La Très Sainte Trinité



Chapitre 5

Saint Marc

Communément accepté par les Pères de l'Église, découvrir ou redécouvrir le premier Evangile écrit par St Marc, d’après son écoute pendant la prédication de St Pierre à la communauté ecclésiale naissante de Rome.

Saint Matthieu

Ce collecteur d’impôts à Capharnaüm est celui qui met le plus en valeur par ses écrits la continuité entre l’Ancienne et la Nouvelle Alliance, afin de démontrer que Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël.  

Saint Luc

Sous la plume de ce médecin lettré, compagnon de ST Paul, la Bonne Nouvelle annoncée chante un véritable cantique de grâce et d’amour, avec joie et optimisme, nous rapportant les détails de la Sainte Famille, depuis l’Annonciation, la naissance et l’enfance de Jésus.

Saint Jean

Intime du Christ, ses écrits sont un éblouissant témoignage de la vie du Messie, de sa transfiguration, des miracles accomplis, de l’agonie, de la mort de Jésus en croix, de sa mise au tombeau et de sa résurrection au matin de Pâques.

L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ?
Comment se manifeste t-il ?
Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Jésus

Spontanément, lorsque vous pensez à Jésus ou quand vous parlez de Lui, comment l’appelez-vous ?
Jésus, Christ, Seigneur, Dieu, …ou autrement !

Chapitre 5

La très sainte Trinité

la sainte trinité

À l’expérience chrétienne de la Trinité a précédé la réflexion savante. Pères de l’Église, exégètes, docteurs, biblistes et bien d’autres encore, croyants ou même incroyants, qui se sont livrés à ce difficile exercice. Mais d’hérésies en approximations, ni la théologie ni la philosophie n’ont à ce jour livré le dernier mot de ce que l’on qualifie comme MYSTÈRE. Ce simple mot, mystère, que nous employons, nous les humains, car nous n’avons pas dans notre vocabulaire de similaire pour expliquer l’inexplicable, permet de placer en son sein tous ces dons que nous ne savons où pouvons expliquer, du fait de notre incapacité ou de notre ignorance. Il faut admettre que cela finalement est bien commode et permet ainsi une esquive facile, qui peut s’approprier à toutes nos impossibles explications que nous intitulons de rationnelles, et qui de fait deviennent irrationnelles.
Parce qu’elle touche à la nature même de l’Éternel notre Dieu, la Très sainte Trinité résiste à être expliquée.
L’expérience d’un Dieu Père, Fils et Esprit est de l’ordre uniquement de la foi. La jeune Église, pour rendre compte de ce qu’elle vit, ne se soucie pas en tout premier lieu de définir des concepts et d’opérer des classements, dont toutefois elle est incapable. Elle ressemble à un voyageur qui, pour la première fois, arrive au bord de la mer. Celui-ci, devant l’ébahissement de son étendue, ne pourra pas tout dire de ce phénomène qui se présente à lui. Il en décrira ses sensations, ses sentiments, cherchera par des images ou des comparaisons, qui auront pour but d’exprimer, même très maladroitement, l’immensité et la grandeur de l’infini qui s’offre à lui. Il exprimera aussi des questionnements logiques comme : jusqu’où va-t-elle ? Depuis quand est-elle là ? A-t-elle une fin ? Comment s’est-elle composée ?
Si Dieu lui-même a fait la grâce de se révéler aux humains, il se révèle comme l’inexprimable et comme l’inexplicable. C’est ce que souligne le mot de saint Augustin : « Si tu le comprenais, ce ne serait pas L'Éternel notre Dieu. » (Sermon n° 52) Les mots forgés, ceux du langage humain, n’exprimeront donc jamais le tout des réalités que nous vivons ou que nous rencontrons sur nos chemins d’humanité. Mais, ils s’en approchent. Ils se veulent et ils se doivent d’être le plus exacts que possible. C’est pour cela que depuis les origines, l’Église n’a jamais cessé ni renoncé à rechercher l’intelligence de ce mystère dont elle représente son ensemble, son unité dans sa diversité. (Dure labeur en perspective.) 

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Il serait bon aussi de faire un point sur les diverses stratégies employées pour nous parler savamment de ce mystère trinitaire. Différencier la vérité de l’erreur ne sera pas sans embûche ni obstacle, déjà maintes fois rencontrés. Prenant le relais des évangélistes, comme à tâtons, les Pères de l’Église, nos pères dans la foi, ont cherché, scruté, tentant de traduire le contenu des Écritures avec les mots de la culture grecque dominante alors. Dans un contexte de recherches religieuses intenses, de multiples interprétations ont alors été avancées. Certaines ont été la base des formulations ultérieures des conciles, d’autres ont sombré dans l’hérésie. Il est particulièrement intéressant de rappeler ce débat.
En effet, sous une forme ou sous une autre, les interrogations sur la nature du Christ sont de toujours. Ici ou là, elles réapparaissent dans nos façons de parler. Ceci montre à l’évidence que les formulations dogmatiques, si elles préservent et assurent la rectitude d’une parole de Dieu, ne peuvent rationnellement expliquer son mystère. Dès le 2em siècle, les penseurs chrétiens sont partagés. Pour certains, Jésus est un homme élevé à la dignité de Dieu, adopté par LUI. La majorité, au contraire, estime que le « Seigneur Jésus » est devenu chair alors qu’il était d’abord Esprit. (§ Seconde épître de Clément IX, 5).
Simultanément, des penseurs appartenant à la gnose (mot qui signifie connaissance) avancent que Dieu, qui est tout amour, ne peut rester dans sa solitude, car il n’y a pas d’amour sans objet aimé. (Ce raisonnement en soi peut se comprendre. Nous avons tous fait l’objet, à un moment ou à un autre dans notre vie, de cette confrontation de l’amour qui se donne ou qui se prend. Pour ce faire, il faut au moins être deux. Les enfants ensuite viennent parfaire cette relation d’amour qui s’élargit de façon automatique dans l’unité familiale).

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Dans cette réflexion, un certain rôle revient à certains Pères appelés Apologistes, qui rapprochent le Verbe de Dieu (logos en grec) de la figure biblique de la Sagesse. ($) Mais, butant sur la question de savoir si la Sagesse a été créée ou non, ils en viennent à donner un commencement dans le temps au Christ, ce qui contredit les affirmations évangéliques. Ici, je donne l’explication biblique de la Sagesse ($).
(« Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours. Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée… Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée. Quand il établissait les cieux, j’étais là, car il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme, car il imposait à la mer ses limites…, et il établissait les fondements de la terre. Moi, je grandissais à ses côtés. Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes ».
Comprenons donc que la Sagesse était donc une personne divine avec Dieu, elle était de même nature tout en étant distincte de Lui. De là, j’en déduis personnellement qu'il s'agit de ce que nous appellerons plus tard l'Esprit Saint. Ils revêtent tous deux les mêmes caractéristiques, sous deux appellations différentes.) 

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Les acquis de ces pères apologistes sont remis en cause dès le début du 3em siècle par le courant appelé « modaliste », dont un certain Sabellius est un représentant notable, car selon ses tenants, Dieu a plusieurs modes d’être, se manifestant sous des visages successifs en fonction des situations qui se présentent. Il serait d'abord le Père, en tant que créateur et législateur, puis le Fils, de sa naissance jusqu'à sa mort sur la croix. Enfin, pour finir, il est aussi et parallèlement l’Esprit qui unit et sanctifie l’Église. (À ce stade de la réflexion, on peut tout penser et imaginer sans complexe.) Heureusement, cette réflexion un peu scabreuse se heurta à de nombreuses critiques, qui expliquent notamment plusieurs passages évangéliques où Jésus dialogue avec son Père, indiquant ainsi un rapprochement tout à fait différent de celui des modalistes, ce qui conduit à la condamnation de Sabellius en tant qu'hérétique.
 Voici un magnifique poème tiré des « Poèmes dogmatiques XXXI », cité par le pape Jean-Paul II dans la bulle d’induction au jubilé. Grégoire de Nazianze exprime sa louange à la Trinité de Dieu par un chant. « Gloire à Dieu le Père et au Fils Rois de l’univers, gloire à l’Esprit digne de louange et totalement saint. La Trinité est un seul Dieu qui créa et remplit toutes choses, le ciel d’êtres célestes, la terre d’êtres terrestres. Il remplit la mer, les fleuves et les fontaines d’êtres aquatiques, signifiant ainsi toutes choses par son Esprit, afin que toutes les créatures chantent louange à leur créateur, qui est l'unique cause de la vie et de la durée. Plus que tout autre, que la créature raisonnable le célèbre sans cesse comme le grand ROI et le PÈRE rempli de bonté. » Reconnaissons que pour l’époque et leurs connaissances cosmiques, ce poème reflète bien le vouloir et la volonté suprême de manifester Dieu créateur et trinitaire comme mystère insondable s’il en est, mais d’une puissance manifeste et inégalée dans la mise en œuvre de son action, quelle que soit la logique d’exécution, car à Dieu toutes choses sont non seulement possibles, mais réalisables au-delà de tout.

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Par une formule tardive, le modalisme a été combattu de 160 à 225 de notre ère, rappelant que le Fils procède du Père et envoie à son tour son Esprit. Il y a donc en Dieu une organisation, désignée en théologie par le terme « Économie divine ». C’est, selon le terme, d’une certaine façon, d’une pluralité en Dieu. Mais, simultanément, Tertullien affirme l’unité de substance divine, c’est-à-dire de la matière constitutive de Dieu. Il souligne cette unité en employant le mot « Tri-Unitas », soit Trinité, dont c’est le premier usage théologique. Cette expression n’est évidemment ni un « logo » au sens moderne du mot, ni une équation mathématique, mais une tentative audacieuse certes, pour synthétiser UNITÉ et TRIADE.
Pour désigner chaque membre de cette Trinité, Tertullien emploie le mot de « Personne divine ». En latin, ce mot, traduit du grec « hypostase », évoque curieusement le masque d’un acteur. Pourtant, on se trompe en n’y voyant qu’un mode d’être, comme le soutenait Sabellius. Son sens est plus fort que ce qu’il exprime. Le qualificatif personnel, mieux rendu par le terme grec, s’approche davantage de la réalité. Mais il ne faudrait pas le comprendre au sens actuel d’un sujet totalement autonome.
Sur le plan politique, le nouvel empereur Théodose demande à Grégoire de Nazianze de convoquer un concile à Constantinople, en 381. Le Credo de Nicée est repris dans son intégralité, et on y ajoute une affirmation sur le Saint-Esprit, concernant la substantialité qui le lie au Père et au Fils. Le Credo actuel ressort de l’ensemble de ces réflexions liées à ce second concile. Comme l’a écrit Grégoire de Nazianze, l’un des pères de ce concile, les trois personnes divines ne se distinguent ni par le temps, ni par le lieu, ni par la manière d’être, ni par l’action, ni par aucune des passions qu’elles semblent avoir à l’égard des hommes.
Elles diffèrent seulement par le fait que le Père est PÈRE, que le FILS est FILS et non PÈRE, et que l’Esprit Saint n’est ni le PÈRE ni le FILS, mais constitue une troisième personne de la Trinité. (De communibus notionibus). Des siècles durant, il a donc fallu chercher, dans l’intelligence de la foi, la cohérence entre quatre vérités indissociables. Le FILS est fils depuis toujours. De fait, il est donc Dieu. Éternellement, l’Esprit est suscité par le Fils en communion avec le Père. La divinité de l’ESPRIT est alors affirmée. Quatre vérités, toutes également importantes dans la hiérarchie des vérités, constituent ensemble l’Éternelle béatitude des élus de Dieu, selon la belle expression du dictionnaire Catholicisme (§ Trinité).

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Afin de mieux comprendre le débat, parfois même souvent houleux, sur l’interprétation trinitaire, je vous transmets ici ce que fut la querelle sur le « Filioque » qui définit le Fils comme égal du Père vu qu’il est issu du Père pour accomplir la mission de sauvetage de l’humanité. Cette querelle du Filioque est une divergence théologiquement mineure mais d’un poids politique énorme. Depuis la chute de l’Empire romain d’Occident en 476, le fossé entre les deux Églises d’Orient et d’Occident ne cessa de se creuser, favorisé par l’éloignement politique des deux parties maintenant scindées de l’ancien empire.
Charlemagne, qui prétend à la couronne d’empereur d’Occident, ne contribue pas à la réduire, bien au contraire, tout ce qui court à la division fait son jeu politique. Il faut ajouter un mot au credo des Églises latines, le « Filioque », qui se traduit « et par le Fils », ou l’autre injonction qui dit encore : « Il procède du Père et du Fils ». Cet ajout se fonde sur une certaine compréhension de la Trinité. La tradition occidentale exprime plutôt la communion consubstantielle du Père et du Fils, en disant que l’Esprit procède de l'un et de l'autre (Nouveau catéchisme de l'Église catholique romaine § 248).
Mais, les Orientaux crient à l’hérésie. Pour eux, au contraire, il faut comprendre que l’Esprit procède du Père comme une origine première. Pendant les deux siècles qui suivirent, l’affaire connut de nouveaux rebondissements. Le fossé cette fois-ci devint plus culturel. Pour les Byzantins, les Latins sont des rustres et des grossiers. Pour les Latins, les Grecs (Byzantins) sont des dégénérés et des coupeurs de cheveux en quatre. On voit ici que la lutte d’interprétation qui prêta à confusion divisa fortement les deux Églises sans pouvoir trouver un chemin de réconciliation, chacun voulant rester sur sa position, ce qui, en 1054, par la situation tellement tendue entre les deux parties inconciliables, fit que le pape envoya son légat à Constantinople, ce qui entraîna l’excommunication réciproque des deux parties. (Le débat, ainsi, resta fort clos.)

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Aujourd’hui, qu'en est-il du « Filioque » ! Les théologiens des deux confessions (finalement) reconnaissent que les deux expressions ne sont que deux façons de parler d’une même et identique chose, et que ce n’était que l’interprétation de l’expression en soi qui portait à confusion. Le 29 juin 1995, le pape Jean-Paul II exprime le désir que soit clarifiée une fois pour toutes la doctrine du « Filioque » pour la mettre en harmonie avec le « Symbole de Constantinople ». Le 13 septembre, une note du Saint-Siège reconnaît la « valeur du symbole professé en grec à Constantinople, en 381 », et ajoute : « Aucune profession de foi propre à une tradition liturgique particulière ne peut contredire cette expression de la foi enseignée par l’Église indivise. » Ce qui mit irrévocablement un point final à cette interminable, difficile et inutile querelle qui opposa longtemps la réconciliation entre l’Église d’Occident et l’Église d’Orient.
Malheureusement, la conclusion trouvée pour ce point de divergence ne s'applique pas encore aux hérésies passées, présentes et futures. Il s’agit des hérésies dites trinitaires. Elles résultent du désir d'interpréter le mystère des Trois Personnes divines de manières variées
Poussés toujours par la volonté de tout expliquer, les différents théologiens d’hier et d’aujourd’hui (notamment dans les églises dissidentes) dissèquent les rapports entre les trois personnes qui composent la Trinité, et veulent réduire DIEU à l’une d’elles uniquement. Ces déviations n’ont hélas pas disparu au cours de l’histoire.
Elles réapparaissent dans certains courants religieux et même, souvent à leur insu, dans le vocabulaire des croyants, ce qui porte de nos jours encore à confusion. Ces hérésies nous aident à comprendre qu’il ait fallu se battre pour la conception de la TRINITÉ (humainement parlant cela va de soi). Loin d’être une querelle de mots, la fixation du dogme fut et est le seul moyen de sauvegarder le contenu de l’Évangile.

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Voici, schématiquement représentées, les principales déviations de l’histoire.
a) Si les trois personnes se réduisent à une seule : le Père et le Fils ne sont que des modes de manifestation et de représentation du Dieu unique : cela remonte au modalisme de Sabellius, entre le 3em et le 4em siècle.
b) Si les trois personnes sont indépendantes : le Père, le Fils et l’Esprit sont trois dieux. Ce qu’on nomme « unité de Dieu » n’est plus alors qu’un concept générique des trois personnes divines : Cela remonte au trithéisme du 3em siècle, repris au 12em siècle.
c) Si l’une des trois personnes est supérieure aux deux autres, deux configurations sont alors possibles :
1) Soit le Père est supérieur au Fils et à l’Esprit qui lui sont alors subordonnés : cela ressort de l’arianisme du 4em siècle.
2) Soit seul le Père est Dieu ; il adopte alors un homme « Jésus » et en fait son Fils : cela ressort de l’adoptianisme au 8em, puis au 12em siècle.
À la rectitude de ces hérésies, l’Église universelle catholique romaine a toujours maintenu ensemble trois affirmations de foi inconditionnelles.
1) Dieu est unique (monothéisme).
2) Le Père, le Fils et l'Esprit sont les trois personnes de la Trinité.
3) Le Père, le Fils et l’Esprit ont un rang égal dans la Trinité.
Refuser de croire à l’une des trois, suivant le point de vue où l’on se place, conduit à sortir du christianisme. Ainsi :
a) la négation du monothéisme conduit au trithéisme, ce qui équivaut à dire qu’il y a trois dieux.
b) la négation des trois personnes conduit au modalisme du fait qu’il n’y a plus de différence en Dieu.
c) la négation de leur égalité conduit au subordinationisme, qui relève de l’arianisme et de l’adoptianisme, où certaines personnes sont ravalées au rang de sous-dieux. 

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Selon les divers schémas présentés, on peut observer que les différentes hérésies, quel que soit le siècle, ont engendré des dissensions au sein de l’Église, la fragilisant et la secouant brutalement de l’intérieur. Cela a conduit « les pères » de l’Église à combattre ces hérésies afin de garantir que le dogme prime sur toutes les discussions possibles, et ce, à travers toutes les époques, y compris de nos jours.
Ne méprisons pas l’indigence du vocabulaire, qui pourrait apparaître ici comme un débat purement académique entre linguistes en mal de purisme verbal. Le mystère de Dieu s’exprime par des tensions entre des réalités opposées que l’esprit humain peine à tenir ensemble. Il est crucial de les définir au mieux. Surtout que l’enjeu est de taille.
C’est l’objet et le sujet de notre existence envers l’auteur de notre salut, de notre vie en Lui et par Lui. À travers les recherches, en effet, les Pères de l’Église annoncent des vérités essentielles pour la foi.
UN, de l’humanité appartient à la TRINITÉ, et le salut apporté par Dieu est le visage de l’Amour puisqu’en Dieu lui-même il est déjà à l’œuvre. Rappelons pour conclure ce mot de St Augustin :
« Que reste-t-il donc en définitive, sinon de reconnaître dans l’indigence du langage humain l’origine du vocabulaire : pourquoi trois personnes ? (…)
Alors ne parlons pas de trois dieux, ni de trois essences. N’est-ce pas parce que nous voulons avoir un mot qui exprime en quel sens il faut voir la Trinité ? Ne pas rester absolument sans rien dire quand on nous demande : ‘’Trois quoi ?’’ puisqu’il y a ‘’trois'', de notre propre aveu ? (…) La transcendance de la divinité déborde les ressources du vocabulaire usuel… » (De Trinitate 7,4-6)
Ce sont les aspirations de la foi qui imposent de rechercher des mots les plus appropriés pour essayer d’expliquer ce qui est et reste inexplicable. Pourquoi alors cette aspiration de la foi ne se retrouve-t-elle pas dans sa proclamation, dans la prière, dans notre action de grâce en ces termes-ci : « UN seul Dieu et Père de qui sont toutes choses » ? UN Seigneur Jésus-Christ par qui sont toutes choses. UN Esprit Saint en qui sont toutes choses. »
Ou encore, en nous glissant subrepticement parmi les catéchumènes qu’allait baptiser Grégoire de Nazianze, nous pourrions dire : « Je n’ai pas commencé de penser à l’Unité que la Trinité me baigne de toute sa splendeur, et je n’ai pas commencé de penser à la Trinité que l’Unité me ressaisit. » 

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Comme quoi toute figuration demeure envisageable tout en ne pouvant l’être pour définir l’indéfinissable avec notre propre vocabulaire qui, malgré l’étendue de sa complexité et de sa diversité, reste encore de fait, aujourd’hui encore, pauvre en expression pour dire ou mentionner la divinité de notre salut, et pire encore pour essayer vainement d’expliquer le mystère inexplicable de la dimension trinitaire de l’Éternel YHWH.
Pour terminer ce chapitre, dans la Bible le mot « Trinité » n'y figure pas, cependant la réalité y est souvent évoquée. Un des principaux textes auxquels on fait référence, reconnu comme tel par l’Église, est l’hospitalité d’Abraham en Gn 18, 1-33. Ce texte essentiel parmi tous est celui de la rencontre autour du chêne de Membré. Les Pères ont en effet très tôt vu dans les Trois Envoyés une préfiguration de la Trinité. Le passage du pluriel au singulier, de la mention des « Trois Personnes » à celle de YHWH (prononcer « Yahvé ») a eu un poids considérable dans cette interprétation.
Il y a de nombreux endroits bibliques qui font allusion à l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit. La liste est interminable pour être énumérée ici. Mais, voici cinq exemples concrets dans le Nouveau Testament :
1) Le baptême de Jésus (Mc 1,9-11 ; Mt 3,13-17 ; Lc 3,21-22) : le texte révélateur de la Trinité y est en effet présent.
2) L’Annonciation (Lc 1,26-38). Le passage de ce moment est aussi essentiel : l’Esprit annonce que l’enfant qui va naître de Marie est le Fils du Père.
3) Jésus promet l’Esprit (Jn 14, 25-26 ; 16, 7). Lors de sa vie publique, Jésus (le Messie) n’a pas cessé de promettre l’arrivée de l’Esprit, qui serait envoyé de Dieu son Père.
4) L’unité du Père et du Fils (Jn 14 ; 16, 13-15, 26-33 ; 17). Au cours des enseignements qu’il donne à ses disciples et des prières qu’il fait à son Père, Jésus (le Messie) exprime sa relation parfaite entre le Père et le Fils, c’est-à-dire entre Dieu et Lui. Cette relation est en union avec l’Esprit toujours présent dans les moments cruciaux de sa mission.
5) Deux formules explicites (Mt 28,19 ; 2 Cor 13,13). Deux formules trinitaires qui sont particulièrement explicites : chez Matthieu, lors de l’envoi aux nations, et chez Paul, en conclusion d’une lettre.
Ceci termine l’exposé du chapitre cinq.

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