Evangiles
Synoptiques

Evangiles selon Saint Marc , Saint Matthieu ,
Saint Luc et en complément Saint Jean 


Ce site est destiné à l’étude des évangiles et a leur meilleure compréhension.
Les trois premiers dits synoptiques, attribués à St Marc, St Matthieu et St Luc...
et aussi l’évangile selon St jean, qui complète les écrits apostoliques avec une étude sur l’Esprit Saint  

Saint Marc

Communément accepté par les Pères de l'Église, découvrir ou redécouvrir le premier Evangile écrit par St Marc, d’après son écoute pendant la prédication de St Pierre à la communauté ecclésiale naissante de Rome.
 

Saint Matthieu

Ce colleteur d’impôts à Capharnaüm est celui qui met le plus en valeur par ses écrits la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, afin de démontrer que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël. 

Saint Luc

Médecin lettré, compagnon de ST Paul, la Bonne Nouvelle qu'il annonce chante un véritable cantique de grâce et d’amour, avec joie et optimisme, nous rapportant les détails de la Sainte Famille, depuis l’Annonciation, la naissance et l’enfance de Jésus.

L'Esprit Saint


Qu'est ce que l'Esprit Saint ?
Comment l'expliquer ?

 Comment se manifeste t-il ?
Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Évangile de Jésus,
le Christ de DieU
selon Saint-Jean

Chapitre 9

1- Jésus vit, en passant, un aveugle de naissance.
2- "Maître, lui demandèrent ses disciples, est-ce que cet homme a péché, ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?"
3-  sus répondit: "Ni lui, ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui.
4- Il faut, tandis qu'il est jour, que je fasse les œuvres de celui qui m'a envoyé; la nuit vient, où personne ne peut travailler.
5- Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde."
6- Ayant ainsi parlé, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, puis il l'étendit sur les yeux de l'aveugle, et lui dit:
7- "Va, lave-toi dans la piscine de Siloé (mot qui se traduit: Envoyé)." Il partit, se lava, et s'en retourna, voyant clair.
8- Les voisins, et ceux qui l'avaient vu auparavant demander l'aumône, disaient: "N'est-ce pas là celui qui était assis et mendiait?"
9- Les uns répondaient: "C'est lui"; d'autres: "Non, mais il lui ressemble." Mais lui disait: "C'est moi."
10  ils lui dirent donc: "Comment tes yeux ont-ils été ouverts?"
11- Il répondit: "Un homme, celui qu'on appelle Jésus, a fait de la boue, il l'a étendue sur mes yeux, et m'a dit: Va à la piscine de Siloé et lave-toi. J'y suis allé, et, m'étant lavé, j'ai recouvré la vue."
12- "Où est cet homme?" lui dirent-ils. Il répondit: "Je ne sais pas."
13- Ils menèrent aux Pharisiens celui qui avait été aveugle.
14- Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait ainsi fait de la boue et ouvert les yeux de l'aveugle.
15- A leur tour, les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue, et il leur dit: "Il m'a mis sur les yeux de la boue, je me suis lavé, et je vois."
16- Sur cela quelques-uns des Pharisiens disaient: "Cet homme n'est pas envoyé de Dieu, puisqu'il n'observe pas le sabbat." D'autres disaient: "Comment un pécheur peut-il faire de tels prodiges?" Et la division était entre eux.
17- ils dirent donc de nouveau à l'aveugle: "Et toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux?" Il répondit: "C'est un prophète."
18- Les Juifs ne voulurent donc pas croire que cet homme eut été aveugle et qu'il eût recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir les parents de celui qui avait recouvré la vue.
19- ils leur demandèrent: "Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant?"
20- Les parents répondirent: " Nous savons que c'est bien là notre fils, et qu'il est né aveugle;
21- Mais comment il voit maintenant, nous l'ignorons, et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Interrogez-le lui-même; il a de l'âge, lui-même parlera de ce qui le concerne."
22- Ses parents parlèrent ainsi, parce qu'ils craignaient les Juifs. Car déjà les Juifs étaient convenus que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue.
23- C'est pourquoi ses parents dirent " Il a de l'âge, interrogez-le."
24- Les Pharisiens firent venir une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et lui dirent: "Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur."
25- Celui-ci répondit: " S'il est un pécheur, je l'ignore; je sais seulement que j'étais aveugle, et qu'à présent je vois."
26- ils lui dirent: "Qu'est-ce qu'il t'a fait? Comment t'a-t-il ouvert les yeux?"
27- Il leur répondit: "Je vous l'ai déjà dit et vous ne l'avez pas écouté: pourquoi voulez-vous l'entendre encore? Est-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples?"
28  ils le chargèrent alors d'injures, et dirent: "C'est toi qui es son disciple; nous, nous sommes les disciples de Moïse.
29- Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci nous ne savons d'où il est."
30- Cet homme répondit: "Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est, et cependant il m'a ouvert les yeux.
31- Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce.
32- Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né.
33- Si cet homme n'étaient pas de Dieu, il ne pourrait rien faire."
34- ils lui répondirent: "Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon?" Et ils le chassèrent.
35- Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit:
36- "Crois-tu au Fils de l'homme?" Il répondit: "Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?"
37- Jésus lui dit: "Tu l'as vu; et celui qui te parle, c'est lui-même."
38- "Je crois, Seigneur" dit-il, et se jetant à ses pieds, il l'adora.
39- Alors Jésus dit: "Je suis venu dans ce monde pour un jugement, afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles."
40- Quelques Pharisiens qui étaient avec lui, lui dirent: "Sommes-nous, nous aussi des aveugles?"
41- Jésus leur répondit: "Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez point de péché; mais maintenant vous dites: Nous voyons; votre péché demeure."

Nous attaquons maintenant le chapitre IX de ce merveilleux évangile, qui nous dévoile bien des mystères sur le message que Jésus, Christ de Dieu, laisse à chacun de nous. La puissance illuminative de l’enseignement du Christ confirmée par un acte. Ici dans la suite de sa narration, St jean nous développe un récit tout en substance, plein de mouvement, de suspens, de vie. La mise en scène concerne Jésus, certes, et un aveugle de naissance aujourd’hui, qui cela peut-il être ? Analysons !! a) l’infirmité b) la guérison c) la polémique sur la guérison entre les individus de toutes classes d’abord, entre la foule et le Sanhédrin, ensuite, et pour finir entre Jésus et les prêtres.  

1- Jésus vit, en passant, un aveugle de naissance. 

St jean aborde ici un sujet relatif à une infirmité. Ensuite pour confirmer l’accomplissement de signes à venir. Guérison, Foi. En effet tous actes de guérison du Seigneur produisent la foi. ( au sens mystique, St Augustin souligne que c’est le genre humain qui est aveugle, car, le péché est une cécité perpétuelle .).

2-  a)"Maître, lui demandèrent ses disciples, est-ce que cet homme a péché, b)ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle?" 

a)Par ces paroles, St jean aborde la cause de l’infirmité, recherchée en premier lieu par ses disciples [qui a péché ! Ils cherchaient à savoir s’il était né aveugle à cause de son péché ou de celui de ses parents. ] pour être ensuite manifestée par le Christ. En fait, comme l’expliquera Jésus, il ne semble pas qu’il soit né aveugle à cause de son péché, car personne ne pèche avant de naître.
b)il ne semble pas non plus que ce soit à cause de ses parents, puisqu’il est dit au Deutéronome 24,16, (les pères ne mourront pas pour les fils , ni les fils pour leur père). 

3- a)Jésus répondit: "Ni lui, ni ses parents n'ont péché, b) mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui

a). Il est manifeste que de telles infirmités corporelles qui arrivent dans le courant de nos vies, permettent que se réalisent, par un miracle, (Lourdes) la magnificence de Dieu en vue du bien de tous. C’est en effet par les œuvres que Dieu nous apprend à le connaître ! Or,la connaissance de Dieu, est, selon Jr 9, 24, le bien souverain de l’homme, puisqu’en elle consiste la béatitude de l’homme.
b). afin que, ici est employé dans le sens causal ! Il existe en effet un double mal ! Le mal de la faute et celui de la peine. Quelqu’un peut être éprouvé non pas pour être corrigé, de fautes passées, mais pour être préservé des fautes à venir. Rappelons-nous les paroles de St Paul 2 Col 12,7. ( afin que la grandeur des révélations ne m’exalte pas, il m’a été donné dans ma chair une écharde, un ange de Satan pour me frapper afin de m’éviter tout orgueil.) 

4-  a)Il faut, tandis qu'il est jour, b)que je fasse les œuvres de celui qui m'a envoyé; c)la nuit vient, où personne ne peut travailler.

a). Le jour matériel est causé par la présence du soleil, mais le soleil de justice est le seigneur notre Dieu ! c’est alors toujours le jour puisqu’Il est présent en Lui-même et en nous, temps opportun pour luire et œuvrer.
b). Jésus manifeste alors l’opportunité de proclamer les œuvres de Dieu, par des actions égales à celles du Père, c'est-à-dire par les œuvres qu’Il accomplit parce qu’Il les tient du Père.
c). Quand viendra le temps de la nuit, nul ne pourra plus œuvrer, pare qu’il n’est plus temps de mériter, mais de recevoir selon ses mérites. Les apôtres eux-mêmes en firent l’expérience, lorsque la présence corporelle du Christ leur fut retirée au temps de sa Passion, jusqu'à la Pentecôte, où ils purent reprendre les œuvres laissées en suspens.  

5- Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde."

Le Christ explicite ici que c’est sa présence qui produit le jour, d’où la nuit lorsqu’Il est absent. Mais comme spirituellement , par la Grâce de Dieu son Père Il est et reste la lumière dans le monde, son jour s’étendra jusqu'à la consommation des siècles.
Versets 1-5, Jésus se dévoile dans une autre dimension, et se déclare la lumière du monde… qui ouvre les yeux des aveugles, et par ce signe, dévoile encore de façon plus claire, l’aveuglement de la populace ou de tout être qui se refuse à Dieu, et à son envoyé. En effet, nous avons vu maintenant, que depuis le début de cet évangile, St Jean s’attache à nous démontrer que les actes accomplis par le Seigneur produisent la foi. La cécité spirituelle est une forme de péché surtout quand cette cécité, une fois démontrée, persiste dans le reniement à la vérité.
Mais selon une ancienne tradition, les enfants portaient en eux le péché de leurs parents … d’où la demande des apôtres désirant savoir pourquoi cet homme était aveugle de naissance ? (Rappelons-nous que les disciples, lorsque Jésus avait guéri le paralytique, lui disant,« va et désormais ne pèche plus » avaient conclu que c’était à cause du péché que cette infirmité l’avait frappé, donnant ainsi suite à la tradition, et estimant que toute infirmité était reliée de façon systématique au péché.) Où se trouve donc le dommage et où se situe le remède ?
C’est Jésus qui porte la réponse (Ni lui ni ses parents) excluant ainsi la cause conjecturée, mais il ajoute aussitôt « c’est pour que soient manifestées les œuvres de Dieu » substituée par la vraie causalité voulue par le Père, démontrer au monde que Jésus, son Fils est bien la Lumière du monde comme il le précise Lui-même par la suite à la fin du verset 5 [ on peut conclure que la causalité permet de manifester les œuvres de Dieu, car c’est par ces œuvres que nous sommes conduits à le connaitre. Et la connaissance de Dieu est pour nous le bien souverain, puisqu’elle consiste à réaliser la béatitude éternelle de l’homme en face de Dieu.]
Le mot « JOUR » fait référence jour de Dieu manifesté sur terre par la présence de son Messie, puisqu’il est la Lumière du monde et le Soleil de Justice (Mi 4-2 ; Ps 117,24 ; Rm 13,12). Mais cette lumière persiste en son Église et par sa présence en l’Église puisqu’il a promis en Mt 26, 20 « Aussi longtemps que je suis dans le monde je suis la lumière du monde » sous-entendu par la grâce spirituellement donnée de sa présence invisible par la force du Saint-Esprit. 

6- Ayant ainsi parlé, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive, puis il l'étendit sur les yeux de l'aveugle, et lui dit.

Dans ces versets, Jésus fait usage de son corps, bien qu’Il ait accompli de nombreux miracles par sa seule parole,il manifeste ici selon St Grégoire de Naziance, qu’en tant qu’instrument vivant de la divinité, il a part aussi en tant que fils de l’Homme, à la puissance du salut.

7-  "Va, lave-toi dans la piscine de Siloé (mot qui se traduit: Envoyé)." Il partit, se lava, et s'en retourna, voyant clair.

Comme nous l’avons déjà vu, dans les noces de Cana, Jésus fait autorité, et tout comme les esclaves obéissent immédiatement à Jésus, l’aveugle fait ici de même. et de cette manière, Jésus fait de ce messager obéissant, son futur témoin. [À la différence de Naaman le Syrien 2 R 5,10], il croit déjà en l’efficacité de la parole entendue de la bouche de Jésus, sans toutefois l’avoir vu, puisqu’il est aveugle de naissance, et la suite du récit confirmera son intelligence surprenante, sa disponibilité à la nouveauté, sa qualité de narrateur et de débatteur. En envoyant ce pauvre aveugle aller se laver à la piscine de Siloé, loin du lieu où ils se trouvaient, sachant pertinemment qu’il lui fallait traverser pratiquement toute la ville pour qu’ainsi tout le monde puisse le voir aller avec de la boue sur les yeux, et en revenir avec une vue parfaitement claire. Voir à ce sujet la prédiction suivante (Is 35,5) il ouvrira les yeux des aveugles… 

8- Les voisins, et ceux qui l'avaient vu auparavant demander l'aumône, disaient: "N'est-ce pas là celui qui était assis et mendiait?"

Ce verset nous montre, comment nous aussi, devons passer de la lumière des yeux à celle de la foi…le pauvre ancien aveugle, fait immédiatement l’objet de controverses. Pour le peuple, un miracle si grand est incroyable. Ensuite, la grandeur remarquable de l’admirable clémence de Dieu qui fait accomplir par son Messie, des miracles touchant aussi bien les puissants que les pauvres ou les malheureux assujettis à une basse naissance.  

9- Les uns répondaient: "C'est lui"; d'autres: "Non, mais il lui ressemble." Mais lui disait: "C'est moi." 

Trois questions fusent… 1) est-ce bien lui ? (Doute profond du peuple incrédule), 2) Comment cela s’est-il passé ? Ébahissement et stupéfaction (Ha 1,5) personne ne le croira quand on le racontera 3) Qui a pu faire une chose pareille? (Cela est pratiquement impossible à réaliser de façon humaine) Il commence donc par affirmer que c’est bien lui l’aveugle dont il est question , manifestant et confessant ainsi un signe de gratitude profond envers le Christ qui l’avait guéri. 

10- Ils lui dirent donc: "Comment tes yeux ont-ils été ouverts?" 

 À cette question qui procède de la curiosité, le pauvre aveugle ne peut pas répondre. Effectivement, il ne s’est pas. Il a fait l’objet d’un incroyable miracle, mais n’a pas vu son interlocuteur, puisque encore aveugle. 

11- Il répondit: "Un homme, celui qu'on appelle Jésus, a fait de la boue, il l'a étendue sur mes yeux, et m'a dit: Va à la piscine de Siloé et lave-toi. J'y suis allé, et, m'étant lavé, j'ai recouvré la vue." 

Il raconte qu’il a entendu Jésus lui parler, on lui a expliqué ce que Jésus faisait en sa présence, au fur et à mesure de l’action de Jésus, ce qu’il explique mot à mot, puis spécifie qu’il a obéi à l’injonction de Jésus, il définit ensuite son périple afin de recouvrer la vue pour arriver jusqu'à la fontaine de Siloé, car encore aveugle, cela a dû prendre un certain temps qui s’explique d’ailleurs par la suite ; la narration ici est des plus justes et des plus logiques. De fait, il devient l’annonciateur de la grâce qu’il emporte et de la bonne nouvelle reçue, et le manifeste sans crainte aux Juifs persistant dans leur incrédulité. 

12-  a)"Où est cet homme?" lui dirent-ils. B) Il répondit: "Je ne sais pas." 

a). les Juifs interrogent l’aveugle guéri par malice. En effet, s’il sait où se trouve Jésus, c’est que son aveuglement était une usurpation notoire.
b) il ne ressort de sa réponse que ce QUI s'est réellement passé. En effet, il est d’abord aveugle, les yeux enduits de boue, et ce n’est qu’une fois lavé à la fontaine de Siloé qu’il a recouvré la vue. L’onction représente ici le commencement au sens spirituel. L’Église voit dans ce geste suivi du lavement, le bain du baptême qui rend parfait et illumine. 

13- Ils menèrent aux Pharisiens celui qui avait été aveugle.

On voit ici la volonté furieuse des opposants au Christ, de faire tous leurs possible pour contraindre par la crainte l’aveugle, afin de lui faire dire s’il sait où se trouve Jésus. Or cela lui est impossible, car la distance qui le séparait du lieu de son interpellation avec Jésus est la fontaine de Siloé était très importante. 

14- Or, c'était un jour de sabbat que Jésus avait ainsi fait de la boue et ouvert les yeux de l'aveugle. 

L’évangéliste nous montre que du fait que le miracle a lieu le jour du Sabbat, un jour où il est proscrit t par la Loi de faire tout ouvrage les Pharisiens vont de ce fait manifester leur mauvais esprit en cherchant à trouver le prétexte qui servira à décrier le miracle au nom d’une prétendue prévarication de la Loi.  

15- À leur tour, les Pharisiens lui demandèrent comment il avait recouvré la vue, et il leur dit: "Il m'a mis sur les yeux de la boue, je me suis lavé, et je vois

L’enquête sur les faits, menée ici par les Pharisiens, membres du Sanhédrin, est exposée en deux temps. 1) l’interrogation, 2) la réponse. En 1) l’interrogation porte sur la manière dont l’aveugle a recouvré la vue, en vue de le calomnier et de le convaincre de mensonge ; En 2) mais nous voyons que celui -ci répondit sans se contredire de ce qu’il avait dit précédemment, ni sans s’écarter de la vérité. Nous voyons donc, que malgré la crainte et le péril auquel il s’exposait devant les Pharisiens, membres du Sanhédrin, il n’ait pas nié ni rien affirmé de contraire à ce qu’il avait dit auparavant. 

16- Sur cela quelques-uns des Pharisiens disaient: "Cet homme n'est pas envoyé de Dieu, puisqu'il n'observe pas le sabbat." D'autres disaient: "Comment un pécheur peut-il faire de tels prodiges?" Et la division était entre eux. 

L’évangéliste expose ici les deux interjections qui se manifestent dans le camp des Pharisiens. D’abord, ceux qui blasphèment contre le Christ, car en effet taisant ce qui apparaissait de toute évidence être bon et salutaire, ils manifestent ce qui peut être avancé contre Jésus, la violation du Sabbat. Ensuite, ceux qui l’estiment et qui avaient conçu une certaine admiration et une foi évidente à partir de plusieurs signes déjà en leur connaissance et de surcroit et de toute évidence, ce signe supplémentaire, mais qui, par crainte des représailles, auxquelles ils s’exposaient comme membres du Sanhédrin, en le reconnaissant ouvertement avancent des propos en faisant mine de douter. La division est alors bien palpable au sein du Sanhédrin.

17- Ils dirent donc de nouveau à l'aveugle: "Et toi, que dis-tu de lui, de ce qu'il t'a ouvert les yeux?" Il répondit: "C'est un prophète." 

Afin de le contrecarrer dans ses dires, et lui faire avouer l’inavouable, la question posée serait plutôt un piège sordide. Mais, face à ses détracteurs, la réponse de celui qui avait recouvré la vue est sans appel exprimant avec confiance ce qu’il pensait profondément en lui de celui qui lui avait donné ce don précieux de la vue. 

18- Les Juifs ne voulurent donc pas croire que cet homme eut été aveugle et qu'il eût recouvré la vue, jusqu'à ce qu'ils eussent fait venir les parents de celui qui avait recouvré la vue.

Peu satisfaits des réponses de l’ancien aveugle, et toujours incrédules, les Pharisiens font venir les parents de celui-ci et continuent leurs interrogations. On voit ici la perfidie de ceux qui veulent à tout prix réduire à rien le miracle de Jésus, de peur de perdre leur propre gloire comme dépositaires de l’interprétation des écritures. 

19- Ils leur demandèrent: "Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? Comment donc voit-il maintenant?" 

Trois points ressortent de cette enquête : 1) "Est-ce là votre fils, 2) que vous dites être né aveugle? 3) Comment donc voit-il maintenant?". Le piège tendu est, semble-t-il parfait !

20- Les parents répondirent: " Nous savons que c'est bien là notre fils, et qu'il est né aveugle; 

La réponse des parents sur les deux premiers points est sans appel, ils témoignent de ce que ce dernier est bien leur fils, ensuite qu’il est bien né aveugle, faisant apparaitre que la vérité est toujours victorieuse du mensonge. 

21- Mais comment il voit maintenant, nous l'ignorons, et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Interrogez-le lui-même; il a de l'âge, lui-même parlera de ce qui le concerne."

Mais sur le troisième point, il est évident qu’ils ne savent pas ce qui s’est tellement passé, puisqu’au moment du miracle ils étaient absents. Ils affirment être dans l’ignorance de la façon dont il voit et de la personne qui l’a illuminé en lui faisant recouvrer la vue. Ils reconnaissent donc ouvertement sa cécité, mais pas le fait qu’il soit muet, et renvoient donc dos à dos les Pharisiens et leur fils afin qu’il s’explique lui-même. 

22- Ses parents parlèrent ainsi, parce qu'ils craignaient les Juifs. Car déjà les Juifs étaient convenus que quiconque reconnaîtrait Jésus pour le Christ serait exclu de la synagogue. 

St Jean mentionne maintenant de nouveaux protagonistes, il s’agit des parents qui jusque-là étaient restés tous deux dans l’ombre. On peut comprendre que les événements sont arrivés tardivement à leurs oreilles, et qu’eux aussi doivent reconnaître le miracle accompli, non sans accepter le faite irrémédiable de la parentalité d’avec leur fils né aveugle, mais craintifs du fait de la Loi et de ce qui déjà se disait sur ce Jésus, avec en ligne de mire l’exclusion de la synagogue pour quiconque se ferait son défenseur, ou reconnaîtrait simplement un miracle de façon implicite …d’où leur réponse [Nous savons que c’est notre fils, qu’il est né aveugle, ] puis rien d’autre.

23- C'est pourquoi ses parents dirent " Il a de l'âge, interrogez-le." 

En ce qui concerne le miracle, personne ne peut répondre sinon l’aveugle lui-même. Les parents se refusent à témoigner, d’autant plus qu’ils n’étaient pas présents effectivement à ce moment-là, et qu’ils ne savent peut-être pas véritablement où se trouve Jésus à cet instant précis. Leur dernière réponse [il est assez grand, interrogez-le] souligne bien ici, que croire en Jésus, est toujours une démarche personnelle pour laquelle on se trouve souvent isolé d’avec la communauté, quelle qu’elle soit, et aujourd’hui encore, il en est de même.

24- Les Pharisiens firent venir une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et lui dirent: "Rends gloire à Dieu. Nous savons que cet homme est un pécheur." 

Nous voyons ici, la foi des premiers chrétiens se dessiner et sans crainte ni appréhension débattre de façon pertinente avec le Sanhédrin. (v 24 à 27) ce qui appelle de la part de ces derniers des injures et des réprimandes avec en ligne de mire, toujours la référence à Moïse, qui à ce jour avait été le seul à avoir parlé en tête à tête avec Dieu. La demande de rendre gloire à Dieu provoque le miraculé afin de lui faire dire ou avouer que le miracle n’est dû qu’à Dieu seul, et non à ce Jésus dont il est question ! Car en ajoutant que Jésus serait pécheur, il nie de façon évidente la possibilité qui lui serait alors donnée de pouvoir faire des miracles.

25- Celui-ci répondit: " S'il est un pécheur, je l'ignore; je sais seulement que j'étais aveugle, et qu'à présent je vois." 

La réponse du miraculé cingle comme une gifle a la figure des prêtres, les prenant à revers, avec leurs propres arguments, auxquels d’ailleurs ils ne répliquent pas, (il dit en affirmant la vérité, « si c’est un pécheur, je ne le sais pas, mais ce que je sais c’est que j’étais aveugle et maintenant je vois »…sous-entendu, grâce à Lui ) 

26- ils lui dirent: "Qu'est-ce qu'il t'a fait? Comment t'a-t-il ouvert les yeux?" 

Mais les pharisiens invectivent vertement le miraculé, le réfutant dans son entêtement à persévérer dans la reconnaissance d’un miracle effectué par Jésus, cela étant de fait de le reconnaître comme le Messie, puisqu’il avait été annoncé, que seul Lui, Le Messie rendrait la vue aux aveugles.

27-  a) Il leur répondit: "Je vous l'ai déjà dit et vous ne l'avez pas écouté: pourquoi voulez-vous l'entendre encore? b) Est-ce que vous aussi vous voulez devenir ses disciples?" 

a).L’aveugle continue, non pas avec retenue, mais avec audace, ce qui ne l’empêche pas de les tourner en dérision, puisqu’il ajoute, « voulez-vous devenir ses disciples vous aussi ? » comme pour leur dire : n’avez-vous donc pas prêté attention à ce que déjà je vous ai dit !
b). Cette constance dans sa réponse fait apparaître combien est forte la vérité en ce qu’elle est, et à contre-courant, combien est faible ce qu’est le mensonge, qui même chez les puissants manifeste leur faiblesse et les rend aveugles. 

28- ils le chargèrent alors d'injures, et dirent: "C'est toi qui es son disciple; nous, nous sommes les disciples de Moïse. 

Ce qui lui vaut de la part du Sanhédrin les pires insultes, en le maudissant, car ils se disaient et soutenaient être les vrais disciples de la foi, en suivant la Loi mosaïque, car seul Moïse avait parlé avec Dieu,(Ex 33,11) et accompli des miracles connus à ce jour par tout Israël ! Ils tenaient en effet pour une malédiction ce que le miraculé leur avait dit!

29- Nous savons que Dieu a parlé à Moïse; mais celui-ci nous ne savons d'où il est." 

Insistant sur le fait qu’ils ne savent pas d’où il est, donc qu’il ne peut avoir aucune véritable autorité de la part de Dieu, de telle sorte que l’on ne peut pas prouver qu’il vient réellement de Dieu car (sous-entendu) autrement, il était bien évident qu’ils auraient été les premiers informés de la venue de Jésus ! 

30- Cet homme répondit: "Il est étonnant que vous ne sachiez d'où il est, et cependant il m'a ouvert les yeux.

La réplique du verset 30 ne laisse pas d’équivoque en ce qui concerne la vraie connaissance des écritures, par sa réplique, il s’indigne de ce que voyant un signe manifeste et évident d’un miracle, ils nient la puissance évidente du Christ, d’abord par la non-connaissance de son lieu d’origine, ensuite par la persistance de leur aveuglement.

31- Nous savons que Dieu n'exauce point les pécheurs; mais si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce.

Tout miracle accompli est de fait un témoignage qui advient de la vérité proclamée et aussi pour rendre témoignage à celui qui l'accomplit ! Or aucun miracle n’est fait si ce n’est par la puissance divine, qui s’ensuit à la proclamation de la foi. (C’est pourquoi Jésus interroge souvent son interlocuteur avant d’agir et d’accomplir).  

32- Jamais on n'a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. 

L’homme n’expose  son raisonnement, qu’à partir de son œuvre même, que nul autre homme que Jésus n’a réalisé, il est manifeste que cela ne peut lui venir que de Dieu. 

33- Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire." 

Pure merveille d’un homme, qui bien que malheureux, dans sa cécité, connaissait le passage des écritures relatives aux hommes qui font la volonté du Dieu très haut, et qui voient leurs demandes exaucées (faisant ici probablement allusion aux prophètes ou aux patriarches sur qui Dieu s'est appuyé) et tirent la conclusion que du fait que Jésus accompli de telles œuvres, il est manifeste qu’il est le Christ de Dieu.

34- ils lui répondirent: "Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous fais la leçon?" Et ils le chassèrent. 

Ce verset montre que las détracteurs du Christ persistent dans le péché. En condamnant le miraculé, ils tombent dans un triple défaut du péché ; à savoir, mensonge, injustice et orgueil. 

35- Jésus apprit qu'ils l'avaient ainsi chassé, et l'ayant rencontré, il lui dit: 

L’Apôtre nous montre la rencontre que chacun de nous fera un jour ou l’autre avec le Christ, et que sur les demandes qui nous serons faites à ce moment-là, il nous faudra répondre avec certitude et foi, car en présence de la Divinité chacun de nous se verra confronté à la seule et unique possibilité, qu’il s’agisse bien du Verbe fait Chair. Notre adhésion au Christ doit alors se faire sans aucune équivoque… Jésus, du fait de la confession que le miraculé a fait de Lui, considère avec attention et sollicitude ce qu’il a dû supporter pour Lui rendre gloire, et diligente sa recherche à son égard afin de le rencontrer à nouveau.

36- "Crois-tu au Fils de l'homme?" Il répondit: "Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui?" 

La demande spécifie alors un acte d’authenticité, « Toi, (personnellement et personne d’autre que toi) crois-tu (non en Moi, ni en Jésus, ni au Christ, ni au Messie, mais AU FILS DE DIEU. Car pour avoir foi et croire en Lui il faut que le Fils émane directement du Père. Arrêtons-nous un moment plus attentivement sur la question du miraculé. « Qui est-il Seigneur pour que je croie en lui ? » ici le miraculé expose le désir de croire qui l’anime ; rappelons-nous qu’il n’avait jamais encore vu Jésus !! Entre sa première rencontre, son voyage jusqu’à la piscine de Siloé, son périple entre les gens qui le connaissaient, les Pharisiens le Sanhédrin, les parents, .il s’est passé beaucoup de temps…mais bien qu’il ne l’ait pas encore vu de chair, il croyait en celui qui l’avait guéri ! Et c’est la raison de sa demande avide de connaissance, « Qui est-il pour que je croie en lui» Ceci révèle que pour une part il le connaissait, et que pour une part il l’ignorait.

37- Jésus lui dit: "Tu l'as vu; et celui qui te parle, c'est lui-même." 

Et Jésus de l’instruire… rappelons-nous les paroles du vieux Siméon (Lc 2,29)…car mes yeux ont vu le salut que TU préparais à la face des peuples et rendent gloire à ton peuple…le miraculé est dans la même situation que le vieux Siméon…alors, la parole et le geste s’attachent pour honorer et glorifier le Christ rédempteur.

38- "Je crois, Seigneur" dit-il, et se jetant à ses pieds, il l'adora. 

Ici, l’attitude de l’aveugle guéri, qui se livre sans réserve dans sa foi et dans son cœur, confessant de sa bouche sa croyance et attestant de cela par un geste de vénération, dans sa prostration et son adoration , démontre qu’il croit en la puissance divine de Jésus comme étant le Fils de l’homme, ce qui apparaît extérieurement, mais aussi comme Fils de Dieu, assumé en la chair, car l’adoration n’est due qu’à Dieu seul.  

39-Alors Jésus dit: "Je suis venu dans ce monde pour un jugement, afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles." 

Jésus s’adresse maintenant à tous ceux qui refusent de voir donc de croire, qui se trouvent des excuses plus ou moins scabreuses pour se donner bonne conscience, et fuir la religion avec ses prérogatives. Jésus parle ici de JUGEMENT… il faut discerner le jugement de condamnation du jugement de discernement qui L’un, selon St Thomas et St Grégoire le Grand, commentant le Ps 42,1, touchant à « la SÉVÉRITÉ, » l’autre au « le MÉRITE ». Le jugement du Christ fait donc la distinction entre les humbles et les orgueilleux, entre ceux qui aveugles, recouvrant la vue, vont vers la lumière et ceux qui délibérément restent dans les ténèbres.

40- Quelques Pharisiens qui étaient avec lui, lui dirent: "Sommes-nous, nous aussi des aveugles?" 

Les paroles de Jésus restent, hélas, tristement célèbres et véridiques de nos jours encore, car tous ceux qui voient par les yeux du cœur que l’Église du Christ manifeste toujours sa Pâques et sa Pentecôte, mais qui avec les yeux de ladite raison demeure dans le péché du refus de Dieu et de son Messie donc du salut. « Est-ce que nous aussi sommes aveugles » ?

41- Jésus leur répondit: "Si vous étiez des aveugles, vous n'auriez point de péché; mais maintenant vous dites: Nous voyons; votre péché demeure."

En effet, être aveugle (ignorant de la foi) et guéri (adhésion à la foi) efface notre péché, mais dire que nous voyons, sous-entendu nous nous arrogeons la science de la vraie connaissance, et refusons de voir les miracles accomplis comme signes émanant de Dieu et de Dieu seul, nous fait demeurer dans le péché, dans l’erreur, et la complaisance de nous mettre au service du malin, que Dieu combat de toute son énergie et avec l’aide de son humanité créatrice. À nous de faire le bon choix, et tout comme le miraculé, de témoigner sans sourciller du Crucifié.



Vers le chapitre 10

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