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Evangiles selon Saint Jean , Saint Matthieu,
Saint Luc et Saint Marc


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Saint JEAN, Saint MATTHIEU, Saint LUC et Saint MARC
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L'Esprit Saint

Qu'est ce que l'Esprit Saint ? Comment l'expliquer ? Comment se manifeste t-il ? Essayons ensemble d'y voir plus clair.

Évangile de Jésus,
le Christ de Dieu
selon Saint-Jean

Chapitre 6

1- Jésus s'en alla ensuite de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade.
2- Et une foule nombreuse le suivait, parce qu'elle voyait les miracles qu'il opérait sur ceux qui étaient malades.
3- Jésus monta sur la montagne, et là, il s'assit avec ses disciples.
4- Or la Pâque, la fête des Juifs était proche.
5- Jésus donc ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, dit à Philippe: "Où achèterons-nous du pain pour que ces gens aient à manger?"
6- Il disait cela pour l'éprouver, car lui, il savait ce qu'il devait faire.
7- Philippe lui répondit: "Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un morceau."
8- Un de ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, lui dit:
9- "Il y a ici un jeune homme qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?"
10- Jésus dit: «Faites-les asseoir." Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille.
11- Jésus prit les pains, et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis; il leur donna de même des deux poissons, autant qu'ils en voulurent.
12- Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: "Recueillez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde."
13- Ils les recueillirent, et remplirent douze corbeilles des morceaux qui étaient restés des cinq pains d'orge, après qu'ils eurent mangé.
14- Ces hommes ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: "Celui-ci est vraiment le Prophète qui doit venir dans le monde."
15- Sachant donc qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, Jésus se retira de nouveau, seul, sur la montagne.
16- Le soir venu, les disciples descendirent au bord de la mer;
17- Et étant montés dans une barque, ils traversaient la mer dans la direction de Capharnaüm. Il faisait déjà nuit, et Jésus ne les avait pas encore rejoints.
18- Cependant la mer soulevée par un grand vent, était agitée.
19- Quand ils eurent ramé environ vingt-cinq à trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque, et ils eurent peur.
20- Mais il leur dit: "C'est moi, ne craignez point."
21- Ils voulurent donc le prendre dans la barque, et aussitôt, la barque se trouva au lieu où ils allaient.
22- Le jour suivant, la foule qui était restée de l'autre côté de la mer, avait remarqué qu'il n'y avait là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était point entré avec ses disciples, mais que ceux-ci étaient partis seuls.
23- D'autres barques, cependant, étaient arrivées de Tibériade près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâces, leur avait donné à manger.
24- La foule donc, ayant vu que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, entra dans ces barques et se rendit à Capharnaüm pour chercher Jésus.
25- Et l'ayant trouvé de l'autre côté de la mer ils lui dirent: " Maître, quand êtes-vous venu ici?"
26- Jésus leur repartit et leur dit: " En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.
27- Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera. Car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué d'un sceau."
28- Ils lui dirent: "Que devons-nous faire, pour faire les oeuvres de Dieu?"
29- Jésus leur répondit: "Voici l'oeuvre que Dieu demande, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé."
30- Ils lui dirent: "Quel miracle faites-vous donc afin que nous le voyions et que nous croyions en vous? Quelles sont vos oeuvres?
31- Nos pères ont mangé la manne dans le désert, ainsi qu'il est écrit: Il leur a donné à manger le pain du ciel."                   
32- Jésus leur répondit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel; c'est mon Père qui donne le vrai pain du ciel.
33- Car le pain de Dieu, c'est le pain qui descend du ciel et qui donne la vie au monde."
34- Ils lui dirent donc: "Seigneur, donnez-nous toujours de ce pain."
35- Jésus leur répondit: "Je suis le pain de vie: celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.
36- Mais je vous l'ai dit, vous m'avez vu et vous ne croyez point.
37- Tout ce le Père me donne viendra à moi, et celui qui vient à moi, je ne jetterai point dehors.
38- Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.
39- Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.
40- Car c'est la volonté de mon Père qui m'a envoyé, que quiconque voit le Fils et croie en lui, ait la vie éternelle; et moi je le ressusciterai au dernier jour."
41- Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit: "Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel."
42- Et ils disaient: "N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère? Comment dit-il: Je suis descendu du ciel?"
43- Jésus leur répondit: "Ne murmurez point entre vous.
44- Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; et moi je le ressusciterai au dernier jour.
45- Il est écrit dans les Prophètes: Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi.
46- Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu; celui-là a vu le Père.
47- En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle.
48- Je suis le pain de vie.
49- Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.
50- Voici le pain descendu du ciel, afin qu'on en mange et qu'on ne meure point.
51- Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde."
52- Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: "Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger?"
53- Jésus leur dit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes.
54- Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55- Car ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang est vraiment un breuvage.
56-  Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui.
57- Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi.
58- C'est là le pain qui est descendu du ciel: il n'en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts; celui qui mange de ce pain vivra éternellement."
59- Jésus dit ces choses, enseignant dans la synagogue à Capharnaüm.
60- Beaucoup de ses disciples l'ayant entendu dirent: "Cette parole est dure, et qui peut l'écouter?"
61- Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: "Cela vous scandalise?
62- Et quand vous verrez le Fils de l'Homme monter où il était auparavant?...  
63- C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.                    
64- Mais il y en a parmi vous quelques-uns qui ne croient point." Car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le trahirait.  
65- Et il ajouta: "C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par mon Père."  
66- Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui.
67- Jésus donc dit aux Douze: "Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?"
68- Simon-Pierre lui répondit: "Seigneur, à qui irions-nous? Vous avez les paroles de la vie éternelle.
69- Et nous, nous avons cru et nous avons connu que vous êtes le Saint de Dieu."
70- Jésus leur répondit: "N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze? Et l'un de vous est un démon."
71- Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c'était lui qui devait le trahir, lui, l'un des Douze.

Dans ce chapitre, nous analyserons trois étapes sur le parcours initiatique de Jésus pour ses Apôtres ;
1) la multiplication des pains sur la montagne 6,1-15;
2) La marche sur les eaux sur le lac de Tibériade, 6,16-21 ;
3) Le discours de Jésus à Capharnaüm, face à ses détracteurs, révélation contre incroyance 6,22-71.
Une fois exposé l'enseignement sur la vie spirituelle par laquelle le Christ vivifie ceux qui ont été régénérés , St Jean ensuite traite de la nourriture par laquelle le Christ jésus soutient ceux qu'Il à vivifiés ; il regarde d'abord la production d’une nourriture corporelle miraculeuse par le Christ , puis il traite de la nourriture spirituelle.
Une clarification importante va s'opérer sur la personne de Jésus, car son identité va se préciser et amener la nécessité, pour les disciples comme pour ceux qui le suivent (ou le cherchent), de faire un choix clair face a sa double identité : Il se prétend fils du Père, et ils le connaissent comme le fils de Joseph, le charpentier !

1- Jésus s'en alla ensuite de l'autre côté de la mer de Galilée ou de Tibériade

Jean suggère cet épisode après les paroles mystiques que le Seigneur avait prononcées sur sa puissance. La mer de Galilée est souvent nommée dans l’écriture et de différentes manières. Au sens mystique, la mer désigne le siècle présent et toute son agitation. Au sens littéral, la raison pour laquelle Jésus partit pour la mer, est que le Christ se serait soustrait à la fureur et à l’agitation que les Juifs avaient conçues contre lui à cause de ce qu’il avait dit auparavant sur lui-même. (Explication selon St Chrysostome In Ioannem hom .XI.II, I, PG 59, col 239) 3 dénominations sont données à cette mer. 1) Lac de Génésareth, lui vient de la nature du lieu ; très agitée du fait de l’emprise des vents qui naissent du fait de l’ évaporation de ses propres eaux. Le nom de Génésareth signifie en Grec, « qui engendre le vent » 2) Mer de Galilée, car elle se trouve dans cette province. 3) Lac de Tibériade, du nom de la ville située sur l’un des bords de cette mer, à l’opposé de la ville de Capharnaüm. 

2- Et une foule nombreuse le suivait, parce qu'elle voyait les miracles qu'il opérait sur ceux qui étaient malades.

La foule qui suit Jésus, ne s'inquiète que de ce que Jésus peut leur apporter ou donner directement ; Jésus le sait pertinemment, et s'en inquiète ! mais il doit accomplir encore d'autres signes pour que cette populace croie au moins par les œuvres qu'Il opère ! À ce propos ajoutons que certains, les mieux disposés, le suivaient à cause de son enseignement, tandis que d'autres, moins parfaits, le suivaient simplement en curieux, à cause de l'admiration qu'ils avaient pour les signes visibles que Jésus accomplissait ; enfin d'autres encore à cause de leur dévotion et de leur foi naissante, ceux-là mêmes qui avaient été guéris dans leurs corps par le seigneur. IL est important de souligner ici un fait des plus marquants des miracles de Jésus. Nous remarquerons que le Christ, jusqu’ici, raconté par l’évangéliste , n’a accompli que trois miracles. Celui des noces de Cana, celui du fils de l’officier royal, et celui du paralytique. Pourquoi donc, Jean parle –t-il « des miracles qu’Il opérait », cela nous laisse sous entendre que le Christ a fait de nombreux autres miracles, signes dont il n’est pas fait mention dans cet évangile. Le souci premier de Jean était de nous introduire dans l’enseignement propre du Christ , qui est premier dans la construction du royaume. 

3- Jésus monta sur la montagne, et là, il s'assit avec ses disciples.

La montagne symbolise la perfection de la justice. La Seigneur y monte donc avec ses disciples pour leur montrer que la nourriture spirituelle rassasie et donne la perfection de la justice ; c’est de cette montagne qu’il est dit « la montagne de Dieu est une montagne fertile ». C’est donc là, que le Christ entouré de ses disciples, siège et dispense son enseignement, car c’est lui en effet, qui enseigne la science à l’homme. 

4- Or la Pâque, la fête des Juifs était proche.

C’est la seconde fois que St Jean nous mentionne la fête de la Pâque. Pour celle –ci jean nous montre que Jésus ne monta pas a Jérusalem, contrairement au précepte de la Loi, (Dt 16,16) . La raison spécifiée ici par St Jean est que le Christ était Dieu et homme ; donc en tant qu’homme ; il était soumis à la loi comme tout un chacun, mais que comme Dieu, Il était au dessus de la Loi et s’en affranchissait. 

5- Jésus donc ayant levé les yeux, et voyant qu'une grande foule venait à lui, dit à Philippe: " Où achèterons-nous du pain pour que ces gens aient à manger?"

Jean explicite ici le fait que le Christ, loin d’être oisif, était tout occupé à les enseigner, et que détournant les yeux de sur ses disciples, il vit la foule nombreuse qui les avait suivis, Jésus saisit l’occasion d’interroger ses disciples.

6- Il disait cela pour l'éprouver, car lui, il savait ce qu'il devait faire.

En questionnant Philippe, alors qu'Il savait bien ce qu'Il allait faire, une fois de plus, il met à l'épreuve la foi de ses disciples…l’interrogation porte sur la réflexion ?? de la multitude, ainsi le Seigneur suppose un fait et en cherche un autre.Il suppose quelque indigence parce qu’il n’avait pas de quoi donné de la nourriture a une tel multitude ! Il veut provoquer ce dont on tirera l’expérience, conduisant ainsi ses disciples à une connaissance plus certaine de l’évènement à venir « l’Eucharistie »

7- Philippe lui répondit: "Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas pour que chacun en reçoive un morceau."

 …et la réponse de Philippe ne laisse aucun doute sur leur ignorance, puisque la somme mise en question répond à un besoin terrestre et non spirituel. De fait cela nous dévoile la pauvreté du groupe…il n’avait pas deux cents deniers ! l’impossibilité matérielle et financière à pouvoir nourrir toute cette foule qui avait faim. 

8- Un de ses disciples, André, frère de Simon-Pierre, lui dit

Même André est trompé par sa réponse sur les pains d'orge et les deux poissons. Peu de choses pour une telle multitude ! mais le disciple semble envisager la réalisation du miracle accompli en son temps par Élisée, comme on peut le ire au livre ses Rois ( Cf 2 R 4,42) 

9- "Il y a ici un jeune homme qui a cinq pains d'orge et deux poissons; mais qu'est-ce que cela pour tant de monde?" 

On notera que cinq pains représentent les cinq livres de la loi, qui figurent dans l'Ancien Testament, et les deux poissons marquent le temps de l'Église, le Nouveau Testament et l'Apocalypse. La nourriture sera abondante, (elle rassasiera l'église) et il en restera douze paniers pour ceux qui (autres que les Juifs). adhéreront au Christ. L'ensemble ne préfigure-t-il pas les dons de la grâce accordée par Dieu à son peuple
En effet seul le Christ rassasie l'âme indigente et comble de biens l'âme affamée ; les autres selon la nature de la grâce qu'ils possèdent font des miracles que l'on peut qualifier de mesurés ; Seul Le Seigneur Jésus, agissant selon sa puissance absolue, fait toutes choses avec une extrême surabondance. 

10- Jésus dit: "Faites-les asseoir."

Il y avait beaucoup d'herbe en ce lieu. Ils s'assirent donc, au nombre d'environ cinq mille. La manière admirable dont Jésus met en œuvre le signe de sa royauté, nous est démontrée dans la disposition qu'Il prend pour dispenser la science de l'homme aux foules présentes, siégeant, entouré de ses apôtres, signe précurseur de son règne, et de la place que prendront les douze apôtres autour du trône de l'Agneau. L’ordre donné par Jésus aux apôtres était que la foule se dispose à manger, car dans les temps anciens, on prenait son repas allongé. L’herbe faisant dans le cas présent office de couche ou de litière. 

11- Jésus prit les pains, et ayant rendu les grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis; il leur donna de même des deux poissons, autant qu'ils en voulurent.

Notons que, ce qui anime Jésus lorsqu’il donne le repas, c’est d’une part 1) l’humilité, d’autre part, 2) l’action de grâce. 1) L’humilié parce que ce sont des pains venus d’un autre, que Jésus fit distribuer. C’est donc à dessein que pour refaire les forces des foules, il multiplia les pains déjà existants. 2) La prière d’action de grâces nous montre qu’elle concernait la foule, les persuadant ainsi qu’il était bien venu de Dieu et que loin de s’opposer a lui, agissait selon sa volonté. Le caractère particulier que prend ici l’action de grâces que fait Jésus, nous montre que nous devons, nous aussi commencer un repas par une action de grâces, remerciant Dieu le Père du bien qu’il nous donne
Bien sûr, les foules présentes, identifiaient à ce signe Jésus au prophète annoncé, (Dt 18,15…) mais prophète comme le souhaite le peuple, un messie terrestre, quelqu'un qui était venu leur assurer tous les biens temporels auxquels ils aspiraient, régner comme roi, voire en maître absolu alors que Jésus devra leur faire comprendre qu'Il EST LE MESSIE SAUVEUR, l'AMEN de DIEU.

12- Lorsqu'ils furent rassasiés, il dit à ses disciples: "Recueillez les morceaux qui restent, afin que rien ne se perde." 

Si le Seigneur demande que l’on recueille les morceaux, ce n’est pas par ostentation, mais bien pour démontrer que l’action de cet événement n’était pas irréelle, mais bien présente avec toute sa signification. Ainsi, les restes furent recueillis, ont été conservés un certain temps et ont profité à bien d’autres. Il voulut aussi, par cette décision, graver plus profondément l’événement miraculeux dans le coeur des apôtres, à qui il donna l’ordre d’emporter les morceaux, ne négligeant rien de ce qui servait à enseigner les apôtres. Notons le fait que le nombre des couffins remplis du surplus n’était ni indéterminé ni laissé au hasard. Il relevait d’une détermination du Seigneur de démontrer la surabondance que seul, Dieu peut donner à son peuple.Le commun des mortels ne pouvant donner aux humains que le strict nécessaire , pour leur survi

13- Ils les recueillirent et remplirent douze corbeilles des morceaux qui étaient restés des cinq pains d'orge, après qu'ils eurent mangé.

St Thomas d’Aquin rajoute ici, que selon lui, les morceaux complémentaires ramassés par les apôtres signifient que les disciples qui suivront les apôtres par la suite tout au long de leur périple, seront nombreux et comme eux, auront à dispenser la foi dans le monde. 

14- Ces hommes ayant vu le miracle que Jésus avait fait, disaient: "Celui-ci est vraiment le Prophète qui doit venir dans le monde."

Bien sûr, les foules présentes identifiaient à ce signe Jésus au prophète annoncé, (Dt 18,15…) mais prophète comme le souhaite le peuple, un messie terrestre, quelqu'un qui était venu leur assuré assurer tous les biens temporels auxquels ils aspiraient, régner comme roi, voir voire en maître absolu alors que Jésus devra leur faire comprendre qu'Il EST LE MESSIE SAUVEUR, l'AMEN de DIEU.

15- Sachant donc qu'ils allaient venir l'enlever pour le faire roi, Jésus se retira de nouveau, seul, sur la montagne.

L’évangéliste nous monte ici comment le Seigneur nous enseigne que l’éminence de ce qui cause la fuite, n’est en fait qu’un puissant appel à prier. Une raison profonde est qu’il aurait porté préjudice a son enseignement, s’il avait reçu gloire et soutient des hommes. Tous ses actes et tout son enseignement relevaient de /ou/ étaient relatifs à , la puissance divine et non à la valeur humaine
Ce premier paragraphe superpose habilement trois moments différents conjugués en même temps : le temps de l'exode, durant lequel a commencé l'aventure d'Israël et sa croyance au Dieu unique (la manne au désert), la rencontre historique de Jésus par son incarnation, avec le peuple de Dieu (qui détermine le tournant décisif de l'histoire du salut), et le temps de l'Église (dans l'Eucharistie, qui détermine le croyant)
La marche sur les eaux :
Ici dans cette deuxième partie, Jésus, se dispose à montrer aux disciples un signe très significatif pour la mentalité de l'époque ! Il envoie ses disciples en avant, se séparant volontairement d'eux, et leur demande de passer de l'autre côté du lac pour gagner Capharnaüm ? Veut-il se séparer de ses disciples ? Les versets, 16 et 17 portent à le croire ; aussi voit -on les disciples s'embarquer et commencer à traverser le lac sans que Jésus ne les ait rejoints. Si Jésus s'est soustrait aussi longtemps à ses apôtres, c'est d'abord pour qu'ils éprouvent ce qu'était son absence, ce dont ils vont faire l'expérience en mer, mais aussi pour qu'ils le recherchent avec plus de diligence.

16- Le soir venu, les disciples descendirent au bord de la mer;

Jésus étant parti seul pour prier sur la montagne voisine, les disciples après avoir attendu pratiquement toute la journée, s’en allèrent vers la mer. Il est difficile de comprendre leur attitude en cet instant ! Qu’est-ce qui les a poussés à se rendre au bord de la mer ? Qu’y cherchaient-ils ? Qu’elles étaient leurs motivations ? La suite des évènements nous donnera les réponses. 

17- Et étant montés dans une barque, ils traversaient la mer dans la direction de Capharnaüm.

Il faisait déjà nuit et Jésus ne les avait pas encore rejoints. Habituellement la traversée se faisait rapidement, là il est démontré que les disciples rament longtemps, et que la nuit les surprend encore sur le lac ! Coïncidence ou acte volontaire du Christ qui, instruisant ses disciples, les met à l’épreuve ? L’eau des lacs, des fleuves, des mers, était considérés comme le séjour des morts ! 

18- Cependant, la mer soulevée par un grand vent était agitée,

Voir même un début de tempête à l'appui ! Jetant d’autant plus le trouble dans les esprits encore en peine des disciples qui ne comprennent pas encore la portée de cette situation, de surcroit la nuit les saisissant.  

19- Quand ils eurent ramé environ vingt-cinq à trente stades, ils virent Jésus marchant sur la mer et s'approchant de la barque, et ils eurent peur.

Jésus intervient selon son projet, à ce moment précis, en s'approchant d'eux, marchant sur les eaux… Il leur montre sa supériorité aussi bien sur les éléments que sur la mer, qui a cette époque été considérée comme l'antichambre du séjour des morts…Ainsi, Jésus s'affranchit des lois de la nature, démontrant par sa nette supériorité sur les éléments qu'il est au-dessus de tout cela, et, l'eau qui sépare devient ce qui réunit. 

20- Mais il leur dit: "C'est moi, ne craignez point." 

On notera que les disciples sont remplis de terreur, ils dans tout ceci l'intervention divine et l'effroi est tout aussi grand que le miracle accompli…d'où la parole apaisante de Jésus, « c'est moi » en grec « ego eimi » (JE SUIS).

21- Ils voulurent donc le prendre dans la barque, et aussitôt, la barque se trouva au lieu où ils allaient.

La volonté de vouloir prendre Jésus avec eux, relate le simple fait que par la présence du Christ, la peur les quitta, ainsi que la peur du péril t auquel ils étaient soumis et qu’ils subissaient sans pouvoir sans dégager. De surcroît, la barque atteint aussitôt le rivage, là où ils devaient se rendre. On notera ici l’effet extérieur concernant l’embarcation qui passe par un étonnant subterfuge ! La tempête s’arrête instantanément et la barque , alors qu’elle était encore loin du rivage d’après la distance parcourue, touche immédiatement le rivage !
Ainsi, donc trois miracles en un seul se réalisent et se rejoignent : la marche sur les eaux, l'arrêt soudain de la tempête, l'arrivée spontanée de la barque a son port, qui était pourtant encore bien éloigné ceci afin que nous apprenions que les croyants en qui le Christ demeure, répriment l'agitation du monde, foulent aux pieds le flot des tribulations et accomplissent rapidement leur traversée.
Ni y a –t-il pas encore aujourd'hui, des tentations, des persécutions, des combats contre l'Église, à cause de son manque de charité, de son entêtement à revoir certains sujets, de son enfermement aristocratique ou l'Esprit Saint ne trouve plus tellement sa place !! Cependant, ni vent, ni tempête, ni marée, ni ténèbres n'auront raison de la barque du Seigneur, et ne pourront ni la submerger, ni la disloquer, car lorsque l'épreuve est sur le point de nous écraser, le Seigneur se fait proche et ne nous abandonne jamais. À ceux qui cherchent le Seigneur avec droiture, Il accorde sa présence. ( C de St Augustin tom III page 53)

22- Le jour suivant, la foule qui était restée de l'autre côté de la mer, avait remarqué qu'il n'y avait là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était point entré avec ses disciples, mais que ceux-ci étaient partis seuls.

Ce qui a poussé la foule à rechercher Jésus, c’est le miracle des pains. Leurs intentions n’étaient ici que spéculatives, mais pour certain malgré tout, interrogatives ! Les disciples de Jésus avaient pris une des deux barques, et Jésus n’était pas avec eux à ce moment-là ! Hors voilà qu’il était avec eux sur l’autre rive sans avoir touché à la barque qui était donc restée amarrée ! D’où leur questionnement intérieur !!

23- D'autres barques, cependant, étaient arrivées de Tibériade près du lieu où le Seigneur, après avoir rendu grâce, leur avait donné à manger.

Jean nous renseigne ici sur la diversité des foules qui recherchaient le Christ, venant à pied ou en barque, avec pour chacun, des intentions diverses. Néanmoins, la recherche de celui qui faisait de si grands miracles avait largement dépassé le cadre de ceux qui avaient assisté au miracle des pains.

24- La foule donc, ayant vu que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus, entra dans ces barques et se rendit à Capharnaüm pour chercher Jésus.

Là, se pose le questionnement des foules qui cherche Jésus et ses disciples ! Force est de constater qu’ils ne sont plus là. Comme il manque une barque, ils prennent donc la décision de traverser la mer et de se rendre eux aussi, de l’autre côté du lac. L’intention étant de retrouver Jésus.

25- Et l'ayant trouvé de l'autre côté de la mer ils lui dirent: " Maître, quand êtes-vous venu ici?"

Le questionnement qui intervient ici nous laisse un peu dubitatifs ! Que voulaient-ils savoir exactement ? La manière dont Jésus s’y était pris pour traverser sans barque ou bien les circonstances de cette traversée miraculeuse indépendamment du manque de barque et de la tempête qui y sévissait ? Selon Chrysostome, il voit là des rustres qui ne veulent que profiter des miracles que pouvait accomplir Jésus. Nous laisserons le doute planer. Il ne nous appartient pas de juger.  

26- Jésus leur repartit et leur dit: " En vérité, en vérité je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des miracles, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.

Le discours de Jésus, révélateur comme pain de vie : Selon les Vts 26-27, Jésus adresse des reproches aux personnes qui le questionnent, car ce qu'elles recherchent dans les signes, ce n'est pas la présence Divine, mais le merveilleux, ce qui les rassure dans l'immédiateté, rassasiant leurs ventres plutôt que leurs cœurs ; Ils ont une foi simulée et prennent un air de sainteté… donc au sens profond des signes accomplis par Jésus, la profondeur du mystère leur échappe complètement; 

27- a) Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure pour la vie éternelle, b) et que le Fils de l'homme vous donnera. c) Car c'est lui que le Père, Dieu, a marqué d'un sceau." 

a) Jésus invite à travailler pour la nourriture qui ne périt pas, car sa puissance vient du fait qu’elle est impérissable. Il faut savoir à ce propos, que les réalités corporelles ont une certaine ressemblance avec les réalités spirituelles dans la mesure où celles-ci, en sont cause et source. C’est pourquoi elles imitent en quelque manière les réalités spirituelles. Jésus invite à les rechercher tout en travaillant, comme l’a si bien explicité St Paul (2.2 Th 3,8) donc à les mériter par notre travail, car cette nourriture est DIEU lui-même. Vérité à aimer et bonté à contempler qui nourrissent pleinement l’esprit. La véritable intelligence est donc que nous orientions notre œuvre terrestre donc notre principal effort par l’intention et la volonté personnelle vers la recherche de la nourriture qui seule conduit à la vie éternelle, c'est-à-dire vers les biens spirituels.
b) L’auteur et le donateur de ma vie spirituelle est la Christ uniquement, en tant que Fils de Dieu qui prît chair et qui par sa chair nous redonna vigueur. Cela ne lui revient qu’à cause du caractère unique et éminent de sa plénitude de grâce, par laquelle il surpasse tous les fils des hommes.
c) Jésus, en tant que Christ de DIEU, est l’unique qui à été marqué de son sceau, car Dieu le Père l’a établi tout spécialement pour donner la vie éternelle au monde, manifesté par
1) la voix qui se fit entendre lors de son baptême et que Jean le Baptiste nous a révélée
2) par les œuvres miraculeuses du Père accomplies par Lui seul. 

28- Ils lui dirent: "Que devons-nous faire, pour faire les oeuvres de Dieu?"

Ce verset spécifie cette incompréhension, selon leur demande, car en bons juifs instruits par la Loi de Moïse, ils croyaient que rien n’est éternel, sinon Dieu lui-même et uniquement Dieu. En employant les mots’’ œuvres de Dieu’’ ils semblent comprendre que cette nourriture à a quelque chose de divin.  

29- Jésus leur répondit: "Voici l'oeuvre que Dieu demande, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé." 

Ce verset fait répondre Jésus explicitant dans la condition nécessaire pour comprendre et entrer dans le mystère Christique; Jésus dénonce la cupidité perverse qu'ils ont à son égard, et les exhorte à se soumettre à la vérité, car le seigneur sait bien qu'ils se comportent comme s'il lui étaient dévoués, mais que c'est uniquement à cause de la chair et non de l'esprit qu'ils le recherchent, pour être de nouveau rassasiés…  Il semble leur dire : vous désirez le pain, et vous l'avez devant vous, et cependant vous n'en prenez pas parce que vous ne croyez pas ; leur reprochant ainsi leur incrédulité)
Il est important de comprendre que l'on ne peut adhérer au Christ par la foi sans les œuvres, et aux œuvres sans la foi ; il faut savoir conjuguer les deux à la fois car l'un ne peut aller sans l'autre. La foi en elle-même est une œuvre de Dieu, aide sans laquelle il nous serait impossible de nous réaliser pleinement, ce qui tend à démontrer, que la foi est l' œuvre la plus importante de Dieu. (Dieu lui-même est celui qui opère en vous le vouloir de son accomplissement, car quoi que l'homme fasse en vue du salut, cela relève totalement du don de Dieu) . ( Cf : Is 26,12) de sorte que DIEU se rapporte à la foi comme son objet , son témoin et sa fin.
Une question à éclaircir demeure !! Si tout homme que le Père donne au Christ va vers lui, ainsi qu'il le dit lui-même, on ne peut donc pas accuser ceux qui ne vont pas au Christ , puisqu'ils ne lui sont pas donnés ? Tout homme est au départ donné au Christ ! Ceux qui ne peuvent parvenir à la foi, cela ne leur sera pas compté, ils auront loisir d'y remédier, lorsqu'ils apparaîtront devant le Fils au jugement, et faire acte de repentir, ce qui entre totalement dans le plan divin pour les athées et les incroyants trop aveuglés par les scientifiques tellement sûrs de leurs savoir, qu'ils dénaturent la vérité au profit de suggestions abusives et inconsidérées qui flatte leurs vanité*.
Quoi que l'on prétende, l'ordre ingénieux, discipliné, mystérieux, dans lequel l'homme évolue, ne trouve pas en lui-même sa raison d'être, et ayant reçu en partage,
1) l'intelligence, [qui lui permet de clairement distinguer le bien du mal],
2) la volonté [de faire ou de na pas faire par son libre arbitre] ne subit pas sa loi passivement, mais y découvre la fin ver laquelle est ordonnée toute sa vie, celle qu'il ne peut pas ne pas connaître, ni ne point poursuivre, sans cesser d'être un homme au sens propre du terme, refusant cet état de fait, Couronnant ainsi son individualité de doctrines qui tendent à vouloir établir l'homme comme dieu, en se passant de l'absolu de qui tout procède et dont ils dépendent.
*Il faut considérer que pour les agnostiques, la chose est différente, car, ce qui leur sera compté pour ceux qui peuvent y parvenir, mais qui se refusent à cela, est leur orgueil démesuré dressant les obstacles pernicieux, volontairement mesquins, tendancieux, velléitaires, sournois, perfides, qu'ils mettent en exergue pour ne pas y parvenir eux-mêmes, entraînant avec eux du même coup les frileux, les tièdes, les refroidis, les incertains, se détournant ainsi volontairement du salut dont la voie en elle-même est ouverte à tous…c'est ce que Jésus appelle le péché contre l'ESPRIT, qui lui, ne sera pas pardonné, et pour lequel Jésus lui-même ne pourra venir à leur secours... (Pour cela, dit Jésus, je ne pourrai rien faire)… à cause du refus que met l'homme à se servir du don d'intellect qui lui est donné comparativement à la flore et à la faune, pour différencier la juste cause dont il est issu, refusant délibérément le salut, reniant Dieu en face dans toutes ses œuvres, et la dureté de la volonté pécheresse qu’il met à s’opposer à son amour divin.
[Connu pour ce qu'il est, on n'introduit pas un loup dans une bergerie !! ]
Ainsi, donc, la fin de la foi ne peut être que Dieu ; de fait, c'est vers Dieu seul que notre esprit peut être tourné comme vers son unique fin. Or la fin, qui comme telle est bonne, est l'objet de l'amour unique du Père ; voilà pourquoi, croire en Dieu comme à une fin est propre à une foi formée par la charité d'un amour unique et incommensurable ! Cette foi ainsi formée est principe de toutes les bonnes œuvres et dans cette mesure, le seul fait de croire est appelé Œuvre de DIEU.

30- Ils lui dirent: "Quel miracle nous fais-tu donc afin que nous le voyions et que nous croyions en toi? Quels sont tes oeuvres?

Réponse hypocrite et ridicule de la part du peuple ! Réclamer un miracle pour croire, puisque le Christ devant eux venait quelque temps auparavant de multiplier les pains, de marcher sur la mer !! Miracles qui auraient dû les porter à croire, puisqu’ils s’étaient produits en leur présence, sous leurs yeux. C’est donc par pure provocation qu’ils l’incitent à leur donner uniquement de la nourriture, comme spécifié au verset suivant. 

31- Nos pères ont mangé la manne dans le désert, ainsi qu'il est écrit: Il leur a donné à manger le pain du ciel."

Ils voulaient dire ainsi que l’action que s’attribuait Jésus était plus grande que celle que Moïse a accompli dans le désert. Cela leur semblait impossible ! Lui n’avait nourri que cinq mille personnes , une seule fois, avec des pains d’orge, alors que Moïse, lui, avait avec la manne venue du ciel, nourri tous le peuple pendant quarante années dans le désert ! Ils estimaient donc en l’instant, Moïse plus grand que Jésus, d’où ils réclamaient du Christ qu’il accomplisse des actions plus grandes que celles de Moïse. Deux degrés d'intériorité nous sont donnés ; le premier par la foi, avoir la joie de la vie éternelle, le second en gardant la foi, la rectitude à avoir de notre conscience pour obtenir cette joie spirituelle. 

32- Jésus leur répondit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel; c'est mon Père qui donne le vrai pain du ciel. 

Toutefois dans les versets suivants, ils demandent encore des signes, ils se référent à la Manne que Moïse leur a fait obtenir dans le désert, ( Moïse a nourri le peuple pendant quarante années dans le désert, alors que Jésus ne vient de nourrir que cinq mille personnes une seule fois) et là, Jésus se présente comme la seule vraie nourriture, le pain descendu du ciel, ( car le Christ Jésus, vrai pain, donne la vie au monde en raison de sa divinité et des mystères qu'il a accompli dans sa chair) ;

33- Car le pain de Dieu, c'est le pain qui descend du ciel et qui donne la vie au monde."

Ainsi donc la chair du Christ, à cause de la parole du seigneur, est le pain non pas pour cette vie. Mais pour celle à laquelle la mort ne vient plus mettre de terme, c'est en ce sens-là que la chair du Christ est dite pain de vie.) dont, la Manne, bien que périssable, n'était qu'un prémices. Cette Manne était reçue par les juifs comme signe de la parole et de la révélation, dont Dieu gratifiait son peuple, ainsi donc Jésus, se présente comme la parole et la révélation définitive aux hommes. (Déjà annoncé dans les écritures) .
La puissance de cette nourriture ressort du fait qu'elle ne périt pas ! Les réalités corporelles ont une certaine ressemblance avec les réalités spirituelles dans la mesure où celle-ci en sont cause et source ; le corps est soutenu par la nourriture, donc ce qui soutient l'esprit est appelé aussi nourriture, avec la différence que la nourriture du corps est corruptible, alors que la nourriture de l'esprit reste et demeure incorruptible, puisque l'esprit lui-même devient nourriture et nourri notre âme.
La puissance de cette nourriture ressort du fait qu'elle ne périt pas ! Les réalités corporelles ont une certaine ressemblance avec les réalités spirituelles dans la mesure où celle-ci en sont cause et source ; le corps est soutenu par la nourriture, donc ce qui soutient l'esprit est appelé aussi nourriture, avec la différence que la nourriture du corps est corruptible, alors que la nourriture de l'esprit reste et demeure incorruptible, puisque l'esprit lui-même devient nourriture et nourri notre âme.

34- Ils lui dirent donc: "Seigneur, donnez-nous toujours de ce pain."

Nous comprenons donc, que les juifs de cette époque n’avaient de Jésus qu’une compréhension charnelle, et c’est parce que leurs désirs étaient charnels qu’ils demandaient à Jésus une nourriture charnelle, ainsi cette demande tombe sous le sens en ce moment d’incompréhension et surtout d’incrédulité.

35- Jésus leur répondit: "Je suis le pain de vie: celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif.

Toute pensée, de sagesse est la nourriture propre de l’esprit, parce que c’est elle qui la soutient e Le pain corporel ne donne pas la vie, il ne fait que soutenir une vie déjà existante ; mais le pain de la Sagesse Divine est source de vie, et n’a pas la mort pour contraire. Puisque la chair du Christ a été unie au Verbe de Dieu lui-même, il lui appartient de vivifier, car le pain de Dieu est principalement source de vie ; pour cette raison, le corps du Christ consommé sacramentellement à la messe sous la forme d’une simple hostie, donne la vie, façon admirable dont le Christ se donne sous les espèces sacramentelles.

36- Mais je vous l'ai dit, vous m'avez vu et vous ne croyez point

 Jésus ouvertement leur reproche leur incrédulité. Ils ont devant eux, là, a bout de bras, le pain qu’ils désirent tant, et ils n’en prennent pas parce qu’ils ne croient pas . Aveuglé dans une considération matérielle qui se tient hors du spirituel, spirituel qui ne leur tient pas a cœur, car ils ne désirent que la nourriture terrestre. ( Soyons toutefois indulgents devant ces êtres qui , sous le joug romain, subissaient aussi des représailles par privation de nourriture et bien souvent que le ventre vide mène a l’exaspération. Ainsi, si quelqu’un par un miracle peut rassasier leurs ventres vident, il devient le pain béni même s’il reste très contextuellement terrestre) 

37- a) Tout ce le Père me donne viendra à moi, b) et celui qui vient à moi, je ne jetterai point dehors.

Cette parole a souvent soulevé des controverses , parfois même ardues entre les différents protagonistes qui exégétisent sur les formes et les modes d’interprétation des écritures. Pour ma part, sans contraindre qui que ce soit à partager mon point de vue, je garde pour réponses les enseignements des pères qui ont fait par leurs œuvres des interprétations dignes d’êtres perçues par le la foi dans l’exemplarité de leurs sagesse spirituelle, qui ne peut leur être accordée que de par la volonté de Dieu pour instruire son peuple au fils des temps. Ce sont ces pères, cités au début de mon travail, que l’Église reconnaît comme étant les principales colonnes édificatrices de la foi.
a) Peut-on comprendre que le Père fait des choix? Car alors, on ne doit pas accuser ceux qui ne vont pas vers lui, puisqu’ils ne lui sont pas donnés ! Il faut répondre par l’affirmative, que sans le secours de Dieu, ils ne peuvent parvenir à la foi, et cela ne leur sera pas compté. Mais ce qui est compté à celui qui n’y parvient pas, c’est l’obstacle qu’il met pour ne pas y parvenir, en se refusant et se détournant du salut dont la voie , en elle-même, est ouverte à tous.
b) Selon la synthèse des pères, toute réalité visible est en quelque sorte extérieure à la réalité spirituelle, plus une réalité est spirituelle plus elle est intérieure.. Il y a donc pour notre âme deux degrés d’intériorité ; Le premier est le plus profond, car il s’agit de la joie dans la vie éternelle, le second étant la rectitude de la conscience qui est la joie spirituelle. C’est de cette seconde intériorité que certains sont rejetés par leurs infidélités et leurs péchés, et en s’en éloignant eux-mêmes en toute conscience

38- Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé.

La véritable douceur du fils de Dieu est la soumission de sa volonté à celle du Père. Il faut comprendre là,qu’il s’agit de sa volonté humaine, dont il disposait pleinement en toute liberté, il l’a volontairement soumise à la volonté divine, voulant ainsi accomplir pleinement par son obéissance, de faire du projet de Dieu, non pas sa volonté mais celle du Père pour toute l’humanité et qui concerne le salut du genre humain.. Ansi, tout être qui va vers lui, accomplit de fait la volonté suprême de Dieu, qui est le salut des hommes .

39- Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, est que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour.

Jésus s’implique ici d’une responsabilité due à la volonté du Père de ne perdre aucun de ceux qui viendront à lui , a cause du désir ardent de leur salut et de leur bien, qu’il considère comme siens, jusqu'à ce qu’ils parviennent à la vie éternelle. Dans cette résurrection il semble donc que certains soient malgré tout perdus, à cause de leur impiété dissimulée contrairement à ceux qui se seront gardés juste jusque-là. 

40- 1) Car c'est la volonté de mon Père qui m'a envoyé, 2) est que quiconque voit le Fils et croie en lui, 3) ait la vie éternelle; 4) et moi je le ressusciterai au dernier jour.

En 1) Jésus donne ici l’explication de la volonté du Père qui se rattache à ce que le Christ ne perde aucun de ceux donnés par le Père, car la volonté du Père est de donner la vie spirituelle aux hommes, puisqu’il est lui-même source d’éternelle vie.
En 2) il veut nous faire comprendre que la divinité du Père et du Fils est la même.
En 3) Cete vision est par essence notre fin ultime et l’objet de notre foi, mais en cette époque la vision corporelle qui conduisait aussi à la foi et à croire qu’il était vraiment le fils de Dieu, permettait déjà d’entrevoir la vision d’éternité que le Christ représentait sur terre par sa présence. parsa présence .
En 4) Ainsi l’accomplissement plénier de cette volonté du Père viendra au terme, parce que le Père veut que nous ayons la vie éternelle non seulement en notre âme, mais aussi en notre corps, de la même manière que le Christ est ressuscité.
Dans les versets qui vont suivre, Jésus va maintenant exposer son enseignement ; le Christ va donc ici exclure les objections qui lui sont faites ; d’une part celles des foules qui murmurent contre lui, d’autre part celles des disciples qui doutent encore. En premier lieu, il va faire cesser le murmure de la foule à propos de l’origine de la nourriture spirituelle et en second lieu, il apaise leur dispute sur la manducation de la nourriture spirituelle. 

41- Les Juifs murmuraient à son sujet, parce qu'il avait dit: "Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel." 

Le murmure de la foule s’explique du fait que terrestrement parlant, les choses du ciel leur échappaient encore totalement, et aussi parce qu’ils espéraient encore et toujours obtenir de la nourriture terrestre pour leurs corps charnels. Leur étonnement sur le pain vivant était donc soit une hypocrisie à l’égard du Christ, pour certains, soit pour d’autres, une véritable interrogation incompréhensible pour eux.  

42- Et ils disaient: "N'est-ce pas là Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère? Comment, dit-il: Je suis descendu du ciel?"

L’interrogation se poursuit ici de façon explicite, se référant uniquement à son appartenance a une famille dont père et mère étaient connus de tout un chacun. Venir du ciel était donc pour eux une véritable aberration. 

43- Jésus leur répondit: "Ne murmurez point entre vous.

Jésus connaissant leur murmure interrogateur, surpris par ses paroles leur répond en y mettant fin. C’est un avertissement salutaire, car qui murmure révèle que son esprit n’est pas encore établi en Dieu, n’ayant pas encore la foi. 

44-  a) Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire; b) et moi je le ressusciterai au dernier jour.

En a) Jésus démontre ici la nécessité de l’attraction du Père pour venir à Lui et comment elle s’accomplit. Cette attraction est nécessaire à l’homme qui n’a pas en lui-même la force de venir au Christ sans la foi. Aussi a-t-il besoin de l’efficace secours divin pour l’accomplissement ultime de sa démarche.
En b) il reprend ce qui a été déjà expliqué au verset 40 (cf : alinéa 4.)

45- Il est écrit dans les Prophètes: a) Ils seront tous enseignés par Dieu. b) Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi. 

En a) Ici St jean cite deux prophètes : Is : 54,13 et Jr : 3,15 : Tous les êtres humains sont attirés et enseignés par Dieu lui-même, attraction qui conduit a la foi, mis a part ce qui n’ont pas la foi. Le soleil brille pour tous les êtres sur terre, mais nombreux sont ceux qui s’en défient.
En b) Ces mots nous révèlent que l’attraction du Père est souverainement efficace, parce qu’elle relève du don de DIEU. Notons aussi qu’elle relève du libre arbitre par l’adhésion due a l’intelligence qui est mise en nous de par la volonté divine. Ainsi, on vient à la connaissance de la vérité, en tant qu’inspiré, par l’élan de l’amour qui est le désir du cœur, et enfin par le vouloir de l’imitation de l’œuvre, l’action et l’agir que nous ont démontrés de nombreux témoins du Christ qu’ils soient reconnus saints ou pas. 

46- Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu; celui-là a vu le Père.

C'est-à-dire qu’aucun homme en cette vie n’a vu le Père dans son essence, c’est-à-dire de la vision de compréhension. Vision que l’homme n’a jamais eue. La connaissance que la créature a de Dieu, découle du mode de similitude qu’elle a par rapport à Dieu. L’intelligence peut connaître la cause première dans la mesure où elle en a la similitude. Toute créature a en participation une certaine similitude avec Dieu, mais infiniment distante de la similitude de sa nature, et donc ne peut connaître Dieu lui-même parfaitement et totalement. Seul le Fils, Lui, qui a reçu parfaitement toute la nature du Père, par la génération éternelle, le voit totalement, le comprend et fait sa volonté. 

47- En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle

Il s’agit ici de la foi et de la foi formée qui rend parfaite non seulement l’intelligence mais aussi la volonté aimante, car l’on ne tend vers la réalité à laquelle on croit que si l’on aime. Or le Christ est en nous de deux manières : dans l’intelligence par la foi et par la charité qui informe la foi. Donc, qui croit dans le Christ, tend vers lui, et le possède dans la volonté et l’intelligence. Nous pouvons donc inférer que quiconque croit en le Christ a la vie éternelle, ici-bas déjà par sa cause et son espérance, et qu’il l‘aura un jour dans sa réalité plénière.  

48- Je suis le pain de vie.

Ainsi, une fois ses propos manifestés, Jésus infère ce qu’il veut démontrer. C'est-à-dire qu’il est LE CHRIST, qui donne la vie, ainsi qu’il en découle clairement des prémices. (cf : Gn :49,20) 

49- Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts.

Par ces mots, il met son propos en lumière et son contraire. Il est propre au pan du ciel de donner la vie. C’est pourquoi la manne, le pain dit de Moïse ne donnait pas la vie, il était provisoire. Il permettait simplement de pouvoir se nourrir en attendant l’entrée en terre promise. Il leur reproche aussi leur vice, en disant que c’est par l’imitation des œuvres de vos pères puisque vous reconnaissez être de la race de ceux qui murmuraient…(sous leurs tentes) . Aussi, en aucune chose le peuple n’a le plus offensé Dieu qu’en murmurant contre LUI. Le temps de la manne dans le désert fut bref, il ne dura pas, par contre, ce pain-là, maintient en vie et restaure pour l’éternité ceux qui le mangent. La grande différence qu’il y a entre le pain de vie et la manne, c’est que la manne figurait simplement la vie, alors que le pain de vie contient ce qu’il figure, la vie éternelle, sous ses deux aspects : signe et signifié. 

50- Voici le pain descendu du ciel, afin qu'on en mange et qu'on ne meure point.

Ici aussi, le Christ infère ce qu’il veut montrer : si le pain qui descend du ciel donne la vie sans fin, c’est parce que tout aliment nourrit selon la propriété de sa nature ; or les réalités célestes sont incorruptibles, donc, cette nourriture étant céleste ne se corrompt pas, et, par conséquent vivifie aussi longtemps qu’elle demeure, et celui qui en aura mangé ne mourra pas. Ce pain a été signifié par l’arbre de vie qui au paradis donnait d’une certaine manière la vie pour toujours. ( Gn 3,22)

51- Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour le salut du monde.

Le pain n’a pas la vie en lui-même ; mais s’il vivifie, c’est en étant altéré et transformé par la puissance du vivant. C’est-à-dire spirituellement. Ainsi qui mange de ce pain, vivra non seulement dans le présent par la foi et la justice, mais éternellement. Jésus montre ainsi en parlant de son corps d’une manière particulière, que sa chair elle-même est vivifiante , car elle est en effet l’organe de sa divinité. C’est pourquoi, puisque l’instrument agit par la vertu de l’agent, de même la divinité du Christ est vivifiante, ainsi, sa chair vivifie par la puissance du verbe auquel elle est liée. Le PAIN VIVANT relève donc de la puissance du Verbe, mais ce qu’il ajoute ici, relève de la communion de son corps, c'est-à-dire au sacrement de l’Eucharistie. Arrêtons un instant pour prendre quatre points en considération :
1) L’espèce ; 2) l’autorité ; 3) la vérité ; 4) l’utilité.
1) l’espèce : par le sacrement du pain, c’est en vérité le sacrement du corps du Christ.
2) l’autorité : de fait bien que le prêtre consacre, l’auteur direct de ce sacrement est le Christ qui confère au sacrement sa vertu.
3) la vérité : parce que selon l’immédiateté de la vérité, la réalité de ce sacrement est que la nourriture prise est vraiment le corps du Christ. Le Christ est tout entier vraiment contenu dans ce sacrement, en vertu de la conversion des espèces, [Conversio substantiae], la divinité et l’âme ,elles, y sont par concomitance naturelle.
4) l’utilité : la plénitude de ce sacrement est grande et universelle ; elle produit en nous dès maintenant la vie spirituelle et, finalement la vie éternelle. Pour que le Christ soit toujours présent , selon le mode de sa présence physique, il a voulu y suppléer par le moyen de ce sacrement. Certes, dans le contexte historique de Jésus, il est évident que ce discours sur le pain de vie ne pouvait signifier directement que l'Eucharistie, toutefois incompréhensible avant le dernier repas, la mort et la résurrection de Jésus ; il s'agit donc de la révélation personnifiée par l'homme Jésus. La vie que donne Jésus est DON immédiat et promesse de résurrection au dernier jour; il s'agit ici de l'accomplissement du fruit du secours divin; la résurrection opérée par la Christ en tant qu'Il est homme. En effet, à cause de ce qu'Il a accompli dans sa chair, nous obtenons le fruit de la résurrection.

52-Là-dessus, les Juifs disputaient entre eux, disant: "Comment cet homme peut-il donner sa chair à manger?"

À juste titre, le litige qui se fait autour des juifs introduit la conclusion qu’ils n’avaient pas consommé la nourriture qui unit les cœurs, et se comportaient donc selon la chair, c'est-à-dire qu’ils comprenaient que la nourriture devait être la chair même de Jésus, d’où une anthropophagie scandaleuse. Pour eux, cela était du domaine de l’impossible. Leurs esprits fermés a la dimension spirituelle, ne parvenaient pas à la symbiose sublime de la raison d’être et de faire, que seul le Verbe , en tant que Christ de DIEU était à même de pouvoir réaliser. Eschatologie et gage de vie éternelle sont donnés par la foi en Jésus. Mais les versets 53-59
vont introduire une controverse qu'il sera difficile à certains de supporter, car dans cette partie du discours de Jésus, le vocabulaire eucharistique domine avec un réalisme saisissant, tel qu'il ne peut être compris que du temps de l'Église ; l'Eucharistie, corps et sang, communique au croyant les deux dons que les croyants recherchaient eux aussi du temps de Jésus : la vie éternelle (dès maintenant) et la permanence avec Lui, le demeurer, (ce à quoi les juifs tendaient sans y parvenir). Il y a dans l'homme deux parties: l'une principale qui est l'âme, l'autre secondaire qui est le corps; et l'homme est ce qu'il est par son âme et non par son corps. La nourriture de l'homme est donc ce qui nourrit son âme.
La controverse interviendra quand Jésus explicitera que la vraie nourriture sera son corps et son sang, ce qui définit le mystère dans sa totalité, mais qui est retenu par la foule comme de l'anthropophagie pure et dure ! [Pour le croyant, dans l'eucharistie, il est évident que celui qui croit le prend et le reçoit au-dedans de lui-même; si donc celui qui croit en le Christ a la vie, il est manifeste que c'est en mangeant ce pain qu'il est vivifié; ce pain est donc le pain de vie par la foi dite formée, qui rend parfaite non seulement l'intelligence, mais aussi la volonté aimante, car en effet , on ne tend vers la réalité en laquelle en croit que si on l'aime 

53- Jésus leur dit: "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, et ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes

Le Seigneur met fin ici a ce litige ; Il expose d’abord quelle vertu et liée à la consommation de cette nourriture, il donne l’évidence de l’utilité de cet acte. Vous tenez pour impossible et inconvenant de manger ma chair, or non seulement cela n’est pas impossible, mais cela est tout à fait nécessaire dans la mesure où vous ne pourrez pas avoir en vous la vie spirituelle, que donne cette nourriture si vous ne la consommez pas ! La nourriture corporelle est nécessaire a la vie corporelle, ainsi la nourriture spirituelle est nécessaire a la vie spirituelle 

54- a) Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, b) et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 

a) ce sacrement est comparé à l’arbre de vie, et de là vient qu’il est appelé pain de vie ! de telle sorte que celui qui le reçoit est transformé en LUI.(Le Christ) C’est pourquoi ce sacrement consommé (il s’agit de l’Eucharistie) est la nourriture qui a le pouvoir de diviniser l’homme et de l’enivrer de la divine Trinité.
b) En effet, nous devenons participant de l’Esprit Saint par lequel nous sommes unis au Christ dans la foi et la charité par qui nous sommes fait membres de l’Église, et la résurrection, l’Esprit Saint nous permet de la mériter. C’est assez justement que l’on attribue un tel effet au sacrement de l’Eucharistie, parce que, le Verbe ressuscite les âmes, mais le Verbe fait chair vivifie le corps. Or dans ce sacrement, le Verbe n’est pas seulement selon la divinité mais aussi selon la vérité de la chair, et c’est pourquoi , Il n’est pas seulement cause de la résurrection spirituelle mais aussi de la résurrection corporelle. L’utilité de cette manducation est donc manifeste.

55- Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage.

Le Seigneur montre par là, la vérité de la manducation ; on pourrait en effet croire que tout ce qui a été dit de sa chair et de son sang, est allégorie et parabole ! c’est pourquoi il exclut cette interprétation . Ne pensez pas que je parle en figure, mais c’est en vérité que ma chair est contenue dans la nourriture qui sera pour les croyants, la transsubstantiation du pain et du vin en devenant le corps et le sang du Christ dans le sacrement de l’autel . Certes, il faudra attendre le soir de Pâques où le Seigneur instituera la Sainte Eucharistie au repas de la cène. C’est seulement alors qu’elle prendra effet et ce tant que durera la consécration de ce sacrement une réalité.

56- Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui.

Il faut savoir que si ce que dit le seigneur se rapporte à la chair et au sang mystiquement parlant, il n’y a aucune difficulté dans cette parole. En effet, celui qui mange spirituellement en référence à la réalité signifiée, est incorporé au corps mystique du Christ par l’union de la foi et de la charité, car c’est par ce biais que Dieu est dans l’homme et réciproquement. Il est donc de ce fait signifié extérieurement que le Christ est incorporé à celui qui le reçoit et que celui qui le reçoit est incorporé au Christ.

57- Comme le Père qui est vivant m'a envoyé, et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra aussi par moi.

Le Christ induit en révélant la similitude suivante : Le Fils (donc le Christ de Dieu), à cause de son unité avec le Père, reçoit donc la vie du Père, donc celui qui est uni au Christ, reçoit la vie du Christ. La manducation exprime de fait, une participation a ce mystère, puisqu’il y a participation dans le sacrement de l’Eucharistie, à son corps et à son sang.

58- C'est là le pain qui est descendu du ciel: il n'en est point comme de vos pères qui ont mangé la manne et qui sont morts; celui qui mange de ce pain vivra éternellement."

 [ Revoir ici, l’explication du verset 51 ]

59- Jésus dit ces choses, enseignant dans la synagogue à Capharnaüm.

Jean révèle ici le lieu où Jésus enseignait, mais son enseignement était aussi prodigué dans le temple de Jérusalem comme dans les autres synagogues, selon les périples de son itinéraire avec ses disciples, afin que dans la multitude au moins quelques-uns en profitent.

60- Beaucoup de ses disciples l'ayant entendu, dirent: "Cette parole est dure, et qui peut l'écouter?"

Nombreux étaient ceux qui parmi le peuple adhérant a ses propos et ses paroles, suivaient Jésus et les douze mais sans avoir comme eux tout tous quitté pour le suivre. C’est d’eux que parle l’Évangéliste. Est dur ce qui ne se divise pas facilement et qui oppose une résistance, soit à l’intelligence soit à la volonté, ou tout simplement ce qui ne plait pas. Ils choisirent donc cette excuse pour partir et le quitter .

61- Jésus, sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, leur dit: "Cela vous scandalise?

Par la puissance de sa divinité Jésus connaissait ce qu’ils disaient en eux et entre eux, et il le dévoile clairement. On peut lire aussi dans ces paroles un désir d’apaisement ! Leurs imprécations visant au scandale n’étaient cependant pas causées par une faille de l’enseignement du Christ, mais par leur incrédulité en tous ce qu’il avait au préalable expliqué. Ainsi, se démontrait leur manque de foi

62- Et quand vous verrez le Fils de l'Homme monter où il était auparavant?... 

Pour les Juifs, la raison du scandale était en partie due à ce que Jésus s’attribuait ce qui appartient a Dieu seul,. Ils le tenaient pour être uniquement le fils de Joseph et de Marie et vis-à-vis de la Loi et des Prophètes, ils étaient scandalisés pas ses propos. Afin d’écarter cette occasion de scandale, le Seigneur leur montre plus ouvertement sa divinité ! IL leur annonce quelque chose de plus grand à son sujet ; sa véritable place selon sa divinité, quand il était auparavant partie intégrante de la trinité.

63- a) C'est l'Esprit qui vivifie; la chair ne sert de rien. b) Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie.

a) Les paroles du Christ peuvent être comprises selon le sens spirituel et selon le sens charnel. Si vous en saisissez le sens spirituel elles vous vivifieront ; si vous le comprenez selon le sens charnel, elles ne vous serviront à rien.
b) Ces paroles doivent être rapportées à l’esprit conjoint à la chair, et ainsi comprises, elles sont vie pour l’âme. Car de même que le corps vit de la vie corporelle par l’esprit corporel, ainsi l’âme vit de la vie spirituelle par l’Esprit Saint.
Les effets désastreux et dévastateurs de ce discours de Jésus sont immédiats, et les quelques disciples qui commençaient à adhérer à son œuvre sont horrifiés, et le quittent sans demander de plus amples explications. Ils n’ont pas compris que Jésus montre ici que sa chair elle-même est vivifiante; elle est en effet l'organe de sa divinité. C'est pourquoi, puisque l'instrument agit par la vertu de l'agent , de même que la divinité du Christ est vivifiante, ainsi la chair du Christ vivifie par la puissance du Verbe, auquel elle est liée . De là vient que le Christ, par son toucher, guérissait les malades…les infirmes…ce qui veut dire que la communion à son corps et directement liée au sacrement de l'Eucharistie, qui se présente sous les espèces du pain, le pain qui est le corps du Christ. Le corps du Christ étant l'Église , constituée à partir de la multitude des fidèles. Ainsi les fidèles, érigées dans l'unité d'un corps, sacrement d'Église, que le Christ lui-même lui confère par la vertu du prêtre, lors de la messe... 

64- a) Mais il y en a parmi vous quelques-uns qui ne croient point." b) Car Jésus savait, dès le commencement, qui étaient ceux qui ne croyaient point, et qui était celui qui le trahirait. 

a) Le seigneur relève ici l’incrédulité pour ceux qui ne croient pas, et non ceux qui ne comprennent pas. Se rapporter à Isaïe : si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas (Is :7,9) ; Tous n’ont pas la foi. (2Th 3,2) Tous n’obéissent pas à l’Évangile (Rm 10,16) et aussi Ils n’ont pas cru en ses paroles (Ps 105,24)
b) Toutes choses sont nues et découvertes à ses yeux (He 4,13) Avant qu’elles n’adviennent, toutes choses sont connues du Seigneur notre Dieu. .(Si 23,29)

65- Et il ajouta: "C'est pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi si cela ne lui a été donné par mon Père."

Il ajoute ensuite ces paroles pour bien montrer qu’il n’est pas le fils de Joseph, comme beaucoup le pensaient mais bien le fils de Dieu, car c’est en effet Dieu le Père qui attire vers son Fils tous les êtres humains.  

66- Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n'allaient plus avec lui

L’Évangéliste expose ici l’entêtement de certains disciples, qui persévérèrent dans l’incrédulité et se retirèrent de la foi dont, pourtant ils avaient la vertu, et s’en allèrent de leur plein gré à leur perte.

67- Jésus donc dit aux Douze: "Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller?"

Le Seigneur ensuite ensuite les apôtres, laissant à leur libre arbitre la décision de rester ou de partir ! Ce qui s’adresse aussi a chacun de nous en particulier

68- Simon-Pierre lui répondit: "Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle.

Simon-Pierre exalte par son credo l’excellence de la doctrine du Christ ; Ni Moïse ni les prophètes, n’avaient les paroles de la vie éternelle que toi seul détient et promet. L’acte premier du symbole de notre foi.

69- Et nous, nous avons cru et nous avons connu que Tu es le Saint de Dieu." 

Le chagrin de Jésus est s si grand qu’il rejaillit sur la question des apôtres qui nous valut la merveilleuse confession de foi de Pierre, reconnaissant Jésus comme le Christ, puisqu'il l'appelle « Le Saint de Dieu, » admettant ainsi définitivement que celui-ci possède en propre quelque chose de la sainteté même de Dieu.
Pierre confesse ici sa foi ; notre foi, en effet, porte principalement sur deux points : le mystère de la TRINITE et celui de l'INCARNATION que Pierre confesse ici. D'une part , le mystère de la TRINITE lorsqu'il dit [Tu es le Fils de Dieu] car dans le fait de dire Fils de Dieu, il fait référence à la personne du Père à celle du Fils, et d’autre part à l'Esprit Saint qui est l'AMOUR du Père et du Fils, au lien de l'un à l'autre. 

70- Jésus leur répondit: "N'est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze? Et l'un de vous est un démon."

Mais dans le Seigneur il faut admirer la sagesse qui lui faisait voir les choses cachées. Ainsi, dans la deuxième partie, Jésus a donc aussi choisi Juda, qui , il le sait pertinemment dès le début, va le trahir. Le Seigneur en choisissant ses disciples ne leur a pas retiré la possibilité du libre arbitre et du sentiment que chacun pouvait avoir à son sujet. Il fallait que le choix de chacun soit librement consenti pour pouvoir devenir un véritable témoin par la suite de tout ce qu’Il a entrepris pour la salvation de notre humanité. Judas a fait son choix librement, au fil du temps, persuadé peut-être de faire bien, ce qui laisse supposer qu’après avoir reconnu son erreur il se donna la mort ! Ni St Ambroise, ni St Chrysostome, ni St Augustin ne sont d’accord à ce sujet là.
[ Jusqu’à ce jour, je n’ai lu chez aucun Père de l’Église, une appréciation valable quant a ce sujet brûlant qui nous sera connu au moment dernier. Soyons donc confiant et discret sur ce point et laissons-nous guider par l’Esprit Saint afin de ne porter aucun jugement sur un sujet qui nous dépasse et laissons au Père de Miséricorde le soin de statuer sur celui qui trahit.]

71- Il parlait de Judas, fils de Simon Iscariote, car c'était lui qui devait le trahir, lui, l'un des Douze. 

NB : du fait même que le Père et le Fils s'aiment mutuellement, il faut l'AMOUR mutuel qui est l’Esprit Saint, qui n'est pas un intermédiaire mais bien la troisième personne de la Trinité en tant qu'il procède des deux inaltérablement et indissolublement selon l'origine et son principe.
Une parole est donc dure parce qu'elle résiste soir à l'intelligence, soit à la volonté, lorsque nous n'arrivons pas à la saisir par l'intelligence ou qu'elle ne plaît pas à notre volonté. Ce qui fait que les foules qui suivaient Jésus le tenaient dans leur foi pour un prophète, et ne le croyaient pas Dieu. Jésus se devait de leur proposer l'enseignement de la nourriture spirituelle, qui en elle-même ne présentait aucune faille, mais le scandale survint par leur incrédulité en la parole incarnée du Verbe. 



Vers le chapitre 7

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