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Evangiles selon Saint Jean et Saint Matthieu



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Évangile de Jésus,
le Christ de Dieu
selon Saint-Jean
chapitre 4 

Chapitre 4

1- Quand le Seigneur connut que les Pharisiens avaient appris que Jésus faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean,
2- toutefois ce n'était pas Jésus lui-même qui baptisait, mais ses disciples,
3- Il quitta la Judée, et s'en alla de nouveau en Galilée.
4- Or, il fallait passer par la Samarie.
5- Il vint donc en une ville de Samarie, nommée Sichar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph.
6- Or, là était le puits de Jacob. Jésus fatigué de la route, s'assit tout simplement au bord du puits: il était environ la sixième heure.
7- Une femme de Samarie vint puiser de l'eau.
8- Jésus lui dit: "Donne-moi à boire." Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres.
9- La femme samaritaine lui dit: "Comment toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi qui suis Samaritaine? (les Juifs, en effet, n'ont pas de commerce avec les Samaritains).
10- Jésus lui répondit: " Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire, toi même lui en aurez fait la demande, et il T’aurait donné de l'eau vive."
11- "Seigneur, lui dit la femme, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond: d'où aurais-tu donc cette eau vive?
12- Es tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux?"
13- Jésus lui répondit: "Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif;
14- Au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant jusqu'à la vie éternelle."
15- La femme lui dit: "Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici."
16- "Vas, lui dit Jésus, chercher ton mari, et revenez ici."
17- La femme répondit: "Je n'ai point de mari." Jésus lui dit: "Tu as raison de dire: Je n'ai point de mari;
18- Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n'est pas à toi; en cela, tu as dit vrai."
19- La femme dit: "Seigneur, je vois que tu es un prophète.
20- Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que c'est à Jérusalem qu'est le lieu où il faut adorer."
21- Jésus dit: "Femme, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni dans Jérusalem, que vous adorerez le Père.
22- Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. 
23- Mais l'heure approche, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; ce sont de tels adorateurs que le Père demande.
24 -Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent doivent l'adorer en esprit et en vérité."
25- La femme lui répondit: "Je sais que le Messie (celui qu'on appelle Christ) va venir; lorsqu'il sera venu, il nous instruira de toutes choses."
26- Jésus lui dit: " Je le suis, moi qui TE parle."
27- Et à ce moment arrivèrent ses disciples, et ils s'étonnèrent de ce qu'il parlait avec une femme; néanmoins, aucun ne dit: "Que demandez-TU ?" ou: "Pourquoi parlez-TU avec elle?"
28- La femme, alors, laissant là sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux habitants:
29- "Venez voir un homme qui m'a dit ce que j'ai fait; ne serait-ce point le Christ?"
30- Ils sortirent de la ville, et vinrent à lui.
31- Pendant l'intervalle, ses disciples le pressaient, en disant: "Maître, mange."
32- Mais il leur dit: "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas."
33- Et les disciples se disaient les uns aux autres: "Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger?"
34- Jésus leur dit: "Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre.
35- Ne dites-vous pas vous-mêmes: Encore quatre mois, et ce sera la moisson? Moi, je vous dis: Levez les yeux, et voyez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson.
36- Le moissonneur reçoit son salaire et recueille du fruit pour la vie éternelle, afin que le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble.
37- Car ici s'applique l'adage: Autre est le semeur et autre le moissonneur.
38- Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé; d'autres ont travaillé et vous, vous êtes entrés dans leur travail."
39 -Or, beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus sur la parole de la femme qui avait rendu ce témoignage: "Il m'a dit tout ce que j'ai fait."
40- Les Samaritains étant donc venus vers lui, le prièrent de rester chez eux, et il y demeura deux jours.
41- Et un plus grand nombre crurent en lui pour l'avoir entendu lui-même.
42-Et ils disaient à la femme: "Maintenant ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde."
43- Après ces deux jours, Jésus partit de là pour se rendre en Galilée.
44-Car Jésus avait déclaré lui-même qu'un prophète n'est point honoré dans sa patrie.
45- Lorsqu'il fut arrivé en Galilée, les Galiléens l'accueillirent, ayant vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem pendant la fête;
46- Car eux aussi étaient allés à la fête. Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Or, il y avait un officier du roi dont le fils était malade à Capharnaüm.
47- Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre, pour guérir son fils qui était à la mort.
48- Jésus lui dit; "Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point."
49- L'officier du roi lui dit: "Seigneur, viens avant que mon enfant ne meure"
50- "Va, lui répondit Jésus, ton enfant est plein de vie." Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et partit.
51- Comme il s'en retournait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre, et lui apprirent que son enfant vivait.

52- Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux, et ils lui dirent: "Hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté."
53- Le père reconnut que c'était l'heure à laquelle Jésus lui avait dit: "Ton fils est plein de vie", et il crut, lui et toute sa maison.
54- Ce fut le second miracle que fit Jésus en revenant de Judée en Galilée.

Le chapitre IV se divise en deux parties : Le retour en Galilée, (43-54) avec sa guérison et son adhésion, et le passage par la Samarie (1- 42) avec sa révélation et son adhésion. Il se distingue surtout par le fait que l’évangéliste St-Jean va nous montrer, comment s’opère aussi la grâce de la régénération spirituelle aux nations païennes, (communément appelée ‘’ les Gentils’’ )

1-Quand le Seigneur connut que les Pharisiens avaient appris que Jésus faisait plus de disciples et en baptisait plus que Jean,

L’évangéliste veut montrer ici, que, après que le baptiste eut réprimé la jalousie de ses disciples, Jésus se déroba à la malice des Pharisiens, car Jésus en vertu de sa divinité comme Christ de Dieu, connut de toute éternité toutes les choses passés, présentes et futures. Ces même pharisiens qui ne croyaient pas dans le baptiste le persécutaient, jaloux, troublé de la prédication du baptiste qui malgré tout ne les laissait pas indifférents et les irritait au plus haut point, persuadèrent Hérode de se saisir de lui, de l’emprisonner et de le faire mourir. Il semble donc probable, voire certain, que les pharisiens éprouvaient aussi contre Jésus une irritation semblable du fait que Lui aussi s’était mis à prêcher et à baptiser. L’antagonisme allait donc déjà en grandissant. 

2 - Toutefois ce n'était pas Jésus lui-même qui baptisait, mais ses disciples,

L’évangéliste va nous expliquer maintenant la confusion qui s’était faite au sujet du baptême que donnait le Christ, et dont les pharisiens avaient entendu parler. Les disciples conféraient le baptême de l’eau, c'est-à-dire s’acquittaient de l’ablution des corps, tandis que le Christ apportait l’Esprit qui purifie intérieurement. Ce n’est qu’après la résurrection que les disciples pourront baptiser de l’eau et de l’Esprit. 

3- Il quitta la Judée, et s'en alla de nouveau en Galilée. 

Cette précision de l’évangéliste permet de comprendre que les autres évangélistes, (Marc, Mathieu, Luc), ont passé sous silence tout ce que lui-même a dit jusqu'à ce chapitre, et qu’a partir de maintenant, il commence à tisser l’histoire contemporaine de leurs évangiles. En somme une forme de mise a niveau.

4- Or, il fallait passer par la Samarie. 

Le passage par la Samarie pour se rendre en Galilée n’est pas obligatoire, (la Samarie se trouvait entre la Judée et la galilée), on peut aussi s’y rendre par la vallée du Jourdain. Jésus en bon juif aurait dû s’y tenir, d’autant plus que le passage par la Samarie, dite impure par les juifs de tradition « Mosaïque » n’était pas du tout recommandé ! Soucieux qu’ils étaient de conserver leur pureté rituelle. Mais Jésus a dans sa mission un objectif précis et important, ce qui souligne cette nécessité mystérieuse qui le conduit à passer volontairement par la Samarie. Les rencontres déterminantes qu’Il doit faire pour leurs transformations et la révélation du nouveau culte doivent commencer en terre païenne, tant par l’enseignement que par les miracles, pour mieux donner une dimension eschatologique a son message. 

5- Il vint donc en une ville de Samarie, nommée Sichar, près du champ que Jacob avait donné à son fils Joseph.

L’évangéliste donne dans ce verset certaines explications nécessaires pour la compréhension de la suite des événements. Dans la région samaritaine où Jésus passait avec ses disciples, il y avait une ville du nom de Sichar ou Sikar, selon les textes, lieu ou selon la Genèse, (voir Gn de 34 a 48) Jacob dressa ses tentes et perça un puits, qui demeura pour tout Israël, sous le nom de (puits de jacob) que tout israélite connaissait et avait en mémoire. L’histoire d’Abraham et de sa lignée était et demeurait pour tout Israël le point central de leur foi et de leur histoire. De plus, la sécheresse du puits du désert un lieu de vie. Les croyants auront à boire les paroles de la loi et du livre afin qu’elle soit assimilée dans leurs corps à l’eau fraîche d’un puits.  

6- Or, là était le puits de Jacob. Jésus fatigué de la route s'assit tout simplement au bord du puits: il était environ la sixième heure.

Maintenant l’évangéliste situe la scène. Le puits a une symbolique particulière dans la Bible, comme dans toute civilisation semitique d’ailleurs, mais ici le cadre biblique s’inclut dans une dimension profonde de l’histoire de ce peuple, car c’était le patriarche Jacob qui l’avait creusé de ses mains et laissé en héritage à son fils Joseph et à ses descendants.Le puits situe l’endroit, la fatigue spécifie la faiblesse que Jésus éprouve dans sa nature humaine. (Sans que cela n’enlève sa puissance en tant que Christ). Ainsi , le Christ laissait la fatigue lui faire subir ce qui est propre à l’homme. ( S’asseoir au bord d’une source d’eau rafraichissante), ici représentée par le puits de Jacob, à une heure la plus chaude de la journée, (la sixième heure, l’époque du calendrier Juif , correspondait à midi) chaleur accablante, nécessitant volontiers un repos bien mérité.
Le passage de la Samaritaine se découpe en trois parties distinctes, mais reliées en un tout.
A) Jésus et la Samaritaine ; B) Jésus et les disciples ; C) Jésus et les Samaritains de la ville de Sykar.
Le dialogue avec la Samaritaine se déroule en quatre actes : 1) Autour du puits de Jacob ;
2) Autour du mari de la femme ; 3 ) Autour du culte ; 4 )Autour des Samaritains.

7- Une femme de Samarie vint puiser de l'eau. A) Jésus et la Samaritaine.

Observons donc les préambules suivants : l’un concernera celui qui enseigne, l’autre ce qui a été l’occasion de cet enseignement, le dernier la personne qui est à l’écoute de cet enseignement. Pour St Thomas d’Aquin, cette femme (est la figure représentative de l’Église qui devait représenter les Gentils) qui, n’étant pas encore justifiée, était retenue dans l’idolâtrie, mais qui devait cependant, par cette discussion être justifié par la Christ. Elle venait de chez les Samaritains, lieu qui bien qu’en terre d’Israël, soit considéré comme étranger. [ il est important de noter ici certains points qui laissent interrogateur, mais qui ont toutes leur place dans l’évolution de ce qui va suivre ]… La femme est seule,( pourquoi ?) en plein midi,( heure indue ! ) alors que de coutume, l’on vient puiser de l’eau soit le matin soit le soir pendant les heures fraiches de la journée, et rarement, voire jamais, seule !Que doit –on déduire de cette approche un peu déroutante ?
Voilà là, un dialogue qui se construit de façon étrange,avec des annotations d’incompréhensions par la samaritaine, mais que Jésus traite de façon intuitive, comme s’il s’adressait a un futur disciple en l’instruisant personnellement ! 

8- Jésus lui dit: "Donnez-moi à boire." 

Car ses disciples étaient allés à la ville pour acheter des vivres. En demandant à boire, (en raison de la forte chaleur du jour), Jésus manifeste une fragilité tout humaine, puis s’adresse à une femme, (impensable en cette époque) et de surcroît samaritaine…le comble pour un juif ! Parler à une idolâtre ! (mais la soif du salut de l’humanité est plus forte que toutes les prérogatives) ; mais comme les disciples étaient partis en ville, chercher de la nourriture, resté seul, Jésus interpelle donc la première personne qui se présente au puits.
Était-Il tellement fatigué qu’il ne pouvait lui-même puiser son eau ? Là, se pose la réflexion du dialogue entre le Christ et l’humanité, comme Il le fera ensuite a de nombreuses reprises. Notons aussi qu’Il se souciait fort peu de la nourriture, qu’il n’en emportait pas lorsqu’il était avec ses compagnons. 

9- La femme samaritaine lui dit: " Comment TOI qui es Juif, tu me demande à boire, à moi qui suis Samaritaine !

Ainsi, la réponse de la femme est sans équivoque, et, elle est même surprise de son audace et de sa communication verbale. [ Il faut se rappeler que le peuple d’Israël est emmené en captivité à Babylone, par le roi d’Assyrie, mais pour que le pays ne reste pas sans habitant, il installe dans ce territoire samaritain, des gens venus de divers pays et de diverses confessions, plus ou moins idolâtres. Toutefois à cause de certains Juifs ( restés dans leur pays malgré la grande déportation qui fut effectuée), et observant la loi de Moïse, ils continuaient d’adorer le vrai Dieu tout en adorant les idoles des autres nations implantées chez eux. Aussi à leur retour de captivité, les Juifs pieux se détournèrent de cette contrée, et furent toujours hostiles et opposés à ces samaritains, ils ne commerçaient pas avec eux, ils n’avaient aucune relations, et ils les évitaient tout particulièrement, un peu comme des pestiférés]. Avec ces explications, il n’est nullement surprenant de voir la réaction de surprise de cette femme ! 

10 -Jésus lui répondit: "Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit: Donnez-moi à boire, toi-même lui en aurait fait la demande, et il t’aurait donné de l'eau vive." 

(Par l’EAU ou par le FEU, on entend la grâce de l’Esprit Saint, non pas par la propriété de sa substance, mais seulement selon sa similitude d’action. On dit de la grâce qu’elle est FEU, parce qu’elle consume le péché, et qu’elle est EAU, parce qu’elle purifie, indépendamment du fait qu’elle ôte la soif, désaltérant ce qui est terrestre et tout ce qui est temporel).
[Il y a deux sortes d’eau : celle qui est vive et celle qui ne l’est pas : la seconde est celle qui est séparée de son principe, pluie ou autre origine, recueillie et conservée ; la première est celle qui coule en continuité, avec son principe ; ainsi en est -il de l’Esprit Saint, source intarissable reliée toujours à son principe, d’où abondent les grâces. Mais pour demander la grâce, le désir de l’homme est suscité de deux manières. Premièrement par la connaissance du bien à désirer ; deuxièmement par la connaissance de celui qui la donne]. Voilà pourquoi Jésus l’interpelle par son ignorance, puis l’incite à connaître celui dont il parle, avec une promesse a la clé.

11- "Seigneur, lui dit la femme, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond: d'où l’as-tu donc cette eau vive?

Scepticisme logique de cette femme qui ne comprend pas la portée spirituelle des paroles de Jésus. Aussi de bonne foi, s’efforce-t-elle de contredire Jésus ! Les Paroles du Christ sont pour elle, dans l’instant précis, pleines de contradiction ! Et il ne lui semble pas croyable que Jésus puisse lui donner de l’eau de ce puits ou de n’importe quel autre Elle précise que le puits est profond, qu’elle a, de quoi puiser de l’eau, mais Jésus, assis au bord du puits, n’a rien, ni dans les mains ni près de lui !!! Donc !! Cet homme se moquerait-il d’elle ? 

12- Es-tu plus grand que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits, et en a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses troupeaux?"

 Pour donner plus de valeur à ses propos, elle développe maintenant une synthèse des plus hardies ! Son objection comprend d’abord la haute autorité de celui à qui a appartenu se puits. JACOB de la descendance d’Abraham. Ensuite, qu’il ait bu cette eau, car l’eau était douce et propre à la consommation humaine, ensuite l’abondance car même les troupeaux s’y sont abreuvés…voilà bien des points qui seront difficiles pour cet intrus qui la prend à défaut, de pouvoir se prévaloir de faire mieux ! Humainement, cela est logique.
[. La réponse de la femme montre qu’elle comprend que celui qui l’apostrophe n’est certes pas un voyageur quelconque, et que bien qu’ayant des égards pour lui, elle n’a pas compris le sens de ses paroles. Elle insiste sur le manque de moyens matériels de Jésus, sur la profondeur du puits, sur la dimension patriarcale de Jacob, ainsi que sur les bienfaits de cette eau ! Il ne lui semble pas possible que Jésus soit capable de lui donner une meilleure eau venant d’un autre puits, nul à ses yeux ne peut être plus grand que son patriarche Jacob !]

13- Jésus lui répondit: "Quiconque boit de cette eau aura encore soif; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura plus jamais soif; 

[Mais Jésus, assis immobile sur le rebord du puits, devient dans sa personne une source nouvelle qui dépasse en splendeur le premier puits, introduisant dans le dialogue une dimension mystérieuse, car du puits matériel auquel Il demandait de l’eau, Il déplace l’intérêt sur Lui-même, comme Don de Dieu, capable de donner « l’Eau Vive »] Ici, la réponse du Seigneur explicite la puissance de cet enseignement nouveau qu’il lui donne, en expliquant que c’est son enseignement qui est source d’eau vive. Son enseignement est une eau qui a les effets de l’eau qui désaltère, mais qui en plus donne le désir d’en vouloir encore. En cela, Jésus se désigne comme Christ. Il est donc plus grand que Jacob, car il se dit lui-même être la résurgence de cette source . C’est l’Esprit Saint que Jésus nous donne qui est la source de vie qui ne tarit jamais. 

14- Au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d'eau jaillissant jusqu'à la vie éternelle."

 Aussi Jésus ajoute-t-Il que l’eau matérielle est certes nécessaire à l’homme pour étancher sa soif, qu’il en aura toujours besoin que la soif se fera encore sentir, mais que lui, en tant que Christ donne de l’eau qui non seulement étanche la soif, mais qui est et reste vive, car à la source, dont il est la résurgence. Ainsi, qui se greffe à la source qui conduit à faire les œuvres de Dieu, bondit vers les délices de la vie éternelle. 

15- La femme lui dit: "Seigneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici."

 Comme nous pouvons le noter, la réponse de la femme reste encore dans l’équivoque... Elle demande de cette fameuse eau ! Comme l’on peut le voir dans la suite de ses propos, elle se ravise dans son appellation envers Jésus ; au début de la discussion elle l’appelle Juif, maintenant qu’elle comprend que cet individu peut lui être fort utile, elle l’appelle Seigneur, un qualificatif donné à un homme important du monde. Elle entrevoit la possibilité de ne plus être astreinte à une double nécessité corporelle; d’abord par la soif, ensuite par le labeur consistant à venir jusqu’au puits, puiser de l’eau , puis à devoir porter cette eau jusqu’en ville , dans sa maison. 

16- "Vas, lui dit Jésus, appelle ton mari, et venez ici." 

La femme demande de cette fameuse eau ! Mais la réponse de Jésus ouvre une dimension nouvelle à la nécessité terrestre qui s’applique à d’autres personnes qu’à elle-même. Ainsi, nous pouvons comprendre la réponse de Jésus de deux façons. Charnelle et spirituelle. 1) Pour Chrysostome, la philosophie ancienne considérant que la femme doit être soumise à l’homme, il est capital que l’enseignement premier soit reçu par l’homme, la femme écoutant et recevant de fait, en étant retirée de l’enseignement professé. 2) Selon Augustin, ces paroles ont une interprétation mystique. . Le mari caractérise l’intelligence dont Dieu nous a gratifiés. La volonté conçoit et enfante par la puissance cognitive qui la meut. Par suite logique donc, la volonté est comme une femme et la raison qui meut la volonté est le mari. Ainsi, Jésus, lui demande –t-il de faire appel à l’intelligence raisonnable, pour qu’elle puisse entendre de façon spirituelle et intelligible, ce que, maintenant elle perçoit charnellement…en comprenant pleinement ce que dira Jésus sous la conduite de la raison. Ainsi, St Jean, l’évangéliste, par un double jeu de questions-réponses, se contredisant, semble-t-il à première vue, nous invite à nous mettre sous le regard de Dieu de façon différente. Recevoir son enseignement implique pour nous une démarche profonde de raisonnement intellectuel, car comprendre ce que Dieu a à nous dire, ne se perçoit pas de façon terrestre et simpliste, mais de façon cognitive. Ne pas agir ainsi, c’est faire offense à Dieu, en ne nous servant de l’intellect qu’il a mis en nous pour nous élever, ainsi qu’il le désire, à la condition de fils et de fille, selon que nous sommes faits, par sa propre volonté, à son image et a sa ressemblance. 

17- La femme répondit: "Je n'ai point de mari." Jésus lui dit: "Tu as raison de dire: Je n'ai point de mari;  

La réponse de la femme voulant cacher sa honte, ne voyant toujours en Jésus qu’un homme, au risque de se voir traitée de prostituée, lui donna une réponse vraie, mais en taisant son déshonneur. L’homme qui vivait avec elle n’était pas son mari légitime, ce qui était fortement défendu par la loi mosaïque ; ainsi, les autres femmes bien pensantes, l’évitaient-elles et ne l’acceptaient pas avec elles lors de la corvée d’eau. Nous voyons que Jésus, sans lui faire la morale, ne lui fait pas de reproche non plus, mais lui révèle ce qu’elle tient cachée, sa rupture d’avec la LOI! La femme est ainsi mise devant sa honte, au regard de la Loi. Elle tait son déshonneur, et déguise sa réponse.

18- Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant ne l'est pas ; en cela, tu as dit vrai." 

Ainsi par sa réponse, Jésus féconde l’esprit de cette femme, afin de réveiller en elle l’intelligence spirituelle et de l’amener à comprendre et à croire qu’il y a en lui quelque chose de Divin dans l’explication et l’énumération de ses différents conjoints ; le sens des paroles de Jésus lui fait découvrir qu’elle peut exister autrement que par sa beauté, et que sa dignité de femme va bien au-delà de la simple séduction apparente

19- La femme dit: "Seigneur, je vois que Tu es un prophète. 

Devant cet homme (qui lui a dévoilé sa vérité intérieure), qu’elle reconnaît maintenant comme prophète, elle passe directement dans un cœur à corps laissant là les différences apparentes de son état, pour plus vrai et plus important, celui de la foi !(verset 20).

20- Nos pères ont adoré sur cette montagne, et vous, vous dites que c'est à Jérusalem qu'est le lieu où il faut adorer."

 Jésus va pouvoir ainsi expliquer les différences qu’il y a entre les différents cultes rendus à Dieu et celui qu’il va instaurer ; la recherche du royaume était depuis longtemps sujet de controverses pour les deux peuples, juifs et samaritains.
Les Samaritains avec leur temple sur le mont Garizim avançaient en leur faveur l’autorité des pères patriarches du peuple hébreu, et les Juifs avec leur temple sur le mont Sion l’autorité des prophètes que les Samaritains ne recevaient pas. Si l’on veut unir deux peuples, il faut commencer par écarter ce qui les divise, puis leur donner quelque chose qu’ils puissent mettre en commun, afin qu’ils s’accordent !
Il va démontrer trois formes d’adoration : 

21- Jésus dit: "Femme, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni dans Jérusalem, que vous adorerez le Père

Nous voyons donc que le Christ, parce qu’il va l’instruire de choses très élevées, commence par éveiller l’attention de la femme, en lui disant : ‘crois-moi’ suscitant ainsi en elle la foi.
La première démonstration, celle des Samaritains, est fausse, car ils voyaient Dieu, égal à d’autres créatures et adoraient de ce fait des idoles ; leur méconnaissance du Dieu unique n’avait de propre que leur imaginaire.  

22- Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.

 (Autre est la connaissance des réalités composées, autre celle des réalités simples. Ou bien on connaît parfaitement leur quiddité, ou bien, si on ne peut atteindre leur quiddité, on ne les connaît en aucune manière). [ la quiddité d’une réalité est-ce qu’est cette réalité, en tant que capable d’être saisie par l’intelligence, et exprimée dans sa définition] La seconde démonstration est celle des Juifs qui eux, avaient par la Loi et les Prophètes une connaissance et une appréciation exacte du vrai Dieu, mais avec des pratiques et des méthodes qui ne correspondaient plus au vouloir de Dieu. 

23- Mais l'heure approche, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; ce sont de tels adorateurs que le Père demande. 

L’éminence de ces deux façons de prier démontre la supériorité de la nouvelle façon d’invoquer qui requiert deux choses importantes, pour être bonne et vraie : la première pour être bonne doit être spirituelle, la seconde pour être vraie doit être dans la vérité, ce qui veut dire sans feinte ni simulation ! 

24- Dieu est esprit, et ceux qui l'adorent doivent l'adorer en esprit et en vérité." Or, Jésus EST la vérité ! Il nous faut adorer par Amour plutôt que par crainte. 

La troisième démonstration est que le culte doit être proprement spirituel, car de là découle même la nature de Dieu ! Car Dieu EST Esprit ! Le culte en esprit et en vérité est celui que chaque croyant habité par l’Esprit rend au Père. Il est intérieur, non au sujet du lieu, mais en tant qu’œuvre de l’Esprit (c'est-à-dire révélation immanente) suscité en nous par sa propre présence et permanence comme envoyé et étant Dieu.
Par une telle révélation, le rapport aux lieux, à la terre même se relativise, car désormais Dieu n’est ni relié à la terre ni à un lieu, mais habite le cœur de tout homme en qui l’Esprit Saint a fait sa demeure.
L’incorporéité de Dieu est ainsi démontrée, un esprit n’a pas de ni corps ni chair ni os !

25- La femme lui répondit: "Je sais que le Messie, l’OINT de DIEU, (celui qu'on appelle Christ) va venir; lorsqu'il sera venu, il nous instruira de toutes choses."

La femme fait la démonstration qu’elle est au fait de la loi, elle affirme la perfection de son enseignement, proclame sa foi, professe le Christ Messie, attend son enseignement ; ce qui laisse comprendre que bien qu’étant à Samarie, nombreux étaient ceux qui s’instruisant dans les synagogues, suivaient à la lettre la loi de Moïse, et attendaient ainsi la venue du libérateur ; la femme demande donc à Jésus s’il EST le Christ, et St-Jean, pour l’unique fois ou Jésus revendique ce titre, nous rapporte la réponse de Jésus sans ambiguïté possible, nette, claire et précise :

26- Jean leur répondit : "Moi je baptise dans l'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, La réponse du baptiste est vraie. 

 Le Seigneur ne s’est pas manifesté tout de suite à la femme, qui ne l’aurait sans doute pas cru.
La vanité est toujours à l’affût précipitant l’homme dans le péché, mais Jésus lui laisse doucement découvrir que sa connaissance du Christ était bien fondée, se révélant ainsi lui-même en temps dit «opportun » pour certains.

27- Et à ce moment arrivèrent ses disciples, et ils s'étonnèrent de ce qu'il parlait avec une femme; néanmoins, aucun ne dit: Que lui demandais-Tu ? » ou « Pourquoi parlais- tu avec elle ? » 

Nous retrouvons le retour des disciples partis (tous) en ville chercher de quoi manger ; ( Jésus peut ainsi donner pleinement son enseignement) ce qui fait partir la femme, notons-le « sans la cruche » verset 28, alors que c’était le but premier, revenir avec de l’eau puisée au puits ; le dialogue est momentanément rompu, la cruche reste suspendue…Bien que l’ayant vu manifestement s’entretenir avec elle, l’étrangère, (humilité du maître, qui parle aussi aux femmes, quand bien même si elles sont étrangères, ce qui laisse prévoir l’église de la Gentilité) ils ne posent pas de question à Jésus. Pourtant, ils ne cachent pas leur étonnement, montrant là un respect confiant envers l’envoyé de Dieu.

28- La femme, alors, laissant là sa cruche, s'en alla dans la ville, et dit aux habitants

Il faut noter plusieurs points dans l’action de cette femme : d’abord, en ce que dans la grandeur de sa dévotion, elle laisse là son eau comme si elle avait oublié ce pour quoi elle était spécialement venue, puis, son départ quasi précipité pour annoncer les merveilles au sujet du Christ, méprisant ainsi son bien-être corporel et sa condition impudique pour le bien des autres. (En cela, elle suit l’exemple des apôtres qui laissèrent là leurs filets pour suivre Jésus). Ensuite, son zèle; du fait du grand nombre de ceux auxquels elle porte le message, non pas à deux ou trois, mais à la ville entière. (Elle représente ainsi le ministère qui fut confié aux apôtres par le Seigneur, « allez et enseignez toutes les nations, je vous ai établis pour que vous alliez et portiez beaucoup de fruits. »
La femme adultère est galvanisée par la réponse du Christ, qui ne lui a fait aucun reproche mais l’a mise, avec douceur et humilité sur une nouvelle voie,afin de ne pas la froisser et lui faire comprendre le chemin à suivre dorénavant, devant ses responsabilités. Il se découvre comme étant l’OINT de DIEU,et a qui Il donne de pouvoir annoncé sa venue, dans une terre étrangère, laisse entrevoir de façon claire et précise, que devant la grâce de Dieu nul n’est exclu, que tous pécheur peut revenir a Dieu et même être son disciple.
[On peut alors voir ensuite dans les versets l 28 et 29, le zèle de cette femme, qui porte le message à toute la ville ! En somme elle représente le premier ministère apostolique annoncé aux Gentils, bien avant l’apôtre Paul…dans le sens du véritable prédicateur qui appelle, sans vouloir persuader, non à soi, mais au Christ. Saint Jean nous montre là, l’exemple type du ministère à suivre] .

 29- Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait; ne serait-ce point le Christ?

La femme dévoile une prédication qui lui est propre, mue probablement par l’Esprit, en invitant à venir voir le Christ. (Dévoilé par la bouche même de Jésus au verset 26), ce qui laissait toute la place à la croyance de chacun, car de fait, il s’agissait bien d’un homme. Elle ne confond pas les mots, , elle ne dit pas CROYEZ, mais VENEZ et VOYEZ par vous-mêmes, en donnant toutefois un indice de la divinité de cet homme qu’elle dit être peut-être le Christ, car c’est en effet un indice de la divinité de manifester ce qui est caché et secret dans les cœurs, laissant chacun juge juger par ses agissements, car elle nu pas honte de rappeler, pour démontrer la véracité de ses dires, sa conduite qui lui fut dévoilée expressément par cet homme inconnu jusque-là ! Ensuite, afin de ne pas irriter ses semblables, et de les persuader de la suivre, ne dit –elle pas comme une interrogation à l’intention des gens de la ville, « ne serait-il pas le Christ ? »

30- Ils sortirent de la ville, et vinrent à lui.

St Jean nous fait comprendre ici, que si nous voulons suivre Jésus, l’OINT su Seigneur, CHRIST de Dieu, il nous faut sortir de là où nous sommes, nous extraire de nous-mêmes, nous efforcer de réagir, nous ne pouvons ni ne devons rester inactifs quand le Christ nous appelle, , et ce, quelle que soit la voie ou le chemin à prendre.

31- Pendant l'intervalle, ses disciples le pressaient, en disant: "Maître, mangez." 

Les disciples restent dans l’ignorance de ce que Jésus venait de réaliser dans le cœur de cette femme. Aussi, dès le départ de la femme leur souci n’était-il pas de se nourrir. Sur le plan terrestre cela s’entend et se comprend. Mais Jésus n’est pas venu sur terre pour se nourrir, mais pour nourrir ! Il laisse donc les disciples face à leurs besoins terrestres, la fatigue du voyage ayant nécessairement creusé leurs estomacs. 

32- Mais il leur dit: "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas."

Le Seigneur manifeste maintenant le fruit de son enseignement, le présentant d’abord dans un langage figuré, soulignant au passage la lenteur des disciples à comprendre. Il présente donc le fruit de son enseignement spirituel sous la forme de nourriture prise lors d’un repas. Cette nourriture que le Christ de Dieu donne à manger, c’est le salut des hommes. Il montre ainsi combien est grand le désir qu’Il a de notre salut. En effet, ce désir est pour nous de manger quand nous avons faim, ainsi est le désir et aussi intense pour Jésus de nous sauver. 

33- Et les disciples se disaient les uns aux autres: "Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger?"

 Incompréhension et stupéfaction des disciples, toujours dans la logique des besoins terrestres, ne comprenant pas où Jésus veut les emmener ! [Peut-on parler de lenteur spirituelle dans ce contexte ? , Difficile de juger !! Ils ne connaissaient Jésus que depuis peu ! Le miracle de Cana, certes, leur avait été démontré, mais ils avaient encore besoin, comme nous aujourd’hui, de voir pour croire... ] Pour eux, et avant bien d’autres occasions ou se manifestera la gloire de Dieu par la manifestation de son Christ, le repas prendra une place prépondérante dans l’enseignement de Jésus. [Ainsi l’eau vive et la nourriture seront-elles désormais le fruit de l’enseignement du Christ, sous la forme d’un repas, dont nous avons besoin pour refaire parfaitement ses nos forces, avec l’image que la boisson et la nourriture doivent être consommées ensemble.

34 -Jésus leur dit: "Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre. 

[Ce verset implique une discussion avec les disciples, concernant la nourriture, qui permet à Jésus d’expliciter le genre de nourriture dont Il compte nourrir aussi bien les apôtres que les foules, tout en faisant comprendre que cette nourriture compense largement toutes nourritures terrestres] Nous voyons donc qu’aux apôtres, plus capables de comprendre, il donne aussitôt son explication sans circonlocutions. [Comprenons-nous aussi que si la nourriture corporelle est ce qui sustente l’homme, et le rend parfait, considérons la comme nourriture spirituelle de l’âme de la créature douée d’intelligence, ce qui la sustente et la rend parfaite].Jésus spécifie ici, qu’Il veut mener à bien, les œuvres dont il sait LUI, Le Christ, qu’elles sont ce que le Père veut pour l’homme. Ainsi, Il a donc enseigné la vérité, en invitant et en appelant à la foi, ensuite, il a lui-même mené la vérité à son achèvement en nous ouvrant la vie par sa passion.
[Par les versets 35 et suivants, Jésus s’attaque maintenant à faire comprendre aux apôtres qu’elle sera le but de leurs missions, dans un monde où Ancien Testament représente le temps passé, sa venue, le temps présent, la moisson le temps à venir. Ils devront comprendre petit à petit que les prophètes et les patriarches avaient semé, et que les apôtres deviendront les moissonneurs d’un labeur que d’autres, bien avant eux, avaient largement et abondamment préparés. Il suffit de regarder le temps présent pour en comprendre le sens caché et profond].

35 -Ne dites-vous pas vous-mêmes: encore quatre mois, et ce sera la moisson? Moi, je vous dis: Levez les yeux, et voyez les champs qui déjà blanchissent pour la moisson. 

La comparaison va de soi, Jésus se sert ici encore d’une métaphore de la vie terrestre pour développer la compréhension de ses disciples. Le temps imparti de quatre mois laisse comprendre que le temps est accompli pour une moisson riche de spiritualité. (Comprenons qu’il y a donc une moisson spirituelle qui est la récolte des fruits, c'est-à-dire la conversion des fidèles ayant eu la connaissance de la vérité, et qui y ont adhérer, récoltant ainsi dans leur âmes les fruits de cette vérité, et participant ainsi au rassemblement des fidèles pour la vie éternelle). La métaphore employée ici par le Christ au sujet des moissons qui blanchissent explique que les blés en blanchissant sont prêts pour la moisson, ainsi en sera-t-il pour les êtres humains qui auront suivi le Christ et cru à son enseignement. Ainsi, les œuvres sont les fruits de l’enseignement spirituel que sont les semences de la vie éternelle, puisque c’est par elles qu’on n’y parvient. 

36 -Le moissonneur reçoit son salaire et recueille du fruit pour la vie éternelle, afin que le semeur et le moissonneur se réjouissent ensemble.

Les moissonneurs sont ceux qui ont apporté la connaissance et communiqué la vérité, par lesquelles l’homme a acquis la vie éternelle. Retenons que Chrysostome et Augustin pensent que ce furent les pères de l’ancien testament, Moïse et les prophètes, qui par les semences spirituelles qu’ils ont essaimées, ont permis que murisse la moisson que les apôtres n’ont plus eu qu’à moissonner. Ainsi, tous, prophètes et apôtres, peuvent se réjouir ensemble dans la demeure du Père 

37- Car ici s'applique l'adage: Autre est le semeur et autre le moissonneur. 

Jésus cite ici le livre du Lévitique ( Lv, 26,16) que les Juifs affectionnaient particulièrement. 

38- Je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé; d'autres ont travaillé et vous, vous êtes entrés dans leur travail."

Ce verset concrétise les explications du verset 36. Mais n’oublions pas aussi, trop rapidement, les efforts qui auront été manifestés par les apôtres tout au long de leur vie terrestre pour semer dans les cœurs des hommes et des femmes ce que d’autres moissonneurs ont par la suite récolté … ainsi va le monde depuis la nuit des temps…
Jésus et les Samaritains de la ville de Sykar. Dans les versets 39 à 42, on notera quatre étapes fondamentales, bien que rapides dans la présentation, mais profondes dans la solution (verset 39)

39- Or, beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus sur la parole de la femme qui avait rendu ce témoignage: "Il m'a dit tout ce que j'ai fait."

Ce témoignage fut suffisant pour amener à croire au Christ. En effet les paroles que le Christ lui avait dites, ayant abouti à dévoiler ses manques, elle ne les aurait pas rapportées si elle-même n’avait pas été assez secouée pour croire. Voilà pourquoi, dès qu’ils eurent entendu ses paroles, ils crurent : par là vient que la foi vient de ce qu’on entend.

40- Les Samaritains étant donc venus vers lui, le prièrent de rester chez eux, et il y demeura deux jours. 

V 40 Accueil. On voit ici, le fruit de la prédication de la femme qui se manifeste par la venue des Samaritains au Christ, car de la foi naît le désir de la réalité à laquelle on croit. C’est pourquoi, après avoir cru, ils viennent au Christ pour qu’IL les mène à la perfection. Le fruit de la prédication de la femme se manifeste aussi dans le désir non seulement de croire mais aussi de l’avoir avec soi. Ainsi voulurent –ils que Jésus demeura avec eux quelques jours. 

41- Et un plus grand nombre crurent en lui pour l'avoir entendu lui-même.

V 41 : écoute. On voit dans ce verset que ce fruit fut accru par la présence et les paroles du Christ. Notons qu’il faut trois choses nécessaires à la perfection de la foi ; La foi doit d’abord être droite, ensuite prompte, enfin certaine. La foi est droite quand elle obéit à la vérité, non pas a à cause d’autre chose mais pour elle-même. La foi est prompte si elle croit tout de suite ; telle est bien la foi des Samaritains, car il a suffi qu’ils entendent les paroles du Christ pour se tourner vers Dieu. Enfin, la foi est certaine a contrario de celui qui doute, car il devient infidèle. 

42- Et ils disaient à la femme: "Maintenant ce n'est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons; car nous l'avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde."

V 42 : confession de la foi. Que le fruit ait été accru par le Christ, cela se voit enfin à la vérité de la foi des Samaritains, car ils confessent que le Christ est l’unique sauveur du monde, le vrai, celui de tous, sans exception. Unique, parce qu’ils le distinguent des autres en disant « c’est lui », c'est-à-dire que lui seul peut venir et vient sauver, de ce fait, ils le reconnaissent comme le seul sauveur en disant « vraiment » parce que le Christ libère des vrais maux humains, c'est-à-dire les péchés, et qu’il nous conserve dans les vrais biens qui sont spirituels. Enfin, les Samaritains le reconnaissent comme sauveur de tous, parce qu’il ne se limite pas au Juifs ni à quelques-uns mais qu’il élargit aussi son don d’amour au reste du monde, en commençant par les Samaritains qui représentent ici, les gentils à venir.
Entre la foi des Juifs très imparfaite, prêts à reconnaître Jésus comme envoyé de Dieu, mais incapables d’adhérer totalement, et la démarche de la Samaritaine et des Samaritains, il y a un abîme ; l’adhésion spontanée au mystère de Jésus de tout un peuple, étranger de surcroît, laisse apparaître la fécondité d’un monde prêt à être moissonné. Le fruit de la prédication de la femme se manifeste dans sa reconnaissance comme pécheresse, le fruit de la prédication de Jésus est qu’il accepte d’aller vers eux, (car en allant le chercher et le prier de rester avec eux, ils se reconnaissent, eux aussi pécheurs) et y demeure deux jours durant, ( Mon Père et Moi demeurerons dans tout être qui nous accueille) le fruit de l’écoute (que celui qui a des oreilles pour entendre entende.. ) sera celui de la foi, tant le désir de l’attente du Christ était profonde dans ce peuple qui demeurait à la frontière de la loi mosaïque. Il est important de noter aussi que le récit ne rapporte pas de miracles réalisés en ce lieu par Jésus, ce qui laisse supposer de façon plus éclatante encore, la démarche de ce peuple en attente qui adhère de plein cœur aux paroles seules de Jésus, sans pour cela avoir eu de miracle accompli chez eux ou en avoir demandé.
Pour conclure, on voit nettement que le fruit de la foi accrut par le Christ fait confesser aux Samaritains que Jésus est le Christ, qu’il est l’unique sauveur du monde.
Ainsi, Jésus, le Christ, par l’épisode de la Samaritaine, nous fait comprendre que devant la vérité acceptée et confessée, il n’y a pas de jugement mais la miséricorde qui se manifeste par la vocation de chacun de nous, selon ce que DIEU à prévu pour chacun en particulier, devenant ainsi, disciple du très-haut par l’intermédiaire de son Christ, car tous disciples du Christ est au service de DIEU comme LUI est au service du Père des Cieux.

43- Après ces deux jours, Jésus partit de là pour se rendre en Galilée.

L’Évangéliste précise que Jésus resta deux jours en Samarie, dans la ville de Sykar, après les avoir confortés dans leur foi. Puis il prit la route de la Galilée, là où il avait été élevé et où il avait grandi.
Versets 43-54 le retour en Galilée.
Ce récit se retrouve de façon différente dans les synoptiques Mathieu et Luc ; il y a une certaine ressemblance entre ces différents récits, il semblerait pourtant que les trois récits présentent chacun un évènement de manière différente. Pour celui qui nous intéresse spécialement, nous trouverons plusieurs étapes clés qui démontreront encore une fois que chez les païens la foi est plus vive que chez les Juifs.

44- Car Jésus avait déclaré lui-même qu'un prophète n'est point honoré dans sa patrie.

 Le Seigneur parle ici de ce qui arrive le plus souvent aux prophètes. Cela se vérifie dans l’ancien testament où la plupart des prophètes ont souffert de persécution de la part de leurs contemporains.
Jésus retourne en Galilée, et reçoit un accueil chaleureux !

45- Lorsqu'il fut arrivé en Galilée, les Galiléens l'accueillirent, ayant vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem pendant la fête;

St Jean nous montre ici un fait qui se produit en Galilée, bien qu’initialement il n’avait pas porté de crédit au Christ en tant que tel, mais il le considérait favorablement, lui qui , pendant la fête à Jérusalem avait chassé les marchands du temple, et donc défié le pouvoir en place du sanhédrin.
St Jean spécifie malgré tout que Jésus revenait de la fête de la Pâques qui avait eu lieu à Jérusalem, et où de nombreux galiléens avaient pu le voir opérer des miracles ; donc, l’accueil fait à Jésus était quelque peu intéressé. Pourtant, là encore, un miracle va avoir lieu, mais sous une forme différente, indirecte ; peu seront ceux qui seront témoins de ce miracle.

46- Car eux aussi étaient allés à la fête. Il retourna donc à Cana en Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Or, il y avait un officier du roi dont le fils était malade à Capharnaüm. 

Le fonctionnaire royal dont il est question était un serviteur du roi Hérode le Tétrarque, donc nécessairement soit un envoyé de Rome chargé de faire régulièrement ses rapports à l’empereur, et tenir ainsi Hérode sous la coupe romaine, soit un sous-fifre directement employé par Hérode mais un non juif, Hérode se méfiait de tous les juifs que le Sanhédrin avait placés dans son entourage immédiat de peur d’être espionné.

47- Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla vers lui, et le pria de descendre, pour guérir son fils qui était à la mort. 

La demande présente du fonctionnaire se concrétise en trois points précis : ce qui incite l’officier à faire la demande, par la maladie de son fils, ensuite, le demande elle-même qui nécessite une certaine singularité, entre l’oppresseur romain et le juif oppressé, enfin la nécessité de cette demande qui est plutôt une prière, demandant non pour lui, mais pour son enfant, un acte de charité.
Notons que dans l’affaire des Samaritains,
a) ils sortirent de la ville pour aller vers Jésus,
b) ils l’invitèrent à aller chez eux, ici se reproduit le même scénario,
a) l’officier romain apprend la venue de Jésus et sort de chez lui pour aller à sa rencontre,
b) il l’invite à venir chez lui. (Certes, pour guérir son enfant, mais sachant que, Jésus était tout de même Juif).

48- Jésus lui dit; "Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croyez point." 

À la demande présente du fonctionnaire, Jésus rétorque par un reproche, car les gens qui l’entouraient, présents à la demande du fonctionnaire, attendaient un miracle ;( Signes et prodiges) ; cette sentence vise ici une foi trop attachée au spectaculaire, bien différente de celle des Samaritains qui eux ont adhéré sans avoir vu ni demandé de miracles.

49-L'officier du roi lui dit: "Seigneur, vient avant que mon enfant ne meure" 

Il est important de noter que cet officier, avant cette démarche auprès de Jésus, ne le connaissait pas, mais ayant entendu dire tout ce que Jésus avait déjà réalisé, il n’hésite pas à le supplier. De sa foi imparfaite, il demande à Jésus de venir chez lui, pour guérir son fils, autrement, il aurait demandé une guérison à distance ! Le signe que Jésus aurait accompli dans sa maison aurait été pour tous une preuve éclatante de sa messianité ! 

50 -"Va, lui répondit Jésus, ton enfant est plein de vie." 

Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et partit. Aussi Jésus va répondre à la demande du fonctionnaire, pris de pitié pour son fils mourant, non en lui accordant comme il le demande sa présence, mais uniquement sa parole ; aucun signe ne sera visible pour ceux qui l’entourent, ni même pour le père désespéré. St Jean nous démontre ici la foi qui se réalisera du côté des gentils, lorsqu’ils seront enseignés à leur tour, tel que l’officier romain le vécut.
Avant de donner une réponse positive au père, Jésus le renvoie « va, » ce qui demande un acte de confiance absolu, et ensuite le réconforte, « ton fils est vivant » non pas guéri ! Jésus refuse de se déplacer, montrant ainsi aux Juifs, que le centurion par simple ouï-dire était pratiquement confirmé dans la foi, puisque même absent, il savait que Jésus pouvait guérir son enfant, puis St jean nous montre la foi de l’officier qui crut en la parole de Jésus et obéit sans attendre. Ce qui démontre bien que sur le chemin de la foi qui mène à Dieu, ne pas progresser, c’est reculer.
La nécessité d’un signe visible et tangible était encore nécessaire. Le fonctionnaire royal est donc ainsi corrigé, car instruit de la Loi, il ne fondait pas sa foi sur l’autorité des écritures, mais sur des signes. C’est pourquoi le Christ n’accédera pas directement à sa demande, en lui faisant ainsi reconnaître son imperfection.
En effet Jésus fait ici, encore comprendre que le miracle accompli se rapporte plus à la FOI en la vie éternelle qu’en un signe proprement dit.

51- Comme il s'en retournait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre, et lui apprirent que son enfant vivait. 

Le fonctionnaire, père de l’enfant, obéit spontanément, nous relate St Jean, pour bien nous faire remarquer que la foi de cet homme a grandi en présence du Christ. De surcroît, l’efficacité de la parole de Jésus dite à distance, est vérifiée ; à l’heure où Jésus renvoyait ce père anxieux du sort de son fils, l’enfant vivait, fait confirmé par ses propres serviteurs venant à sa rencontre pour lui annoncer la bonne nouvelle.

52 -Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux, et ils lui dirent: "hier, à la septième heure, la fièvre l'a quitté." 

Afin de conforter sa foi encore un peu défaillante, l’officier demande à ses serviteurs l’heure de la guérison de son enfant, qui se concrétise d’après les dires même des serviteurs, à l’heure précise où Jésus lui intimait de s’en retourner chez lui. Il n’y avait plus de doute en lui, de la Messianité de l’homme Jésus, qui était bien le Christ de Dieu. 

53- Le père reconnut que c'était l'heure à laquelle Jésus lui avait dit: "Ton fils est plein de vie", et il crut, lui et toute sa maison. 

Dès lors plus fort encore dans sa foi, l’homme adhère de façon absolue avec toute sa maison ; sa conversion au Christ rend encore plus forte sa reconnaissance que le miracle accompli à distance était vraiment œuvre de puissance. Cela nous démontre de façon claire et précise, qu’il nous faut dépasser la foi dite par les signes et les prodiges, miracles constatés, pour accéder à la seule vraie foi, la parole (VERBE) de Jésus (CHRIST de DIEU).

54- Ce fut le second miracle que fit Jésus en revenant de Judée en Galilée. 



Vers le chapitre 5

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