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Evangiles selon Saint Jean , Saint Matthieu,
Saint Luc et Saint Marc


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Saint JEAN, Saint MATTHIEU, Saint LUC et Saint MARC
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Saint Matthieu

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L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ? Comment se manifeste t-il ? Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Évangile de Jésus,
le Christ de Dieu
selon Saint-Jean

Chapitre 7

1- Après cela, Jésus parcourut la Galilée, ne voulant pas aller en Judée, parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir.
2- Or, la fête des Juifs, celle des Tabernacles, était proche.
3- Ses frères lui dirent donc: "Partons d'ici, et allons en Judée, afin que les disciples aussi voient les œuvres que tu fais;
4- Car personne ne fait une chose en secret, lorsqu'il désire qu'elle paraisse. Si tu fais ces choses, montre-toi au monde."
5- Car ses frères mêmes ne croyait pas en lui.
6- Jésus leur dit: "Mon temps n'est pas encore venu ; mais votre temps à vous est toujours prêt.
7- Le monde ne saurait vous haïr ; moi, il me hait, parce que je rends de lui ce témoignage, que ses œuvres sont mauvaises.
8- Montez, vous, à cette fête ; pour moi, je n'y vais point, parce que mon temps n'est pas encore venu."
9- Après avoir dit cela, il resta en Galilée.
10- Mais lorsque ses frères furent partis, lui-même monta aussi à la fête, non publiquement, mais en secret.
11- Les Juifs donc le cherchaient durant la fête, et disaient "Où est-il ?"
12- Et il y avait dans la foule une grande rumeur à son sujet. Les uns disaient "C'est un homme de bien ; Non, disaient les autres, il trompe le peuple."
13- Cependant personne ne s'exprimait librement sur son compte, par crainte des Juifs.
14- On était déjà au milieu de la fête, lorsque Jésus monta au temple, et il se mit à enseigner.
15- Les Juifs étonnés disaient: "Comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a point fréquenté les écoles?"
16- Jésus leur répondit: "Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé.
17- Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il saura si ma doctrine est de Dieu ou si je parle de moi-même. 
18- 18 Celui qui parle de soi-même, cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, est véridique, et il n'y a point en lui d'imposture.
19- Est-ce que Moïse ne vous a point donné la Loi? Et nul de vous n'accomplit la loi.
20- Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ?" La foule répondit : "tu es possédé du démon ! Qui est-ce qui cherche à te faire mourir?"
21- Jésus leur dit: "J'ai fait une seule œuvre, et vous voilà tous hors de vous-mêmes?
22- Moïse vous a donné la circoncision (non qu'elle vienne de Moïse, mais des Patriarches),
23- Et vous la pratiquez le jour du sabbat. Que si, pour ne pas violer la loi de Moïse, on circoncit le jour du sabbat, comment vous indignez-vous contre moi, parce que, le jour du sabbat, j'ai guéri un homme dans tout son corps?
24- Ne jugez point sur l'apparence, mais jugez selon la justice."
25- Alors quelques habitants de Jérusalem dirent: "N'est-ce pas celui qu'ils cherchent à faire mourir?
26- Et le voilà qui parle publiquement sans qu’on ne lui dise rien. Est-ce que vraiment les chefs du peuple auraient reconnu qu'il est le Christ?
27- Celui-ci, néanmoins, nous savons d'où il est ; mais quand le Christ viendra, personne ne saura d'où il est."
28- Jésus, enseignant dans le temple, dit donc à haute voix: "Vous me connaissez et vous savez d'où je suis! et pourtant ce n'est pas de moi-même que je suis venu: mais celui qui m'a envoyé est vrai: vous ne le connaissez point.
29- Moi, je le connais, parce que je suis de lui, et c'est lui qui m'a envoyé."
30- Ils cherchèrent donc à le saisir ; et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue.
31- Mais beaucoup, parmi le peuple, crurent en lui et ils disaient: "Quand le Christ viendra, fera-t-il plus de miracles que n'en a fait celui-ci?"
32- Les Pharisiens entendirent la foule murmurant ces choses au sujet de Jésus ; alors les Princes des prêtres et les Pharisiens envoyèrent des satellites pour l'arrêter.
33- Jésus dit: "Je suis encore avec vous un peu de temps, puis je m'en vais à celui qui m'a envoyé.
34- Vous me chercherez, et vous ne me trouverez point, et où je suis vous ne pouvez venir."
35- Sur quoi les Juifs se dirent entre eux: "Où donc ira-t-il, que nous ne le trouverons point? Ira-t-il vers ceux qui sont dispersés parmi les Gentils, et ira-t-il les instruire?
36- Que signifie cette parole qu'il a dite: Vous me chercherez et vous ne me trouverez point, et où je suis, vous ne pouvez venir?"
37- Le dernier jour de la fête, qui en est le jour le plus solennel, Jésus, debout, dit à haute voix: "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.
38- Celui qui croit en moi, de son sein, comme dit l'Écriture, couleront des fleuves d'eau vive."
39- Il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui ; car l'Esprit n'était pas encore donné, parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié.
40- Parmi la foule, quelques-uns, qui avaient entendu ces paroles, disaient: "C'est vraiment le prophète."
41- D'autres: "C'est le Christ." "Mais, disaient les autres, est-ce de la Galilée que doit venir le Christ?
42-  L'Écriture ne dit-elle pas que c'est de la race de David, et du bourg de Bethléem, où était David, que le Christ doit venir?"
43- C'est ainsi que le peuple était partagé à son sujet.
44- Quelques-uns voulaient l'arrêter ; mais personne ne mit la main sur lui.
45-  Les satellites étant donc revenus vers les Pontifes et les Pharisiens, ceux-ci leur dirent: "Pourquoi ne l'avez-vous pas amené?"
46- Les satellites répondirent: " Jamais homme n'a parlé comme cet homme."
47-  Les Pharisiens leur répliquèrent: "Vous aussi, vous êtes-vous laissé séduire?
48- Y a-t-il quelqu'un parmi les Princes du peuple qui ait cru en lui? Y en a-t-il parmi les Pharisiens?
49- Mais cette populace qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits."
50- Nicodème, l'un d'eux, celui qui était venu de nuit à Jésus, leur dit:
51- "Notre loi condamne-t-elle un homme sans qu'on l'ait d'abord entendu, et sans qu'on sache ce qu'il a fait?"
52- Ils lui répondirent: "Toi aussi es-tu Galiléen? Examine avec soin les Écritures, et tu verras qu'il ne sort point de prophète de la Galilée.
53- Et ils s'en retournèrent chacun dans sa maison.

À partir de chapitre, l’hostilité des Juifs contre Jésus s’accentue, en même temps que la perspective du retour vers le Père, par sa Passion, s’affirme. Plusieurs thèmes importants sont introduits ici, pour faire apparaître de façon claire mais distincte, la volonté de Jésus d’aller au terme de sa mission. 

1- . a) Après cela, Jésus parcourut la Galilée, ne voulant pas aller en Judée, b) parce que les Juifs cherchaient à le faire mourir. 

a) par son retour en Galilée le Christ manifestait son intention de s’y attarder, il était en effet reparti de Capharnaüm, métropole de la Galilée, afin de parcourir cette région. [si le Seigneur séjourne souvent en Galilée, c’est pour nous montrer qu’il nous faut passer des vices aux vertus. Ez 12,3]
b) ces derniers cherchaient à le tuer, parce que non seulement il violait le sabbat, mais aussi parce qu’il appelait Dieu son Père, se faisant ainsi légal de Dieu. C’est ainsi que Jésus fuyant parfois ses persécuteurs comme un homme affirme son humanité, et parfois passant entre eux sans dommage manifeste sa divinité. Il faut considérer aussi que l’heure de sa Passion n’était pas encore venue, car c’est au moment de la Pâque qu’il aurait à souffrir, lorsque l’agneau serait immolé, pour qu’ainsi la Victime se substituât à la victime. 

2- Or, la fête des Juifs, celle des Tabernacles, était proche. 

Les scénopégies, fêtes des tentes en grec, était le temps ou le peuple hébreu prenait son repas sous les tentes, (Lv 23,41) le Seigneur ayant prescrit dans la Loi, aux fils d’Israël, que le septième mois, ils habiteraient sous les tentes en mémoire des quarante années passées dans le désert, et où ils avaient vécu sous la tente. 

3- . a) Ses frères lui dirent donc: "Partons d'ici, et allons en Judée, b) afin que les disciples aussi voient les œuvres que tu fais;

a) L’Évangéliste mentionne ici ceux qui s’adressent aux Christ. Il ne s’agit pas des apôtres au sens propre du terme, mais bien de ceux qui, étant aussi devenu ses apôtres, avaient avec lui un lien de parenté, tels les fils de Zébédée, Jacques le fils d’Alphée qui avait avec Marie un lien de parenté [C’est en effet une coutume de l’Écriture,( liée aussi au sémitisme), d’appeler frères, ceux qui sont liés par le sang, quel que soit le niveau de parenté]

b) Il donne aussi le but de cette exhortation, car par ces paroles, ils montrent qu’ils sont avides de vaine gloire, soupçonneux et incrédules…afin de manifester en public ce qu’il y a de glorieux au sein de leur famille.  

4- Car personne ne fait une chose en secret, lorsqu'il désire qu'elle paraisse. Si tu fais ces choses, montre-toi au monde."

Autrement dit, toi, tu accomplis des miracles, mais tu les fais en secret, et cela par crainte, car autrement tu irais à Jérusalem et tu les ferais au grand jour, devant la multitude…. Et cependant, il semble que, par crainte tu te caches…mettant en doute ses capacités à faire lui-même des miracles ! 

5- Car ses frères mêmes ne croyaient pas en lui.

Saint Jean, douloureusement, nous montre par ce verset, que, quand bien même ils soient de la parenté du Christ, le doute et l’incrédulité persistent encore. (Peut-être par envie ou par méprise)

6- Jésus leur dit : "Mon temps n'est pas encore venu ; mais votre temps à vous est toujours prêt.

Ainsi, invité à une gloire humaine, le Seigneur voulut montrer qu’il ne cherchait pas la gloire de ce temps, mais qu’Il voulait parvenir par sa Passion et son Humilité à l’élévation de la gloire céleste. Lorsque, la tristesse se changera en joie…comparativement à la gloire du monde à laquelle aspiraient profondément ses frères. 

7- Le monde ne saurait vous haïr ; moi, il me hait, parce que je rends de lui ce témoignage, que ses œuvres sont mauvaises.

Le Christ indique ici la raison de cette différence de temps. En effet, pour ceux qui appartiennent au monde, le temps de la gloire est là, parce qu’ils aiment ce que le monde aime et sont en accord avec le monde. Mais pour ceux qui cherchent la gloire spirituelle, ce temps n’est pas encore advenu ; La haine que le monde a pour le Christ est en rapport avec ce monde, Il ne manque pas de le reprendre et de mettre en évidence les mauvaises œuvres qu’ils accomplissent.

8- Montez, vous, à cette fête ; pour moi, je n'y vais point, parce que mon temps n'est pas encore venu."

Le Seigneur refuse de monter à Jérusalem, faire festivité des choses temporelles, superficielles et extérieures, alors qu’Il ne pense qu'aux fêtes spirituelles qui consistent en la joie de l’Esprit. Fêtes de la solennité éternelle, fêtes qui demeureront sans fin dans la gloire trinitaire.

Du verset 1 au verset 8 on distingue :

1. Le thème de la menace contre la vie de Jésus qui apparaît pour la première fois, et se précisera. V 7
2. La fête des tentes rappelait le séjour des hébreux dans le désert ; [SCENOPAGIE] cette fête devint pour les hébreux sédentarisés une fête d’automne liée aux vendanges les plus importantes. V 2 & 10
3. La maîtrise de Jésus sur le temps opportun : « Le moment n’est pas encore venu » montre bien que le Seigneur décide seul de l’instant de sa révélation quand l’heure sera venue. V 6 & 7 

9- Après avoir dit cela, il resta en Galilée. 

Jésus se détache donc de ses apôtres, les laissant aller à la fête traditionnelle des tentes, qui durait sept jours, afin qu’ils soient en adéquation avec la Loi de Moïse ; restant en Galilée, sachant qu’un jour sa montée à Jérusalem sera son martyr, Il met une distance entre ce jour à venir et l’instant présent qui n’est pas encore l’heure de l’accomplissement. 

10- Mais lorsque ses frères furent partis, lui-même monta aussi à la fête, non publiquement, mais en secret.

De fait, quelques jours après, afin de se différencier de ses apôtres, Jésus va lui aussi à la fête des tentes, mais subrepticement, sans chercher à se montrer, mais pour enseigner çà et là, à ceux qu’Il aurait l’opportunité d’instruire. Son but n’étant manifestement pas la festivité en soi, mais le salut de certaines âmes en quête de spiritualité. 

11- Les Juifs donc le cherchaient durant la fête, et disaient "Où est-il ?"

Saint Jean relate ici de petits traits anecdotiques qui précisent et amplifient les dissensions entre le peuple. De fait, ayant vu et reconnu les disciples de Jésus, lui étant absent, ils le cherchent, mais pour des raisons différentes expliquées par le verset suivant.

12- Et il y avait dans la foule une grande rumeur à son sujet. Les uns disaient "C'est un homme de bien ; Non, disaient les autres, il trompe le peuple."

Tous s’accordaient donc pour le chercher, tout en étant divisés par une divergence d’opinion au sujet de Jésus comme étant Christ de Dieu. Certains donc le cherchaient pour avoir son enseignement, d’autres au contraire avec des intentions mauvaises, qui se rapprochaient de celles du Sanhédrin. 

13- Cependant, personne ne s'exprimait librement sur son compte, par crainte des Juifs. 

Saint Jean, vous l’aurez compris maintenant appelle « Juifs, » ceux qu’il veut différencier de ceux qui veulent suivre l’envoyé de Dieu. Comme si, lui-même, se détachait de ce peuple comme s'il n’en faisait pas partie. Il veut nous démontrer ici que c’est l’opinion des méchants qui prévaut, hélas, toujours, et ici il s’agit des princes et des prêtres qui formaient le parti du Sanhédrin, caste qui prédominait et qui prévalait sur toutes les lois hébraïques en vigueur à l’époque. Les foules étaient malgré tout dominées par cette caste qui faisait autorité, n’ayant pas l’audace d’exprimer clairement leurs opinions et leurs pensées. 

14- On était déjà au milieu de la fête, lorsque Jésus monta au temple, et il se mit à enseigner. 

Le verset 14 nous indique que malgré ses réticences, Jésus monte aussi à la fête des tentes, mais alors que la fête et déjà bien entamée, pour bien démontrer que chaque chose doit se faire en son temps ; c’est en fait, le désir d’instruire une grande foule qui l’emporta sur sa réticence ; en arrivant ainsi lorsque la fête est bien engagée, personne ne le soupçonnera d’être un noceur, et Il arrivera par ce biais à retourner la foule en lui indiquant le juste chemin à suivre !

15- Les Juifs étonnés disaient: "Comment connaît-il les Écritures, lui qui n'a point fréquenté les écoles?"

 Dans ce verset, son enseignement provoque le plus grand étonnement, et sème la division, qui est pour, qui est contre !! Pour les Juifs, cela posait en effet question ? « Il enseigne sans être passé par les écoles rabbiniques de l’époque »!!

En effet, le peuple courant connaissait Jésus au plan terrestre comme étant le fils de Marie et de Joseph, le charpentier de Nazareth, qui n’ayant pas de gros moyens n’avait pas pu envoyer Jésus étudier dans les écoles, comme certains notables le faisaient pour leur progéniture, la préparant ainsi à entrer dans la classe dirigeante du pays. Bien entendu, la crainte du Sanhédrin prévaudra, par la domination exercée sur le peuple du fait de la connaissance des écritures 

16- Jésus leur répondit: "Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé.

Jésus montre ici l’origine de son enseignement, précisant et insistant sur le fait qu’il ne fait qu’accomplir une mission, qu’il ne parle pas en son nom propre, mais au Nom de celui qui là envoyé. Ce disant, il se fait l’écho de la parole divine, et se place ainsi en tant que verbe de Dieu. 

17- Si quelqu'un veut faire la volonté de Dieu, il saura si ma doctrine est de Dieu ou si je parle de moi-même.

Dans ce verset et les suivants la réponse de Jésus est claire ; c’est Dieu et Dieu seul qui est son Maître, et c’est de Lui seul qu’Il tient son enseignement : tout son savoir vient de Dieu et ne parle que de Dieu. Le temple sera de ce fait le lieu par excellence où la parole de vérité peut être dite et exploitée sans discrédit. Trois choses étaient essentielles pour pouvoir exercer la fonction de maître en théologie :

1) Legere = avoir la connaissance des écritures.

2) Disputare = commenter les écritures et les expliquer.

3) Prédicare = prêché la bonne parole et savoir convertir.

Jésus n’a pas besoin de cela, il ne cherche que la gloire du Père et non la sienne, car s’Il avait flatté les princes des prêtres, comme l’aurait fait tout homme avide et vaniteux, le Sanhédrin ne l’aurait pas persécuté. 

18- Celui qui parle de soi-même, cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l'a envoyé est véridique, et il n'y a point en lui d'imposture.

Dans ce verset, les paroles de Jésus sont claires et nettes. Il ne recherche pas sa propre gloire comme le ferait tout mortel en ce monde, il ne se met pas en avant, il ne se targue pas de propos démesurés pour asseoir sa propre destinée, non, il met et mettra toujours la volonté du Père en prélude de tous ses propos, par sa parole qui est celle de Dieu lui-même, il ne peut que dire l’exacte vérité, sans aucune imposture possible à y déceler, ce qui prouvera bien que le Père et lui ne font qu’un.

Les versets qui suivent de19 à 23, entament une polémique concernant Moïse, figure emblématique et intouchable de la Loi, dont l’enseignement fait autorité depuis le Sinaï et enracine la foi juive. 

19- Est-ce que Moïse ne vous a point donné la Loi? Et nul de vous n'accomplit la Loi. 

Aussi, devant leur endurcissement et pour leur prouver qu’ils fautent eux aussi allègrement et sans contrepartie, Jésus expose ici une adéquation qui va les mettre dans une situation embarrassante ! Il s’exprime ainsi : à supposer, comme vous le soutenez, que mon enseignement ne soit pas de Dieu, parce que violant le sabbat je n’observe pas la Loi, vous, vous n’avez aucune qualité pour me juger, ni m’accuser, puisque vous vous mettez dans le même délit ! Aucun de vos n’observe la Loi ! Si, donc vous n’observez pas la Loi, pourquoi cherchez-vous à me faire mourir, sous prétexte que je l’ai transgressée ! Vote haine est plus forte et plus tenace que pour le zèle de la Loi.  

20- Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir?" La foule répondit: "Vous êtes possédé du démon ; qui est-ce qui cherche à vous faire mourir?"

Jésus réitère sa question, les mettant en obligation de répondre et de se justifier, ce à quoi la foule, désordonnée, donne une réponse qui relève de l’ordre de l’agitation, insufflée préalablement par la case du Sanhédrin, qui affirme qu’i y a en lui un démon, alors que Jésus, lui-même expulse les démons ! Il y a là, vraisemblablement une mystification flagrante et soutenue.

21- . Jésus leur dit: "J'ai fait une seule œuvre, et vous voilà tous hors de vous-mêmes?

Jésus rappelle ici la guérison du paralytique au sujet duquel ils avaient tous été dans l’étonnement admiratif mais aussi fortement troublés, et qui avait par la suite soulevé l’indignation du Sanhédrin, car effectuée un jour de sabbat, non par le fait de la guérison qui par elle-même était une bonne chose pour un malheureux infirme, mais à cause du Sanhédrin qui voyait là la puissance de Dieu, ce qui allait à l’encontre de leur propre gloire ! Honneur auquel ils tenaient par-dessus tout ! De ce fait, ils poussaient le peuple à l’indignation, se couvrant de l’autorité de la Loi, dont ils disaient être les seuls à pouvoir l’expliquer.

22- Moïse vous a donné la circoncision (non qu'elle vienne de Moïse, mais des Patriarches),

Jésus relève maintenant un trait exigeant de la LOI afin de les confondre parfaitement ! La circoncision a été donnée au peuple pour la rémission de ses péchés, et Jésus représente l’action de la remise des péchés ! Il est la circoncision des cœurs par excellence ! Le peuple aurait dû voir dans ce point précis de la Loi, la notoriété du Christ.

La circoncision était un acte symbolique qui représentait un salut particulier pour ce peuple.

(Circoncire le jour du sabbat était une grave violation de la Loi, Dieu ayant ordonné que rien ne se fasse ce jour. Le Sanhédrin la pratiquait, moyennant un bon financement !)  

23- Et vous la pratiquez le jour du sabbat.

Si pour ne pas violer la loi de Moïse on circoncit, avec la bénédiction du Sanhédrin, même le jour du sabbat, comment vous indignez-vous contre moi, parce que, le jour du sabbat, j'ai guéri un homme dans tout son corps? N’a-t-il pas reçu ainsi le salut que Dieu lui a accordé par mon entremise ? 

24- Ne jugez point sur l'apparence, mais jugez selon la justice." 

Ainsi, dans le verset 24, Jésus rappellera la plus grande preuve d’amour et de justice que Dieu Lui-même professe, et le trouble sera d’autant plus grand chez le peuple, étonné de l’apparition soudaine qui se réalise sous leurs yeux, toujours incrédules, un salut auquel ils ne s’attendaient pas ou plus ! Le Messie n’avait-il pas été annoncé depuis si longtemps sans que jamais il ne se manifestât ? Que croire donc ? Et qui croire ?!!

Dans les versets 25 à 31, Saint Jean nous montre le questionnement du peuple et la division qui va naître de ce questionnement, incompréhension du fait de la méconnaissance des textes bibliques et de la ville de naissance de Jésus. 

25- Alors quelques habitants de Jérusalem dirent: "N'est-ce pas celui qu'ils cherchent à faire mourir?

Dans ce verset Saint Jean nous montre que les Juifs eux-mêmes reconnaissent que l’on veut le faire mourir.  

26- Et le voilà qui parle publiquement sans qu’on ne lui dise rien. Est-ce que vraiment, les chefs du peuple auraient reconnu qu'Il est le Christ? 

Ils restent toutefois surpris de ce que Jésus continue ouvertement sa prédication, ce qui est l’indice d’une vérité qui n’a rien à craindre, et ils se demandent si le Sanhédrin ne l’aurait pas alors reconnu comme le Messie !! La surprise et le questionnement vont de pair.

27- Celui-ci, néanmoins, nous savons d'où il est ; mais quand le Christ viendra, personne ne saura d'où il est." 

D’après le prophète Isaïe (53,8) qui disait : « Qui racontera sa génération »? Donc, leur raisonnement était que, selon les textes les plus anciens, nul ne saurait d’où il viendrait ! « Le Christ qui devait venir doit avoir une origine cachée. » Ainsi, Nul ne pouvait à l’ avance savoir d’où viendrait le Messie ! Cela restait uniquement du domaine divin !!

Mais on savait qu’il viendrait de Bethléem, car la prophétie disait aussi selon le prophète Michée (5,2) « Et toi Bethléem Ephrata, terre de Juda, de toi sortira pour moi, un chef qui doit régner sur mon peuple Israël »

Ainsi, donc, tous savaient quelle serait son origine humaine, mais tous ignoraient quelle serait son origine divine. Ainsi, des prophètes leur viennent qu’à la fois ils savent d’où il est, selon son origine humaine, et l’ignorent selon la génération divine ! Or les hébreux savaient que Jésus était natif de Nazareth, ville où il habitait avec Marie et Joseph. On peut donc dire que leur raisonnement humain était légitime

28- a) Jésus, enseignant dans le temple, dit donc à haute voix : "Vous me connaissez et vous savez d'où je suis ! b) et pourtant ce n'est pas de moi-même que je suis venu : c) mais celui qui m'a envoyé est vrai : vous ne le connaissez point.

a) Ici, Jésus interpelle la foule en les reprenant selon leur propre connaissance des écritures ! Par : « vous me connaissez, » c'est-à-dire mon visage, « et vous savez d’où je viens, » c'est-à-dire selon mon origine terrestre, car s'ils savaient de facto qu’il était né à Bethléem et qu’il avait été élevé à Nazareth, ,ils ignoraient son enfantement par la Vierge et sa conception par l’Esprit-Saint. Donc, mis à part son enfantement par la Vierge, ils connaissaient de Jésus tout ce qu’il appartient à un homme de savoir.
b) Tenant son origine du Père, autrement dit qu’il fut selon la divinité avant de venir dans le monde par l’humanité,
c) son origine fut annoncée par DIEU lui-même, qui promit de l’envoyer ‘Is 19,20’ « JE leur enverrai un sauveur et un défenseur qui les libérera, » ainsi spécifie-t-il, que ce n’est pas d’ailleurs qu’il est venu mais de celui qui l’a promis et qui a accomplis sa promesse. Jésus les reprend dans le raidissement de leur cœur, en précisant que par leur durcissement à croire, ils ne connaissent pas le Père selon la réalité véridique, que ce Père et aussi leur DIEU.  

29- Moi, je le connais, parce que je suis de lui, et c'est lui qui m'a envoyé." 

Aux versets 28 et 29, Jésus interpelle donc ces incrédules, de façon autoritaire, les mettant devant leur propre ignorance de la vraie réalité requise pendant l’exode ( 4,13) « de grâce, seigneur, envoie celui que Tu dois envoyer » mais révèle ainsi ouvertement son origine (Divine Is 19,20 ) « Je leur enverrai un Sauveur et un défenseur qui les libérera »….et sa connaissance du dessein de Dieu (son Père), car il est venu de Celui qui l’avait promis, et qui, donc, a tenu Sa promesse.

Dans ces paroles, le Christ manifeste sa science, car il possède une connaissance incontestable du Père. En effet, toute connaissance se fait par similitude, puisque rien n’est connu que dans la mesure où une similitude du connu est dans le connaissant.

Le Fils possède donc la similitude la plus parfaite du Père, puisqu’il est de la même essence par connaturalité, et la même puissance que LUI. Ainsi spécifie-t-il que la propriété de la connaissance, lui vient de la propriété de la génération. Textuellement, par cette parole, il donne à entendre que Dieu le Père est l’auteur de son incarnation. 

30- Ils cherchèrent donc à le saisir ; et personne ne mit la main sur lui, parce que son heure n'était pas encore venue. 

Le plan des Juifs, l’iniquité de leur dessein, est ici mis en pleine lumière ! En effet, comme le Seigneur leur reproche de ne pas connaître Dieu son Père, ils étaient extrêmement irrités, eux qui assuraient avoir sa connaissance. Mais leur fureur fut réfrénée et contenue d’une manière incompréhensible et invisible. Il y a un temps et un moment favorable pur chaque chose, c'est-à-dire que c’est Dieu qui règle ce qu’il faut faire et le moment où il faut le faire. L’heure dont il a parlé n’est donc pas celle à laquelle il sera contraint de mourir, mais celle où il daignera être mis à mort. 

31- Mais beaucoup, dans le peuple, crurent en lui et ils disaient : "Quand le Christ viendra, fera-t-il plus de miracles que n'en a fait celui-ci ?"

Le questionnement de la foule aux versets 30 et 31, démontre l’exactitude de leurs propos, devant la démonstration des signes qu’accomplissait Jésus, cette révélation heurtant leur incrédulité !!

32- Les Pharisiens entendirent la foule murmurant ces choses au sujet de Jésus ; alors les Princes des prêtres et les Pharisiens envoyèrent des satellites pour l'arrêter.

Le verset 32 montre clairement maintenant la volonté du Sanhédrin de faire arrêter Jésus, par des causes aussi variées qu’inutiles et inconsidérées, car la haine première du Sanhédrin venait du fait que la foule adulait le Christ à cause de son enseignement qui parlait d’amour, et non à cause de ses miracles. 

33- Jésus dit: a)"Je suis encore avec vous un peu de temps, b) puis je m'en vais à celui qui m'a envoyé.

a) Jésus montre déjà ici le terme de son chemin parmi nous. C’est comme s'il s’adressait à ses adversaires pour leur intimer d’attendre encore un peu. Jésus doit en effet accomplir pleinement sa mission, avant de céder à ses détracteurs.et de souffrir sa Passion.

b) En cela tout convient, car toute chose retourne à son principe, mais peu furent ceux qui comprirent cette parole. 

34- a) Vous me chercherez, et vous ne me trouverez point, b) et où je suis, vous ne pouvez venir." 

a) Selon cette interprétation, il faut retenir deux points : 1) la présence physique, 2) la présence spirituelle. Pour la présence physique, nul ne pourra Le voir une fois retourné vers le Père, mais pour la présence spirituelle, nombreux seront ceux qui chercheront à le connaître et à suivre son enseignement ; la multitude qui le fera sera la preuve de cette réalisation spirituelle.

b) Dans ce propos, Jésus fait allusion à ceux qui seront encore mal disposés à son égard. .En effet personne ne peut parvenir à l’héritage céleste s’il n’est héritier de Dieu. Seule la foi, fait de nous un héritier de Dieu notre Père céleste

35- Sur quoi les Juifs se dirent entre eux : "Où donc ira-t-il, que nous ne le trouverons point ? Ira-t-il vers ceux qui sont dispersés parmi les Gentils, et ira-t-il les instruire ?

Jean nous expose ici trois vérités
1) ils commencent par s’étonner de ces paroles,
2) ils émettent ensuite des conjectures,
3) enfin ils argumentent contre elles. En premier lieu, ils s’étonnent, car pour eux c’est à la présence physique qu’ils font allusion. Donc incompréhension.
En second lieu, ils émettent des conjectures, ne sachant que penser du fait que les Juifs de la diaspora tenaient les Gentils à l’écart et se rassemblaient dans les synagogues. Pour le culte au Dieu unique et l’observance de la loi de Moïse. En troisième lieu, le fait d’aller vers ceux de la diaspora laissait entendre que les Gentils pourraient eux aussi entendre cet enseignement, ce qui les contrariait malgré tout !  

36- Que signifie cette parole qu'il a dite : Vous me chercherez et vous ne me trouverez point, et où je suis, vous ne pouvez venir ?" 

Ce verset démontre que là encore Jésus se heurte à leur incompréhension. Comment comprendre que Jésus sera exalté dans la gloire de Dieu, et montera vers le Père, se substituant à leurs yeux, et que là où il se trouvera, en ce temps terrestre, nul ne pourra aller, si ce n’est LUI qui vient nous chercher au moment décidé par le Père.

Dans les versets 37 à 44, on voit encore que le discours de Jésus incite le peuple à intérioriser son enseignement, spirituellement parlant, et se confronte à la méconnaissance de sa ville natale, tout autant que de sa descendance réelle. 

37- Le dernier jour de la fête, qui en est le jour le plus solennel, Jésus, debout, dit à haute voix : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.

Jean nous donne d’abord le mode de l’invitation du Christ, ensuite il spécifie l’importance du moment, puis la position du Christ lorsqu'il convie, et l’effort qu’IL opère en nous appelant. Le mode de l’invitation interpelle les foules ; le dernier jour de la fête pour les inciter à ne pas remettre à plus tard son enseignement. Debout, pour les convertir par une exhortation plus solennelle, à haute voix, pour manifester son assurance, être entendu de tous, et montrer la grandeur de ses paroles donc de son enseignement.

Enfin, Il invite tous ceux qui le désirent à venir boire, donc à se désaltérer à sa seule source ; c’est l’état premier de ceux qui veulent vraiment servir Dieu, car Dieu n’aime pas qu’ont la serve par la contrainte ! Ainsi, se désaltérer de cette boisson qui n’est autre que spirituelle, est une réfection, pour la connaissance et l’approfondissement de la sagesse et de la vérité divine, qui nous donnera la satisfaction complète de la connaissance de Dieu.  

38- Celui qui croit en moi, de son sein, comme dit l'Écriture, couleront des fleuves d'eau vive." 

Jésus dans le verset 38 reprend ici un thème déjà controversé dans le chapitre précédent lorsqu'il interpelle les foules, leur demandant par la communion de manger sa chair et boire son sang !! Ici c’est le thème de l’eau qui est mis en évidence…qui représente la puissance de l’Esprit Saint lorsqu’IL sera pleinement en action. Le fait de boire à la source de l’Esprit Saint est l’origine d’une réfection spirituelle, dans la connaissance de la sagesse et de la vérité divine ! (Ps 35,10) Auprès de Toi est la source de la vie…

La suite du chapitre nous montre la controverse qui naît au cœur même du Sanhédrin, et la division qui mènera les uns à la défense de Jésus, les autres, plus nombreux, à sa perte et à sa mort. Ils pensaient vraiment que Jésus était Galiléen, parce que Jésus avait longtemps vécu en Galilée, alors qu’il venait de Judée. 

39- a) il disait cela de l'Esprit que devaient recevoir, ceux qui croient en lui ; b) car l'Esprit n'était pas encore donné, c) parce que Jésus n'avait pas encore été glorifié.

a).Jésus fait ici allusion à la venue de l’Esprit Saint vers ceux qui adhéreront à son évangile.

b).Mais les Apôtres possédèrent l’Esprit Saint avant la résurrection, même pour ce qui est des prophéties et des miracles. C’est l’abondance des dons comme signes visibles, qui leur sera donnée après la résurrection et l’ascension du Seigneur et qui se manifesta sur les Apôtres sous la forme de langues de feu. (Ac 2,3)

c) Autrement dit : Le Christ n’était pas encore ressuscité des morts, et n’était pas monté aux cieux. Cette gloire est la cause justifiée de ce qu’il a voulu être glorifié par le Père avant de nous donner l’Esprit Saint pour élever nos cœurs de l’amour du monde à une résurrection spirituelle et pour nous faire aller totalement à Dieu.  

40- Parmi la foule, quelques-uns, qui avaient entendu ces paroles, disaient : "C'est vraiment le prophète."

Dans les versets 40 à 43, nous voyons la diversion qui s’opère entre les protagonistes, d’un côté ceux qui commencent à croire en Jésus, et de l’autre les récalcitrants, ceux qui cherchaient encore des subterfuges pour se donner bonne conscience. Les croyants qui le disaient prophète le faisaient surtout par antonomase de celui dont Moïse avait parlé par avance (Dt 18,15) 

41- D'autres : "C'est le Christ." "Mais, disaient les autres, est-ce de la Galilée que doit venir le Christ ? 

Certains donc demeurant dans l’aridité de leur incroyance s’appuyaient sur le fait que les prophètes n’avaient pas dit que le Christ viendrait de Galilée et croyaient que Jésus était né a Nazareth, ignorant que de fait Jésus était né à Bethléem en Judée. Néanmoins, une prophétie d’Isaïe, (Is 11,1) avait annoncé que le grand prophète viendrait de Nazareth, et je cite : le Nazaréen montera de la racine de Jessé, ce qui montre bien que nombreux étaient ceux qui ne connaissaient pas parfaitement les écritures. 

42- L'Écriture ne dit-elle pas que c'est de la race de David, et du bourg de Bethléem, où était David, que le Christ doit venir ?" 

C’est le prophète Jérémie qui annonce que Jésus doit venir de la race de David ; (Jr.23,5) «Je susciterai à David un germe». Et il était dit de David, (2 S 23, 1) «Parole de l’homme établi pour être le Christ de Dieu ». Et de ce que le Christ viendrait de Bethléem, (Mi.5,2) Et toi, Bethléem, terre de Juda, de toi sortira pour moi, celui qui doit être le dominateur d’Israël.

43- C'est ainsi que le peuple était partagé à son sujet. 

Nous voyons encore ici qu’il arrive fréquemment que le trouble et la dissension soient causés dans les cœurs des méchants par la manifestation de la vérité. 

44-  Quelques-uns voulaient l'arrêter ; mais personne ne mit la main sur lui. 

La tentative de certains, à cause de leur inimitié, était de se saisir de Lui pour Le remettre aux Sanhédrin et Le faire condamner à mort, alors que ceux qui avaient la foi, voulaient se saisir du Christ pour jouir de sa présence ; mais ni les uns ni les autres ne le purent car Jésus restait maître de son sort, ce qui était en son pouvoir.

45- Les satellites étant donc revenus vers les Pontifes et les Pharisiens, ceux-ci leur dirent : "Pourquoi ne l'avez-vous pas amené ?" 

Le reproche que font les grands princes et les chefs des prêtres aux hommes de main, montre leur mécontentement. Ils étaient tellement mauvais que les serviteurs ne pouvaient les satisfaire sans porter préjudice au Christ.

46- Les satellites répondirent : " Jamais homme n'a parlé comme cet homme."

Il faut voir ici le témoignage qu’ils portent à Jésus. Ils se rendent ainsi dignes de louanges, d’abord à cause de leur admiration vis-à-vis de son enseignement, ce qui les rend plus proches de la vérité, ensuite pour la qualité de leur conversion, parce que quelques paroles de Jésus suffisent à les attacher à son amour des hommes, puis par l’assurance de leurs esprits, car contre les Pharisiens qui luttaient contre le Christ, ils lui rendirent ce témoignage.

47- Les Pharisiens leur répliquèrent : "Vous aussi, vous êtes-vous laissé séduire?

Ici encore se révèle la détestable perfidie des Pharisiens, essayant de dissuader leurs serviteurs de suivre Jésus, en leur reprochant de façon arrogante de s’être réjouis d’avoir entendu le Christ et de s’être laissés séduire, rejetant le mal de l’incroyance et le fait qu’ils aient été conduits à la vérité de la foi. 

48- Y a-t-il quelqu'un parmi les Princes du peuple qui ait cru en lui ? Y en a-t-il parmi les Pharisiens ? 

Les membres du sanhédrin exposent ici leurs griefs contre Jésus, prétextant de leur autorité et de leur connaissance de la religion. Ils se servent de ces deux arguments pour expliquer leur refus d’admettre les faits et gestes de Jésus, ainsi que ses paroles, puisqu’aucun des prêtres ni des grands princes ne l'accueillit, tout comme les pharisiens qui se targuaient de la connaissance parfaite de la religion.

49- Mais cette populace qui ne connaît pas la Loi, ce sont des maudits."

Ils poussent la perfidie jusqu’à repousser le témoignage de la foule, qui par son adhésion au Christ les confond dans leur jugement. Les maudire étaient pour eux un signe de veulerie, prétextant que ceux qui étaient à leur service ne devaient pas tenir la même position que la foule.

50- Nicodème, l'un d'eux, celui qui était venu de nuit à Jésus, leur dit :

Nicodème par son approche rend leurs témoignages caducs, démontrant la perfidie du Sanhédrin, qui avait attesté au verset 48, qu’aucun des membres de cette caste n’avait cru en lui. Or, bien qu’encore imparfait dans sa foi, il s’élève contre ses pairs.

51- "Notre loi condamne-t-elle un homme sans qu'on l'ait d'abord entendu, et sans qu'on sache ce qu'il a fait ?"

Nicodème les rappelle à l'ordre. Selon la loi civile une enquête diligente doit précéder une sentence, ensuite il rappelle la loi de Moïse (Ex. 23,7) Tu ne condamneras pas l’innocent et le juste, parce que j’abhorre l’impie. De fait, il espérait que si les membres du Sanhédrin acceptaient d’écouter Jésus, ils seraient eux aussi convertis par l’efficacité de ses paroles. 

52- Ils lui répondirent : "Toi aussi es-tu Galiléen ? Examine avec soin les Écritures, et tu verras qu'il ne sort point de prophète de la Galilée."

Ils décrétaient que Jésus était galiléen, parce qu’il avait vécu en Galilée, et que tous ceux qui reconnaissaient le Christ, étaient appelés de ce diminutif, considéré comme une injure. Mais bien qu’il ne soit pas dit dans l’Ancien Testament que le prophète surgirait de Galilée, on peut lire cependant que de là sortirait le Seigneur des prophètes ( Is 11,1) Il naîtra une fleur de la racine de Jessé, donc un Nazaréen, et l’Esprit du Seigneur reposera sur lui.

 53- Et ils s'en retournèrent chacun dans sa maison.

L’aboutissement de leurs divergences restant infructueux, chacun s’en retourna chez soi. Nicodème peiné par l’infécondité de sa démarche, et les autres, vides de conviction, frustrés des propos de Nicodème, demeurèrent dans l’impiété du refus de leur foi. 



Vers le chapitre 8

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