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Evangiles selon Saint Jean et Saint Matthieu



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Évangile de Jésus,
le Christ de Dieu
selon Saint-Jean 

Prologue

Chapitre 1
1- Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.
2- Il était au commencement en Dieu.
3- Tout par lui a été fait, et sans lui n'a été fait rien de ce qui existe.
4- En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,
5- Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue.
6- Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.
7- Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui:
8- non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
9- La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.
10- Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu.
11- Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu
12- Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom
13- Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés.
14- Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.
15- Jean lui rend témoignage, et s'écrie en ces termes: "Voici celui dont je disais: Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu'il était avant moi."
16- et c'est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâce sur grâce ;
17- parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ.
18- Dieu, personne ne le vit jamais : le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui l'a fait connaître.
19- Et voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : "Qui est-tu ?"
20- Il déclara, et ne le nia point ; il déclara : "Je ne suis point le Christ."
21- Et ils lui demandèrent : "Qui doncest-tu ! Es-tu Elie ?" Il dit " Je ne le suis point" " Es-tu le prophète ?" Il répondit " Non"
22- "Qui es-tu donc", lui dirent-ils, afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. "Que dites-vous de vous-même ? "
23- Il répondit : "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l'a dit le prophète Isaïe."
24 -Or ceux qu'on lui avait envoyés étaient des Pharisiens.
25- Et ils l'interrogèrent, et lui dirent : "Pourquoi donc baptise-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète ?"
26- Jean leur répondit : "Moi je baptise dans l'eau ; mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas,
27- C'est celui qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure."
28- Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.
29- Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit : "Voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde.
30- C'est de lui que j'ai dit : un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi."
31- Et moi, je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau."
32- Et Jean rendit témoignage en disant : "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s'est reposé sur lui.
33- Et moi je ne le connaissais pas ; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint.
34- Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu."
35- Le lendemain, Jean se trouvait encore là, avec deux de ses disciples.
36- Et ayant regardé Jésus qui passait, il dit : "Voici l'Agneau de Dieu."
37- Les deux disciples l'entendirent parler, et ils suivirent Jésus.
38- Jésus s'étant retourné, et voyant qu'ils le suivaient, leur dit : "Que cherchez-vous ?" Ils lui répondirent : "Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeure-tu ?
39 -Il leur dit: "Venez et vous verrez." Ils allèrent et virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. Or c'était environ la dixième heure.
40- Or, André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu la parole de Jean, et qui avaient suivi Jésus.
41- Il rencontra d'abord son frère Simon, et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie (ce qui se traduit Christ)."
42- Et il l'amena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé dit : "Toi, tu es Simon, fils de Jean ; tu seras appelé Céphas (ce qui se traduit Pierre)."
43- Le jour suivant, Jésus résolut d'aller en Galilée. Et il rencontra Philippe.
44- Et Jésus lui dit : "Suis-moi." Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre.
45- Philippe rencontra Nathanaël et lui dit : "Nous avons trouvé celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les Prophètes : c'est Jésus, fils de Joseph de Nazareth."
46- Nathanaël lui répondit : " Peut-il sortir de Nazareth quelque chose de bon ?" Philippe lui dit : "Viens et vois."
47- Jésus vit venir vers lui Nathanaël, et dit en parlant de lui : "Voici vraiment un Israélite, en qui il n'y a nul artifice."
48- Nathanaël lui dit : "D'où me connais-tu ?" Jésus lui dit : "Avant que Philippe t'appelât, lorsque tu étais sous le figuier, je t'ai vu."
49- Nathanaël lui répondit : "Rabbi, vous êtes le Fils de Dieu, vous êtes le Roi d'Israël."
50- Jésus lui repartit : "Parce que je t'ai dit : Je t'ai vu sous le figuier, tu crois ! Tu verras de plus grandes choses que celle-là."
51- Et il ajouta : "En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le Fils de l'homme."

1-Au commencement ou (Au principe) était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. 

L’Évangéliste tient ici à nous faire connaître « Le Précurseur » afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté possible. Mais il nous faut distinguer avant d’aller plus loin, ce que spécifie, Commencement, ou, Principe. Le principe introduit un certain ordre dans les autres ordres à venir, et donc partout où il y a ordre, il y a toujours principe ; dans la doctrine chrétienne, le commencement de toute chose relative à la divinité est dans son principe qui s’appuie sur la sagesse de Dieu. Le Christ est dans la sagesse du Père et dans l’ordre de la nature, verbe de Dieu, c'est-à-dire en tant qu’il est Dieu. La précision définissant que le verbe était Dieu, et que le verbe est toujours quelque chose qui procède de l’intelligence, quand celle-ci est en acte, et que le verbe de fait et le contenu intelligible et la similitude de la réalité saisie par cette intelligence (on en déduit donc, que : si la réalité saisie par l’intelligence et celui qui rend intelligent, sont une seule et même réalité, alors le verbe est le contenu intelligible de la similitude de l’intelligence dont il procède.) Ils nous sont donc présentés sous quatre aspects distincts expliqués dans les versets 2 a 5 qui suivent 

2-AU COMMENCEMENT OU (AU PRINCIPE) ÉTAIT LE VERBE, ET LE VERBE ÉTAIT EN DIEU, ET LE VERBE ÉTAIT DIEU. 

L’Évangéliste tient ici à nous faire connaître « Le Précurseur » afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté possible. Mais il nous faut distinguer avant d’aller plus loin, ce que spécifie, Commencement, ou, Principe. Le principe introduit un certain ordre dans les autres ordres à venir, et donc partout où il y a ordre, il y a toujours principe ; dans la doctrine chrétienne, le commencement de toute chose relative à la divinité est dans son principe qui s’appuie sur la sagesse de Dieu. Le Christ est dans la sagesse du Père et dans l’ordre de la nature, verbe de Dieu, c'est-à-dire en tant qu’il est Dieu. La précision définissant que le verbe était Dieu, et que le verbe est toujours quelque chose qui procède de l’intelligence, quand celle-ci est en acte, et que le verbe de fait et le contenu intelligible et la similitude de la réalité saisie par cette intelligence (on en déduit donc, que : si la réalité saisie par l’intelligence et celui qui rend intelligent, sont une seule et même réalité, alors le verbe est le contenu intelligible de la similitude de l’intelligence dont il procède.) Ils nous sont donc présentés sous quatre aspects distincts expliqués dans les versets 2 a 5 qui suivent 

3- TOUT PAR LUI A ÉTÉ FAIT, ET SANS LUI N'A ÉTÉ FAIT RIEN DE CE QUI EXISTE.

b) Son autorité, quant à la nature de sa fonction. En effet, être le principe de tout ce qui a été fait, c’est le propre de Dieu grand et tout-puissant. C’est ce qui montre la coéternité du verbe avec le Père. Ainsi, nous connaissons donc l’égalité du Verbe avec le Père selon Chrysostome, sa coéternité selon Hilaire, et sa consubstantialité selon Augustin 

4- En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes 

c) Son aptitude à accomplir sa mission, car les idées existent de manière spirituelle dans la sagesse de Dieu, et par ces idées les réalités ont été faites par le Verbe, elles sont vies, pour montrer que le gouvernement des réalités se fait par le verbe. Il faut donc comprendre que le Verbe n’a pas produit les réalités par une nécessité de nature, mais par la volonté de l’intelligence, et qu’il gouverne toutes les réalités qu’il a produites.  

5- Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue 

d) Enfin sa dignité à remplir cette mission, (Origène attribue à juste titre la lumière à la vie, parce que la lumière ne peut être attribuée qu’au vivant.) car la lumière des hommes peut être considérée ici comme l’objet que seuls les hommes peuvent regarder, parce que seule la créature douée d’intelligence peut la regarder, puisqu’elle seule est capable de la vision divine. Le baptiste est Le témoin, qui rend témoignage à la Lumière, ce en quoi consiste sa mission. Mais les hommes sombrèrent dans les ténèbres de ce monde (orgueil, vanité, frivolité, mensonge, luxure, injustice, cruauté, sadisme,et
c) se croyant tout permis, sans recevoir en retour de châtiment, se plaçant au-dessus de Dieu, leur foi n’ayant de valeur que pour exploiter leurs semblables, folie qui affecte naturellement les hommes, obscurcis par les ténèbres de l’erreur, du fait de leur ignorance, et de leur refus de Dieu. 

6- Il y eut un homme, envoyé de Dieu ; son nom était Jean.

Ici l’évangéliste nous annonce la réalisation des paroles annoncées par les prophètes, celui qui devait être le précurseur du Christ. Et selon les écritures il le nomme par son nom : JEAN, qui signifie « en qui est la grâce ». Ainsi, pas d’ambiguïté possible quant à la personne, la fonction est semblable au rôle qu’il devait avoir dans la vie du Christ. Voir aussi, la précision de l’évangéliste qui insiste sur le fait que jean dit le Baptiste, fut envoyé par Dieu lui-même, selon la préordination du Père, afin qu’il soit le précurseur du Christ, afin d’écarter les fausses opinions sur la condition spécifique et la nature de Jean

7- Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui: 

L’évangéliste spécifie le rôle que devait endosser Jean le baptiste, témoigner que le Jésus était le Christ, lumière de Dieu, et aplanir les chemins de la foi, afin que par lui passe le message que Jésus porte en Lui. Cet office de témoin est très grand, car on ne peut témoigner de quelque chose que dans la mesure où on y participe. Le témoignage à la lumière laisse comprendre qu’il efface totalement une fausse réalité que l’on pourrait qualifier d’obscure, mais une réalité proprement manifeste de Dieu.

8- non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. 

Et pour qu’il n’y ait pas d’erreur possible, l’évangéliste insiste bien sûr sur le fait que le baptiste n’était pas l’oint de Dieu, comme ont pu le comprendre de nombreux contemporains du baptiste, mais qu’il venait préparer le chemin qui devait recevoir la Vérité Incarnée, la Lumière manifestée par Jésus, qui devait éclairer tout homme, comme OINT de Dieu. 

9- La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde. 

L’évangéliste nous donne ici trois raisons bien précises concernant cette lumière :
a) l’efficacité de la lumière divine.
b) la présence réelle de la présence divine ;
c) l’évidence de cette lumière dans le monde. Lumière par son essence, le verbe de Dieu rend lumineux tous ceux qui participent à cette lumière donc à la Trinité elle-même ; dans la mesure où tout être accepte sa participation au Verbe, car tout être humain a besoin d’être illuminé, parce qu’il vit dans un monde enténébré par la perversité et ses déficiences.

10- Il (le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l'a pas connu. 

Dans l’expression (le Verbe était dans le monde), l’évangéliste montre que dés le commencement de la création Dieu par son verbe a toujours été dans le monde, car si Dieu retirait un seul instant sa puissance des réalités crées, elles seraient toutes réduites à néant et cesseraient d’exister. Ainsi, Dieu par son verbe n’est pas loin de chacun de nous, car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. En d’autres termes, le Verbe Divin est efficace et présent dans ce monde pour illuminer tout être humain, donnant ainsi au monde, l’acte d’ÊTRE.
b) la suite (et le monde par lui à été fait) l’évangéliste explique que la grandeur et la beauté des créatures font par analogie connaître leur créateur. Ainsi, les perfections invisibles de Dieu sont, depuis la création du monde, rendues visibles à l’intelligence au moyen de ses œuvres, ainsi que de sa puissance éternelle et de sa divinité. Dieu a en effet répandu sa sagesse sur toutes ses œuvres
c) (et le monde ne l’a pas connu) ici nous pouvons attribuer ce manque de connaissance de Dieu à la nature de l’homme et à sa faute. À sa nature car en dépit de tous les secours susdits donnés à l’homme pour l’amener à la connaissance de Dieu, la raison humaine cependant défaille dans cette connaissance,
La faute étant que l’homme préfère aimer le monde de sa manière désordonnée, parce que les hommes aiment et préfèrent le monde plutôt que Dieu, et se détournent de Dieu, car l’amour du monde hormis la connaissance des réalités de Dieu, rend l’homme ennemi de Dieu.

11- Il vint chez lui, et les siens ne l'ont pas reçu. 

En disant (il vint chez lui,) l’évangéliste rappelle la perversité de la nature humaine, que sa propre malice plonge dans les ténèbres du vice et de l’ignorance, et de ce fait, la déficience de la créature vis-à-vis de son créateur, n’est plus suffisante pour conduire à la connaissance du créateur. Venir chez lui implique ce qui était sien, que Dieu a fait lui-même, dans ce monde créé par Lui, là où il était déjà depuis toujours. En précisant, (les siens) rappelons-nous que les hébreux étaient le peuple élu choisi par Dieu, lui appartenant en propre pour une mission bien déterminée. ( Ils ne l’ont pas reçu) C’est donc par la foi qu’ils n’ont pas cru en lui et ne l’ont pas honoré selon sa vocation. Le refus de Dieu étant le péché contre l’Esprit, péché qui n’est pas pardonné

12- Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu à ceux qui croient en son nom 

a) Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, concerne non seulement les siens, mais tous ceux qui par la foi l’ont reçu et croient en Lui ; cela pour montrer que Dieu donne indifféremment sa grâce à tous ceux qui la désirent et la reçoivent comme telle, c'est-à-dire le Christ.
b) Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, par la venue du Fils de Dieu, don de la grâce sanctifiante qui nous fait fils et filles de Dieu, car par elle tous deviennent enfants de Dieu.
c) à ceux qui croient en son nom, on entend alors la puissance de la grâce par laquelle l’être humain qui la possède peut accomplir les œuvres de perfections et acquérir la gloire du Père, car la grâce suprême de Dieu est la vie éternelle.

13- Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés. 

a) Qui non du sang, par cette expression il faut entendre tout ce qui est engendré du sang et concourt comme matière à la génération charnelle,
b) ni de la volonté de la chair, signifie qu’ils ne sont pas nés du pouvoir charnel d’une femme et d’un homme,
c) ni de la volonté de l'homme, par la concupiscence de la chair
d) mais de Dieu sont nés, spécification précise d’une volonté uniquement divine et spirituelle.  

14- Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père, tout plein de grâce et de vérité.

a) Et le Verbe s'est fait chair, définit ici, la connaissance à avoir par la grandeur et la bonté divine envers nous, prouver la vérité de l’incarnation contre les hérésies Manichéennes et Nestoriennes, qui niaient cette véritable incarnation par des allégations trompeuses et diffamantes contre la divinité du Père, et de son vouloir suprême,
b) et il a habité parmi nous, c'est-à-dire , dans notre nature tout en demeurant distinct dans la sienne, pour montrer aussi la conformité du Christ aux hommes dans la vie qu’il a menée avec eux, qu’il a bien vécu familièrement avec eux, Apôtres, disciples et autres,
c) et nous avons vu sa gloire, l’évangéliste veut dire que l’incarnation nous a conféré non seulement le bienfait de devenir enfants de Dieu, mais encore, par le fils, de voir sa gloire, car le Christ, Lumière lui-même, en tant que Verbe de Dieu, a voulu revêtir la chair afin de pouvoir être vu de nous. C’est ce que confirmeront ensuite les apôtres.
d) gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père ; c'est-à-dire par –dessus tous les saints et les anges quels que soient leurs titres, parce qu’eux sont glorieux par participation, tandis que le Verbe, Lui, est la gloire elle-même. Gloire unique de Dieu par nature.
Quatre points précisent cette gloire ; ) la transfiguration, sur la montagne d’où se fit entendre la voix du Père qui disait « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j’ai mis toute ma complaisance ; écoutez-le »
2) le service, car au sortir de l’épreuve du désert, suite aux trois tentations, des anges s’approchèrent du Christ et le. Servirent
3) l’obéissance, car toute la nature créée par Lui obéissait au Christ et était à ses ordres.
4) l’autorité, car Lui parlait en Maître, avec autorité, c’est-à-dire avec sa propre puissance, ‘’tout plein de grâce et de vérité’’ D’abord par le point de vue de l’union, celui qui est uni à Dieu de la manière la plus parfaite, ensuite de la perfection de son âme, parce qu’il a reçu sans mesure tous les dons de l’Esprit Saint, puis dans sa dignité de chef, car le Christ réalisera la vérité, en ce sens qu’Il accomplit toutes les figures de l’ancienne loi, et les promesses faites par Dieu aux pères, car il n’enseignait pas en énigmes et en figures , mais en vérité et ouvertement. 

15- Jean lui rend témoignage, et s'écrie en ces termes : " voici celui dont je disais : Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu'il était avant moi." 

Le témoignage de Jean est poignant ; dès le point départ il est nécessaire de présenter Jésus comme plus grand que lui. Il déclame haut et fort pour que tous puissent l’entendre le comment et le pourquoi Jésus se place au-dessus de lui et de tout être sur terre. Il rappelle d’abord ces paroles prophétiques annoncées avant que Jésus ne survienne dans sa vie. (La certitude d’une prophétie implique que l’on parle des choses futures comme si elles étaient déjà accomplies).Ensuite, il manifeste son témoignage en montrant pratiquement Jésus, le CHRIST, du doigt.
a) dans l’ordre de la prédication : Jésus était déjà dans l’âge parfait, il avait environ trente ans, âge déterminant, dans l’ancien temps, la maturité parfaite d’un homme accompli, et également en raison de la perfection que sera son enseignement de par les vertus qui étaient en lui.
b) dans l’ordre de la dignité : car il a été placé devant le baptiste et devant tout homme par la dignité due à la trinité
c) puis dans l’ordre de la durée : car bien qu’il soit venu après moi, dans le ministère de la prédication, de toute éternité, avant moi il était et sera. 

16- et c'est de sa plénitude, que nous avons tous reçue, et grâce sur grâce ; 

Cette plénitude de surabondance fut spécialement et d’une manière unique dans le Christ, parce qu’elle a surabondé sur les autres de telle sorte que seul Jésus fut l’auteur et la source de la grâce divine, et que par lui, nous avons reçu cette grâce, tout comme nous recevons par la sagesse du père son enseignement, spécifiant ici, pleinement, la nécessité absolue pour nous de la recevoir en plénitude. 

17- parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. 

En spécifiant que la loi fut donnée par Moïse, l’évangéliste ajoute ces paroles qui font passer Jésus devant Moïse même, que Jean le baptiste n’avait fait passer que devant lui. Or, Moïse passait pour être le plus grand des prophètes connus par le peuple d’Israël, lui qui avait vu Dieu face à face et lui avait directement parlé. En effet comparé à Moïse du point de vue de ce que l’un et l’autre opèrent, Le Christ passe devant Lui. Car ce que donne Moïse c’est la Loi, tandis que le Christ donne la grâce et la vérité. La loi promettait le secours de la grâce, mais ne la donnait pas, par ses cérémonies et ses sacrifices, elle figurait, mais ne manifestait pas. Le Christ, en mourant, mérita la grâce qui nous viendra en aide dans l’accomplissement des préceptes de Dieu.
(Il faut comprendre là, l’explication de St Augustin qui explique : que le Christ est par son essence la Vérité incréée ; celle-ci n’a pas été faite par Lui, mais par Lui ont été faites les vérités participées qui, venant de la Vérité incréée, qu’il est Lui-même, brillent dans les âmes saintes). 

18-Dieu, personne ne le vit jamais : le Fils unique, qui est dans le sein du Père c'est lui qui l'a fait connaître.

1) L’évangéliste indique ici que si personne n’a vu Dieu, c’est par un manque de sagesse, par l’ignorance qui était en eux, car la sagesse consiste en la connaissance des réalités divines comme la science est la connaissance des réalités humaines. Jamais l’essence divine n’est vue par un œil corporel, ni perçue par l’imagination. Or Dieu est incorporel et immatériel, Il ne peut donc être vu que par un œil immatériel et spirituel, c'est-à-dire l’intelligence, par l’intellect que Dieu dans sa mansuétude a mis en nous, afin de pouvoir accéder par l’intellect, donc l’intelligence qui en découle, à un degré de perfection qui nous amène à l’immatériel et au spirituel. (Nombreux furent les saints qui y accédèrent). Mais, le plus haut degré de la contemplation est de voir Dieu dans son essence ; donc aussi longtemps que l’intelligence de l’homme restera appesantie par la corruption du corps, il ne pourra voir Dieu dans son essence.
2) Par le fils unique, l’évangéliste implique la ressemblance et l’aptitude à connaître Dieu comme fils unique incréé mais de même nature que le Père, par sa propre vie avec Dieu, Père, puisque de nature l’essence divine est infinie, et transcende toute puissance et connaissance. Personne en effet ne comprend l’essence divine sinon Dieu seul, Père, Fils et Saint-Esprit
3) C’est le Christ qui a fait connaitre Dieu, non seulement comme Dieu, mais aussi comme Père. En effet, les prophètes annoncèrent Dieu, sans en donner la connaissance exacte, dans la mesure où ils participèrent au Verbe éternel simplement par intermédiation, alors que le Christ, Lui, la fait connaître directement aux fidèles, par son enseignement des mystères de la Sainte Trinité, que ni Moïse ni aucun autre prophète, aussi grand fut-il, n’a annoncé.
La suite (versets 19 à 51 ) met en avant une disposition de lecture et de compréhension en trois temps ; à savoir :
a) Jean-Baptiste témoigne sur lui-même. « v.19-28 »
b) Les prêtres et les lévites interrogent le baptiste de manière perfide ; ces émissaires sont chargés de le séduire ; lui faire dire en fait ce qu’il n’est pas ! Mais bien que l’esprit d’Élie soit en lui, et qu’il soit plus grand que tous les prophètes réunis, il ne peut que crier à la face du monde son rôle de précurseur 

19- Et voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : "Qui es-tu ?" 

L’évangéliste veut ici montrer par ce propos interrogatif au baptiste, la considération et le respect qu’ils avaient pour lui, le baptiste, car ce fut des notables honorables qui furent envoyés en délégation, et qui demandèrent à Jean de témoigner sur lui-même étant prêt à croire jusqu'à son témoignage sur lui-même. Preuve d’une certaine crainte, le peuple tenait Jean comme un prophète, mais avait aussi du respect pour sa prédication et son enseignement. 

20- Il déclara, et ne le nia point ; il confessa : "Je ne suis pas le Christ." 

Voici donc la réponse sans équivoque possible de Jean, le baptiste. En effet, bien qu’il jouît d’une certaine autorité en sa qualité de prophète, à tel point que les prêtres et les lévites voyaient en lui le Christ de Dieu longtemps promis par les prophètes anciens, il ne voulut pas usurper un rôle qui n’était pas le sien. Jean déjoua ainsi les pensées de ceux qui lui étaient envoyés, que les intentions soient bonnes ou perfides, surtout concernant la prophétie de Daniel que le temps était venu pour l’avènement du Christ. Devant leurs malices, il se démontra comme étant simplement le précurseur. 

21- Et ils lui demandèrent : "Quoi donc, es-tu Elie ?" Il dit " Je ne le suis point"" Es-tu alors grand prophète ?"Il réponit " Non" 


Selon la prophétie de Ml 4, 5 : « voici que je vais vous envoyer Elie le prophète, avant que n’arrive le jour du Seigneur grand et redoutable ». Aussi les envoyés voyant que Jean confessait n’être pas le Christ, insistent pour savoir s’il était Élie, le prophète annoncé et attendu du peuple d’Israël : car comme les écritures racontaient qu’Élie n’était pas mort, et qu’un char de feu l’avait enlevé vivant jusqu’aux cieux, ils le croyaient subitement réapparu parmi eux. Trois points précis spécifient cette croyance : du fait de la fonction : l’Archange Gabriel n’avait-il pas prédit que « Jean marchera devant le Seigneur », par le mode de vie, Elie et Jean vivaient au désert, mangeaient peu, étaient couverts de vêtements rudes ; enfin de par leur Zèle : l’un est l’autre étaient remplis d’un zèle jaloux pour le Seigneur, allant, pour Jean, jusqu'à mourir pour la vérité. Quant à la question d’être le grand prophète, que les juifs attendaient selon leurs interprétations des écritures, notamment parce que Jean baptisait ; or, pour les juifs, le baptême ne pouvait être octroyé que par trois personnages le Christ à qui Ézéchiel fait dire(Ez 36,2 )
5) « je ferai sur vous une aspersion d’eaux pures » ; Elie, qui d’après le second livre des rois ( 2R2,8) partagea en deux les eaux du Jourdain avant d’être enlevé aux cieux, enfin Élisée, qui selon le même livre ( 2R5,8-10) ordonna à Naaman le Syrien de se laver sept fois dans le Jourdain pour être purifié de la lèpre.
Donc, selon leurs idées, Jean ne pouvait être que l’un de ces trois personnages. Mais le baptiste nia une fois de plus. Non, je ne suis pas le grand prophète ; modestie avouée et simplicité dans la plus grande humilité. Exemple à suivre pour tout un chacun. 

22- "Qui es-tu donc", lui dirent-ils, afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. " Que dis-tu de toi-même ? " 

Le verset suivant répond à ces demandes faites par les émissaires. Notons que Jean se passe de déclamer sa généalogie, être le fils de Zacharie et d’Élisabeth etc, etc, il va au plus court, répond clair et net aux questions  

23- Il répondit : "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l'a dit le prophète Isaïe." 

A) je suis la voix : Jean dit qu’il est une voix parce que, si par l’origine, la voix est postérieure au verbe, elle est en revanche première pour la connaissance. En effet, le Verbe conçu dans le cœur se fait connaître à nous par l’émission de la parole qui en est le signe. Or Dieu le Père a envoyé son précurseur Jean, créé dans le temps, pour annoncer son Verbe, conçu de toute éternité. C’est donc à juste titre que Jean se dit « être la voix »
B) de celui qui crie : Ce cri (d’indignation) s’adresse à ceux qui se sont éloignés de Dieu, ce qui était le cas pour bien des juifs de la maison d’Israël, suscitant la colère divine.
C) dans le désert : signifie d’abord les païens, ceux qui ne connaissent pas Dieu, pour montrer que la connaissance de Dieu ne doit pas être seulement prêchée à Jérusalem ou uniquement aux israélites, mais à toutes les nations, mais aussi pour faire comprendre à ceux qui l’écoutaient et à qui il prêchait, devant la raideur de leurs nuques, qu’ils étaient alors désertés par Dieu. (Ce qui entend le délaissement de la foi pour adorer d’autres dieux, faire ce qui est mal aux yeux du Seigneur et pervertir le peuple).
D) Aplanissez le chemin du Seigneur : C’est pour cela que Jean fut envoyé ; pour préparer le chemin pour recevoir le Seigneur, le chemin droit, c’est le chemin de la justice et de la repentance. La voie du juste est droite lorsque l’homme tout entier est soumis à Dieu ; l’intelligence par la foi, la volonté par l’amour, l’agir par l’obéissance à Dieu, notre Père.  

24 -Or ceux qu'on lui avait envoyés étaient des Pharisiens.

L’explication de ce verset est que, pour conserver la dignité de l’ordre sacerdotal et l’autorité religieuse, une partie de ceux qui l’interrogeaient prêtres et lévites, étaient des personnages instruits et respectueux qui interrogeaient Jean humblement et avec déférence sur sa dignité, voire le respect dû à un prophète, mais d’autres étaient des pharisiens, secte séparée, acerbe et virulente, avançant au baptiste des propos injurieux. 

25- Et ils l'interrogèrent, et lui dirent : "Pourquoi donc baptises-tu si tu n’es ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète ?" 

L’interrogation des envoyés concerne le ministère du baptême. Ils ne cherchent pas à s’instruire mais à dresser un obstacle car en effet, voyant la multitude de gens qui allaient à Jean à cause du rite nouveau du baptême, étranger à la loi et aux pharisiens, ils jalousaient Jean et voulaient l’empêcher de recourir au baptême pour obtenir le pardon et la conversion. 

26- Jean leur répondit : "Moi je baptise dans l'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, La réponse du baptiste est vraie. 

Il fait comprendre que son baptême ne mène pas à la perfection, car pour être parfait un baptême doit laver le corps et l’âme. L’eau par nature lave le corps, mais l’âme ne peut être lavée que par l’Esprit. Au milieu de vous, explique Jean, c'est-à-dire au milieu des réalités les plus flagrantes que vos yeux obscurcis ne sont pas à même de voir, car étant corrompus et imbus de vous-mêmes et vos cœurs étant endurcis par votre infidélité, se tient quelqu’un qui est lumière et sagesse par qui toute intelligence sera éclairée selon son degré de participation. 

27- C'est celui qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure." 

Viens après moi explicite d’abord l’ordre de la prédication ; Jean précède le Christ comme l’imparfait précède le parfait, car toute la vie de Jean a été une préparation au Christ ; Il démontre ainsi l’éminence de Jésus dans l’ordre de la dignité, qu’il est le Christ par l’immensité de l’éminence, et que lui, Jean n’est rien en comparaison du Christ. Cela fait comprendre que Jean, illuminé par Le Saint Esprit de Dieu, était très avancé dans la connaissance Trinitaire, en ce sens que la considération de l’infinie grandeur de Dieu le faisait se mépriser totalement et se compter pour rien. Ainsi, le fait d’être indigne de défaire la courroie de ses sandales spécifie son incapacité à expliquer les différents mystères de la création, de la vie, et surtout de l’incarnation du Christ fait homme 

28- Cela se passait à Béthanie, au-delà du Jourdain, où Jean baptisait. 

Il y a deux Béthanie ; l’une qui est près de Jérusalem sur le flanc de la montagne des oliviers, l’autre au-delà du Jourdain ou Jean baptisait, appelée aussi dans certains cas, Bêthabora. 

29- Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit: « voici l'agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. » 

Le terme du lendemain signifie bien que Jean et Jésus se soient rencontrés plusieurs fois, pour mettre aussi en valeur la constance de Jean qui ne rendit pas témoignage au Christ un jour ou une seule fois, mais bien des jours et de nombreuses fois. Jésus vint à Jean après son baptême, c’est pour confirmer le témoignage du précurseur, en somme pour être montré du doigt. Le terme agneau se rapporte au livre des Nombres où l’on voit que le sacrifice quotidien, par rapport à tous les autres, était un agneau sans tache. Offrande perpétuelle, du matin et du soir, accomplie comme rite principal
Agneau de Dieu veut aussi dire agneau du Père, que le Père Lui-même a donné à l’homme le moyen de pouvoir offrir pour les péchés un sacrifice suffisant, sacrifice que l’homme lui-même est incapable d’offrir, car ni la loi, ni les animaux, ni les autres sacrifices ne pouvaient enlever les péchés ! Seul le Christ peut les effacer, dans tout l’univers ; il exprime par sa vision tous les attributs que le Père met en son fils, le pouvoir d’efficience qui purifie intérieurement l’âme, le pouvoir du ministère qu’il communiquera à ses disciples. La voix qui l’institua précurseur, lui spécifia la nature Christique de Jésus. Enfin, qui enlève le péché du monde, souligne l’universalité du péché dit originel, que le Christ effaça par sa mort. Ni la loi, ni aucun sacrifice fait au temple ne pouvait enlever ce péché ni les autres, seul le Christ de Dieu, pouvait effacer toute iniquité, prendre sur Lui cette lourde responsabilité et ainsi intercéder pour l’humanité Donc, après un témoignage en contexte hostile, Jean le Baptiste témoigne maintenant devant ses propres disciples de l’identification de Jésus comme « Agneau de Dieu » identification qui fait référence à trois fondements importants..
a) L’Agneau d’Isaïe « Is 53,7 » figure du serviteur souffrant qui prend sur lui la condition pécheresse de l’humanité..
b) L’Agneau immolé de l’Apocalypse « Ap 5,6 ;14,10 ; 17,14 » capable de l’emporter contre le péché)
c) L’Agneau pascal de l’évangile de Jean, « Jn19,14 » Jésus crucifié à l’heure où les prêtres commencent à sacrifier les agneaux pour la fête de Pâques

30- C'est de lui que j'ai dit: un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu'il était avant moi." 

Trois thèmes principaux expliquent ce verset : ce n’est plus en montrant sa puissance que le Baptiste rend témoignage au Christ, mais en montrant sa dignité.
1) Dans l’ordre de la prédication, (bien que second par la naissance humaine) Jésus avait environ trente ans, (âge reconnu à l’époque comme âge mur et parfait pour entreprendre une vie de responsabilités), et surtout en raison de la perfection de toutes les vertus qui étaient en Lui.
2) Dans l’ordre de la dignité : car il a été placé par Dieu le Père devant le baptiste et devant tous les hommes, en dignité et magnificence ;
3) Dans l’ordre de la durée, afin que dépassant tout en dignité, bien qu’il soit venu après le baptiste dans le temps, il a devancé Jean et tout être dans l’humanité, par et dans l’éternité Trinitaire.  

31- Et moi, je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l'eau." 

Depuis leur enfance, il semble que Jean et Jésus ne se soient pas beaucoup rencontrés, Jean vivant principalement dans le désert, et n’ayant pas vécu dans l’intimité de son cousin. Ainsi, les nombreux miracles qui avaient eu lieu à la naissance du Christ, concernant, l’étoile, les mages, la fuite en Égypte, bref tout son périple. De surcroit, Jésus, de sa naissance à son baptême, n’opéra aucun miracle, sa vie était comparable à celle des autres individus de son époque, et sa puissance ne fut jamais manifestée avant ce passage avec jean le baptiste. Jésus remit donc sa puissance au temps où d’ordinaire les autres hommes jouissent de science et de puissance. Ainsi, Jésus put démontrer efficacement sa sagesse et sa puissance, une fois entré dans l’âge approprié et ainsi se manifester à tout Israël. Enfin, le fait de baptiser dans l’eau montre la différence entre son baptême avec celui que donnera le Christ. Le Christ ne donne pas seulement le baptême par l’eau mais aussi et surtout par l’Esprit, en donnant la grâce. Le baptême de Jean fut donc seulement un signe qu’il n’avait pas la capacité de réaliser ce qu’il signifiait. C’est par ce fait que le baptême de Jean au Christ servit à manifester l’humilité de Jésus, qui voulut être baptisé par lui. Cet exemple d’humilité fut offert au monde, pour que nul, si grand soit –il, ne dédaigne de recevoir les sacrements de n’importe quel ministre ordonné en vue de cela.  

32- Et Jean rendit témoignage en disant : "J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il s’est reposé sur lui. 

La venue du Saint-Esprit sur le Christ convenait pour celui qui était baptisé car, de même que le Fils existant par le Père, le Manifeste, de même l’Esprit Saint existant par le Fils, manifeste ce dernier. Le baptême reçu par le Christ est l’ébauche et la consécration de notre baptême, par l’invocation Trinitaire : le Père dans la voix, l’Esprit Saint dans la colombe, et le Fils dans la nature humaine. Notons que l’Esprit Saint ne fut pas ici selon sa nature, mais en apparaissant, pour se manifester, forme corporelle destinée seulement à être un symbole. Tout comme en Gn 8,11, la colombe en rapportant un rameau d’olivier donna un signe de la clémence de Dieu à ceux qui avaient été préservés des eaux du déluge, l’Esprit Saint venant sous la forme d’une colombe lors du baptême du Christ, donne un signe de la clémence divine qui remet les péchés et confère la grâce aux baptisés. 

33- Et moi je ne le connaissais pas ; mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et se reposer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint. 

Jean connut le Christ de Dieu selon la divinité exprimée par celui qui l’a envoyé baptiser Dieu Lui-même dans le mystère de sa trinité, dont Fils et Esprit Saint sont présents ; cependant il ne le connaissait pas selon son humanité, d’une manière intime, car bien qu’étant son cousin d’humanité, Jean et Jésus n’avaient pas grandi ensemble ou côte à côte, Jean dans le désert, Jésus a à Nazareth. Et Jean ne le connut ainsi qu’après avoir vu descendre sur Lui l’esprit Saint. St Augustin précise selon sa théorie (Tract in Jo 5,8 BA 71,p 307) que Jean sut une chose, et en ignora une autre. Notons cependant que le baptême implique un triple pouvoir :
a) le pouvoir d’efficience par lequel le Christ purifie intérieurement l’âme de la tache du péché, que seul et uniquement le Christ communique
b) le pouvoir du ministère qu’il a communiqué aux apôtres et aux disciples, et ainsi, depuis par transmission et imposition des mains, les divers ministres ont le pouvoir de baptiser.
c) comme chef suprême, car le Christ possède dans les sacrements, un pouvoir singulier et éminent qui se manifeste en quatre points.
1) l’institution des sacrements ;
2) l’efficacité de ses mérites, notamment par la passion ;
3) qu’Il peut aussi accorder l’effet du baptême sans le sacrement ;
4) par le fait que longtemps on ne conférera baptême que par le seul nom du Christ, qui bien sûr a toute sa valeur, même si aujourd’hui il n’en est pus ainsi, par l’invocation de la très sainte trinité. Ainsi, Jean apprit par la descente de l’esprit Saint sur le Christ que Lui seul, peut par sa propre puissance baptiser intérieurement. 

34- Et moi j'ai vu et j'ai rendu témoignage que celui-là est le Fils de Dieu." 

Par grâce spéciale, cette vision fut accordée à Jean seul. Il a compris par cette vision que seul Jésus était le Christ de Dieu, et Fils véritable. Engendré par nature

35- Le lendemain, Jean se trouvait encore là, avec deux de ses disciples. 

L’évangéliste explique ici que Jean restait attaché à ce lieu, d’où le sachant toujours au même endroit, les gens pouvaient venir le voir, sûr de le trouver là. Son enseignement était figé sur un lieu, celui d’où il baptisait. 

36- Et ayant regardé Jésus qui passait, il dit : "Voici l'Agneau de Dieu."

L’évangéliste souligne ici le va-et-vient incessant de Jésus pour que la démonstration de Jean prenne tout son effet. Ainsi, Jean peut rendre témoignage au Christ qu’il voit de ses yeux, ceux du corps et ceux de l’esprit. Puis Jean donna encore brièvement son témoignage faisant comprendre toute son intention qui n’était autre que d’amener ses disciples au Christ. Il met ainsi en lumière la grâce du Christ comme un bienfait pour eux s’ils le suivent.

37- Les deux disciples l'entendirent parler, et ils suivirent Jésus 

Il faut comprendre que les deux disciples de Jean, André et Jean (celui-là même qui écrivit cet évangile), avaient entendu celui-ci parler du Christ à maintes et maintes reprises, non seulement les jours auparavant, mais depuis que Jean prêchait le baptême de conversion faisant ouvertement allusion à celui qui devait venir après lui. En le désignant à plusieurs reprises comme l’Agneau de Dieu, il était normal que les deux disciples se mirent à suivre Jésus. La volonté de Jean s’accomplissait ainsi pleinement. 

38- Jésus s'étant retourné, et voyant qu'ils le suivaient, leur dit: "Que cherchez-vous?" Ils lui répondirent : "Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu ? 

Jésus surprend la réaction des deux disciples, aussi se retourne-t-il pour leur donner confiance. Jésus se retourne et interroge, nous interroge, que cherches-tu ? Que veux –tu ? Que lui répondons-nous ? Oserons-nous, comme les premiers disciples, le suivre spontanément, simplement parce qu’on nous a dit, enseigné, que ce Jésus est le Christ de Dieu ? Ainsi, le Christ consomme l’œuvre commencée par son cousin Jean le précurseur. Jésus sonde d’abord les deux disciples, pour qu’ils manifestent la droiture de leur intention et que, par là il se les rende plus proches, et montre qu’ils sont dignes de l’entendre, car Jésus en écoutant leur réponse les instruisit. La réponse des disciples spécifiait la reconnaissance explicite faite par Jean à Jésus, en l’appelant Rabbi, comme pour justifier le vouloir de son enseignement, ensuite de vouloir connaitre son lieu d’habitation comme pour s’inviter à le rencontrer souvent.
Cette séquence très évocatrice introduit la première adhésion à Jésus, qui n’est pas seulement le résultat de l’initiative du Baptiste, mais du choix libre des disciples…Ils fixent donc leurs regards sur Jésus, c'est-à-dire avec les yeux du corps et ceux de l’esprit, selon la parole du psalmiste : « Regarde la face de ton Christ » et celle d’Isaïe « Ils verront le seigneur les yeux dans les yeux » Les deux disciples, en fait, au dire du Baptiste, cherchent à savoir où habite le Christ, puisqu’il est l’agneau montré par lui, car nous nous devons de suivre le Christ pour être conduits par Lui à la gloire céleste de son Père

39 -Il leur dit: "Venez et vous verrez." Ils allèrent et virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. Or c'était environ la dixième heure. 

« Venez et vous verrez », parce que l’habitation de Dieu, aussi bien celle de la grâce que celle de la gloire, ne peut être connue que par l’expérience ; en effet elles ne peuvent pas être expliquées, mais elles ne s’acquièrent que par la foi et les œuvres, et par l’expérience de la connaissance. Demeurer avec Jésus, marque en terme théologique, le début de l’accomplissement de la foi constitutive, venir, voir, demeurer. Chaque croyant est invité à faire de même ; cette démarche passe par la médiation humaine mais l’essentiel est la libre adhésion consentie à Jésus. Le fait de rester et de demeurer avec le Christ manifeste clairement leur intention de ne plus le quitter.

40- Or, André, le frère de Simon-Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu la parole de Jean, et qui avaient suivi Jésus. 

L’autre disciple, Jean, donc, l’évangéliste, met tout de suite en lumière l’œuvre d’André qui avait un frère pêcheur de son métier. La parenté des deux frères et ici indispensable pour ce qui va suivre.

41- Il rencontra d'abord son frère Simon, et lui dit : "Nous avons trouvé le Messie (ce qui se traduit Christ)." 

André, dès sa rencontre avec son frère Simon, plein de zèle et surtout convaincu des paroles du baptiste et n’ayant aucun doute quant à son enseignement, attestant d’emblée, que Jésus est le Messie. 

42- Et il l'amena à Jésus...

42- Et il l'amena à Jésus. Jésus, l'ayant regardé dit : "Toi, tu es Simon, fils de Jean ;tu seras appelé Céphas (mot Araméen ce qui se traduit par Pierre en Grec)."

43- Le jour suivant, Jésus résolut d'aller en Galilée. Et il rencontra Philippe 

Les dès son jeté. Dès lors, Jésus commence son apostolat et s’éloigne de la Galilée, se retirant en Judée, pour ne pas gêner par sa présence, ni amoindrir l’autorité et la prédication du baptiste, tant que celui-ci devait l’exercer.Là encore, nous voyons Jésus qui voit et regarde. Il interpelle, il interroge, il propose, il invite à le suivre ! Quel est ce regard que Jésus pose sur ses disciples, sur chacun de nous, et que lui répondons-nous ?

44- Et Jésus lui dit : "Suis-moi." Philippe était de Bethsaïde, la ville d'André et de Pierre. 

La rencontre avec Philippe est fortuite ; il semble, lui aussi, avoir été un disciple du baptiste ; n’ayant pas suivi d’emblée Jean et André, Jésus dès sa rencontre avec lui, l’invite à faire comme eux, le suivre, ce qu’il fit sans hésitation, lui aussi, ayant auparavant reçu l’enseignement du baptiste, concernant l’OINT de Dieu. La ville ici nommée, bethsaïde, était le lieu d’où sont venus de nombreux apôtres ;
Jean et son frère Jacques, André et son frère Simon, incluant maintenant aussi Philippe et son frère Nathanaël 

45- Philippe rencontra Nathanaël et lui dit : "Nous avons trouvé celui dont Moïse a écrit dans la Loi, ainsi que les Prophètes : c'est Jésus, fils de Joseph de Nazareth." 

Tout se répète ici, pour Philippe qui appelle son frère Nathanaël, comme l’avait fait auparavant André avec Simon, l’un appelant immédiatement l’autre pour lui faire découvrir une réalité cachée encore jusque-là. Ainsi se précise la phrase dite par Philippe à son frère qu’ils (il inclut les autres personnages qui font déjà présence de disciples), ont trouvé, pas le Christ comme cela devrait être logiquement, mais « celui dont Moïse a écrit dans la loi, ainsi que les prophètes », laissant ici comprendre que Nathanaël était féru des textes de la Loi, d’où sa réponse au verset suivant. Philippe spécifie afin de ne pas se fourvoyer, qu’il s’agit bien de ce Jésus, dont ils avaient sûrement déjà entendu parler, fils de Joseph, (la parenté mariale n’étant pas nommée à l’époque), et de la ville de Nazareth. 

46- Nathanaël lui répondit : " Peut-il sortir de Nazareth quelque chose de bon ?" Philippe lui dit : "Viens et vois." 

Selon Chrysostome, (In Joannem hom.20, ch 1, PG59, col. 125.) version la plus retenue par l’église, la réponse serait une interrogation. Nathanaël avait appris par les écritures, que le Christ devait venir de Bethléem. Or, Jésus était de Nazareth, ce qui ne correspondait donc pas aux écritures et à l’annonce des prophètes. La réponse de Philippe ne laisse à Nathanaël, aucune échappatoire possible, car seul en présence du Christ il pourra se faire une idée. Philippe entraine donc Nathanaël vers le Christ sans être découragé par ses questions, car il sait que celui-ci ne le contredira plus, lorsqu’il aura goûté à l’enseignement de Jésus 

47- Jésus vit venir vers lui Nathanaël, et dit en parlant de lui : "Voici vraiment un Israélite, en qui il n'y a nul artifice." 

Jésus, du fait de sa seule puissance divine, par cette phrase, révèle ici intérieurement à Nathanaël trois vérités qui lui sont cachées. Celles du présent qui sont dans son cœur, puis des faits cachés, enfin des réalités célestes à venir.

48- Nathanaël lui dit : "D'où me connais-tu ?" Jésus repartit et lui dit : "Avant que Philippe t'appelât, lorsque tu étais sous le figuier, je t'ai vu." 

Nathanaël reconnaît avec étonnement la puissance de Dieu qui est à l’œuvre en Jésus ! Avec humilité, sans s’enorgueillir, tenant plutôt suspect la louange qui lui est adressée, il questionne le Christ. Aussi pour écarter de lui tout soupçon, et élever son esprit à des réalités plus hautes, Jésus lui manifeste des faits cachés, que nul n’aurait pu savoir si ce n’est divinement, car en effet lorsque Philippe interpella Nathanaël pour l’inviter à le suivre, il était effectivement à l’abri sous un figuier
St Jean nous présente ici une version différente de l’appel des autres disciples du Seigneur, mais il met surtout l’accent sur Nathanaël , « qui ne sera pas retenu comme apôtre par Jésus », car Jean fait ici ressortir avec vigueur, le contraste entre le Messie glorieux attendu par Israël, et l’origine obscure de Jésus, par le scandale de l’incarnation. 

49- Nathanaël lui répondit: "Rabbi, tu es vraiment le Fils de Dieu, tu es le Roi d'Israël." 

Nathanaël fait réponse à trois choses bien distinctes, mais qui ne peuvent appartenir qu’au Christ promis par Dieu. ) la plénitude de sa science, puisqu’il l’appelle immédiatement Maître,
2) l’excellence de la grâce qui est propre au Christ,
3) l’immensité de sa puissance, prétendant que le Christ attendu par Israël étendrait gloire et puissance au plan terrestre. Là encore, nous voyons Jésus qui voit et regarde. Il interpelle, il interroge, il propose, il invite à le suivre ! 

50- Jésus lui repartit : "Parce que je t'ai dit : Je t'ai vu sous le figuier, tu crois ! Tu verras de plus grandes choses que celle-là." 

Pour Jésus, Nathanaël était encore dans la vision des interprétations qu’en avaient fait les prêtres, que le messie devait être le guerrier qui sauverait son peuple de la tyrannie de l’oppresseur, il lui manquait donc le plus important la vue par les yeux du cœur. Aussi sans hésitation, Jésus l’élève-t-il à des réalités plus grandes à la connaissance de sa divinité. Finalement, voici les titres qui lui seront attribués, « Rabbi », qui veut dire Maître, celui qui détient la connaissance, « fils de Dieu », en reconnaissance de la foi naissante en lui, et « Roi d’Israël » titre moins nationalistes que roi des Juifs, mais néanmoins roi attendu par Israël.

51- Et il ajouta : "En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez désormais le ciel ouvert, et les anges de Dieu montant et descendant sur le Fils de l'homme." 

Ici Jésus révèle à ceux qui sont présents, des réalités futures certes, mais en train d’advenir. Par ces paroles, Le Seigneur Jésus veut vraiment prouver qu’IL est le vrai fils de Dieu Lui-même. Le dialogue entre Jésus et Nathanaël montre la justesse du regard du Christ sur l’Homme, qui résonne à notre oreille comme l’écho de l’exactitude que tout croyant doit adopter en présence du Maître, car pour recevoir et pouvoir contempler les merveilles de Dieu, on se doit d’être nu de tout mensonge « qui dès le début de l’humanité précipita l’être humain dans l’affliction » et être ainsi un véritable fils d’Israël, « Israël, voulant dire en Hébreu, Dieu lutte, » car effectivement Dieu est toujours en lutte contre le Mal. Par le Fils de l’homme, Jésus se pose en médiateur et lieu de rencontre entre Dieu et l’homme, entre le ciel et la terre. 



Vers le chapitre 2

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