu’en se donnant, depuis toujours, se suscitant ces autres Lui-même, que faute de mot pour le dire ou l’expliquer, nous appelons le Fils, et L’Esprit. Rappelons aussi que Jésus lui-même s'est présenté à maintes reprises comme étant le Fils de Dieu. Dieu est relation